IS
318 \A': VOYAf.K
Passe lo iH'Lilant ('quafciir,
Et chez un peuple pacifique
Trouve l'amour et le bonheur.
Est-il (le bonheur sans nua^e ?
Son amant l'observe de près ;
Il craint ; et fidèAe à l'usage,
11 s'adresse à l'aréopage,
Comitosé de \i(;illards discrets.
En pompe on vient [)reiidre Céline,
Et dans le temple on la conduit.
Blanche et triste y sera sa nuit :
De l'inconstance féminine
L'ange correcteur descendra,
Et Céline s'en souviendra.
En effet, il vient. Notre belle,
Tombant sous sa robuste main.
Frissonne, et la verge cruelle
Va punir un crime incertain :
Du pays c'est l'usage étrange.
Mais, par un miracle imprévu,
Un éclat soudain répandu
Remplit le temple : voilà l'ange
Qui s'échappe sans dire un mot.
Et Céline crie aussitôt :
« Quoi! c'est mon amant? Quel outrage !
» Qu(;ll(' ruse! Quoique sauvage.
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'^ M;i foi, 00 luniplo n'ost point sol. »
Fiiyo/; lo ihuiiior peut loiuiîtio.
On purle il'un peiiplo voisin ; Clioz 00 pouplo hi loi [tout ôtro Vous aooordo un plus doux destin :
Il faut tout voir et tout oonuaitro.
Elle arrive, et sourit (Vab<)ril.
Point (le prinoes ; mais des pri noosses Dont les refus ou les oaressos De leurs époux règlent le sort.
L'époux n'a qu'un niinoe partajio.
Do sa lonuno enii>runtant l'état.
Prince sans oour et sans éolat.
Il plaît : o'est son seul apanaij;e : - Amour éternel et soumis.
C'est sa dette. De par l'usage, A l'épouse tout est permis, A l'époux rien. Veillé par elle.
S'il s'avise d'être iulidèle.
Le voilà déprinoipist', Hat tu, proscrit, et méprisé.
Vous soupirez, belle Céline?
Ou'avez-vous donc? Je le devine.
Il faut un triMio à la beauté:
(Ju'olle rèiiue, o'est son partage ;
320 LE vovA(;i:
Mais ce principe clair et sage.
Par les poi-tes adopté,
Et dans les chansons répété,
N'a point encor changé l'usage :
L'usage est un vieil entêté.
« Ce pays, si j'étais princesse, »
Dit Céline, « me plairait fort;
» Mais des autres femmes le sort,
» Comme ailleurs^ m'afflige et me blesse.
« Que je hais la loi du plus fort ! »
Si la force, frondeuse aimable.
Est parfois injuste pour vous,
La loi du plus faible, entre nous.
Serait-elle bien équitable?
Sur ce point on disputera,
Et jamais on ne s'entendra.
Femme jolie est difficile.
Morphel, toujours preste et docile, La transporte plus loin, plus près.
Je ne sais où. Dans cet asile Ses vœux seront-ils satisfaits?
Un peuple immense l'environne ; D'or et de myrte on la couronne ; Avec pompe sur un autel Un groupe amoureux la dépose :
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A SOS pieds qui foulon t la niso
Ou brûle un encens solennel;
f.es hymnes montent jusqu'au ciel •
« Jadis dans ses plus beaux ouvrages
» L'homme adora le Créateur;
» Mais du jour lastre bienfaiteur
)) Avait-il droit à tant d'hommages?
.) Femme, nos vœux reconnaissants
» Réparent celte longue injure;
» Doux chef-d'œuvre de la nature^
» Reçois notre éternel encens.
» — Messieurs, » dit-elle, « quel prodige!
» Chez les plus forts tant de raison,
w Tant de justice! Mais où suis-je?
» De ce pays quel est le nom? »
Une voix lui répond : « Princesse,
» Reine, impératrice, déesse,
» Régnez sur un peuple d'amants.
» Pour les liommes sont la tristesse,
» L'espoir timide, les tourments,
n I>a folle et jalouse tendresse,
)) Et l'esclavage des serments ;
» Pour vous toujours nouvelle ivresse.
» Toujours nouveaux enchantements,
)) Mêmes attraits, même jeunesse;
» Rt les plaisirs pour votre altesse