‹ Œuvres, évêque de ClermontChapitre 11 sur 96 · JUGEMENT UNIVERSEL · texte numérisé non relu

JUGEMENT UNIVERSEL

diQDt ki-bas d'exbansscr leur bassesse, et sur lesquels ils bmémi lanl de distinctions et de privilèges, lorsque nous verrons dans celte foole de coupables le souverain coufondu avec Tescla ve $ les grands avec le peuple ; les savants placés au hasard parmi les ignorants et les simples ; les dieux de la guerre, ces honunes invincibles et glorieux y qui avoient rempli Tunivers du bruit de leur nom, k côté du vigneron et du laboureur ; que vous avez seul, à mon Dieu, la gloire, la puissance, Timmortalité ; et que, tous les titres delà vanité étant détruits et anéantis avec le monde qui les i^voit inventés, cbajcnn ne paroitra environné que de ses œuvres!

En second lien, cet examen sera universel : c'est-à-dire qu'il rappellera les divers ftges et toutes les circonstances de votre vie ; les foiblesses de l'enfance, qui ont échappé à votre souvenir; les emportements de la jeunesse , dont tous les moments ont presque été des crimes; l'ambition et les soucis d*un âge plus mûr; Fendurcissement et les chagrins d'une vieillesse peut-être encore voluptueuse. Quelle surprise , lorsqu'en repassant sur les divers rôles que vous avez remplis sur la terre, vous vous retrouverez partout proCane, dissolu, voluptueux, sans vertu, sansp^itence, sfins bonnes œuvres; n'ayant passé par difiërentes situations que pour amasser un trésor plus abondant de colère , et ayant vécu dans ces divers états comme si tout a voit dû mourir avec vousl

La variété des événements qui se succèdent ici-bas les uns aux autres et qui partagent notre vie, ne fixent notre attention qu'au présent, et ne nous permettent pas de la rappeler tout entière, et de voir tout ce que nous sommes. Nous ne nous envisageons jamais que dans le point de vue que notre état présent nous offre ; la dernière situation est toujours celle qui nous fait juger de nous-mêmes : un sentiment de salut dont Dieu nous favorise quelquefois nous calme sur une insensibilité de plusieurs années; un jour passé dans les exercices de la piété nous fait oublier une vie de crimes ; la déclaration de nos fautes au tribunal de la pénitence les efface de notre soo^ venir, et elles sont pour nous comme si elles n'avoient jamais été ; en un mot, nous ne voyons jamais de l'état de notre conscience qiie le présent. Mais devant le Juge terrible tout se présentera à la fois ; l'histoire se dépliera tout entière. Depuis le premier sentimeqt qjm Forma votre cœur jusqu'à son dernier soupir, tout se rassembl^a sous vos yeux ; toutes les iniquités dispersées dans les différents Ages de votre vie seront ici réuDi(MS : pas une action, pas un désir, pfts une

pnséo, pos une parole n'y sera omise; car si^noscbeyeu^

gozdenosqBuvres! Nous verrons revivre tous lé cours de Qosan^ I, qui étoit comme anéanti pour nous, et qui vivoll pointant aux yeux de Dieu , et nous retrouverons là, non pas ces histoires p<h rissablcs , ou nos vaines actions dévoient être transniises à la postérité ; non pas ces récits flatteurs de nos exploits militaires, de «• événementsbrillants qui avoientrempU tantde vdiunei elépdsé tant

PBEMnSR DIMAJ^CHE DE L'AVENT.

I ; non pas ces mèinolNs pQbUc» oa é^^ Tatkm dé aotre naissance , rantiqaité de notre origine , la gloire de nos anoétreBfles dignités qni les ontillnstrés, Fédai qne nous avooa i^léà Umr nom, el tonte l'histoire, poor ainsi dire, désillusions et deserrearshumaines : cetteimmortalité tant vantée, qa*dle nous promettoit, sera ensevelie dans les mines et les débris de l'univers ; mais nous y verrons l'histoire la plus affreuse et la fins exacte de notre ocenr, de notre esprit, de notre imagination, c'est-à-Are cette partie Intérieure et invisible de notre vie, aussi inconnue à nous-mêmes qu'au reste des hommes.

Oui, mes Frères, outre l'histoire extérieure de nos mcBurs qui sera toute rappdée, ce qui nous surprendra le plus ce scn l'histoire secrète de notre cœur, qui se dépliera alors tout entiéreà nos yeux : de cecoBur que nous n'avions jamais sondé, jamais connu ; de ce cœur qui se déroboit sans cesse à nous-mêmes, et qui nous déguisoit la boule de ses passions sous des noms spédaix; de cecœnntont nous avons tant vanté Félévation, la droiture, la magnanimité, le désintéressement , la bonté ; que Terreur publique et l'adulation a voient regardé comme tel , et qui nous avoit fait placer au-dessusdesantreshommes. Tant de désirs honteux et qui à peine étoient formés que nous tâdûons de nous les cacher à nous-mêmes ; tant de projets ridicules de fortune et d'élévation, douces errmirsoù notre cœur séduit se li vroit sans cesse ; tant de jalousies basses et secrètes que nous nous dissimulions par fierté , et qui cependant étoient le prindpe invisiUe de toute notre conduite ; tant de dispositions criminelles , qui nous a voient portés mille fois à souhaiter que les plaisirs des sens pussent être ou éternels ou impunis; tant de haines et d'animosités, qni nous avoient corrompu le cœur à notre insu ; tant d'intentions souillées et vicieuses, sur lesquelles nous étions si habiles à nons fbtter ; tant de projets de crimes auxquels l'occaAon seule avoit manqué , et que nous n'avions comptés pour rien , parcequ'ils n'étoient pas sortis de notre cœur ; en un mot , celte vicissitude de passions qui i'étoient toujours succédé les unes aux autres au-dedans de nous : voilà ce qu'on étalera à nos yeux. Nous verrons sortir, dit saint Bernard, comme d'une embuscade, des crimes sans nombre, dont ■oosnenousserions jamais crus coupables : Prodient eximprotnsoj âiquanejeinsidus. On nous montrera nous-mêmesà nous-mêmes; on nous fera rentrer dans notre cceur, on nous n'avions jamais habité ; une lumière soudaine éclairera cet abtane : cemysttee d'iniquitésera révélé ; et nons verrons que ce que nous connoissions le moins de BOUS , à'étoit nous-mêmes.

