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CI)r''ni^M'. pour revenir. |>aruric. combinaison de gofit cl fl (MiKlition. aux maîtres de la lyre éolienne. Ici il n'a vonhi que masquer sous des noms anciens le déplaisir tout moderne d'un amant qui sent sa maîtresse lui échapper aux approches de Pâques, Les vers sont beaux, fermes, pleins, et d'un épicuréisme hardi qui rappelle Lucrèce.
Le Plan d'études :
De vos projets je blâme l'iniprudence : Tro[( de savoir dépare la beauté...
est agréable. La Rechute est d'un sentiment vrai, naturel, sans rien de forcé, ni du côté de l'angélique, ni du côté de l'erotique. Le Retour est d'un bel élan ;iii dt'biit. d'un j<'t vif et bien lancé :
Ah 1 si j^jtnais on ainia sur la terre, Si d'un mortel on vil les dieux jaloux...
et l'ensemble a de la légèreté et de la délicatesse. Le Rficcommodement est joli. Le Souvenir serait une vraie élégie si lu fin répondait au- commencement; mais l'expression abstraite gâte l'eftet : il y manque l'image. J'en dirai autant de Ma Retraite; on sent ce qui fait défaut à l'aimable poète. Il a plus de sentiment que d'imagination, que d'étude et de science
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pittoresque, que de style et d'art poôticjue. L'invention lui est refusée. Il ne songe pas à rehausser et à redoi'er son cadre, à rajeunir ses iniaifes de bordure et de lointain par l'observation de cette nature nouvelle, qu'il avait eue pourtant sous les yeux et quil éteii^nait sous des couleurs un peu vaiçues : il estimait que Bernardin de Saint- Pierre l'exas^émit et la rendait trop ; lui. il ne la rendait pas. Tout à l'aînonr et au sentiment, il ne prenait pas i;arde à sa tlore des Tropiques, et ne paraissait pas se douter qu'il y avait là pour le premier occupant une conquête et un trésor. Il laissa cueillir la pomme d'or de son ile natale par un étranger. La langue poétique elle-même avait besoin aloi"s d'être refrappée, d'être retrempée; elle est fluette, mince et atteinte de sécheresse. Parny s'en sert avec élégance, pureté, grâce, mais une grâce qui n'est pas la divine et la suprême. En un mot. c'est un amant, c'est un poète que Parny, ce n'est pas un enchanteur : il n'a pas la magie du pinceau. Il n'est pas de force à créer son instrument : il se sert bien d'une langue toute laite, trop faite, et déjà affaiblie et un peu usée.
Je n'ai pas craint de marquer les défauts : il est juste de rappeler les qualités et les avantages. La passion chez Parny se présente nue et sans fard. Il
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ii> .•i.iniitc vu'u: il 1,-v ni,.| iKisdcscfMilciirs h ('hloiiii '''■•' '''^"•"V'' 'l'i loiul. il II.' (loiissc pasiiofi plus (le nvs ciis-i s.' K.idiv les .'iilraillcs. L;, „i,(„,v |,;„i,.: I>\|)iï'.ssi()ii siiii. (-icilc. iK'iinMisc. (Wnl,. ;, n- qui (sl •'• <lii'<'. (> son! (|,.|i,\ 011 [rois hcllos ('Iri^ios qiio coHos nii il cssavc (Ir (Irri-ii'c le c'Mmo rclmiivr: oii il iv-- ''■""^'' """ •' ''''"l» :• riinpmvisic la passion liiiniil- '"''iisc. cl 011 il !iivr)qii,. ciiliii avec siicccs la l.iciiifiirciisc Jiidini'i'ciicr' ;
l>'iiii Ion- sniiiincil j';ii goiilr l;i (loiicfiir, de... r.i\ iimrhù (J;iiis l'absence un ronifde ii mes ni:nj\, e(<'.., Ciilnie <lcs sens, paisilde Indillcrence, cU...
