SUR LE PROCÈS D ANDRÉ CHÉMER. XXV
mieux écouter sa haine que sa raison et ses lumières. x> Marie* Joseph Ghénier s'était laissé emporter trop loin par son caractère vindicatif : son frère le lui Gt sentir.
La réplique d'André Ghénier ne tarda pas long-temps : elle parut peu de jours après, datée du 12 mai : a Pour les éloges qui me sont dounés en quelques endroits, disait-il à son frère , et qui devraient flatter Tamour-propre d'auteur, surtout venant d'un homme dont le public accueille les productions, je dirai seulement que je les attribue à uue amitié de frère , et que je souhaiterais les mériter mieux que divers reproches qui me sont faits par la suite. Puisque c'est surtout à moi qu'on voulait répondre^ il était, ce me semble, bien inutile de parler si souvent de Clubs constitiuins, de coalitions, de prêtres, û' empereurs et d'adresse et de maladresse et de manoeuvres savantes. Ceux qui ont en effet quelque connaissance de m^n caractère moral savent fort bien que je n'ai rien à démêler avec tout cela ; que, la plupart du temps, j'en ignore l'existence ; que je n'ai jamais fait secte, même avec les gens que j'estime, et que nul esprit de parti ne peut opérer en moi cette conviction intime que l'on reconnaît pouvoir seule me porter à énoncer une opinion, n
Dans le reste de cette réplique , toujours digne , ferme et sévère , André Ghénier ne se servit que du pronom person nel indéfini en parlant de Marie-Joseph, comme s'il eût refusé de voir un frère dans un ennemi politique; mais il ne put s'empêcher de témoigner la peine que lui avaient fait éprouver certaines insinuations peu bienveillantes de son frère : «Dans le même écrit, dit-il, tous les ennemis de la dommation des Glubs sont désignés en vingt endroits comme des qens à Chambre Haute , qui attaquent l'Égalité politique et la