A rexamen des maux que nous a vous fai ts succédera celui des biens quènôusavonsmanqué de faire. OnnousrappeUeralesomissionsiDfinies dont notre vie a été pleine , et sur lesqudles nous n'avions pas éomtaie des remords; tant de circonstances où notre caractère nous «tfigageoit de rendre gloire à la vérité, et où nous l'avons trahie par

lUGEMENTinnVERSEL. M

detililiitérAtooopardebaflseBoanipIaiMiioes; tant d'occarioos de fdrelebîen^qae hbODtédeDiea noasavoitiiiéiiagéesyetq^ ayons proflqiietoajoiirs négligées ; tant d'ignorances oonpaUesetTOlontaiies, ponravoir toujours craint la lumière , et fui ceux qui pou- Toient nous instruire ; tant d'éyénements si capables de nous ouvrir les yeux, et qui n*ont servi qu'à augmenter notre aveuglement; tant de bien que nous aurions pu faire par nos talents et par nos exemples, et que nous ayons empêché par nos vices; tant d'ames dont noasaurions pu préserver l'innocence par nos largesses, et que nous avens laissées périr pour n'ayoir rien youlu rabattre de nos prof mdpns ; tantdecrimes que nous aurions pu épargner à nos inférieurs ouà noa égaux par de sages remontrances et des conseils utiles, que l'indolence, la lâcheté, et peut-être d^Tues coupables nous ont&itsnnnimerj tant, de jours et de moments que nous aurions pumettrç à profit pour le ciel , et que nous avons passés dans Tinutilité et dans une indigne mollesse, Etcequ'ilya idde plus terrible, c'est que c'éloit là la partie de notre rie la plus innocente à nos yeux , et qui n'offiroit tout au plus à notre souvenir qu'un grand ride.

Quel regret alors pour l'ame infidèle , deyoir une si longuesnite de jours perdus, sacrifiés à l'inutilité , au monde qui n'est plus ; tandis qu'un seul moment consacré à un Dieu fidèle dansses promesses e&t pu lui mériter la félicité des Saints! de yoir tant de bassesses, tant d'assujettissements pour des biens et une fortune misérable qui ne deyoient durer qu'un instant; tandisqu'une seule riolenoesouffertepour Jésus-Christ eùtpu lui assurer unroyaume immortel! Quelregretde yoir qu'il n'eàt pas faUu tant de smns et de peines pour se sauyw, qu'dUe en a souffert pour se perdre; et qu'un seul jour de cette longue yie, tout employé pour le monde , eût sufS pour l'étemitél

A cet examen succédera , en quatrième li»i, celui des grâces dont yous avez abusé ; tant d'inspirations saintes ou rejetëes ou suivies à demi ; tant de soins et de ménagements de la Proridencesur yotre ame rendus inutiles ; tant de vérités entendues par notre ministère, qui ont opéré en plusieurs fidèles la pénitence et le salut, et qui sont toujours tombées en vain dans votre cœur ; tant d'aflBictions et de oontre-tempsque le Seigneur yous avoit ménagés pour yous rappeler à lui, et dont yousayez toujoursfaitunsi indigne usage; tantdedons, même naturels, qui étoient en yous comme des espérances deyertu, et dont yous ayez fait des ressources de yice. Ah ! si le serriteur inutile * est jeté dans les ténèbres extérieures pour avoir seulement ccahé son tal^, de quelle indulgence pourrez-yous vous flatter, vous qui en ayez tant reçu, et qui les ayez tous employés contre la gloire du maître qui yous les avoit confiés?

C'est ici on le compte sera terrible. Jésus-Christ yous redemandera le prix de son sang. Tous yous plaignez quelquefois que Dieu ne fait pas assez pour yous ; qu'il yous a fait naître foible , et d'un tempérament dont yous n'êtes pas le maître , et qu'il ne yous donne pas ks

Go.ogle

U PREMIER DIMANCHE Di; L'AVENT.

grâces dont vous auriez besoin pour résister aux oocasionaqiii toos entraînent : ah ! vous Terrez alorsqne tonte votre vie a été un abus eontinoel de ses grâces ; tons Terrez que parmi tant de nations infidèles qui ne le connoissoient pas , tous avez été privilégié , èdairé , appdé à la foi, nourri de la doctrine de la Térité et de foTertu des sacrements; soutenu sans cesse de ses inspirations et de ses grâces: tous serez efflrayé de Toir tout ce que Dieua fait pour Toqs, et le peu que tous avez fait pour lui ; et tos plaintes se diangeront en une confusion profonde, qui lie trouTera plus de ressource que dans Totre désespoir.

Jusquld le juste Juge ne tous a examiné que sur les crimes qui TOUS sont propres : mais quesera-celorsquMl entrera en compte avec Toussur les péchés étrangers dont tous aTez été ou Toccasîon ou la cause dans les autres , et qui par conséquent tous seront imputés 7 Quel nouTel abtme ! On Tons présentera tontes les âmes à qui vous aTez été un sujet de chnte et de scandale; toutesles âmes que tos discours, TOS conseils, tos exemples, tos sollicitations, tos immodesties, ont précipitées avec vous dans une perte éternelle ; tontes les amcs dont vous avez ou séduit la foiblesse, ou corrompu Finnocence, ou perverti la foi, ou ébranlé la vertn, ou autorisé le libertinage, ou affermi l'impiété par vos persuasions ou par Texemple de votre vie. Jésus-Christ, à qui elles appartcnoient, et qni les a voit acquises par son sang, vous tes redemandera comme an héritage cheri,commeunc conquête précieuse que vous lui avez injustement ravie ; et si le Seigneur marqua Caïn d'un signe de réprobation en lui demandant compte du sang de son frère, jugez de quel signe vous serez mar- ' que quand on vous demandera compte de son ame I

Mais ce n'est pas tout. Si vous étiez homme public et élevécn autorité, que d'abus autorisés ! que d'injustices dissimulées ! que de devoirs sacrifiés ou à vos intérêts ou aux passions et aux intérêts d'autrui ! que d'acceptions de personnes contre l'équité et la conscience! que d'entreprises injustesconseiilées! quede guerres peut être, que de désordres, que de maux publics dont vous avez été ou l'auteur ou Pindigne ministre ! Tous verrez que votre ambition ou vos conseils ont été comme la source fatale d'une infinité de malheurs, des cala« mités de votre siècle, de ces maux qui se perpétuent et qui passent des pères aux enfants; et vous serez surpris de voir que vos iniquités TOUS ont suTTécu, et que, long-temps même après votre mort, vous étiez encore coupable devant Dieu d'une infinité de crimes et de désordres qui se passoient sur la terre. Et c'est ici, mes Frères, où l'on eonnottra le danger des charges publiques , les précipices qui environnent le trône même, losécueiis de l'autorité; et combien TÉvangile avoit raison d'appeler heureux ceux qui vivent dans l'obscurité d'une condition privée ; combien la religion étolt sage de nous inspirer tant d'horreur de l'ambition, tant d'indiflërence pour les grandeurs de la terre, tant de mépris pour tout ce qui n'est élevé qu'aux

