‹ ŒuvresChapitre 143 sur 164 · Non omnis moriar · texte numérisé non relu

Non omnis moriar

disait au cnntraire Horace, se promettant un long avenir.

A iîei;tin 377

Peu jaloux de vivre après moi, Je les approuve et leur pardonne \

i. Nous retrouvons k peu près les nitjraes sentiments, exprimés avec tout l'abandon d'une causerie intime, dans le récit qu'un jenne poète contemporain de Parny, Dorange, nous a laissé d'une visite qu'il fit, vers I>i07 ou ISOS, au chantre d'Éléonore : •

« Un antre homme plus célèbre encore, à qui j'ai rendu visite, est M. de Parny; j'ai eu deux conversations de trois heures avec lui. Ce poète si délicat n'est, dans la société, qu'un misanthrope blessé jusqu'au fond du cœur, qui se déchaîne contre le faux goût du siècle et la carrière littéraire; il dit que les fruits de la gloire soiil (rop amers pour être achetés par de longs travaux. Je lui lus une ode anacréontique : il l'écouta attentivement, et, après deux ou trois critiques, il me dit : « Cela est beau, cela est très-bien fait pour le fonds et pour le style; cela est supérieur à ce qui a paru dans ce genre depuis longtemps; mais renfermez ce morceau dans votre portefeuille, et n'en parlez jamais. Plus vous aurez de m'érite et plus vous serez malheureux. Ne vous livrez jamais à la poésie qii'avec nue fortune indépendante : ne m'imitez pas, j'ai levé le masque; privé par la révolution de cinquante miUe livres de rente qui assuraient mes loisirs, je me suis déclaré poète. J'ai préféré la médiocrité et la gloire à tout ce qni m'eut été avantageux; un poète reconnu pour tel est repoussé de tous les emplois; j'ai langui dans un état indigent, où je serais encore sans une place que M. Français, de Nantes, a créée pour moi. Que voulez-vous? Cette gloire enivrante m'a tenu lieu de tout; j'ai entendu dire : « M. de Parny est réduit à ne manger que des pommes de terre. » J'ai répondu : « Oui, mais il y a une sauce à ce plat plus piquante que celle des ragoûts les plus exquis. »

A M. FRANÇAIS

CONSEILLER D'ÉTAT DIRECTE UFi GÉNÉRAL DES DROITS - RÉUNIS

1" Janvier 1806

Il rentre l'émigré Janus ; De nouveau la France l'implore, Et sa clef profane ouvre encore Le calendrier de Jésus.

C'était lui dans Rome païenne Qui semait les couplets flatteurs, Les vœux sincères ou menteurs, Les saluts et bonbons d'étrenne.

Autant il en fait dans Paris.

Tout passe, dit-on : faux système !

Nous reljrodons de vieux lialiits Dont l'étoffe est toujours la même.

Rome avait ses Droits-Réunis :

Fn liomrne inlè^'re, franc, aflable,

A M. FRANÇAIS 370

Bon citoyen, bon oral ou r.

De morgue et (Vintrif^uo inrnpHl»!»',

De ces droits était directeur :

Il savait Horace par cœur.

Il lisait Térence et Catulle,

Et certain c^det de Ti bulle

Dans ses bureaux fut rédactein'.

Trop souvent la reconnaissance

Parle et s'épanche en mauvais vers,

Kt souvent aussi l'indulgence

Pardonne ce léger travers :

TilmlUnus, faible de tète,

Au nouvel an devient poëte,

Enfle une ode, et joyeux la lit

A son directeur qui sourit,

Puis répond : a J'accepte un hommage

» Que votre cœur vous a dicté ;

)) Mais le cœur veut la vérité.

n Chez Apollon, point de partage;

)) Les cadets au Parnasse ont tort.

)) A cette injuste loi du sort

» De bonne grâce il faut souscrire.

» Laissez donc la flûte et la Ivre ;

1. Paruy eut effectivement un emi^loi, ou plutôt le titre d'un emploi dans les bureaux de M. Franrais, qui avait admis dans son administration une quantité considéra M»^ 'i'- c-'n- il- iHltre?,

» Et pour étreiine, une autre fois,

» A ma saute qui vous est chère

» De falerne buvez un verre,

)) Pourvu qu'il ait payé les droits, w

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