‹ ŒuvresChapitre 14 sur 16 · ILOTES · texte numérisé non relu

ILOTES

(9) Homère l'a chanté; rira ne manque à sa çtMl^r : Et lorsqu'à son retoat le cMeo -d*Ulytte AùHH Dans l'excès da plaisir meart eo le caret saM , Oubliant Pénélope , Kaméc , Ulysse fAéme « Le lectear voit en lui le hén»! éa poëme.

Sous la forme d'un indigent décrépît, coliri>é sur un bâton, et couvert de honteux lambeaux, Ulysse rentre à Ithaque après vingt ans d'absence. Le bergek* Etibfée, chez lequel il est descendu , ne reconnoît pas son maître.; mais ce fidèle serviteur remplit à son égard tous les devoîi^ de rhospitalité^ «t Itii sert kii-m^e de guide. Bîeiit^ik«rtfvent au palais de Pénélope.

«Pendant qu'ils s'entreténoient ensend^le, un dûen, conché non loin d'eux, lève la tcte, et dresse les «nteilles; c'étott jérgtis^ le chien du vaiU«att Ulysse, de héros Vavek jadis âevé avec «n grand soin; mais il n'^ jèuit pas long^ temps , car il partit bientôt après |Mmr les rivages ^^Bîod. Autrefois de jetmes chasseurs le oonduisoîentà (a poursuite des dièvres saiivages, des cerfs et desitévres; mai», <daralM l'absence de son maître, il languiseott kooteuseiAent «lorle vil fumier des mules et des bœufs, entassé devant les portes, jusqu^à ce que les serviteurs d'Ulysse vînsscfht Tenfevèr pour fertiliser ses champs; c'est là que repose étendu It malheureux Argus y tout couvert d'une vermine qui le rmifge. Dès que ce chien aperçoit Ulysse, il agite sa<{ueue et ses oreilles en Signe de joie; mais il ne peut se traîner jusqu'aux pieds de son maitre, qui Ittsse, à cette vue, «échitpper en «ecret quelques larmes. nOdyss. XVII , v. 290 et suiv.

(10) Moi-même , j'ai da mien ranté le caractère.

Vdye^4^oge de Raton^ à la fin dû diant III éefMûmme des champs

(") Gomme les Eomains et soti grave sénat.

Les rttb'sdttt gbiif eraés par hrahofa d'^at ; EoxHBémes qncIqnefoU, quand la feiÉi les meiiaee^

Ife poiiTant la ooarrir, exterminent Iput race ;

Et la terrible loi de la nécestiié ,

D'an penple trop nombrenx loalage lenr cité.

«I^ mts, ditBttffbn, se tueol, se inaDgent entre eux, pour peu que la faim les presse ; en sorte que lorsqu'il y a disette à cAuse du trop £prand nombre, les plus forts se jettent sur les plus foibles, leur ouvrent la tête, et mang[ent d'abord la cervelle, et ensuite le reste du cadavre; le lendemain la ^erre recommence, et dure ainsi jusqu'à la destruction du plus grand nombre; c^est par cette rai- $09 qu'il arrive ordinairement qu'après avoir été infesté de i:es animaux pendant un temps, ils semblent souvent disparoitre tout -^ -coup et quelquefois pour longtemps* "

JjCS anciens avoient deux moyens de se défaire des pau» vres et des infortunés , l'infanticide et l'esclavage. L'infanticide étoit autorise par une loi de Romulus , et confirmé par celle des douze tables.

(**) Dès qu'a tonné Fairain, dèt qae le fier a loi , Il s'éreUle « il p'anjpne , et redreicant la tête , ProToqne la mélëe^ insalte à la tempête ; De tes naseaux brûlants il souffle la terreur ; n bondit d'alégresse , il frémit de fureur ; Oncbarge;ildit: ABw»; ac comtmcc et ^élapce...

Cette description du cheval est imitée d'un passage du livrç de Job, <:h. XXXIX, v. aa et suiv.

uTeiram uogula fodit^ exsultat audacter; in occursum pcirgit «.noatis, contemnit pavorem^ neç cedit gladio. Super Ipsum sonabit ]^aretra, vlbrabit hasta, et clypeus. Eecvens et fremens sorbet térram; nec reputat tubae soçiare dangorem. Ubi audierit buocinam, dicit: Vah! procul odoratur btellum, exhorta^pnem ducum, çt ululatum exercil«s..«