JUGEMENT UMIVB&SI&L. ÎB

, el de DOQS recommander ai sourenl de n'aioMr qwceqoV» doit aimer toQJoors. « •

Maie pool-étre, exempt de toas ces Tioes que nous venoiiedepapeomrir, elatlBcliédepiii8loDg-4em|»aiix devoirs de la vie dirétieDoe, inmsiirésuDeiiiaeoetexamen tmible neToosregarderapas, ooqoe da moins tous y parottrei avec plos de confiance que Famé criminelle. Sans doute, mon clier auditeur, ce sera là le jour liu triomplie et de la gloire des Justes ; le jour qui justifiera ces prétendus eze6sderetraite,de mortification, demodestie, dedélicatessedecon* science, qui avoient fourni au monde tant de censures el de dérisions profanes , sans doute le Juste paroltra devant ce tribunal redoutable avec plus de confiance que le pécbeur ; mais il y paroltra, et ses justices mêmes seront jugées; vos vertus, vos œuvres saintes seront exposéesà cette discussion rigoureuse. Le monde, qui refuse souvent les doges dus à la vertu la piusiéelle, les accorde aussi quelquefois légèrement aux seules apparences de la vertu. 11 est tant de Justes qui s'abusent eux-mêmes, et qui ne doivent ce nom et cette réputation qu'à l'erreur publique ! Ainsi ce n*est pas seulement Tyr et Sidon que je visileraidans le jour de ma colAre, dit le Seigneur, c'est-à-dire ces pécheurs dont les crimes semlùoient les confondre avec les infidèles et les habitants de Tyr et de Sidon ; je porterai la lumière de mes jugements jusque dans Jérusalem , c'est-à-dire, j'examinerai, je recherdiarai, je sonderai les motifs de ces oeuvres saintes qui semhloient vous égaler aux âmes les plus fidèles de hi sainte Jérusalem : Scrutabor Jérusalem inluccrnis (Sopio.^. i» 12),

Je remonterai jusqu'au premier moti^ de cette conversion qui fit tant de brait dans le monde , et l'on vCàra si je n'en trouverai pas la source dans quelquedépit secret., dars la décadence de Tàgeou de la fortune , dans des vues secrètes de faveur et d'élévation , plutôt que dans la haine du péché et dans l'amour delà justice ; Scrutabor Jérusalem in lucernis.

J'opposerai ces libéralités répandues dans le sein des pauvres, ces visites de miséricorde , ce zHe pour les entrepribes de piété , cette protection accordée à mes serviteurs, avec les complaisances, les désirs d'estime, l'ostentation, les vues humaines qui les ont infectées ; et peut-être qu'à mes yeux elles paroltront plutôt les fruits de l'orgueU que les suites de la grâce et l'ouvrage démon Esprit ; Scrutabor Jérusalem in lucernis.

Je rappellerai celte suite de sacrements, de prières, de pratiques imntes dont vous aviez fait une sorte d'habitude qui ne réveîUoit plus en vous aucun sentiment de foi et de componction ; et vous saurei si la tiédeur, la négligence, le peu de fruit qui les accompagnoit, le peu de disposition qui les préoédoit, n'en ont pas fait devant moi Miant d'infldAités pour lesquelles vous serez jugé sans miséricorde t Sentiabor Jérusalem in lucernis.

J'eiamiiiarai cet éloignement du monde et desplaisirs, cette sin-

Gqogle

kê PllEMIBtl'DIMANCHE DE t'AVËNT.

pdarité 4ttooii49i(e, cette aflëctetion de modestie et de r^gnlurilé , el peut-étire j'y troayeraî plos d'hoinear, detempéraiiKWt et de p*^ reifle , qued^ foi ; et que, dans une rie plus régulièreet plos retirée aux yeux des hommes, yonsaores eocorecoiiserTé toatVamov de Tcms-méme , tout l'attachaneiit à votre corps, toutes les déUcateises deseosualitô, et, en un mot, tous les pencîiants des âmes les pins mondaines : Scruiabor Jerusalefn in luçenda.

J'approfondirai ce zèle prétendu de ma gloire, qui vous faisoit si fort gàcnir sur les scandales dont tous étiei témoin; qui tous por«> toit à les condamner ayec tant de hauteur et de confiance, età éclater si yiyement contre les dérèglements et les foiblesaés de yos frères \ et peut-être ce zèle ne sera plus devant moi qu'une dureté de temperament , une malignité de naturel , un penchant de censurar et de médire, une ardeur indiscrète, on zèle d'ostentation et de yanité ; et, loin de yons trouver zélé pour ma gloire et pour le salut de yos frères , yous ne serez devant moi qu'injuste, dur, malin et téméraire : Scruiabor Jérusalem in lucernis.

Je vous demanderai compte de ces talents édatants que vous n'employiez , ce semble, que pour ma gloire, pour l'instruction des fidèles, et qui vous avoient attiré les bénédictions des Justes et les ac* damalions même des mondains; et peut-être que la complaisance, la recherche étemdle de yons-même, le désir de l'emporter sur les autres, la sensibilité aux applaudissements humains , ne laisseront plus voir dans vos œuvres que les œuvresdeFliomme et les fruits de l'orgueil ; et que je maudirai ces travaux dont la source avoit toujours été si souillée ; Scrutabor Jérusalem in lucernis.

Grand Dieul et alors que d'anivres sur lesquelles j'avois compté se trouveront mortes à vos yeux I que ce discernement sera terrible! et de tout ce que nousavonsfaitmême pour le ciel, qu'il se trouvera peu d'actions que vous vouliez avouer pour vôtres , et qui soient jugées dignes de récompense !

Et ne concluez pas de là, mes Frères, qu'il est donc inutile de travailler au salut , puisque le juste Juge ne cherchera qu'à perdre les hommes. Qu'à les perdre, mes Frères! il n'est venu que pour les sauver , et ses miséricordes surpasseront encore ses justices. Mais voici plutôt la conclusion que vous devez tirer* Ces âmes justes que vous accusez si souvent d'excès, de scrupule dans la pratique des devoirs de la vie chrétienne, comme si elles poussoient les choses trop loin ; ces âmes, exposéesà la lumière de Dieu, parottront tièdes, sensuelles, imparfaites, et peut-être criminelles*, et vous qui vivez dans les périls et les plaisirs du monde, vous qui ne donnez à la religion et au salut que î» moments les plus inutÙes de votre vie ; vous oui à peine mêlez une œuvre de piété à une année entière de dissipatron et d'inutilité , on en serez-vous alors , mon cher auditeur? Si ceux qui n'auront que des csuvres louables à présenter seront.en danger d*être rejeiés, voiis qoi n'anrez qu'une vie toute mondaine à offrir,

JtJGËMENt VNtYSBSÉL > 4V

4Mlle poorn élre Yolre desUfiée? Si k bois Tcrteit tnitt de rigueur, comment eo usenhi-on avec le sec? et nie Juste esl à prinesaoTé, je nedispesle pédieor, car ilestdéja jugé, maisFame mondaine qui yit sans yiœ ni yerto, comment osera*t-eUe paroltre?

YonsnoasditessisQaTent, mon cher anditenr, que votre co»* science ne TOUS reprodie pas de grands crimes; que tous n'êtes ni bon ni manvais, et que TOtre seul piohé, c'est rindolence et la pa* resseiahl tous tous ccnmoltreKalnrs devant le tribunal de Jéws- ChrisL Yons Tenrei si le témoignage de votre consdenoe^ q|ii ne vous reprochoit point de crimes, qui ne vous offiroit presque rien à dire aux pieds d'un confesseur, n'étoit pas un aveuglement terrible, anqnel la justice de Dieu vous avoit toujours livré. Vous verrez, par la frajeur on seront les Justes, ce que vous devez craindre pour vous-même, dt si la confiance où vous avez toujours vécu étoit la paix de la bonne conscience, ou la fausse sécurité de la mondaine.

