DES AFFLICTIONS. M
Mil derir contredit $ le bire de renniii et de la satiété ménie des plaisirs, unlrisle martyiei troorer dans des maux imaginaires , la soarœ de mille chagrins réels ; sentir plus TiTement la doolenr d'un poste manqné, que le plaisir de tons cenx qu'elles occupent ; enfin regarder tout ce qui trouble tant soit peu leur fâidté sensuelle, oomme la dernière des infortunes.
Oui, mes Frères, ce sont les grands et les puissants qui seuls se plaignent, qui se cnrient toujours les seuls malheureux $ ^ui n'ont jamaisassezde consdateurs; qui, au plus léger contre>temps,yoient se rassembler autour d'aix, non-seulement tous ces amis mondains que leur rang et leur fortune leur donnent » mais encore tons ces nûnistres pieux et éclairés que FesUme publique distinct, et dmt les saintes instructions seroient bien mieux placées auprès de tant d'antres malheureux auxquels toutes les ressources du monde et de la religion manquent , et auxquels aussi elles seroient plus utUes. Mais, mes Frètes, devant le tribunal de Jésus-Christ çn coa^^arera vos afflictions avec ailles de tant d'infortunés qui vous environnent, et dont les malheurs sont d'autant plus affreux, qu'ils sont plus obscurs et plus oubliés : etalors on vous demandera si c'étoit à tous à nuirmurer et à vous plaindre ; on vous demandera si tous dcTiea tant taire Taloir des calamités qui auroient été des consolations pour beaucoup d'autres; on vous demandera s'il ialloit tant mnrmorer contre un Dieu qui tous traitoit avec tant d'indulgence, tandis qu'il appesantisBoit sa main sur une infinité de malheureux ; on vons demandera s'ils aTdent moins de droits aux plaisirs de la terre que TOUS ; si leur ame éioit moins noble et moins prédense derattt IMeu que la Tôtre ; en un mot , s'ils étoient , ou plus criminels, ou d'une autre nature que vous.
Hâaal mes Frères, non-seulement c'est ramomr excessif de noos- ■émes , mais encore c'est notre dureté pour nos frères, qui grossit à nos yeux nos propres malheurs. Entrons quelquefois sous ces toUi pann*e8 et dépourvus, où la honte cache des misères si afbduses et si tondiantes; allons dans ces asiles de miséricorde, oè toutes les calamités paraissent rassemblées : c'est là que nous apprendrons ce qne nous devons penser de nos afflictions; c'est là que, touchés de l'excès de tant de malheurs, nous rougirions de donner encore des MMBS à la légèreté des nOtres ; c'est là que nos murmures contre le del se changeiont en des actions de grâces, et que, moins occupés des croix légères qne le Seigneur nous enyoie, que de tant d'autres qu'A nous épargne, nous commencerons à craindre son indnlgeiKey loin de nous plaindre de sa sévérité. Mon Dieu ! que le jugement des grands et des puissants sera formidable, puisque ,- outre l'iAns in^ fiMMede leur prospérité, ks afflictions qntauraient dû en sanctifier encore rwege et en expier lesabns, deviendront elleMnémes leurs plut grands criflMsl
ton état, ti pour opérer son saint, poisqn'élles y paroisBenl mettre des obstades ioTtncibles? C'est ici le dernier prétè&te , tiré de l'ineompatiMUlé que les afflictions semblent avoir avec notre saint.
TROISltn PAITIB.
Ilestasser surprenant que la eormption da oœnr faamain tronve dans ka sonflErancea mêmes des idwtades de saint , et que des durétfens ne justifient tous les jours leurs murmures contre la sagesse et la iMMdté de Dieu , qu'en Faccusant de leur envoyer des croix ineompatiMes avec leur salut étemel. Cependant, rien n'est plus ooonnnn danslemondequecelangageinjuste ; et lorsque nous exhorleiis les amas que Dieu afflige à faire de ces afflictions passagères le prix du del et de rétemité , elles nous répondent que dans cet état d'aeoaHement on n'est capable de rien; que les contradictions au ■dHeu desquelles on vit aigrissent Fesprit et révoltent le cœur, loin de rappder à Tordre et au devoir ; et qu'il faut être tranquille pour pensera Dieu.