L'i seconde (!,■ rcs élc-ics csl do loiilc hcaiilc. dans ''MH-nnicrc rnoilicsiirioiil, 011 sVxlialc une si poii^Manlcdo„|,.,ir. où |,. poclc va dcinandcr an ^l'aiid spectacle d'nnc naliiiv houlcvcrscç., à ce (proii a|.polle le/;./yy.s- hrûlé i\r \l\v. liuipression niiielle e| monie à la(p!e|je il aspiiv ri (p,'i| s'indii-ne de ne point (''|)i'()ihc)' :
ToiJl se l;iit, loul est mon, ,M„urc/ honleux s(.ii|.iisl .Mourez, im|iorliins souvenirs cic.
" *■'" '''"" "" l»<'fi plus de iioiiveanlé de pinceau <laiis l'aiilre inoilié. Mais an inoiiis anciin trait m;
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lieiii'l(' vl n'ai'ivlc : ce (iiiOii iir saiiiiiil dire (!•' \)\r\\ dos (*l('i;'i('^ plus iimmIci'iks ci passioiiiiiH's de nos illusli'cs n)iiiaiili(|ii('S.
i.a (l(M'iii«'i'(' (le (Ms trois licllcs ('■li'i'ics me rappelle une iJarticiilarili' assez pi(|iiaiile. (h\ lisait à l'Aca- (iiMuie ces (|ii;ilie \('r< (jiii pclLiiieiil si hieii un piolond liesoiii (rapaiseineiil :
Calme des sons, luisihle IinlilU-iciioo, Léger sommeil d'un cœur tranijuillisé, Descends du ciel; éprouve la imissance Sur un amant Irop longlemiis abusé !
r/esl M. Paliii (|iii les a\ail eilés dans un ai'liele dn Dictionnaire ',ui mol Abu^^é. e( il les lisait de\anl nne |)ai'tie de la eomiiaiiiiie. à ce nionu'iil i»eii attentive.— « Que e'est mauvais! » sécrie à l'instant un éloquent prosateur. — h {^\w c'est mauvais! » répètent bien des voix.
Léger sommeil d'un cd'ur Inniiiuillisi'...
Ce mot e\i)ressif et neuf ainsi plaeé. lranqnillii<ê, choquait surtout ees habiles prosateui's et leur .seinhlait prosaïque. M. Patin n'était i)as du tout convaincu, mais il se eontenlail de prolester à demivoix : je Taisais de même, en mirritanl toulerois un
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peu plus viveinoril de crtlc tante de l;oùi que l'Aca- (It'niie allait faire, et de cette injure à Parny, là où il est excellent et on il me paraissait le plus diiçne d"ètre cité. M. de Montalenibert, ce joiu-là mon voisin et témoin 'de mon frémissement de critique, m'enhardit à parler et. je puis dire, m'y poussa. Je demandai alors à relire à haute voix ces quatre vers, en indiquant ce qui les précède dans l'ordre des sentiments et ce qui les amène; j'en appelai de l'Académie distraite à l'Académie attentive ; jinsistai précisément, je pesai sur l'effet heureux de ce mot tranquillisé, si bien jeté à la fin du vers. Le vent tourna, l'opinion revint, Parny fut maintenu avec honneur à son rang sur la liste de nos autorités poétiques, et c'est M. de Montalembert qui en est cause.
Deux élégies qui se suivent, après la rupture, l'une dans laquelle l'amant trahi menace l'infidèle de tristesse et de remords au sein de son nouveau bonheur (Toi qu'importune ma présence...); l'autre dans laquelle il la devine, il la plaint et a peur que sa menace ne s'accomplisse (Par at air de sérénité...), sont d'une tendresse bien délicate et ingénieuse. En finissant ces quatre livres, on est frappé de cette variété de nuances sur une trame unique. Que de jolis couplets sur un thème simple ! Il n'a nulle pailre,-
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roiirs aii\ acccssoiros, à la farilaisic. aux (Icsrriptions : tout sort et drcoiile (l'uii seul et niènic sentiment. Il a traduit chaque fois ce sentiment à l'instant même : son éléi^ie est née toute voisine du moment de l'émotion.