O mon Dieu 1 s*écrie saint Augustin , si je pouvois voir maintenant Tétat de mon ame, comme vous me le découvrirez alors 1 O njam nuncfaciempeeeatricis animœ iieerei œulis eorporis intueri! Si je pouvois me dépouiller de ces préjugés qui m'aveuglent, me défier de ces exemples qui me rassurent, de ces usages qui me odment, de CCS louanges qui me séduisent , de cette élévation et de ces titresqui m'abusent, de ces talents qui m'éblouissent, de ces complaisances d'un guide sacré qui font toute ma sûreté ; de cet amour de moi* même qui est la source de toutes mes erreurs ; et que je posse m'en» visager tout seul à vos pieds dans votre lumière : 6 mon Dieu , qudle horreur n'aurois-je pas de moi-même! Onjtun nuncfaeiem peccatricU animœ liceret ocuUs corporis intueri! Et quelle mesure ne prendrois-je pas, en me confondant en votre présence, pour prévenir la confusion publique de ce jour redoutable, où les conseils des cœurs et les secrets des pensées seront manifestés? Car, mes Frères , non^seulement le pédieur sera montré à lui-même; il sera encore montré à toutes les créatures.

DBUxiiMS pAsna.

Deux désordres naissent dans le monde du mélange des bons et des méchants, inéviteble sur la terre. Premièrement, à la faveur de œmélange, le vice caché se dérobe à la bontie publique qui lui esl due; la vertu inconnue ne reçoit pas les éloges qu'elle mérite. Seooodement , le pécheur est souvent élevé en honneur, et occupe les premières places, tandis que l'homme de bien vit dans l'abaissement, et rampe à ses pieds comme un esclave. Or on va faire en ce jour lenrib|e.une double manifestation, qui réparera ce double désordre. Snpremier lieu, lespécbeursserontdiscernésdes Justes,' par l'exposition puUique de leur CQpscience. En second lieu , ils seront discernés par leur séparation d'avec eux , et par la diffik^nce des rangs et des places, qui leur seront assignés dans les airs : Et separabit 00$

48 PRBBflÉR DIMANCHE 2>Ë L'AVENT.

ab iiwicem j tictù pastor si^^regat oue$ ab hœdis (Mitth. xxv, 3à). Honorez-moi , sMl toos platt , de Yotre attention.

Pour bien oomprendre toute'la confusion dont sera couverte i'ame crimiQèUe , hM*8qu'die sera montrée à toutes les créatures , et que tous ses Tices les |dus secrets seront exposés an grand jour, il n'y a qu'à faire attention, premièrement, au nombre et au caractère des spectateurs qui seront témoins de sa honte ; secondement , aux soins qu'elle a voit pris de caclier ses foiblesses et ses dissolutions aux yeux des hommes , lorsqu'elle étoit sur la terre; troisièmement enfin , à ses qualités personnelles, qui rendront encore sa confusion plus pro« fonde et plus accablante.

Représentez-vous doue id , mes FVères, Tame crimindle devant le tribunal de Jésus-Christ, environné des anges et des hommes : les Justes, les pécheurs, ses proches, ses sujets, ses maîtres, ses amis, ses ennemis, tous, les yeux attachés sur elle, présents à la discussion terrible que le juste Juge fera de ses actions, de ses désirs, de ses pensées, forcés malgré eux d'assister à son jugement, et d'être témoins de la justice de la sentence que le Fils de l'Homme prononcera contre elle. Toutes les ressources qui peuvent adoucir id-bas la plus humiliante confusion manqueront en ce jour à l'ame infldéle.

Première ressource. Sur la terre , lorsqu'on a été capable d'une faute qui nous a fait tomber dans le mépris, tout a roulé sur un certain nombre de témoins renfermés ou dans notre nation ou dans les lieux de notre naissance ; on a pu même s'éloigner d'eux dans la suite des temps, pour ne pas retrouver sans cesse dans leurs yeux lesou« venir et le reproche de notre honte passée ; oa a pu changer dedemeure, et aller recouvrer ailleurs, avec des hommes inconnus, une réputation qu'on avoit déjà perdue. Mais dans ce grand jour tous les hommes assemblés enteudront l'histoire secrète de vos mœurs et de votre conscience; vous ne pourrez |^us vous aller cacher loin des regards des spectateurs, chercher de nouvelles contrées, et fuir comme Caïn dans le désert. Chacun sera fixe, immobile à la pkce qu'on lui aura marquée , portant sur son front l'écrit de sa condamnation et rhistoire de toute sa vie, obligé de soutenir les yeux de l'univers et toute la honte de ses foiblesses. 11 n'y aura plus alors de lieu écarté, où l'on puisse aller se cadier aux n^ards publics; la lumière de Dieu, la gloire seule du Fils de l'Homme remplira le ciel et la terre ; et dans ces vastes espaces qui seront autour de vous, vous ne découvrirez au loin , de toutes parts, que des yeux atlcntifs à vous regarder.

Seconde ressource. Sur la terre, lors même que notre honte eil publique, et qu'une faute d'éclat nous a dégradés dans l'esprit des llommes, il se trouve toujours du moins un petit nombre d'amis pré* r&Bm eo notr« faveur, dont l'estime et le commerce nous dédonH magGQt eo quelque sorte du mépris public, dont l'indnlgenoe ooqs éitebftioteiiir la déohalonenC de b censurepuMkiiie. MftbiMdoar-

Ï^GEMÊNT îWmiftSEL. *•-

dlioi b yéseocedenosamjsgerarobjetlepliisinsaBiKMr^ honte. S'ils sont pécheurs oomme nous, ils nous reprocheront noA plaisirs oommnos , et nos exemples, où pent-étre ils ont trouvé le . premier écueil de leur innocence. S'ils sont justes : comme les Saints ont Tcûl simple, et qu'ils nous avoient crus des enfants de lumière, ah! ils nous reprocheront leur bonne foi abusée, leur amitié séduite. Yoos aimiez le Juste, nous diront-ils, et vous haïssez la justice; vous protégiez la vertu , et dans votre cœur vous mettiez le vice sur le trône; vous cherchiez en nous la droiture, la fidélité, la sûreté que vous ne trouviez pas dans vos amis mondains, et vous ne cherchiez pas le Seigneur qui formoit toutes ces vertus dans notre coBur : ahl l'auteur de tous nos dons no méritoit-U pas d'être plus aimé et plus recherché que nous-mêmes!