«0 crause du pied I9, terre, il s'éiance^avec orteil, il

■" » ■ * . mim^mut^^immmmam^Ê^a^f^^mBtw^^tmm^fewVïïa^m^'^ftfB^^^W^

court au-devant des armes. Intrépide, il se rit de la peur, il affronte le tranchant du glaive. Sur lui le bruit du carquois retentit, la flamme de la lance et du javelot étincelle. Il bouillonne, il frémit, il dévore la terre. .A-t-il entendu la trompette? CTest elle. Il dit : Allons; et de loin il respire le combat, la voix tonnante des chefs ^ et le fracas des armes. »

('^) Moins yif , moins valeareux, moins beau qne le cheval. L'âne est son suppléant , et non pas son rival.

a L'âne n'est point un cheval dégénéré; il n'est ni étranger, ni intrus, ni bâtard; il a, comme tous les autres animaux, sa famille,- son espèce et son rang; son sang est pur, et quoique sa noblesse soit moins illustre, elle est tout aussi bonne, tout aussi ancienne que celle du cheval, u

BnrFON.

('^) Au lion dans les bois, à l'aigle dans son aire, Qui ne reconnott pas le même caractère?

Ce rapprochement de Paigle et du lion n'est pas un simple jeu de l'imagination du poète; voici en quels termes s'exprime Buffon.

u L'aigle a plusieurs convenances physiques et morales avec le lion : la force , et par conséquent l'empire sur les autres oiseaux , comme le lion sur lesr quadrupèdes : la magnanimité; ils dédaignent également les petits animaux et méprisent leurs insultes ; ce n'est qu'après avoir été longtemps provoqué par les cris importuns de la corneille ou de la pie, que l'aigle se détermine à les punir de mort; d'ailleurs, il ne veut d'autre bien que celui qu'il conquiert, .d'autre proie que celle qu'il prend lui-même : la tempérance; il ne mange presque janAiis son gibier en entier, et il laisse , comme le lion , les débris et les restes aux autres . animaux. Quelque affamé qu'il soit , il ne se jette jamais

sur les cadavres. I) est encore solitaire comme le lion, habitant d'un désert dont il défend Fentrée et Fusage de la chasse à tous les autres oiseaux ; car il est peut-être plus rare de voir d'eux paires d'aigles dans la même portion de montagne, que deux familles de lions dans la même partie de forêt ; ils se tiennent assez loin les uns des autres pour que l'espace qu'ils se sont départi leur fournisse une amplç subsistance ; ils ne comptent la valeur et l'étendue de leur royaume que par le produit de la chasse. L'aigle a de plus les yeux étincelants et à-peu-près de la même couleur .que ceux du lion, les ongles de la même forme, l'haleine tout aussi forte, le cri également effrayant. Nés tous deux pour

lé combat et la proie, ils. sont également ennemis de toute J

société , également féroces , également fiers et difficiles à réduire; on ne peut les apprivoiser qu'en les prenant tout petits.»

(*^) Combien la liberlé, rebelle ou dépendante, Ouyre encore à me» vers une loarce abondante ! En Yain , des animaux te proclamant le roi , L'homme à tout ce qui vit croit imposer la loi ; Des êtres animés dont l'onirers abonde.

Peu vWent avec nons : leur foule va(|;abonde Cberdie dans les forêts on dans les antres sourds Un sort indépendant et de libres«imoor». •

(( L'empire de l'homme sur les animaux, dit Bu£fon, est un empire légitime qu'aucune révolution ne peut détruire; c'est l'empire de l'esprit sur la matière; c'est non seulement un droit de nature , un pouvoir fondé sur - des Jois inaltérables; mais c'est encore un don de Dieu, par lequel l'homme peut reconnottre h tout instant l'excellence de son être; car ce n'est pas parcequ'il est le plus parfait, le plus fort ou le plus adroit des animaux, qu^il leur com- •

mande : s'il n'étoit que le premier du même ordre , les seconds se réuniroient pour lui disputer l'empire; mais c'est par supériorité de nature qu^ Thomme règne et conl-

îhande; il pense, et dès-lors il est maître des êtres qui de pensent point*

a Cependant, pattni les aniitiaHX, les uns paroissetit être plus ou moins familiers, plus ou moins sauvages, plus on moins doux , plus ou moins féroces : que Ton compare la docilité et la souniission du chien avec la fierté et la féro* cifë du tigre; Tun parolt être Tami de Thomme, et Tautre son ennenii : son empire sur les animaux n'eût donc pas absolu. Combien d^espéces savent se soustraire à sa puisèance par la rapidité de leur vol, par }a légèreté de leur Course, par l'obscurité de leur retraite, par la distance que met entre eux et Thomme Félément qu'ils habitent! Combien d'autres espèces lui échappent par leur seule petitesse! Et enfin, combien y en a-t-11 qui, loin de'reconnoître leur souverain, l'attaquent à force ouverte; sans parler de ces insectes qui semblent Finsulter par leurs piqûres ( de ces serpents, dont la morsure porte le poison et la mort, et de tant d'autres bétes immondes, incommodes, inutiles, qui semblent n'exister que pour former la nuance entre le mal et le bien , et faire sentir à l'homme combien , depuis sa chute, il est peu respecté. »

('^) Le faacon obéit à notre art meiu^er ...

