‹ ŒuvresChapitre 16 sur 164 · Même édition · texte numérisé non relu

Même édition

Demain, dites-vous tous les jours.

Je suis chez vous avant ramorc; Mais, volant à votre secours, La Pudeur chasse les Amours.

« Demain, » répétez-vous encore.

Rendez grâce au dieu bienfaisant Qui vous donna jusqu'à présent L'art d'être tous les jours nouvelle; Mais le Temps, du bout de son aile, Touchera vos traits en passant; Dès demain vous serez moins belle, Et moi peut-être moins pressant.

Et dans celle de 1 S 02 :

Demain, dites-vous tous les jours.

L'impatience me dévore :

L'instant fixé pour les amours Arrive, et près de vous j'accours

LE REVENANT 23

LE REVENANT

Ma baillé fuit : cette infidèle Ne promet pas de revenir.

Et la nature qui chancelle A déjà su me prévenir De ne pas trop compter sur elle.

Au second acte brusquement Finira donc ma comédie :

Vite je passe au dénoùment ; La toile tombe, et Ion m'oublie.

J'ignore ce qu'on fait là-bas.

Si du sein de la nuit profonde On peut revenir en ce monde.

Je reviendrai, n'en doutez pas. .

Mais je n'aurai jamais l'allure ^^À De ces revenants indiscrets,

Qui, précédés d un long murniurOj

Se plaisent à pâlir leurs traits^

Et dont la funèbre parure.

Inspirant toujours la frayeur.

Ajoute encore à la laideur

Qu'on reçoit dans la sépulture.

De vous plaire je suis jaloux.

Et je veux rester imisible. ♦

Souvent du zépli\T le plus doux

Je prendi'ai T haleine insensible; ^

Tous mes soupirs seront pour vous : —

Ils feront vaciller la plume

Sur vos cheveux noués sans art.

Et disperseront au hasard

La faible odeur qui les parfume.

Si la rose que vous aimez ^

Renaît sur son trône de verre ^ ;

Si de vos flambeaux rallumés

Sort une plus vive lumière;

Si l'éclat d'un nouveau carmin

Colore soudain votre joue, r^ ^\

1. L'auteur désigne ainsi une carafe pleine d'eau dans laquelle trempent les tiges d'un bouquet de roses. Il répétera cette figure dans le poème des Fleurs, en s'adressant à la violette :

Vous renaissez sur un troue de verre.

Ou vous mourez sur le sein de Yéuus.

LE REVENANT

El si souvent criiii joli seiii n

Le nœud trop serré se dénoue;

Si le sofa plus uioUcmciit

Cède au poids de votre paresse.

Donnez un souris seidement

A tous ces soins de ma tendresse.

(juand je reverrai les attraits

Qu'effleura ma main caressante.

Ma voix amoureuse et touchante

Pourra murmurer des regrets ;

Et vous croirez alors entendre

Celte harpe qui, sous nus doigts.

Sut vous redire quelquefois

Ce que mon cœur savait m'apprendre.

Aux douceurs de votre sonnneil

Je joindrai celles du mensonge;

Moi-même, sous les traits d'un songe.

Je causerai votre réveil.

Charmes nus, fraîcheur du bel âge.

Contours parfaits, grâce, embonpoint,

Je verrai tout : mais, quel dommage !

Les morts ne ressuscitent point. rJ^^^

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