Et voilà la troisième ressource qui manquera à la eonf nsieo de r«me crinûi^elie» dar, s'il ne se trouve point ici-bas d'amis que nos malheiirs intéressent , du moins il est des personnes indifférentes que nos fautes ne blessent pas et ne révoltent pas contre nous. Mais, dana œ jour terrible, nous n'aurons point de spectateurs indiflié» reota. Les Justes, si sensibles ici^bas aux calamités de lenrs fMraa, si mgénieax à OLeuser leurs fautes, à les couvrir du moins do voile de la charité, et à les adoucir aux yeux des hommes, iorsqu'ib ne peuvent j trouver d'excuse apparente : les Justes, dépouillés alors,, à Fexemple du Fils de rUomme, de cette indulgence et de œtte mi* aéricorde qu'ils avoient exercées en vers leurs frères sur la terre, siffleront sur le pécheur, dit le Prophète , Tinsulteront , demanderont au Seigneur qu'il venge sa gloire en le punissant; entreront dans le zèle et dans les. intérêts de sa justice; et, devenant eux* mêmes ses juges , ils diront en se moquant, dit le Prophète : Yoilà donc cet homme qui n'avoit pas voulu mettre son secours et sa confiance dans le Seigneur, et qui avoit mieux aimé se confier dans la vanité et dans le mensonge : £cce homo^ qui nonposuit Deum oA. jutorem suum {Ps. li, 9) ; voilà cet insensé qui se croyoit seul sage sur la terre, qui regardoit la vie des Justes comme une folie, et qui se Caiisoit , dans la faveur des grands, dans la vanité des titres et des dignité, dans l'étendue des terres et des possessions, dans l'estime et les louanges des hommes, des appuis de boue qui dévoient pMr avec lui. Ou sont maintenant ces maîtres, ces dieux de chahr et de sang, auxqueb il avoit sacrifié sa vie, ses soins et ses peines? qu'ils paroissent ici pour le soutenir et pour le défendre, qu'ils viennetti le mettre àcouvert des maux qui vont fondre sur lui, ou plutM se garantir eux-mêmes de la condamnation qui les menaoe s Ubi ami du torum in quibus habebanijtduçiani?.. . SurgatU, et tpiiuUniur iHh bitj et in necestitate ¥0ê protegaat (Deut. xxxu, S7, 88). Les pèchenrs ne seront pas plus indulgents à son hiCortune. Iltauixml pour lui toute l'horreur qu'flsseront fortes d*avoirpoureuxH«tQies s la aociéCé des nudbm qui devoit les unir ne sera qu'une haine éter M* L 4

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FBimEft DIMANCHE D& L'AVISMT.

I qiri les diritenu V^'qd0^ dofHè bâitare q^ * qoe des seotimenls de croanté et de ftiraur pour leurs flrères; et Us haïront dans les antres les mêmes crimes qôifkmt tons kurs ■udhenrs. Enfin, les hommes les pins éidgnés de nous, les peuflm les idns sanvages auxqueb le nom de Jésns^Christ n'a pas été an- ■ODoé, arrivés alors, maistroptard^àlaconnoissanoedelaYérilé, sTtiiéfeiûRt contre vous, et yons reprocheront qne, si, les prodiges qœ Dieu a opérés en yain au miliea de tous, il les aTOit opérés à leurs yenx; que s^ibayoient été édairés coinmeyous des lumières del'Èyangile, et soutenus des secours de la foi cl des sacrements, ils aoroient fait pénitence dans la cendre et dans le dUoe, et mis à profit, pour leur salut, des grâces dont yousayes abusé pouryotre perte.

Telle sera la confusion de Famé réprouvée. Maudite de Dieu, elle se yerra en même temps le rebut duddet de la terre, Topprobreet Tanathèmede toutes lès créatures ; céDes mêmes qui sont inanimées, qn'ilayoit forcées de servir àses passions etquigémissoient, dit saint Pari , dans Tatlente d'être délivrées de cette honteuse servitude , s'éléyeront contre die à leur manière. Le soldl, de la lumière duqod* dleavoit abusé, s'obscurdra, comme pour ne plus luire àses crimes ; lesastres disparoitront, comme pour lui dire qu'as Ont été assez longtemps témoinade ses passions injustes; la terre s'écroulera sous ses pieds , comme pour jeter bon de son sdtt nn monstre qn'elle ne pou-' voit plus porter ; et l'univers entier, dit le Sage^ s'armera contre elle pour yenger la glohre du Scigueur qu'elle a outragée. Eipugnabit C9tm iUo orbU terrarum contra insemaloê (Sap,^ y, 21). Hélas ! nous aimons tant à être plainte dans nos malheurs ! la seule indif-' férence nous aigrit et nous blesse : id, non-seulement tous les cours seront fèrmésànos maux, mais tous les spectateurs insulteront ànotre honte, et le pédicur n'aura plus pour lui que sa confuMon, son désespoir et ses crimes. Première circonstance de la confusion de l'ame crimindle : la multitude des témoins.

Je prends la seconde dans les coia: qu'on avoit pris de se déguiser aux yeux des hommes, tandis qu'on vivdt sur la terre. Car, mes Frères, le monde est un grand théâtre où chacun presque joue un personnage emprunté: comme nous sommes pldns de passions, et que toutes les passioufloat toujours qudque Âose de bas et de méprisable, toute notre attention est d'en cacher la bassesse, et de nous doàner pour ce que nousneu>mmes pas ; l'iniquité est toujours trompeuse et dissinnléu. Ainsi toute votre vie, yous surtout qui m'écoutei, et qui regardai la dupUdté de votre caractère comme la sdenoe du monde et de la cour, toute votre vie n'ftyoit été qu'une suite de déguisements et d'artifices ; vos amis même les plus shicères et les plusbmiliersneyousconnoissofentqu^à demi ; vous échan^efeà fout le monde, vous ehsngies de csractère, de sentiment, d'incUnatlDn, asionlecaraetère deceux h qui vous voidiea plaire: par-Ift vous

JOGBMEMT mnVBftSKL. M

qa^ime «me vile, sans droiliire, sans vMtè, etdMt h plas grande Yertii aTott été de eadier am indignité et sa bassesse.

Voos encore, ame infidète, qa-un sexe pins jaloux de Thonnedr aToit readiie eneofe fdns attentive à déirober yoa foiblesses à la eon^ noissanœ des liOBinies, yous étiez si habile pour vous épargner la honte d'une surprise, tous prenîes de si loin et si sûrement yos me- 9nns pour tromper les yeux d'un époux, la vigilance d'une mère, la bonne foi peirt-étre d'un confesseur s vous n'auriez pas survécu à un accident qui eût trahi là-dessus vos précautions et vos artifices. Soins inutiles I vous ne couvriez, dit le Prophète, vos débordements que d'une toile d'araignée, que le Fils de l'Homme dissipera en ce grand jour, du seul souffle de sa bouche. J'assemblerai, dit le Seigneur,anlourde vous, devant les nationsassemblées, tous vosamants peofiuies ! Congregabo super ie omnes amaiores tuos (Eziscr. xvi, 37). De verront Cette suite étemelle de feintes, d'artifices, de bassesses ; ce traie honteux de protestations et de serments dont vous vous serviez pour fournir en même temps à des passions difiërentes , et pour endormir leur crédidité; ils les verront , et , remontant jusqu'à la source des complaisances criminelles que vous aviez pour eux, ib les trouverooty oon pas dans leur prétrâdu mérite, comme vous aviez voulu le leur persuader, mais dans vt>tre mauvais earaotère, dans un cmnr naturellement emporté, vous qui vous piquiez de l'avoir si noble, si sineàre, et incapable d'être touché que du seul mérite: Congregabo super te omnes amatorestuos.,. et Hdebunt omttemtmrpieudinemtuam{Ibid,^S1). Et tout cela se passera aux yeux de l'univers, de vos amis, qu'une apparence de régidarité vous avoit eonservés; de vos proches, qui ne connoissoient pas le dés^ homienr dont vous les couvriez; dece confesseur, que vous aviei locgours trompé ; de cet époux qui avoit si fort compté sur votre fi' déUlé t JSt tndebuHt omnem eurpiiudinem tuam»

O mon IMeuI la terre aura*t-elle d'aMmes assez profonds on ne voulût ah» se cacher famé infidèle? Car, dans le monde, les hommes ne voient jamais de nos vices qoe les dehors et les sean-dales, et cette confiosion nous est commune avte ceux qui se trouvent tous ks jours coupables des mêmes fautesi mab devant le tribunal de Jésus-Christ on verra vos foiblesses dans Totre cœur ■sème, c'est-à-dire leur naissance, leurs progrès, leurs motifs les plus secrets, et mille circonstances honteuses et personnelles dont vous rougirez plus que des crimes mêmes : ce sera là une confusion qui vous sera pr(^e, et que vous ne partagerez avec personne t JSt tmdebunt omnem turpùudinem tuam.