La chasse à Toiseau , l'un des exercices les plus inutiles , est un de ceux où il a fallu de la paît de l'homme le plus d'industrie et de patience. Rendre notre esclave, assujétir à nos ordres celui de tous les êtres qui sembloit le plus indépendant de nous, faire revenir au moindre signe l'piseau qui vote le mieux , et à qui sa force et ses armes donnent tous les moyens de se procurer à chaque instant une subsistance abondante: tel étoit le problème. On y parvient en faisant veiller et jeûner 1]^ faucon, en lui couvrant les yeux, et ne lui rendant le jour que lorsqu'on lui montre l'appât, en lui vidant l'estomac pour augmenter sa faim, en lui plongeant la tête dans Peau quand il est

DU CHANT VIII. * %i7

trop revéche. On peut voir dans les ouvrages de fauconnerie la suite de tous ces procédés; leur succès est tel, qu'un bpn fafjcojinier dqit ayoif dressé son oiseau en un mois:

(*7) Une bonne, d'nli fil pins délicat eneor, flaifenne de set ttofii le pvécienx trésor.

Une petite araignée noire, commune dans les jardins, porte ses œufs dans un sac de soie attaché sous son ventre; elle les défend avec courage \ et quand on les a détachés , elle s'empresse de les reprendre et de les fixer de nouveau.

(**) Quand l'hymen étonné d*nn tigre a fait nn père.

Lf'auteur du poëme de Vjinwur maternel ^ l'intéressant Millevoie, si prématurément enlevé au bel art qu'il cultivoit avec tant de succès, a exprimé ce sentiment avec beaucoup de grâce et de nature :

Ce matemd amour, par des charmes secrets Émeut la brûle même au fond de ses forêts.

L'hyène éponTantable et l'al^reiise panthère , ^ Sous leur fvoudie aspect, cachent un cœur de mère. Terrible en sa douleur, par de lugubres cris La lionne au désert redemande ses fils.

Lorsque du doux printemps la présence féconde Au souffle des zéphyrs ressuscite le monde , Renonçant it ses jeux, le peuple des oiseaux Cherche au fond des bosquets les plus sombres rameaux ; Et la mère attentive arrondit et décore Le nid de ses enfants , qui ne sont pas encore. PhilcHnéle en nos bois suspend fhymne d'amour ; . £n Tain elle voit naître et voit mourir le jour : L'écho ne redit plus sa finale lé(j|ère , Et son tendre silence avertit qu'elle est mère.

(*9) Lydimet! ^ taTsntt le plat parfiût mod^èle, ToD ulent Au •obiime et ton art fat hninain.

Le traité anatomique de la chenille du bois de saule, par Lyoonet, est à-la-fois le chef-d'œuvre de Fanaiomie et de la gravure; mais c'est sur-tdut celui de la patience, et il n'y a point de livre plus propre à nous faire admirer la prodigieuse complication des ressorts qui animent des êtres organisés. Cet insecte, dont l'existence est à peine connue du vulgaire, a pour ses mouvements. plus de quatre mille «muscles, et un nombre peut-être double de rameaux reconnoissablès de nerfs pour ses sensations et de trachées pour sa respiration; le tout sans préjudice des viscères propres à digérer et à filer, ainsi que de ses nombreux organes extérieurs; l'imagination s'effraie, quand on songe que le moindre insecte , le moindre ver jouit d'une organisation au moins aussi développée, et que les natura-. listes ont déjà compté plus de vingt mille espèces de ces petits êtres dont aucun ne ressemble complètement à l'autre.

Lyonnet, qui a mis dix années à £Eiire son livre et à en graver les admirables planches, prend soin d'assurer ses lecteurs qu'il n'a eu qu'un très petit nombre d'individus à faire périr pour ses observations,

(**) Antrefoitf dantCaithage,iuiroisyracasain,

Stipulant «n rainquenr les droits du ^enre hnmain , •

Abobt k jamais cet sanglants sacrifices ,

Que de ses dieux craels exigeoient les caprices.

