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C'est la même image que dans ces vers de Roy

Glissez, mortels; n'appuyez pas :

Le précipice est sous la glace.

Sur un mince cristal l'hiver conduit vos pas : Telle est de vos plaisirs la légère surface.

ISNEL ET ASLKOA 207

Porte refiroi dans son cœur éfierdu.

C'est son époux; menaçant et terrible,

Il fait un signe, et sa garde soudain

Saisit Isnel, qui répétait en vain :

« Faible ennemi, tu m'as vu sans défense;

» D'acier couvert, entouré de soldats,

» ïu fonds sur moi; lâche, ose armer mon bras,

» Et clierclie au moins une noble vengeani'e. »

Ce lier discours est à peine écouté.

Dans un cachot Isnel précipité

Garde longtemps un silence farouche ;

Le désespoir enfin ouvre sa bouche :

« Le jour bientôt va reparaître, et moi

» Je vais passer dans la nuit éternelle.

.) La nuit! que dis-je? Isnel, reviens à toi :

)) Du Valhalla le grand festin t'appelle ;

» C'est là qu'on boit la vie et le bonheur K

» En m' approchant de ce palais auguste,

.) Dois-je trembler? non, je fus brave et juste;

» Aux yeux d'Odin je paraîtrai sans peur.

)) Mais sous la tombe emporter une oflense !

1. Cette métaphore, blâmée à tort par le Mercure, est d'une bonne langue poétique. Palissot lui-mAme s'est aperni qu'il n'aurait pas dii critiquer ces vers du Denijs de Marmontel :

Sa main cl(''sespérée M'a fait boire la mort dans la coupe sacrée.

» Dans un cachot en esclave périr!

» Expirer seul, sans gloire et sans vengeance !

» A ce penser, de rage on peut pâlir. »

Au désespoir, tandis qu'il s'abandonne.

Sur ses deux gonds la porte avec efîort

Tourne et s'entr'ouvre : il écoute, il frissonne,

Et puis il dit : « Frappe, enfant de la mort. »

Mais une main caressante et timide

Saisit la sienne, et doucement le guide

Hors du cachot. « Pourquoi difieres-tu,

» Soldat d'Éric? frappe : j'ai trop vécu. «

Une autre rnain sur ses lè^Tes s'avance.

Et par ce geste ordonne le silence.

Il obéit, et sort de la prison.

L'astre des nuits montait sur l'horizon.

Et lui prêtait sa lumière propice :

Il reconnaît sa jeune conductrice.

'< Ciel! Asléga! — Moi-mnrne. Hâte-toi;

» Fuis; que ton pied louche à peine la terre.

» Franchis ce mur; un sentier solitaire

)' Jusqu'au vallon... — M'échapper! et pourquoi?

;) 11 fut un temps où j'ai chéri la vie;

)) Je la déteste après ta perfidie.

'> De l'amour seul on accepte un bienfait;

» Pour me l'offrir, quels sont les droits? Je reste.

ISNKI, KT ASLEC.A 209

o — Jamais mon cœur de cet liymoii funeste .1 Ne fut complice, et mon père a tout fait. » Sauve tes jours. Mes craintes sont extrêmes : » Un seul instant peut nous perdre tous deux. » Fuis sans retard. — Je fuirai, si tu m'aimes. » — l^h bien! fuis donc* — Moment délicieux! » Clière Asléga, tu détournes les yeux; » Ta main s'oppose à ma bouche égarée. » Viens dans mes bras, ô maîtresse adorée! » Viens sur ce cœur que seule tu remplis. » — Éloigne-toi. — Tu m'aimes : j'obéis. »

Il part; le ciel favorisait sa fuite ;

Des assassins il trompe la poursuite.

Je réunis ses guerriers généreux :

Tous font serment de venger son outrage.

La haine encore enflamme leur coiu-age;

Souvent Éric fut injuste pour eux.

Bientôt Isnel, connne un chêne orgueilleux,

Lève son front; sa troupe l'environne.

Et des combats l'hymne bruyant résonne :

« Frappez ensemble, intrépides guerriers, • » Et d un seul coup Itrisez les boucliers.

>i Malheur à vous si vos glaives s'émoussent î

»> Malheur à ceux dont le pied sans vigueur » Quitte un moment le sentier de Tlionneur! )) L'iierbe et la ronce aussitôt y repoussent K

)) Frappez ensemble, intrépides guerriers, » Et d'un seul coup brisez les boucliers.

» Dans les combats la mort n'est qu'une esclave >' Obéissante au bras qui la conduit : ') Elle atteindra le lâche qui la fuit ^, ») Elle fuira devant le fer du brave.

)) Frappez ensemble, intrépides guerriers, >) Et d'un seul coup brisez les boucliers.

)i Le brave meurt; sa tombe est honorée; > Des chants de gloire éternisent son nom ' :

1. Ce vers rappelle le mot connu de madame Geoffrin : a II ne faut pas laisser pousser l'herbe sur le chemin de l'amitié. »

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