Enfin , la dernière circonstance qui rendra la honte du péch^lr anaUaate seront ses qualités personnelles.

Vcmpassiezpour ami iadae,sincèrey généreux ; on verra que vous dUanlàcha. perfide, inlèressé, sans foi, sans honncv, san»piabHi,

%% PKEMUSa DUkUMCHB 0B L'AVKNT

mmwMfiffnœ^ lans caraetàre. Yens vous èliei doiiiié pmrk omi for^iB, el aa-desMU des foibksses yolgaîfeB ; et vous aUes.expoter kih- iMessesles iihis humiliantof et des endnMtsdonliaaieia plus vite iiioarroiidelKmle.Oav<HisregardoitilaiisleBioDdeooiiiaieiifti^ intôgre, et d'uae probité à répreuve dans radmînistratioQ de votie charge; cette réputation tous a voit peul-^lre attiré denouYeattuhoiH nours et la ooo&aaee publique tTousabusiex ocpeudantde la crédulité des hommes; ces dehors pompeux d'équité cachoient une ame inique et rampante; eides rues de fortune et d'intérêt avoient mille fois trahi en secret votre fidélité^ et ecNrrompu voire innoeenoe. Vous paroissiei orné de sainteté et de justice; vous étiet toujours levétude in ressemhlaiice des Justes; on vous croyoit l'ami de Ûeu et l-obser-* rateur fidèle de sa loi s et étendant votre coeur n'étoil pas droit de* rant le Seigneur; vous couvriezsons le voile de la religion une conscience souillée,, et des mystères d'ignominie : vous marchiee sur hs choses saintes pour arriver plus sûrement à vos fins. Ah ! vous allet donc en ce jour de révélation détnxnper tout l'univers; ceux qui.voos avcHent vu sur la terre, surpris de votre nouvelle destinée^ chercheront l'homme de bien dans le réprouvé : l'espéranee de l'hypocrile sera alors confondue. Vous avici joui injustement de l'estime des hommes : vous serez connu, et Dieu sora vengé Enfin (mais oserai-je le dire ici, et révéler la honte de mes Frères!) «>ous étiez peut-être dispensateur des choses saintes, élevé en honneur dans le temple de Dieu} le dépôt de la foi, de la doctrine, de la plélé, vous éloit confié; vous paroissiez ions les jours dans le sanctuaire revêtu des marques redontablesde votre dignité, offlrantdee dons purs et dessacrifices aans taches; on vous coiâoit le secret des consciences, vous souteniez le foiUe dans la foi, vous parliez de la sagesse parmi les parfaits : et sous ceque la religion a de plus auguste et dephia saint, vous cachiez peut-être ce que la terre a de plus exécrable; vous étiez un imposleur, uh homme de péché assis dans le tempiede DM; vous enseigniez les autres, et vous ne vous enseigniez pas vousmême; voa'^ inspiriez de 'horreur pour les idoles, et vous ne comptiez vos jours que par des sacrilèges. Âh ! le mystère 4i'iniqnité sera donc révélé, et on vous connoitra enfin pour ce que vous aviez toujours étA, l'anathème du ciel et la honte de la terre : £t $ddo^ buni onrnem turpitudimsm tuam,

Yoilà, mes ^^^Mres, toute la confusion dont sera accablée Tome criminelle. Et ce ne lera pas ici une confusion passagère. Dans lo monde, il n'y a de pénible à essuyer que la première honte d'pie fMile; les bruits tombent peu à peu; de nouvelles aventures pr. niient fnftn la place des nôtres , et le souvenir de nos chutes s'éteint et yivanOQit avec Védat qui les avoit publiées : mais au gnnd fja' la koQtedemeor<vaétemdlementsnrrame criminelle: On'yaurapins de iMiavâftUi.é>>iemenls qui Cassent perdre de vue ses crimes')^ son i|pN*nftiteMchaiigera nlns,lm^ sera fixe et élernel;ce qu'élu

JUGEMENT UNIVERSEL. Çf

ann para devant le tribonal de Jésus-Christ^ elle le paroltradvul rèleroité toot entière; le caractère même de ses toarments pablien sans cesse la nature de ses fantes, et sa honte recommencera toas les yrars arec son supplice. Mes Frères, les rèOexîons sont id inutiles, et, s'il vous reste encore quelque foi, c*est à vous à sonder votre conscience, et à prendre ûès ce moment des mesures pour soutenir la manifestation de ce jour terrible.

Mais après vous avoir montré la conAision publique dont sera coo^ vert le pécheur, que ne puls-je vous exposer ici quelle sera la gloire et la consolation du véritable Juste , lorsqu'on étalera aux yeux de Tunivers les secrets de sa conscience et tout le mystère de son cœur ; de ce cœur dont toute la beauté, cachée aux yeux des hommes , n'étoit connue que de Dieu seul ; de ce cœur où il avoit toujours cru voir des taches et des souillures, et dont son humilité lui avoit dérobé toute la sainteté et llnnocence ; de ce cœur où Dieu seul avoit toujours fait sa demeure, et qu'il avoit pris plaisir d'orner et d'enrichir de ses dons et de ses grâces ! Que de nouvelles merveilles va offrir aux yeux des spectateurs ce sanctuaire divin , jusque là si impénétrable, lorsque le voile en sera 6té! que de fervents désirs ! que de victoires secrètes ! que de sacrifices héroïques ! que de prières pures ! que de tendres gémissements! que de transports amoureux I que de foi! que de grandeur ! que de magnanimité ! qued'élévation au-dessus de tons ces vains objets qui forment tous les désirs et toutes les espérances des hommes 1 On verra alors que rien n'étoit plus grand et plus digne d'admiration dans le monde qu'un véritable Juste, que ces âmes qu'on regardoit comme inutiles , parcequ'elles l'étoient à nos passions , et dont on méprisoit tant la vie obscure et retirée : on verra que ce qui se passoit dans le cœur d'une ame fidèle avoit plus d'éclat et de grandeur que tous ces grands événements qui se passent sur la terre, méritoit seul d'être écrit dans les livres éternels, et offroit aux yeux de Dieu un spectacle plus digne des anges et des hommes, que les victoires et les conquêtes qui remplissent ici-bas la vanité des histoires, auxquelles on élève des monuments pompeux pour en éterniser le souvenir, et qui ne seroc j^luc regardées ^brs que comme dos agitations puériles, ou le iâUit ^o a orgueil et des ^.ssions humaines. Premier désordre réparé daits "'^ grand j )ur; le vice dérobé Ici-bas à la honte publique, et la vertu aux 6i<^%ss qu'elle mérite.

