XXIV NOTICE HISTORIQUE
vérité, qu'un homme libre ne peut dissimuler ni affaiblir quand il s'agit de Tlntérêt public. »
La fin de la réponse de Marie-Joseph était loin de tenir ce que promettait la modération du commencement : a Vous affirmez beaucoup et vous prouvez peu , disait-il ; ce qui n'est pas une bonne manière de raisonner, surtout dans un accusateur. Vous croyez que la Liberté ne peut exister avec les Jacobins : c'est la doctrine que M. Mallet-Dupan prêche depuis trois ans. Les Aristides du Club de 89, les salons du Cabinet de lecture, ^ l'empereur Léopold et M. Pitra, sont de cet avis. Voilà de grandes autorités! Cependant permettez-nous de ne pas regarder une amplification de rhétorique comme une démonstration mathématique... Vous demandez la destruction de ces Sociétés : cela prouve seulement que vous avez oublié le premier titre de la Constitution ; mais s'il était possible de les détruire, l'Egalité politique s'anéantirait avec elles. Ecoutez les gens de Coblentz : Les Jacobins perdent la France, Ecoutez les prêtres réfractaires : Les Jacobins perdent la religion. Ecoutez les gens à Chambre Haute , les plats importans qui sont écrasés du poids de l'Égalité : Il faut détruire les Jacobins, Si tous les ennemis de la Liberté, de la Constitution sont les ennemis déclarés des Jacobins, n'est-il pas démontré, par cela seul , que les Jacobins sont les meilleurs amis de la Liberté, les plus fermes soutiens deja Constitution? Ne devezvous pas adopter cette conséquence , non pas à moins d'être un imbécile et un fripon (les factieux ne se permettent point ce style modéré), mais à moins d'être un homme qui aime
* Le Journal de Paria publiait des mélanges politiques et criti* ques sous le titre de Cabinet de Lecture , dans lesquels Marie-Joseph Ghénicr avait été plusieurs fois raillé cruellement et presque insulté.