‹ ŒuvresChapitre 3 sur 164 · XII PARNY · texte numérisé non relu

XII PARNY

liouivusos aiinôos qui pivoédèrciil la plus terrible des révolutions.

Le poëte est amoureux; il l'est comme on l'était alors, et même un peu mieux, comme on l'est dans les époques naturelles, c'est-à-dire avec tendresse et abandon, d'une manière précise, positive, non anc^élique, non alambiquée, et aussi sans y mêler un sentiment étranccer qui simule la passion et qui va par delà. Je m'explique. Les Byron, les René, les Musset sont très-peu, à mes yeux, des amoureux simples. Ils aiment une personne de rencontre, mais ils chercbent toujours plus loin, au delà; ils veulent sentir fort, ils veulent saisir l'impossible, embrasser l'infini. Je prends Musset comme le plus voisin de nous et à notre portée : croyez-vous qu'en aimant sa maîtresse, celle qu'il a tant célébrée, il n'aimât pas surtout le génie en elle, autre chose que la femme, l'idéalisation d'un rêve? « Le bonheur! le bonheur! s'écriait-il dans sa violence de désir: et la mort après! et la mort avec! » Beau cri, mais qui dépasse, ce me semble, la portée de l'amour, qui suppose dans le cœur une rage de bonheur antérieure à l'amour, et laquelle aussi lui survivra.

Parny est moins violent et plus simplement amoureux; il est amoureux d'une personne, nullement

PARNV XIII

diiii |in''t»'.\lr cl d'un»' chose porliciiic S;i pivinim' éléi'ii* nslc ('haiiii.iiilc : Enfin, nta clictp Éléonnre... c'est l'a /^ c des anioiiivux. Tous ceux qui l'ont lue l'ont retenue, et de tons renx qui la savent par coMir. pas un ne l'oublie. Oli î je ne vous 'la donne pas poiu' une création pi'olonde et neuve : c'est un lieu coiumun qui recommence sans cesse aux api)roclies de quinze ans poiu' toutes les générations de Cliloé et de Daphnis: mais ici le lieu commun a passé par le cœur et par les sens, il est redevenu une émotion, il est modulé d'une voix pure : il continue de chanter en nous bien api'ès que le livre est fermé, et le lendemain au réveil on s'étonne d'entendre d'abord ce doux chant d'oiseau, frais comme l'aurore.

Faites l'épreuve, s'il est encore temps, si vous n'avez pas atteint le chitlVe fatal où il est honteux d'aimer : Nec amare decebit..., cet âge. « où, comme le dit Joseph de iMaistre. il ne faut être fou qu'en dedans ; » si donc vous trouvez encore une heure de reste pour avoir ime écolière en musique et même en amour, récitez à une jeune fdle naïve une élégie de Lamartine, si belle qu'elle soit, et une élégie de Parny, vous verrez laquelle elle comprendra, laquelle elle retiendra.

Je ne crains pas le sourciT jaloux des censeurs;

M\ PAliNV

qu'ils vicniicnl sr iiKnilici-. s'ils osonl. êii cos matières aimables î Je les renverrai, non pas couronnés, mais fouettés de roses. Le i^lus rébarbatif de tous, M. de Bonald. a dit : « Je crois que h i^oésie erotique est Unie chez nous', et que. dans une société avancée. on sentira le ridicule d'entretenir !«■ [uildic de faiblesses qu'un lionmie en âge de laison ne conlii* pas même à son ami. La poésie erotique n'est pas lenfance. mais renfantillaiie de la iioésie. » Voilà l'anatlièuie du vieux Caton : — i^as si Caton qu'il en avait lair, pas si Aristide du moins, et qui. dans son austérité de censeur en titie. ne dédaii^nait ni les places, ni les émoluments, ni les biens solides pour sa famille : — « Les Bonald. je les connais. » disait M, Royer- CoUard. — Il a donc lancé lanatlième aux i)oêtes amoureux. Je ne sais si leur rèiine est aussi lini que le prédisait ce prophète du passé. Ce serait tant [ûs pour la joie humaine ! Le Devin du village pourrait bien en savoir plus loniç sur l'amour que l'auteur de la Législation primitive. Jusqu'à Parny du moins, le refrain de la célèbre chansonnette restait une vérité (Ctst un enfant, c'est un enfantl}. et l'éléi^ie du poète est luen celle de cet éternel enfant.

Paniy. je dois le dire, a fait quelques concessions de détail, quelques corrections que je n'ap|)rouve pas

(Imiis SOS Kl('i;irs iwiies pîir lui sons r[']in|Miv. Il \ a (le lui une Frayeur (|ii(' jaiiiic iiiiciix dans \('< prcniiri'cs ('(lilioiis. cl (|iii v csl I)(Miic(iii|) iihViix moii- >«'('. Il v a. |):u'-('i |)ai'-l;i. des iiivocaliôiis à la hnuteille. qui onl dispai'ii dans les nlitions plus rassises. Il a ou loi'l. Laissons aux folies de l;i jeunesse, d/'s qu'elles on! jailli el que la coupe circule, la nnuisse pelillaiile el rosée donl elles se couroiMienl. Une Irès-belle éléi;ie. c'est le Projet de Kolidule :

Fuyons cos liisies lieux, ('» iiiiiiiresse adorée! Nous perdons en espoir la moitié de nos jours.

L'écho de Lamartine, cette t'ois, en a l'épété (pichpie chose :

La moitié de leiu-s jours, liélas ! est consumée Dans l'abandon des liiens réels.

La pièce de Parny (trente-deux vers en tout) est pure, tendre, éi;ale, d'un seul souille, d'une seule veine. C'est du parfait Tihulle reti'ouvé sans y soulier, et la llùle de Sicile n'a l'ien fait entendre de plus doux.

Le Fragment d'Àlcée n'est que du i;!'ec transparent et pour la forme. Parny est tro|) entièrement épris et trop ptnvsseux poui' aller faire comme Aiidr(''

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