Jje second désordre qui n;ilt dans le monde du iélangc des bons et des méchants est l'inégalité de leurs conditions, et l'injuste échange de leurs destinées. Il en est du siècle présent comme de la statue dont Daniel expliqua le mystère : les Justes, comme une argile que Ton foule aux pieds, ou comme un fer durci par le feu des tribulations, n*y occupent d'ordinaire que les parties les plus basses et les plus méprisables ; au lieu que les pécheurs et les mondains, figurés par l'or et par l'argent, vains objets de leurs passions, s'y trouvent presque toujours placés à la tète, et dans les lieux lés plus éminents.

Or Vest un désordre : et , quoique par-là les bons soieat eieroés, et les pécheurs endurcis ; quoique cette confusion de biens et de maux entre dans Tordre de la Providence, et que, par des routes et des ménagements impénétrables, IMeu s*en serve pour conduire k ses fins le Juste et le pécheur, il faut cependant que le Fils de l'Homme rétablisse toute chose : Per ipsum instaurare omnia {Ephes. i, 10), et qu'on voie enfin quelle différence on doit fiiire de Fiiùpie d'avec rhomme de bien \ de celui qui sert le Seigneur, d'avec celui qui le méprise : Quid slt interjustum et impium , et inter seivientem Deo et non servientem ei (mIlach. m, 18). Or, voilà le spectacle de ce dernier jour : l'ordre sera rétabli, les bons séparés des méchants ; les uns placés à la droite, et les autres à la gauche : Et statuet oifes quidem à dextrU suis^ hœdos autem à sinistris (Mattb. xxv, 33).

Séparation, premièrement, toute nouvelle. On ne vous demandera pas, pour décider du rang que vous devez occuper dans cette formidable scène, yotre nom, votre naissance, vos titres, vos dignités; ce n*étoit là qu'une fumée, qui n'avoit de réalité que dans l'erreur publique; on examinera seulement si vous êtes un animal immonde^ ou une brebis iimocente. On ne séparera pas le prince , du sujet ; le noble, du roturier; le pauvre, du puissant; le conquérant, du vaincu: mais la paiOe, du bon grain ; les vases d'honneur, des vases de honte; les boucs, des brebis : Et statuet wes quidem à dex" tris suis^ hœdos autem à, sinistris.

On verra le FiL. de l'Homme parcourant des yeux, du haut des airs, les peuples cl les nations confondues et assemblées à ses pieds, relisant dans ce spectacle l'histoire de l'univers, c'est-à-dire des passions ou des vertus des hommes ; on le verra rassembler ses élus des quatre irents ; les choisir de toute langue, de tout état, de toute nation, réu • nir les enfants d'Israël dispersés dans l'univers ; exposer l'histoire secrète d'un peuple saint et nouvepu ; produire surla scène des héros de la foi jusque là inconnus au monde ; ne plus distinguer les siècles par les victoires des conquérants, par l'établissement ou la décadence des empires, par la politesse ou la barbarie des temps, par les grands hommes qui ont paru dans chaque âge , mais par les divers triomphes de la grâce, parles victoires cach^ des Justes sur leurs passions, par l'établissement de son règne dans un coeur, par la fermeté héroïque d'un fidèle persécuté. Tous le verrez changer la face des choses , créer un nouveau ciel et une nouvelle terre , et réduire cette variété infinie de peuples, de titres, de conditions, de dignités , à un peuple saint et à un peuple réprouvé , aux boucs et aux brebis : Et statuet oi^es quidem à dextris suis, hœdos autem à sinistris

Séparation, secondement, cruelle. Onséparerale père deFenfant; l'ami, de son ami ; le frère, de son frère : l'un sera pris, et l'autre laissé. La mort qui nous ravit les personnes chères , et qui nous fait * tantdesoopinet verso- tantde larmes, nous laisse dumoins

JUÛEMEMT UMVERSËL. BK

«Mconsolatiofi dansl'espéranee d'être mi jour rémib «rec oUef. Ici ksèpflratkm sera ètemene; il vfj aura plus d'espoir de rèanion ; iMms B'asroi» {dos de proches, de fère^ d'enfant, d'ami; phisde Hensqne lesflttniiiesélierneDesqai noos uniront ponr toujours aux

Séparatioo, troisiteeiiient, fpioininiense. On est si vif sur une préffiraiee, lorsqM dans une occasion d'éclat on nous oublie, on nooslaisee confiondus dansla foule 1 on est si touché lorsque, dansia dfilritMitiQo des grâces, on Toit des subalternes emporter les premières places; nos services oubliés ; et ceux que nous avions toiqours ¥« au-dessous de nous, éietrés^ placés sur nos têtes! mais c'est dans ce grand jour oà la préférence sera accompagnée des dreonstanoes les j^ushnmiliantesponr l'ame criminelle. > ous Terrez (hns ce silence unirersel, dans cette attente terrible où 'diacun sera de la dêdsioB de sa destinée, le Plis de l'Homme s'avancer dans les airs , des couronnes dans une main, et la verge de sa fureur dans l'autre, vieuir^enlever h vos côtés un Juste dont vous aviez peut-être ou calomnié l'innocence par des discours téméraires, ou méprisé la vertu far des plaisanteries impies ; un fidèle , qui peut-être étoit né votre asgel; un Lazare, qui vous avoit importuné inutilement du récit de seabeKrins et de son indigence ; un concurrent que vous aviez toujours regardé d'un oeil demépris, et sur lesruines duquel vos intngnesetvos artifices vousavoioitélevé: vous verrez leFilsderHomme lui onettre sur la tête une couronne d'immortalité, le faire asseoir à sa droite, tandisquevotts, comme le supert)e Aman, rejeté, humiUé, dégndé, n'aurez plus devant vos yeux que l'appareil de votre supi^ice*

Oui , mes Frères, toutce qu'une préférence peut avoir d'accablant se trouvera dans celle-ci. Un sauvage, converti à la foi, trouvera sa place parmi les brd>is ; et le chrétien, héritier des promesses, sera kissè parmi les boucs. Lehlques'élèvera comme un aigle autoardu corps, et le ministre de Jésus-Christ restera couvert de honte etd'opprobre sur la terre. L'homme du monde passera à la droite, et le fioHtaireà la gauche. Le sage, le savant, l'investigateur du siècle sera diassé du c6té «tes animaux immondes; et l'idiot, qui ne savoit pas mêmerépomh^ aux bénédictions communes, sera placé sur un trône de gloire et de lumière. Rahab, une femme pécheresse, montera à lacélesleSion, avec les vrais Israélites; et la soeur de Moïse, et l'épouse de Jésus-Christ, sera séparée du camp et des tentes d'Israël, et paroitra couverte d'une lèpre honteuse : Ètstcuuet oveiquidem à dextii$mi$9 hœdos auiem à tinisiris. Tous voulez, ô mon Dieu ! que rien ne manque au désespofar de l'ame infidèle. Ce ne sera pesasses de l'aecaUer sousle poids de son infortune ; vous lui ferez encore un nouveau supplice de la félicité des Justes qui lui seront préférés, et qaTeUe verra portés par les anges dans le sein de rimahorlilité.

