VOYAGE DE CÉLINE
CONTE EN VERS i
(( La nuit s'écouU', et vainement rt J'attends l'ingrat qui nie délaisse.
» Quelle froiileur dans un amant !
» Quel outrage pour ma tendresse !
» Hélas ! riiynien fit mon maliieur :
» Libre enlin^ jeune encore et belle,
1. Ce coûte a été publié à part, en 1806, sons ce titre : Lrs Voyaj/e.'i de Céline, poème. Nous ne connaissons cette édition quf par le compte qui en a été rendu dans la Décade de 1806, t. 111. Le critique trouvait que le nom de pociue ét;iit trop ambitieux; il no doutait p3s que rautour n'adoptât plus tard celui de eoute, qui était le mot propre. Cé'tte observation était bien léjrère : Pamy toutefois en a profité.
M J'aimai, je connus le bonheur:
» Et voilà Dorval infidèle !
)) Chez un peuple sensible et bon,
)> Si noble et si galant, dit-on,
» Combien les femmes sont à plaindre !
» L'hymen, Tamour, l'opinion,
» Les lois même, il leur faut tout craindre.
i) Trop heureux ce monde lointain,
0 Fidèle encore à la nature,
») Où l'amour est sans imposture,
» Sans froideur, sans trouble, et sans fm !
Pendant cette plainte chagrine.
Du jour tombe le vêtement.
Et sur le duvet tristement Se penche la jeune Céline.
Un propice habitant du ciel.
Connu de la Grèce païenne, Une substance aérienne Que là-haut on nomme Morphel, Descend, l'emporte, et la dépose Dans ce désert si bien chanté S Sur ces joncs si fameux qu'arrose Le Mississipi tant vanté.