Or je dis que de tous les prétextes dont on se sert pour jastiâer fusage peu chrétien des afflictions, c'est id le plua insensé et le (dus coupable. Le ^us coupable : car c'est blasphémer contre la Provl donee de prétendre qu'dle vous place dans des situations incompati * bleaavecvotresalut Tout ceqifélle (aitou permet Id-baa, elle ne le Mt ou ne le permet que pour fadliter aux hommes les voies de la vie étemelle t tous les événements agréables ou Tàdieux qui doivent rempHr le cours de notre destinée , elle ne nous les a préparés que comme des moyens de salut et de sanclification's tous ses desseins sur nous se rapportent à cette fin unique ; tout ce que nous sommes, même dans l'ordre de la nature, notre naissance, notre fortune, nos talents , notre siècle, nos dignités, nos protecteurs, nos sujeta, nos maîtres, tout cela, dans ses vues de miséricorde sur nous, est entré dans les desseins impénétrables de notre sanctification étemelle. TVwt œmende visible lui-même, n'est fait que pour le sièdeà venir; tout cequiiepasseasearapports seGretaavecoesiècle étemèl^cA rien ne passera plus; tout ce que nous voyons n'est que la figureet l'at* tentedea choses invisiUes. Le monde n'est digne des soins d^nn Dieu sageet miaérieordieux qu'autant que, par des rapports secrets et adorables , ses diverses révolutions doivent former cette Eglise du del, cette assemblée immortelle d'élus, où il sera étemdlement glo* riAé:il n'agit dans le temps que pour l'étemilé;!! est même eo cela le modèle que nous devons suivre. Prétendre donc qu'il nons place dans des sitmtions, non-seulement qui n'ont aucun rapport, mais mêmeqni sont incompatibles avecnos inlérêls étemels, d'est en bdre un Dieu temporel, et blasi^iémer contre sa sagesse adoraUe.
Mais non-seulement rien n'est plus coupable que ce prétexte, je 4iaencepe<p>e rien n'est plus insensé : carnneamanerevkntàDiao
qM kniiMb iedIfMfte 4dce monde iriBinUfei eMte M k lwft< pliû éÊmommà de ce monde mfaénJiley dit <aml Angqgmi, r iorqpM le Seigneor Tipand rar ses idaisin dangera^ ifldtttairet. Seigneur, dtaott^on HdnC nd de Jade, ieroas êréb ldsne1aiM8pM1ècitdensraboiidanoe;lesplai0ln delaiojmate etPécht d^rtgne knget gfcxrienxayoieDt ocNTrorapamon œrar; hi loninges elles dbcoim empcrfaoïmés des nwchantsm'nTofent jefii dnv nn eonmien profond et fimeste ; mais Toiia m^aTet llrn^ pudÉnt sur mon peaide tonales fléanx de votre oolére, en révoltant contre moi mes propres enfiints, et des snjets que favois comblés de Uenftdts; et je me sois éveillé : vons m'avet hnmiOé, etfai en reconn à vous; vonsm^aveiafiBigé^et je vous aldwrdié, et j'ai compris qn'il nefallolt pas mettre sa confiance dans les iMnnmes; qne la proqiérité étoit nn songe; la gloire, une errenr ; les talents qne les hommes admirent, des vices cadiés sons les dehors briBants des vertos hmnaines ; le monde tont entier, nne fignre qni ne nons rqpalt qne de vains fantômes, et qni ne laisse rien de réel dans le OQMir ; et que vons seul méritiez d'être servi, parce qne vons senl ne manques jamais à cenx qui vous servent : In die tribuladonU meœ^ Deum
Toilà rcffet le plus naturel des affictions : éHes facilitent tous les devoirs de la rdigion; laliaine du monde, en nous le rendant plus diamréable; le détadiementdes créatures, en nous faisant éprouver nn kor perfidie par des infidélités, ou leur fragOité par des pertes inattendues; la p4vation des plaisirs, en y mettant des obstacles; le désir des biens étemels, et les retours consolants vers Dieu, en ne nons laissant presque plus de consolation parmi les hommes : enfin, tontes les obligations de la foi deviennentplusfadlesàrame affligée; les bons désirs y trouvent moins d'obstacles, sa foiblesse moins d'éoieils, sa foipfaisde secours, sa tiédeur plus de ressources, ses passions pins de trem, sa vertu même plus d'occasions de mérite.
