Édition de
Grâce à de bonnes jalonsies doubles, bien enhetenucs par les maris, nons n'avons vn aucune Porluiiaise. Elles ne sortent jamais qu'après r.4 m- (It'liis; qui se dit à six heures du soir; et c'est précisément l'instant auquel nons sommes obligés de regagner notre prison.
de jolies; mais une navigation de trois mois, et la difficulté
de les voir, les rendaient charmantes à mes yeux.
On ne trouvait à cette foire que dos pierreries mal taillées, mal montées, et d'un prix excessif. Pendant que nous portions de tous côtés nos regards, un esclave vint prier nos conducteurs de nous faire entrer dans un jardin voisin. Nous y trouvâmes quatre tentes bien dressées. La première renfermait une chapelle dont tous les meubles étaient d'or et d'argent massif, et travaillés avec un goût exquis; la seconde contenait quatre lits : les rideaux étaient d'une étoffe précieuse de Chine peinte dans le pays, les couvertures de damas enrichi de franges et de glands d'or, et les draps d'une mousseline brodée garnie de dentelle. La troisième servait de cuisine, et tout y était d'argent. Quand j'entrai dans la quatrième, je me crus transporté dans un de ces palais de fée bâtis par les romanciers. Dans les quatre angles étaient quatre buffets chargés de vaisselle d'or, et de grands vases de cristal qui contenaient les vins les plus rares: la table était couverte d'un magnifique surtout, et des fruits d'Europe et d'Amérique. La gaieté qui régnait parmi nous ajoutait encore à l'illusion. Tout ce que je mangeai me parut déli<:ieux et apprêté par la main des Génies; je croyais avaler le nectar; et, pour achever l'enchantement, il ne manquait plus qu'une Hébé. Nous sortîmes de ce lieu de délices en remerciant le dieu qui les faisait naître. Ce dieu est un seigneur âgé d'environ cinquante ans.
A MON KRÈRP: 417
Il est puissamment riihc; mais il doit plus qu'il no i.ossrde. Sa seule passion est cle manger son bien et eelui des autres dans les plaisirs et la bonne clière. Il fait transpijiier ses tentes partout où il croit pou voir s'amuser, et il décampe aussitôt qu'il s'ennuie. Cet liomme-là est un cbarmant Kpicurien; il est digne de porter le ruban gris de lin.
Même fête le lendemain; mais beaucoui» plus brillante, parce qu'il avait eu le temps de la préparer; cepcdant pas un seul minois féminin.
Nous fîmes aussi plusieurs visites qui remplirent agréablement la soirée. Les femmes nous reçoivent on ne peut mieux, et comme des animaux curieux qu'on voit avec plaisir. Elles sont toutes très-brunes; elles ont de beaux clieveux relevés négligemment, un babillement qui plaît par sa simplicité, de grauJs yeux noirs et voluptueux; et leur caractère, naturellement enclin à l'amour, se peint dans leur regard.
Nous eûmes hier un joli concert suivi d'un bal : ou ne connaît ici que le menuet. J'eusle plaisir d'en danser i»lusieurs avec une Portugaise charmante, de seize ans et demi : elle a une taille de nymphe, une physionomie piquante,
Et la grâce plus belle encor que la beauté i.
On la nomme Doua Theresa.