‹ ŒuvresChapitre 64 sur 164 · Édition de · texte numérisé non relu

Édition de

Les feux du jour et le même dessein Avaieut conduit sur les bords du bassin Tous nos bergers étendus sous l'ombrage. Je vois tomber. . . .

Et ne les cache pas .

L'œil entrevoit; l'esprit voit davantage.

2, 1] y a dans l'édition de i779 une leçon différente et meilleure

De mille fleurs qui couvrent le gazon, Laure et Dacis vont faire la moisson, Et du bassin tapissent la surfice.

i.A joruM-K Cl! \M l'i" ti;k 141

L'onde gémit; tous les l)ras (l»'ponill(s

Glissent déjà sur les flots éiiiaillés,

Et le nageur laisse après lui sa trace.

En vain mes vers voudraitMil [•cinib'C leurs jeux.

Bientôt du corps la toile olx-issante

Suit la rondeur et les contours moelleux.

L'amant sourit, et dévore des yeux

De mille attraits la forme séduisante ^

Lorsque Zulmis s'élança liors du bain,

L'iieureiix Volmon l'essuya de sa maiu.

Qu'avec douceur cette main téméraire

Se promenait sur la jeune hergére,

Qui la laissa recommencer trois fois!

Qu'avec transport il pressait sous ses doigts

Et la rondeur d'une cuisse d'ivoire,

Et ce beau sein dont le bouton naissant

Chercbe à percer le voile transparent!

Ce doux travail fut long, comme on peut croire;

Mais il finit. Bientôt de toutes parts

1. C'est sans doute à ce récit qu'appartiennent ces vers Je l'éditiun de 1779, cités dans le Mercure :

Ces traits cacbés, ces charmes arrondis, Sous le mouchoir toujours ensevelis.

L'onde à loisir les haigne et les arrose.

142 LA JOURNÉE CHA^rPÊTRE

La moflestiô élève des remparts Entre l'amante et l'amant qui soupire.

Volmon les voit, et je l'entends maudire Cet art lieureux de cacher la laideur.

Qu'on décora du beau nom de pudeur.

Volny s"avance^ et prenant la parole :

« Par la chaleur retenus dans ces lieux,

» Trompons du moins le temps pai' quelques jeu:

^) Par des récits, par un conte frivole.

» On sait ' qu Hercule aima le jeune Hylas. j) Dans ses travaux, dans ses courses pénibles, » Ce bel enfant suivait toujours ses pas; » Il le [ircnait dans ses mains invincibles; » Ses yeux alors se muniraient moins terribles; » Le fer cruel ne couvrait plus son bras; » Et l'univers, et Vénus, et la {gloire, » Étaient déjà bien loin de sa njémoire. )) Tous deux un jour arrivent dans un bois » Oii la chaleur ue pouvait s'introduire; » En attendant le retour de Zéphire,.

i. Parny a pris ici Théocrite pour guide; et il faut avouer, sans partialité pour les anciens, que l'imitation est inférieure àT original. Que l'on compare, pour s'en assurer, l'idylle treizième du poëte grec. Le même sujet'a été traité avec bien du talent par A. Chénier (idylle xi).

L A JULK.nl J, ( . Il A M l' L J I '. 1. i \ 3

)) Le vuya|j;L'iir y dormait ()Ut'l(iuerui<. » Notre liérus sur l'Iierlte llfuribsaiite* » Laisse toinlier son armure pesante ^^ )) Et pnis s'allonge, et respire le frais, •) Tamlis qu'Hylas, d'une main diligente, » D'un diner simple ayant l'ait les apprêts, » Dans le vallon qui s'étendait au[irès » S'en va puiser une eau rafraîchissante'. » 11 voit de loin un bosquet d'oran;;ers, » El d'une source il entend le murmure. » Il court, il vole m cette source pure » Dans un bassin conduit ses Ilots légers. » De ce bassin les jeunes souveraines » Quittaient alors leurs grottes souterraines; » Sur le cristal leurs membres déployés » S'entrelaçaient et jouaient avec grâce : » Us fendaient l'onde, et leurs jeux variés,

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