Painy éléi^iaque est complet en soi : il n'a[)pt'lle pas, comme Millevoye et quelques autres i)Octes souffrants et inachevés, l'idée de plus grand que soi, et ne fait point attendre ni désirer vaguement ce maître futur. Lui-même, daivs son cercle limité, est un maître, non un précm^seur. Comhien faut-il de Mallilàtre, de Gilbert, de Dorange, de Dovalle, pour arriver à un grand talent qui réussit et qui vit ? On se le demande en les lisant. Quand on lit Parny, il ne donne pas l'idée ni l'inquiétude de ce talent plus puissant. Il a ses faiblesses, ses pâleurs, mais aussi son charme et sa suavité. C'est une belle lleur qui règne sur son gazon, près de sa source : on s'y asseoit avec lui et on la respire.
S'il satisfait et contente, ce n'est ps qu'il ne rappelle dans le passé, comme cela a lieu pour les classiques du second ou du troisième âge, de beaux talents antérieurs et souvent supérieurs au sien. Il les rappelle sans pour cela les imiter : c'est Berlin qui imite, et avec feu. avec talent ; chez Parny ce sont
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bien moins dos imitations que des ressembhmces. Il a pour la mollesse des tons de Quinaiilt. une veine de Racine amoui'eux, des rencontres, mais de courtes et ra|)ides rencontres seulement, avec La Fontaine. Le Brun. 1 ami d'André Chénier, et qui avait, par science et par envie de métier, tont ce ((uil fallait pour mesurer Parny. la appelé un dcnii-Tihidli' :
l'jiny, demi-TiliuUe, écrivit mollenieiit . Des vers inspirés par les Grâces Et dictés par le sentiment.
Le mot est juste. Pour être un Tibulle entier, ce n'est pas tant la j)assion élégiacjue (jui a manqué à Parny. cest le scfitiment larp^e et naïf de la natm-e cliampètre, ce qui fait de Tihiille le digne secontfdu cliantre des Géorgiques.
Il y a de lui quelques petites pièces qui seraient de parfaites épigrammes au sens antique: Vers gravés sur un oranger... Au gazon foulé par Eléonore... Hé flexion amoureuse.... mais surtout les vers S«r /a mort (V une ji une fille, le clietVdVruvre des modernes é|)igrammes à inscrire sur une tonilte :
Son Age échappait à Tenfance; Riante connue rinnocence, Kle avait les traits de i'Aiiioiir.
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Quelques mois, queliiues jours euroi»
Uaiis ce cœur pur el saus rléiour Le senlinient allait éclore.
Mais le Ciel avait au trépas Coiulaunié ses jenues appas.
Au Ciel elle a rendu s;i vie.
Et duueeuient s'est emloruiie Sans nmrnuuer contre ses lois.
Ainsi le sourire s'elVace ; Ainsi meurt, sans laisser de trace.
Le diant d'un oiseau dans les bois.
Siniplicili' exquise, iiidéliiiissal)!»'. (|iii se seul cl ne se comioeiile pus! — " Mais ([uesl-ce tj'iie eela. me (lit un jeune entliousiastc. auprès du Premier rer/r^nle Laniarline. aupivs de la jeune lillc de Vielor Hui;o (les Fantônvs) ? » Voilà une bien i^rosse (|ueslion que vous me jetez à la l'Hc »*l je dois diiv que je m'y attendais.
Ce n'est jamais nous (pii médirons du premier Lamarliiie jioëtc : mais railleur du Vnmier regret. c'est déjà le second on !('• troisième Laniarline. cl dans cette pièce si harmonieuse, si plaintive, si limpide, prenez i^arde ! à un certain nmuuMit. si vous la lisez avec attention, un étrani^e sentiment se laisse apercevoii' :
Elle me conrond;iit avec sa propre vie. Voyait tout dans mou .imo; et je fais;iis partie
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De ce monde cnchnnlc qui llotuit sous ses yeux... Avant moi celle \ie élail sans souvenir...
