I . Venez tableau xiv
DE VKNliS 301
11 s'assied, et sa failtlo voix
Implore une seconde luis
L'écliaiisorme au divin breuvage.
Elle vient; à Myrtis encor
Sa main olTre la coupe d'or,
Et déjà les désirs renaissent;
De son bienfait Hébé jouit;
Sous ses attraits les lleurs s'aiïaissont ;
Plus belle ensuite elle s'enfuit.
Le ])erger, dont la douce plainte
La poursuit jusque dans les cieux,
Sur le gazon voluptueux
De ses cliarmes baise l'empreinte.
Et le sonnueil ferme ses yeux.
Il dort; un baiser le réveille.
0 surprise, ô douce merveille !
D'Amours légers environné, Un cbar par des cygnes traîné Dans l'air l'emporte avec vitesse.
302 LES DEGUISEMENTS
La crainte agite ses esprits;
Mais la belle et tendre déesse
Le rassure par un souris.
Sur des coussins de pourpre fine,
Près de sa maîtresse divine
Il s'assied, d'amour éperdu.
Aussitôt un voile étendu
Forme pour eux un dais utile.
Myrtis, de surprise immobile.
Dans Vénus revoit les appas
Des déesses et des mortelles
Que ses yeux trouvèrent si belles,
Et qui tombèrent dans ses bras.
Elle répond à son silence :
«. Je t'aimai longtemps en secret.
» Tout est facile à ma puissance ;
» Et Vénus de ton inconstance
» Fut toujours la cause et Tobjet. »
A ces mots, au berger timide
Ses bras d'albâtre sont tendus ;
Par degrés à sa bouche avide
Elle li^Te ses charmes nus,
Sous les baisers devient plus belle,
Enfin permet tout à Myrtis,
Et lui dit : « Sois aussi fidèle
« Et moins inallieureux qu'Ailonis. »
DK VENUS 303
Consumé (VaiiKm!- et d'ivresso.
Sur les lèvros de sa maîtresse Myrtis boit le nectar divin ; Il meurt et renaît sur son sein ; Et cependant le cliar rajiide, (ilissant avec légèreté Dans l'air doucement aj^'ité.
Descend vers les bosquets de Tinide.
FIN IiES PÉGriSEMENTS DE VÉNCS
LK