Q«el ebanfement de scène dans l'univers, mes Fvèteêl G'eat

■kn ^wl<m las flcaadales étant arndiés do r^ âémi

Ghribl^ et les Justes enliéreBieQt séparés de^pMia^ )fu^

mne nation choisie, aoe race saisyie, et l'Église des prearievL-^iès dont les nmw éloient écrits dans le <^ C'est alors qoe le œnoMToe des méchants, inéyitable sur la terre , ne fera pins gémir leor fui et trembler leur innoeenoe ; c'est dors que leur partage n'ajant «ilus rien de commnnayec les infidéteet leshjpocrites, ilaneserost ^ lus contraints d'être les témoins de leurs crimes , on <piekpiefois même les ministres iuTolontaires de lemrs pasnons; c'est akrsque tous les liens de société, d'autorité oa de dépendance, qui les attadmiciit id-bas aux impies et aux mottiaiBS, étant rompus, ils ne diront plus arec le Prophète : Seigneur, pomnquoi prolongez-Tons id notre exil et notre demeure? notre ame sèdie de douleur à la^yne des crimes et des préraricalions dont la terre est infectée. C'est dors enfin que leurs pleurs se chai^feront en joie, etieurs gémisBemeuls en actions de grâces; ils passeront à la droite comme des brebis, et la gauche sera pour les boucs et pour les impies : Et ttatuet opes qtddem à dextria suis, hœdos auiem à ntUstris.

La disposition de runi?ers ainsi ordonnée, tous les peuples de ta terre ainsi séparés, chacun immobile à la place qui lui sera tooAée en partage, la surprise, la terreur, le désespoir, la confusion peinte sur le visage des uns; sur celui des autres la joie, la sérénité, la ôonfianoe; les yeux des Justes levés cnhaut vers le Fils del'homme, d'où ils attendent leur délivrance; ceux des impies fixés d'une manière affreuse sur la terre, et perçant presque les abîmes de leurs regards , comme pour j marquer déjà la placeqni leur est destinée; le Roi de gloire, dit TËvangilc, placé au milieu des deux peuples, s'avancera ;et se tournant docôlé de ceux qui seront à sa droite,avec un air plein de douceur et de majesté, etscul capable deles consoler de toutes leurs peines passées, il leur dira : Fenez^ 1er bénis démon PèrCf posséder le royaume qui i>ous a été préparé des le commencément des siècles (Mattb. xxv, 34). Les pécheurs tous avoient toujours regardés comme le rd>nt et la portion la plus inutile du monde; qu'il apprennent aujourd'hui que le monde lui-même ne snbsistoit que pour vous, que tout étoit fait pour vous , et cpie tout a fini des que votre nombre a été rempli. Sortez enfin d'une terre où vous aviez tonjows été étrangers et voyageurs; suivez-moi dans les voies immortcHes de ma gloire et de ma félicité , comme vous m'avez suivi dans celles de mes humiliations et de mes souffrances. Yos travaux n'ont duré qu'un instant, le bonheur dont vous allez jouir ne finira plus : Fenite, benedicti Patris mei^ posstdete parû^ tum i^obis regmun àconstitudone mundi (Maitb. SXV, 34).

Puis se tournant à gauche, la vengeance et la fureur davis les jeux, lançant ci et U des regards terribles, comme des foudres vengeurs, sur oettefonle de coupables; d'une voix, dit un prophètti 4Qi entrVmvrira ks entraînes de l'abtme pour les y englotttir,fl din.

lUGBMENT UNIVERSEL, ^W

) sur la croix : Mon Père, pardonnez-leur, paroeqa'fls M sarent ce qu'ils font ; mafs\ Retirez-vous , maudits , dans le feu èteniel qui est préparée Satan et à ses anges : tous étiez les élus dii monde, tous êtes maudits de mon Père; vos plaisirs ont été rapides el passagers, vos peines seront étemelles : Discedite à me^ maietUetit in ignem œtemum qui paratus est diabolo et angelis ejus (Matth. XXV, 41). Les Justes alors, s*élevant dans les airs avec le Fils de l'Homme, commenceront à chanter le cantique céleste : Vous êtes riche en miséricorde, Seigneur, et vous avez couronné vos dons en récompensant nos mérites. Alors les impies maudiront l'auteur de leur être, et le jour fatal qui présida à leur naissance; oajMÙi ils entreront en fureur contre eux-mêmes, comme les anteors de leurs malheurs et de leur perte. Les ahtmes s'ouvriront, les ciflox s'abaisseront, les réprouvés, dit l'Evangile, iront dans le supplice étemel, et les Justes dans la vie étemelle : Ibunt hi in suppHeium atemum , Justi autem in îdtam ittemam (Mattii. zxv, 46). Voilà un partage qui ne changera plus.

Après un rédt si formidable, et si propre à faire impression sur les cœur» les plus endurcis, je ne puis finir qu'en vous adressant les mômes paroles que Moïse adressa autrefois aux Israélites^ après leur avoir exposé les menaces terribles et les promesses consolantes renfermées dans le livre de la loi : Enfants d'Israël , leur disoit ce sa^r législateur, je vous propose aujourd'hui une bénédiction et une malédiction : Enpropono in conspectu pestro hodie benedietionem ^matAdictionem(Deut. ii, S6); une bénédiction, si vous obéissez mrk tmiroandemonts du Seigneur votre Dieu : Benedietionem^ si obedivritis mandatis Domini (Ibid. 27); et une malédiction, si vrfOB soHczdela voie que je vous m<»nlre, pour suivre les dieux étnmiTcrs ; Maiedictionem , si recesseritis de via quant ego nunc attende pobis^ et ambulaiferitis post deos aliènes ( Tbid. 28 ).

Yoilà, mes Frères, ce que je vous dis en flnissant un sujet si terrible. C'est II vous maintenant à opter et à vous déclarer : voilà la gauche et la droite, les promesses et les menaces, lesbénédictions et les malédictions. Yotre destinée roule sur cette affreuse alternative: OQ TOUS serez du c6té de Satan et de ses anges, ou vous serez élus •Toe Jésus-Christ et ses Saints ; il n'y a point ici de milieu : je vous •I montré la voie qui conduit à la vie, et celle qui mène à la perdition. Bans laquelle des deux marchez-vous ? et de quel côté vous trou vefffez-vous si vous paroissiez dans ce moment devant le tribunal re- Autable? On meurt comme on a vécu : craignez que votre destinée (aujourd'hui ne soit votre destinée étemelle. Sortez dès à présent îles voies des pécheurs ; commencez à vivre comme les Jmttes, flvous ^foulez dans ce demier jour être placés à la droite, et monter iivec eux dans le séjour de la bienheureuse immortalité Ainsi soit4i*

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