Et la comparaison développée du beau cygne qui trouble une onde pure dans un jjassin. ne voyez- vous pas comme il la caresse ?
Ai.isi, quand je parlis, loul trembla dans celte âme; Le rayon s'éteignit; et sa mourante llamnie Remonta dans le ciel pour n"en plus revenir...
Ce sentiment qui se trahit dans le détail et qui respire dans tout l'ensemble, cest une sini^ulière complaisance du poète à décrire le mal quilacausé, .et cette complaisance, à mesure qu'on avance dans la lecture, l'emporte visiblement sur la douleur^ sur le regret, au point de choquer même la convenance. Un soir qu'on lisait à haute voi\ et qu'on essayait cette pièce devant qu<dqu(,'s pei'sonnes, parmi lesquelles une jeime fille spirituelle et pas trop lettrée, que cette poésie mélodieuse avait d'abord ravie : « Mais, s'écria-t-elle tout à coup, savez-vous que ce monsieur est fat? il est flatté qu'on meure pour lui. » Dès que ce sentiment s'est laissé voir, tout le charme de la pièce est évanoui.
Les Fantômes de Victor Hui;o : Hélas ! que fen ai TU mourir déjeunes filles!... ne sauraient se rappro-
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cher (lavanlai;(: de la pièce de l*arii\ ; eVsl une lantuisie riclie, éclatante, éldouissaiite. eiiivive. étourdissante : je ne sais où trouver assez de mots pour la caractériser. C'est un ourai-an déjeunes lllles; tant plus de mortes f tant plus de fantômes ! tant i)lus de poésie ! La sensibilité n'a rien à faire là. S'ai(it-il d'étonner ou s'ai,nt-il de toucher? Une mère tendre, un fi'ère délicat, s'ils avaient à choisir entre les trois pièces, sur la tombe d'une morte chérie, pouri'aien^ils hésiter un seul instant ?
Mais ne comparons pas, c'est le mieux. Ne confondons pas, pour déprécier l'une ou l'autre, des inspirations si inégales d'haleine, des œuvres d'un c^enre et d'un ordre tout différent. Je n'ai garde, d'ailleurs, d'irriter les dieux ou les génies, je ne veux pas api)eler les orages et la foudre sur le myrthe odorant et frêle pour qui c'est déjà trop que de supporter le soleil. Parny nous plaît à son matin ; il se dessécha vite : nous l'abandonnons à son midi. Ce n'est pas qu'il n'ait gardé jusqu'à la fin de ces tons purs, de ces touches gracieuses, et il serait aisé d'en relever des exemples heureux, des applications variées dans ses divers poèmes : mais il ne se renouvela pas, et il est resté pour la postérité le i)oëte des Élégies. — - « Voyez-vous, ma petite, passé viniil-cin(|
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ans. cola ne vaut plus la peine d'en j>ai'ler: » ce nuil d'Horace Wal pôle à niadanie du Dcfïand est la devise des élégiaques sincères et de celui-ci en parliculiei". Que devenir en effet, que faire, en avançant dans la vie. quand on a mis toute son âme dans la fleur de la jeunesse et dans le pai'fum de l'amour 1 Arislote a beau nous dire que le coi'ps est dans toute sa force de trente à trente-cinq ans. et que lesj)i'it atteint à son meilleur point dans l'année qui précède la cinquantaine. Grand Aristote. parlez pour vous, pour les sages, poiu* les politiques, jiour les orateurs, l)0ur les eiiliques ! Mais les tendres et fragiles poètes, quel triste quanttème \ ous leur proposez là «Ml i)erspective ! Il y. a longtemps que larbre est dépduillé à la cime et que la sève n'y monte plus. — I^uny. dans ses trente dernières années, rima encore à ses moments perdus, joua beaucoup au wliist, se maria, fut un homme de bonne compagnie, et il mourut au seuil de la vieillesse proprement dite, à soixante et un ans (5 décembre 1814).
Sajme-Belve.
Août Js6l.