‹ ŒuvresChapitre 154 sur 164 · A MADAME ANTOINETTE GAMOT · texte numérisé non relu

A MADAME ANTOINETTE GAMOT

A MADAiME-ANTOINETTE GAMOT

« Qin'lle est la fenimo dans Paris » F.a plus digne d'un pur homniago, » VA qui, toujours aimable et sage, » Sur son sexe obtiendrait le prix, » Si ce doux prix était d'usage? »

Ainsi le puissant Obéron, Des Sylphes le premier, dit-on.

Parlait à ses quatre confrères, Qui sur notre ingrate cité.

Où leur nom n'est plus répété, Étendent leurs soins tutélaires.

« Celle que je couronnerais, »

Dit l'un d'eux, « sévère pour elle, » Fuirait cette palme nouvelle.

1. Bellc-sœnr dn maréchal Aey et femme dn général de Laville. Voyez Tibsot, Notice .sur Parny.

» La douceur est dans tous ses traits.

)) Elle a reçu de la nature

)) Cette grâce, noble parure

)) Que l'art jaloux n'imite pas.

» Son rire n'a jamais d'éclats.

)) Des beaux-arts amante timide,

» Dans l'âge encore où de plaisirs

» Son sexe léger rst avide,

» L(»in d'un monde bruyant et vide,

» Elle se fait dheureux loisirs.

» Ses discours au bon goût fidèles

» N'ont point de vaine ambition;

» Mais son imagination

)) A la raison donne des ailes. »

Le second s'exprime en ces mots :

n Je pense qu'à votre suffrage » Une autre a des titres égaux.

» A ses enfants elle partage » Son amour, ses soins, son repos.

» Sur leurs pencbants qu'elle redresse » Veille incessamment sa tendresse.

» Son exemple éloquent instruit » Leur cœur et leur raison novice ; » Mais, étrangère à l'artifice, » Pour eux elle redoute et fuit

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» Ces édairs d'un esprit factice » Qui souvent présagent la nuit. »

Obéron gardait le silence.

« Une autre encore à votre choix, »

Dit le ti-oisième, « aurait des droits. » De l'amitié sa bienveillance » Exagère les douces lois.

» Par leur sort qui change et varie » Ses amis tourmentent sa vie.

» Elle adopte tous leurs destins; » Pour eux elle craint, elle espère, » Et, quand se lève un jour prospère, » Prévoit des orages lointains.

» 0 combien cet excès l'honore!

» Elle gémit sur leurs malheurs ; )) Mais le temps a séché leurs pleurs, » Lorsque les siens coulent encore. »

« Une autre, » disait le dernier, « Présente un modèle aussi rare.

» Le destin pour elle est avare » De la santé, ce bien premier » Dont jamais rien ne dédommage, » Surtout dans le printemps de Tàg^ » Que seul il ferait envier.

» Sans soins ponr elle et sans alarmes,

» Sa souffrance est calme toujours :

» C'est pour d'autres qu'elle a des larmes,

» Des plaintes, de touchants discours.

» Sa Yoix douce et pure console ;

» Son sourire est une leçon ;

» Ce monde si froid, si frivole,

» Sur sa bouche aime la raison.

» Ainsi la rose bienfaisante

» Que battent les vents importuns,

» Penchant sa tête languissante,

» Exhale encor ses doux parfums. »

« A ces femmes, » dit le Génie, " Il faudrait un prix glorieux..

» Au moins que l'équité publie » Leur exemple si précieux.

» Prenez ce soin ; et qu'un poète » Expiant de vaines chansons, n Dans ses vers proclame leurs noms. » Tous répondent : « C'est Antoinette, w

A ELEONORE 40f>

A KLKONORE

Je l'aimais du plus toiiflro amour.

Elle m'a trahi, l'inlidèle!

Mais elle est trahie à son tour.

Et mon rival m'a vengé d'elle.

Que ses pleurs coulent vainement; Qu'elle tombe aux pieds d'.un amant, Et qu'il soit sourd à sa prière; Qu'elle éprouve enfin le tourment D'aimer et de cesser de plaire.

Qu'ai-jo dit? 0 vœux insensés.

Que le dépit a prononcés.

Et démentis par la tendresse !

Hélas! elle fut ma maîtresse; Le souvenir de mon bonheur Est encor présent ;i mon cœur; N'insultons point à sa tristesse.

1. C'est une vt'iitalile élégie; ou pourrait la placer entre la 0* et la 10' du livre IV.

J avais trop compté sur sa foi ; La beauté toujours est tiompeuse.

Inconstante! va, sois heureuse.

Quand tu de\Tais Têtre sans moi.

LETTRES

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LETTHi: PREMIÈRE

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