SE
i:Li:(iiK X II.;
Vmis abrogpz nos ontrelicns; VA. vos yeux noyés flans los larinos Evironl. ronst;iniment les miens.
Ainsi flonc mes poinos rruolies Vont s'augmenter de vos ciiagrins!
Malgré les dieux et les humains, Je le vois, nos cœurs sont fidèles.
01)j<'t du plus pnrfait amour, Tnique charme de ma vie, 0 maîtresse toujours chérie, Faut-il te perdre sans retour?
Ail! faut-il (lue ton inconstance Ne te donne que des tourments!
Si du plus tendre des amants I.a prière a quelrpie puissance.
Trahis mieux: h's jtremit'rs serments; Oue ton cœur me plaigne et m'oublie.
Permets à de nouveaux plaisirs D'effacer les vains souvenirs Qui causent ta mélancolie.
J'ai bien assez de mes malheurs.
J'ai pu supporter tes rigueurs, Ton inconstance, tes froideurs.
Et tout le poids de ma tristesse ; Mais je succombe, et ma tendresse Ne peut soutenir tes douleurs.
ne L 1 V R E 1 V
Que le bonheur arrive lentement !
Que le bonheur s'éloigne avec vitesse ! Durant le cours de ma triste jeunesse, Si j'ai vécu, ce ne fut qu'un moment K Je suis puni de ce moment d'ivresse.
L'espoir qui trompe a toujours sa douceur, Et dans nos maux du moins il nous console ; Mais loin de moi l'illusion s'envole.
Et l'espérance est morte dans mon cœur. Ce cœur, hélas! que le chagrin dévore.
Ce cœur malade et surchargé d'ennui, Dans le passé veut ressaisir encore De son bonheur la fugitive aurore.
1. C'est le même sentiment qiii -a dicté ce vers d'André Chénier, élégie XXV :
Ils n'ont fait qu'exister; Tamant seul a vécu.
i:ij;(;i!: xi il
Et tous les biens qu'il n'a plus aujourd'luii ;
Mais du présont riniage tro[» fulèlo
Me suit toujonis dans ces rêves trompeurs,
Et sans |>itlé la vérité cruelle
Vient m'avertir de répandre des pleurs.
J'ai tout i>erdu ; délire, jouissance,
Transports brûlants, paisible volupté.
Douces erreurs, consolante espéi-ance.
J'ai tout perdu : l'amour seul est resté.
Calme des sens, paisible Indifférence, Léger sommeil d'un cœur tranquillisé.
Descends du ciel; éprouvé ta puissance Sur un amant trop longtemps abusé.
Mène avec toi riieureuse Insouciance, Les Plaisirs purs qu'autrefois j'ai connus^ Et le Repos que je ne trouve plus ; ^l(''ne surtout l'Amitié consolante Oui ^enfuyait à l'aspect des Amours, Et des Beaux-.\rls la famille brillante, Et la Raison que je craignais toujours. Des passions j'ai trop senti livresse; Dorte la paix dans le fond de mon cfeur : Ton air serein ressemble à la sagesse.
Et ton repos est presque le bonheur.
Il est donc vrai : l'ainour n'est qu'un délire 1
IILKCAE XII II!»
Le mion fut long; niais enfin je respire, Je vais renaître; et mes chagrins passés, Mon fol amour, les pleurs que j'ai verség,. Seront pour moi omiine un songe pénible Et dduluureux à nos sens éperdus, Mais (]ui, suivi d'un réveil plus paisible. Nous laisse à peine un souvenir confus.
ELEGIE XTTl
Il est temps, mon Éléonore, De mettre im terme à nos erreurs; Il est temps d'arrêter les pleurs Que l'amour nous dérobe encore.
Il disparaît l'âge si doux, L'âge brillant de la folie :
Lorsque tout change autour de nous, Changeons, ô mon unique amie!
D'un bonheur qui fuit sans retour Cessons de rappeler l'image.
Et des pertes du tendre amour Que l'amitié nous dédommage.
Je quitte enfin ces tristes lieux Où me ramena l'espérance, Et l'Océan entre nous deux Va mettre un iulervalle immense.
i: i.Hcii; XIII 121
11 faut même qu'à mes adieux Succède une éternelle absence; Le devoir m'en fait une loi.
Sur mon destin sois plus tranquille • Mon nom passera jusqu'à toi ; Quel que soit mon nouvel asile.
Le tien parviendra jusqu'à moi.
Trop heureux, si tu vis heureuse, A cette absence douloureuse Mon cœur pourra s'accoutumer.
Mais ton image va me suivre, Et, si je cesse de t'aimer.
Crois que j'aurai cessé de vivre.
f]LEGIE XIV
Cesse de m'affliger, im[iortiine Amitié.
C'est en vain que tu me rappelles Dans ce monde frivole où je suis oublié; Ma raison se refuse à des erreurs nouvelles. Oses-tu me parler d'amour et de plaisirs? Ai-je encor des projets ! ai-je encor des désirs? / Ne me console point : ma tristesse m'est chère ; Laisse gémir en paix ma douleur solitaire;
Hélas ! cette injuste douleur
De tes soins en secret murmure;
Klle aidait même la douceur
De ce baume consolateur
Que tu verses sur ma blessure.
Du tronc qui nourrit sa vigueur
La branche une fois détachée
Ne reprend jamais sa fraîcheur,
Rt l'on arrose en vain la fleur,
KLEOIi: XIV 12:
QuaiKl la racine est desséchée : \ \
De mes jours le (il est usé; Le chaf^rin dévorant a flétri ma jeunesse, Je suis iiKtrt au plaisir, et mort à la tcndrossô. Hélas! j'ai tro[i aimé; dans mon cieur épuisé
Le sentiment ne peut renaître ; Non, non : vous avez fui pour ne jtlus reparai (re. Première illusion de mes premiers beaux jours, Céleste enchantement des premières amours. 0 fraîcheur du plaisir, ô volupté suprême ! Je vous conmis jadis, et dans ma douce erreur,
J'osai croire que le bonheur
Durait autant que l'amour même ; Mais le bonheur fut court, et l'amour me trompait. L'amour n'est plus, l'amour est éteint poiu- la vie ; Il laisse un vide alîreux dans mon âme alTaiblie;
Et la place qu'il occuiiait
Ne peut être jamais remplie.
FIN DKS i:i.r.()iics