Gêlon, roi de Syracuse, ayant contraint par ses victoires les Carthaginois à conclure la paix, leur imposa, pour principale condition j de reyioncer aux sacrifices humains.

(>■) 81 je Teai remonter an régne Tégétal ,

Je Toit entre ens les taks et leurt bmes fibrentet. L'amiante alongeant tes membranes loyenset, Qai , te changeant en fil, donne ce tiun n fin , IViomphant de la flamme et Témnle dn lin.

Bonnet, qui a beaucoup insiste sur les nuances et les rapports par lesquels les êtres naturels sont lies en une sorte de grande chaîne, a présenté les minéraux lamelleux et fibreux, comme ressemblants, à quelques égards,' aux corps organisés, et coinme formant le chaînon qui unit le régne minéral au régne v^étal.

lie talc est une pierrç composée de feuillets minces et

souvent transparents; Vamiantej an contraire, se forme

de filets flexibles, et quelquefois Susceptibles d'être fila. La

toUe qu'on en fait résiste à la flamme. On la passe au fou

pour la blanchir.

{**) La tendre seniitÎTe , anx yeux mrpris dn M|{e, Semble lier entre eux par un pku doux passage La race qui v^fllB^t l'empire animé ; Le polype des can^ prodige renommé , Dont taniAt je peignois la tige renaissante , Parot pour réunir ranimai à la pbnte. ^

Indépendamment de la sensitive et du polype, qui, appartenant à la classe des végétaux, se rapprochent par certaines propriétés de celle des aniinaux , le ré^pe animal nous offre une multitude d'individus , tels que les insectes et les animaux microscopiques, ayant avec les plantes divers traits de ressemblance que ne partagent point les autres animaux.

1^ Les organes respiratoires des insectes sont, comme ceux des plantes, répandus sur toute leur surface.

a® Les insectes aspirent , comme les plantes , des fluides aériformes nuisibles aux animaux à poumon. Il suffit, pour s'en convaincre, d'observer les circonstances' qui ac-

compagnent la fermentation ie la vendange. Le végétal se décompose à Taide d^une douce chaleur. Ses principes constitutifs, Thydrogène, le cak'bone, et Foxigène, se séparent; le carbone se combine avec une portiqn de cet oxigène; il se forme du gaz acide carbonique qui va occuper^ au-deMus de ki matière en fermentation, une place marquée par sa pesanteur spécifique, et bientôt Ton v^it un grand nombre dHoMctes se précipiter et nager dans ce fluide, dont les autres animaux ne peuvent ^uppprtçr la présence»

3^ Les insectes transpirent, comme les plantes, du g^^ oxigène dans certaines circonstances ; tandis que les animaux à poumon ne transpirent jamais que des gaz mépbitiquies. Les Insectes peuvent donc servir k mpntrer la marche graduée de la nature, dans son passage du régne v^étal au régne animal.

Ainsi, dans la chaîne immense des êtres matériels dqnt notre monde physique se compose, chaque anneau est lié à celui qui le précède et à celui qui le suit, par des rapports qui, quoique étrangers h l^nultitude, n^échappent point à Tôeil attentif de l'obs^ateur habile à les saisir.

(**) Les iacp ont leurs oiseaux, la mer a ses seipents.

Les serpents d'eau, t)u hydrophides, sont communs dans la mer des lndes<; on les reconnoit à leur queue comprimée, et on les rencontre souvent à de très grandes distances des terres. Il ne faut pas les confondre avec ce prétendu serpent de mer qui appartient au genre de Fanquille, et dont la grandeur a été ridiculement exagérée par Pontoppidan et par d'autres écrivains du Nord.

X*^) iSt ses poiMODS aiUs , /et ses p9issoQs rampaniv , '

Des poîsions de divers genres, tels que déa tiigUsj, des

exocets, des icorpènês, ont le» nageoires pecCorales assez étendues pour se soutenir sur elles en Pai^ pendant quelques ttoments comme sur des parachutes*

D^autres poissoifs, tels que les raies, les turbots, etc., manquait de vessie aérienne, ont de la peine à s'élever dans Teau et restent presque toujours au fond ou même dans la vase.

('') QndqaM uns , liabitantt dé b terre et de Fonde , Toucbent à dem degrés de l'éclieDe da nioode.

