Édition de 1802, et dans la Décade, t. X, p
Nos bataillons s'étendaient dans la plaine. En ce moment, l'arbitre du destin.
Le roi des dieux, le redoutable Odin...
3. I On sait qn'Odin fnt poète, général, prophète, et enfin dien n des peuples du Danemark, de la Suède et antres pays du Nord. i> Voyez V Histoire den gouvernements du Sord, i^ar "Williams; » VEdda, etc. » {yote de Parûy, dans la Décade.)
4. C'est le frêne ydrasil. (Voyez VEdda de Mallet, fable vm.)
ISNEL KT ASLKGA 213
Arbre sacré, dont le front immortel
S'élève et touche à la voûte du ciel.
Sur le sommet un aij-de aux yeux avides.
Aux yeux perçants, aux yeux touj(Hirs ouverts.
D'un seul regard embrasse l'univers.
Odin reçoit ses messages rapides.
Incessamment un léger écureuil
Part et revient; la voix du dieu l'anime;
Soudain du tronc il s'élance à la cime.
Et de la cime au tronc en un clin d'œil
Il redescend. Odin, lorsqu'il arrive,
Penche vers lui son oreille attentive.
Roi des combats, tu réglais notre sort,
Et des héros tu prononçais la mort.
(( Allez, « dit-il, « charmantes Valk^Ties',
1. « Valkyries, filles d'Odin. Elles étaient trois, présidaient anx • combats, et conduisaient les |2:iieniers morts avec gloire «lans le •I Valhalla, paradis des anciens peuples du Nord. » {Sole de Pamy dans la Décade.)
Le poète les a décrites pins loin, page îi6, et aussi dans le nenvième chant de lu Guerre des Dieux :
Admirez-vous les trois filles chéries
Du fier Odin, les belles Valkyries?
Des lances d'or arment leurs blanches mains;
Blanc est leur- casque, et blanche leur armure;
Et blancs encor sont leurs coursiers divins;
Leur bras toujours porte une attcinto sûre.
)> De leur trépas adoucissez l'horreur, » Et conduisez leiu-s âmes rajeunies >^ Dans ce palais ouvert à la valeur. »
Du sombre Éric les phalanges guerri»''res
Se rassemblaient sur les noires bruyères.
Ses bataillons réunis et serrés,
En avançant déployaient par degrés
Un large front : tels on voit des nuages.
Qui dans leurs flancs recèlent les orages.
S'amonceler sur l'horizon obscur,
Croître, s'étendre, et varier leur forme.
S'étendre encore, et sous leur masse énorme
Des vastes cieux envelopper l'azur.
Auprès d'Éric sont trois chefs intrépides,
Athol, Évind, Ornof, tous renommés
Pour leur adresse, à vaincre accoutumés.
Et des forêts dévastateurs rapides.
Son jeune fils, T aimable et beau Slérin,
Joignant la force aux grâces de l'enfance.
Au premier rang impatient s'élance ;
La voix d'Éric le rappelait en vain.
Le fier Athol à ses côtés se place.
Et par ces mots pense nous arrêter :
<i Guerriers d'un jour, d'où vient donc votre audace?
> Faibles roseaux qu'un vent léger terrasse.
ISNEL ET ASLE(;A 215
») A l'ouragan osez-vous insulter? »
11 poursuivait avec plus d'insolence ; Mais un caillou qu'Isnel saisit et lance L'atteint au front : il recule trois pas, Ses yeux troublés se couvrent d'un nuage; Un sang épais coule sur son visage, Et son ami le soutient dans ses bras.
De loin d'abord les guerriers se provoquent;
Bientôt leurs fers se croisent et se choquent ;
De tous côtés le casque retentit,
L'acier tranchant sur l'acier rebondit;
Les traits brisés sur rherl)e s'amoncèlent,
Du bouclier jaillissent mille éclairs,
La llèclie vole et siffle dans les airs.
Des flots de sang sur les armes ruissellent ;
L'affreuse Mort élève ses cent voix,
Et cent échos gémissent à la fois.
Quel est ce lâche au front [tàle et timide ?
Espère-t-il, par sa fuite rapide.
Se dérober à la lance d'isnel?
Est-ce en fuyant qu'on échappe au tonnerre?
Sans gloire il tombe; et, tourné vers la terre.
Son œil mourant ne revoit pas le ciel.
D'un cri terrible effrayant sa faiblesse.
Du iiuir Niniieim» la farouche déesse, Hella -, sur lui s'élance avec furtur.
Contre ce monstre il lutte; un bras vainqueur, Un bras d'airain le saisit et l'entraîne; Sur des glaçons un triple nœud l'enchaîne; Rjiisga le frappe, et prolonge sans fin Sa soif ardente et son horrible faim^ Du Valhalla les belles messagères Planaient sur nous, brillantes et légères : Un casque blanc couvre leurs fronts divins. Des lances d'or ai'ment leurs jeunes mains, Et leurs coursiers ont léclat de la neige. Du brave Ornof préparez le cortège.
Filles d'Odin. Cet enfant des combats.
1. Enfer des anciens Scandinaves. 11 en a déjà été question, p. 189.
2. Dans la mytbologie gotliiqae, Hella est la déesse de la mort. Elle fut, dit VEilda, « précipitée dans le Niflheim [les cnferis), où on lui donna le gouvernement de neuf mondes, pour qu'elle y distribue des logements à ceux qui lui sont envoyés, c'est-à-dire a tous ceux qui meurent de maladie ou de vieillesse. »