Une des déesses du Valhalla. » (Soie de Panij
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Les combattants, à regret séparés, Sur les coteaux à pas lents se retirent. De toutes parts des chênes enflammés D'un nouveau jour nous prêtent la lumière ; De toutes parts les soldats désarmés Font les apprêts de leur fête guerrière; Par mes accents ils étaient animés :
« Buvez, chantez/ valeureux Scandinaves, » Et triomphez dans ces combats nouveaux ; )) Buvez, chantez, la gaieté sied aux brave^^, » Et le festin délasse les héros.
ï) L'homme souvent accuse la nature :
» De son partage il s'aftlige et murmure. » Que veut encor ce favori du ciel?
» 11 a le fer^ l'amour, et l'hydromel.
» Buvez^ chantez, valeureux Scandinaves, » Et triomphez dans ces combats nouveaux 3 » Buvez, chantez, la gaieté sied aux braves, » Et le festin délasse les héros.
» Buvons surtout à nos jeunes maîtresses^ » A leurs attraits, à leurs douces promesses3 » A ces refus que suivront les faveurs;
» Mais que leur nom reste au fond de nos cœurs.
)) Buvez, chantez, valeureux Scandinaves, » Et triomphez dans ces combats nouveaux ; » Buvez, chantez; la gaieté sied aux braves, » Et le festin délasse les héros.
» Buvons encore à nos généreux frères
» Qu'ont moissonnés les lances meurtrières ;
» Gloire à leurs noms! Dans le palais d'Odin
» Us sont assis à l'étemel festin.
» Buvez, chantez, valeureux Scandinaves,
» Et triomphez dans ces combats nouveaux;
» Buvez, chantez; la gaieté sied aux braves,
» Et le festin délasse les héros. »
Les yeux d'Isnel avec inquiétude Semblaient chercher et compter ses amis. (( A mes festins Évral était admis, »
Dit-il ensuite, « et la douce habitude » Auprès de moi le ramenait toujours.
» Où donc est-il? Dans le champ du carnage » Mes yeux ont vu sa force et son courage; » Un aigle ainsi disperse les vautours. » Où donc est-il? Vous gardez le silence!
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» Vous soupirez! L'ami do mon enfance
» Dans le tombeau disparaît et s'endort !
)) 0 du guerrier inévitable sort!
» C'est un torrent qui rava^'e et qui pat.se;
» Le Scalde seul en reconnaît la trace.
» Repose en paix, toi qui ne m'entends plus!
)) Approclie, t\i.\\\; puissante est ta parole;
» Viens relever nos esprits abattus ;
» Et loin de nous que le chagrin s'envole. »
J'approche et dis : « Le redoutable Odin
» Parut un jour aux yeux du jeune Llvin.
» Tremblant alors, le guerrier intrépide
» Tombe à ses pieds, et courbe un front timide.
» — Ne tremble point, » dit le dieu; « ta valeur
» Dans les combats est terrible et tranquille;
') De la pitié tu connais la douceur;
)) De l'orphelin ton palais est l'asile ;
» Au voyageur avec empressement
» Tu fais verser l'hydromel et la bière ;
» Jamais ta bouche, au mensonge étrangère,
» Ne profana la pierre du serment;
» Sur riiomme nu qu'a saisi la froidure
» Ta main étend une (-paisse fourrure :
» A tes vertus, Ehin, je dois un prix;
» Forme un souhait, soudain je l'accomplis.
» — L'iioniine est aveugle, liélas! son ignorance » N'adresse an ciel que des vœux indiscrets; » Choisis pour moi. — J'approuve ta prudence. » Tu recevras le plus grand des bienfaits. » Le même jour il vit sur la colline L'acier briller ; au combat il courut.