Les phoques , et autres animaux aériens qui passent la plus grande partie de leur vie dans Feau , ont reçu depuis long-temps le nom d*amphibies, comme s'ils jouissoient à volqnté de la vie de poissons et de celle de quadrupèdes ; mais ils ne respirent point Peau à la manière des poissons , et ne peuvent, y plonger que pendant quelques

minutes.

C^ De ranirocbe, trottant sur set pieds de chameau. L'aileron empluné la rejoint à l'oiseau.

L'autruche, k casoar, le touyou, sont de véritables

oiseaux conformés en tout comme le reste de leur classe,

mais dont l'aile est seulement trop courte pour soutenir

leur poidSh

("V) De récnreail volant la fasaitte doatense.

Les polatouches , ou écureuils volants , dont on trouve une espèce en Russie, une autre en Canada, et une troisième, beaucoup plus grande, aux Indes orientales, ont la peau des flancs prolongée entre leurs jambes de devant et celles de derrière, et forment une large surface qui les soutient dans l'air et leur permet de s'élancer très loin «hm

arbre à Pautre. Cest là tout leur vol.

(**) L'orelUard déployant loo aile membraneiue. ..

L'oreillard est une petite chanve-sôuris de notre pays, ainsi nommée pareeque ses oreilles sont ausîsi (pendes que tout son corps.

• Les chauve-souris sont de vrais quadrupèdes , à bouche armée de dents et garnie de lèvres , à corps couvert de poils, produisant des petits vivants et les nourrissant du lait de leurs mamelles. Seulement leurs bras et leurs doigts sont excessivement alongés, et une membrane fine, occupant les intervalles des doi(jts et s'étendant jusqu'aux pieds et aux côtés de la queue, remplit les fonctions de véritables ailes et leur permet de voler presque comme des oiseaux.

(*9) En Tain, nons ëtalant sa forme presque humaine , Et sa large poitrine, et sa taille hautaine , Et ses adroites mains , l'homme incalte des bois Sur nons des animaux revendique les droits.

On a en effet ridiculement exagéré la ressemblance de Voranç^tUcmg avec nous; et quoiqu'un écrivain moderne soit allé jusqu'à. dire que Fhomme est un orang-outang dégénéré, la vérité est que le célèbre orang-outang de Bornéo, le singe qui s'approdie le plus de l'homme, n'atteint qu'à trois ou quatre pieds de haut, est incapable de marcher debout sanjs l'aide d'un bâton , se traîne même à quatre pieds plutôt qu'il n'y marche, et ne jouit de quelque agilité, que lorsqu'il grimpe aux arbres. Sa physionomie rappelle un peu celle du nègre quand on Je voit de face; inais de profil la saillie de son museau décèle bien vite la brute. La longueur démesurée de ses bras lui donne un air hideux d'araignée , et quoique ses mouvements aient, quelque chose de moins brusque , de moins pétulant que ceu^ des autres. singes, que son naturel soit plus doux, plus aimant, plus docile, il ne paroit pas qu'il soit beaucoup supérieur au chien par son intelligence; mais sa cou-

formatiop donnera toujours à ses actions et à ses gestes

une ressemblance avec le!i nôtres, faite pour frapper le

vulgaire.

(^) Non que des aniinaiu rimpsrfaite ëloqaence N'ail set propres accents et ses expressions. Signes de ses besoins et de ses passions.

Même son ne rend pas lenr joie et lenr tristesse , etc.

Il y a, dans Lucrèce, (Ht. V, ▼. io6a et suiv.), un passagfe très remarquable sur le sujet que traite ici Delille; c(ui en a probablement emprunté Fidée première au peintre éloquent de la nature : il en fait seulement une application différente. Voici le morceau de Lucrèce :

Enfin des animanz la mnettc éloquence , •

Par des sons variés exprime tour-à^onr Le plaisir, la douleur, la vengeance ou Tamour. Vers toi cette molosse approche menaçante ; La voi»-gi soulever sa lèvre frémissante.

Et , te montrant à nu sa redoutable dent , A son âpre foreur prélnder en grondant?

A-t-elle cette voix, lorsque ià vigilance Fait retentir des nuits le lugubre silence?

De ses petits, foulés mollement sons ses pas. Quand sa langue assouplit les membres délicats; Quand elle les provoque avec de doux murmures , Leur imprime en jouant d'ianocentes morsures; De Tamour maternel combien le tendre accent Diffère de ce cri douloureux et perçant Qu'elle exhale en rongeant le fer qui la captive. Ou des sons arrachés à sa terreur plaintive.

Lorsque , rampante aux pieds de son maître irrité , Elle offre au châtiment sa docile fierté.

PONGimyiLLE.*

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