ISNEL ET AS LÉO A
Désospéré, san>; larmos et sans plainto, Isncl saisit le pivsciil dus amours Que sur son casiiu»' il ;ilhnliait toujours: Avec oflorl dans sa lioudip il Ir ]in'sso : L'air n'cnirc plus dans son sein exijimnl : Sur nous il jeU(^ un refiard décliirant, Chancelle, tombe auprès de sa maîtresse, L'embrasse et meurt... Pourquoi souiiires-tu, CJjantre d'Isnel? pounpioi verser des larmes? Il est tombé, mais il avait vaincu; Il est tond)é, mais couvert de ses armes. Pleure sur toi, pleure sur le ^'uerrier Dont le destin i>rolonge rexistence.
Il se survit, il s'éclipse en silence ; Son bras succombe au poids du bouclier, Ses pas sont lents, et l'altière jeunesse Par un sourire insulte à sa faiblesse.
Dans l'univers, qui ne le connaît plus, Indifférent, il ne vent rien connaitre.
L'un après l'autre il a vu disparaître Tous ses amis au tombeau descentUis :
Après leur mort il reste sur la terre Pour les pleurer, de deuil envelopï»é, Morne et pensif, lugubre et solitaire Coiume un cyprès que la fouibe a frappé.
JAMSEL
ANECDOTE 11 l S T 0 U 1 U l' E
Jeune, sensible, et né pour les vertus, Jamsel aimait comme l'on n'aime plus.
Et cVEuphrosyne il fixa la tendresse. D'un prompt hymen ils nourrissaient l'espoir, Et eliaque jour ils pouvaient se revoir. Seuls une fois, dans un instant d'ivresse, Ti'oublés tous deux, éperdus, entraînés.
Par le bonheur ils se sont enchaînés.
Ton souvenir fera couler des larmes, Premier baiser, délice d'un moment, Et dans ieur cœur où pénètrent tes charmes Tu laisseras un long embrasement!
Souvent leur bouche implora l'hyménée :
Mais sans pitié l'on repoussa leurs vœux. Belle Euphrosyne, une mère obstinée, Pour enrichir un fils ambitieux.
T'avait d'avance au cloître condamnée.
238 JAMSEL
Les lois voyaient et n'osaient piévoiiir
Ces attentats : il fallut obéir.
De son amant à jamais séparée,
Dans ces tombeaux creusés-au nom du ciel;,
Vivante encore, elle fut enterrée,
Tomba sans force aux marches de l'autel,
Et prononça son malheur éternel.
A son ami plongé dans la tristesse
Le monde en vain offrait tous les secours,
Tous les plaisirs que cherche la jeunesse,
Les jeux, les arts, de nouvelles amours :
Rien ne distrait sa morne inquiétude :
Pour lui le monde est une solitude.
Moins misérable on peint le voyageur
Sur des rochers poussé par le naufrage :
Privé des siens, seul dans ce Ueu sauvage.
Il s'épouvante, et pâlit de frayeur ;
Des pas de l'homme il cherche et craint la tracC;
Et sur le roc il monte avec effort ;
Il ne voit rien, n'entend rien : tout est mort;
Silence affreux! d'effroi son cœur se glace;
Vers le rivage il revient promptement;
Son œil encor parcourt avidement
Des flots calmés la lointaine surface : '
Mais le rivage et les flots sont déserts.