Publiée dans l'édition de
3lo CORRESPONDANCE
1111 parti qui semble bien violent K Plaise au ciel que les affaires s'arrangent! ce qui ne peut guère avoir lieu que par les finances, qui vont bien lentement. Outre la honte qu'entraînerait une faiblesse, quelles horribles convulsions n'en seraient pas la suite dans Paris ! car les provinces s'en ressentiraient moins. Mais il est sûr que Paris serait un enfer pendant quelque temps. Je ne puis songer à cela sans frémissement. J'apprends que le temps a été fort beau à Paris. Je m'en réjouis; car je m'imagine que cela peut vous entretenir en bonne santé, et c'est toujours cela. L'ouvrage de mon frère - a toujours un grand succès à ce qu'on me mande. C'est un bien véritable et bien sensible plaisir pour moi. Je viens de lire dans un papier français un interrogatoire de M. de Favras, où je vois que ce Monsieur avait aussi conspiré contre Charles IX. Dites, je vous supplie, à mon frère, que je le supplie de ne pas tarder à m'envoyer cet ouvrage aussitôt qu'il sera imprimé; et aussi qiîe M. Dutens^ désire qu'il le place au rang des souscripteurs pour deux exemplaires. Vous avez lu ou bien je vous conseille de lire un excellent écrit que le chevalier de Pange m'a fait passer, où il traite de la délation et du
1. Par son décret du 4 janvier 1790, l'Assemblée nationale avait différé jusqu'au l" juillet le payement de toutes les pensions à échoir dans le courant de cette année., et nommé un comité de douze membres pour examiner les motifs de toutes les pensions. (B. de F.)
2. La tragédie de Charles IX, représentée pour la première fois sur le théâtre de la Nation, le 4 novembre 17S9. La vingt-cinquième représentation avait eu lieu le 15 janvier 1700.
3 Dulens, littérateur et érudit français, ou du moins né en France ; il était protestant, s'expatria et se fixa en .\nglcterre.
Comité des recherches ^. C'est un écrit pléiade justice, de noblesse, de raison et d'éloquence! et qui ne peut déplaire qu'au faubourg Saint-Antoine.
Adieu, mon très-cher père, je vous embrasse avec la plus respectueuse tendresse, et vous prie de présenter mes respects à ma mère, et mes tendres amitiés à tous mes frères et à ma sœur quand vous lui écrirez.