Le premier trait atteignit sa poitrine:
11 fut percé, tomba, rit et mourut ^
Isnel répond : « Enfant de riiarmonie, » Tu rends la force à notre âme affaiblie: » En nous cliarmfint ta bouche nous instruit. » Que le sommeil, dont Theure passe et fuit, » Tienne un moment nos paupières fermées. M Toi, brave Eysler, entre les deux armées » Veille, attentif aux dangers de la nuit. »
Eysler s'avance an milieu de la plaine : Le bouclier agité par snn Ijras
i. On peut comparer ce qiii est dit, dans YA.riorhits; d'Agamède et de Trophonins, qni, après avoir construit le temple d'Apollon à Delphes, d^andèrent au dieu de leur accorder le plus grand bien dont les hommes pussent jouir : ils s'endormirent, et ne se relevèrent pas. Pareillement Cydippe, prêtresse de Jiinon à Argos, pria la déesse de récompenser la Y^iété de ses denx fils Cléobis et Biton, et le lendemain matin ils furent trouvés morts dans leurs lits.
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lirillait dans ronilire ; il murmurait tout bas Ce triste chant (ju'on entendait à pi'ino :
« Souftloz sur moi, vents orajieux des mers; » Sur l'ennemi tenez mes yeux ouverts.
)) Loups affamés, liurlez dans les ténèbres ; » Autour de moi grondez, fougueux torrents; » Fendez les airs, météores brillants; » Sombres hiboux, joignez vos cris funèbres.
» Soufflez sur moi, vents orageux des mers; » Sur l'ennemi tenez mes yeux ouverts.
» Belle Gidda, tu soupires dans l'ombre ; » Tes charmes nus attendent les amours, » Et sur le seuil au moindre bruit tu cours; » Retire-toi, la nuit est froide et sombre.
» Soufflez sur moi, vents orageux des mers; » Sur l'ennemi tenez mes yeux ouverts.
» Le givre tombe et blanchit le feuillage, » L'épais brouillard jiumecte tes cheveux;
» Retire-toi ; dors : un songe amoureux )) Entre tes bras placera mon image.
» Soufflez sur moi, vents orageux des mers ; » Sur l'ennemi tenez mes yeux ouverts. «
Les feux mourants décroissent et pâlissent.
Et de la nuit les voiles s'épaississent.
Viens, doux Sommeil, descends sur les héros.
Des songes vains agitent leur repos.
L'un, sur un arbre, attend à leur passage
Les daims errants, qui tombent sous ses coups;
L'autre des mers affronte le courroux,
Et son esquif est brisé par l'orage.
L'un dans les bois est surpris par un ours;
Il veut frapper, et ses mains s'engourdissent;
Il voudrait fuir, et ses genoux fléchissent;
Il se relève, et retombe toujours.
Sur le torrent un autre s'abandonne;
Ses bras d'abord nagent légèrement;
Contre le flot, qui s'élève et bouillonne.
Bientôt il lutte, et lutte vainement;
Le flot rapide et le couvre et l'entraîne;
Sur le rivage il voit ses compagnons.
Et veut crier ; mais sans voix, sans haleine,
A peine il peut former de faibles sons.
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Un autre enfin sur rart'uo smglanfo Combat encore, et sa liaclie tranchante Ne descend point sans donner le trépas ; Mais tout-;i-coup son invincible bras Reste enchaîné dans l'air, et son armure Tombe à ses pieds; le fer de l'ennemi I/atteint alors; il s'éveille à demi, Et sur son flanc il clierche la blessure ; Il reconnaît son erreur, et sourit.
Dans le sommeil tandis qu'il se replonge, Le sombre Éric murmure avec dépit Ce chant sinistre, et l'écho le prolonge :
« Je suis assis sur le bor(l du torrent. » Autour de moi tout dort, et seul je veille: » Je veille, en proie au soupçon dévorant : » Les vents du nord sifflent à mon oreille, » Et mon épée effleure le torrent.
» Je suis assis sur le l)ord du torrent. » Fuis, jeune Isnel, ou retarde l'aurore. » Ton glaive heureux, redoutable un moment, )) Vainquit Ornof ; mais Éric vit encore, » Et son épée effleure le torrent?*'
n Je suis assis sur le bord du torrent.
» Sera-l-il plaint de ma coupable épouse ? » Est-il aimé ce rival insolent ?
» Tremble, Asléga; ma furetir est jalouse. » Et mon épée efHeure le torrent! »
r I N ri u r. n A X T t r o t ? i f. m r
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