Aussi l'Eglise elle-même ne fut jamais plus fervente et plus purs qnelonqa'dleAitafliigée; lessiéclesdesessouffirances et de ses perséqtfoDsItafentles siédes de sonédatet de son zélé. La tranquillité cwronqiit ensuite ses moeurs, ses jours devinrent moins purs et
^1 innocents, depuis qu'ils ftirent devenus plus fortunés et plus
*M; sa gloire finit presque avec ses malheurs, et sa paix,
) dit le prophète, tni plus amére parle dérèglement deses en-
» qne ses troubles neravoientétépar la barbarie de ses ennemis
es zEcceinpaee anuirùudo mea amariuima (Is. xxxviii, 17).
YoosHnéme, qui vous plaignez que les croix dont le Seigneur P<» aflliga vous découragent et vous refroidissent sur le désir de tamrilkrà votre salut, vous savez bien que des jours plushenreoK ■Tnnt-paB été pour vous plus saints et plus fidâes ; vous savez bien fo'ator» enivré du monde et de ses plaisirs, vous viviez dans nn OTHi entiar de INea , et que les douceurs de votre état n'élûient que
« DEJjjaÈMkJmiAsaamLVàYEKT.
,Mais tdkcBt, OMB Frtra, rmosioB perpétnelte de lu^ INWfire/QiiaiidiKVie sommes heoreiix, que tom à oesdem,
e^qMBOOijoiiimDiisd'aBe foilimedooce^riant4haQi]S4l%«mB Ifs dangers de notre état , pour justifier les ègavemeots de «nos maxvs mondaines ; mms disow q[a'U est bien difficRe en im €^^ j^ge^eten ofie^ certaine sitoatkm, quand on a on mng à soutenir et des bienséances à gwder dans le monde, de se condamner à la. retraite» & la prière, àla fUte des plaisirs, et à tous les deroirs d'une vie triste et chrétienne. Mais, de l'antre c6té, quand nous sommes alBigés, que le cch^s est firappé de langnemr, que la fortune nous atendonne, que nos amis nous trompent, que nos maîtres nous négligent, que nos ennemis nous accablent, que nos proches deviennent nos persécuteurs; nous nous plaignons que tout nous éloigne de Dieu dans cet état de chagrin et d'amertume, que l'esprit n'est pas aaseï tranquille pour penser an salut, que le cœur est trop ulcéré pour sentir autre chose que ses propres malheurs, qu'il faut cher^ cher à étourdir sa douleur par des diversions et des plaisirs devenos nécessaires , et ne pas achever de perdre la raison , en se livrant tout entier aux horreursd'une profonde tristeBse. C'est ainsi, 6 mon Dieu, que, par nor contradictions étemelles, nous justifions les voies adorable£ de ^otr^. sagesse sur les destiner- des hommes, et qne nous préparoc à votre justice des raisons puissantes pour confondre ma jour l'illusion et la maî«vaise fo f*.ô nop prétextes.
Car d'aiUeurc , aef Frèrp. , rie quelque uatnre que soient noe peines, l'histoir' del; eligioi noa propose des Justes qui, dans le même ét^it que nous, ont p^isédé le'r iraed'-jis la patience, et OMt
viduîté en des larmes de retraite et de pénitence. Si une santé languissante vous rend la vie plus triste ii plus amère que la mort même , Job trouva dans les débr*-* H'an ccwpr ulcéré des motib de componction, des désirs d'éternité o^ deses^ranoes de sa résurrec- Uon immorleUe. Si Ton flétrit votre réputation par dco inmostures Suzanne offroit une ame constante 4 la plus noire calomnie ; et sa^ chant qu'elle avoil le Seigneur pour témoin deson innocenoe/elle lui laissa le soin de la venger de l'injustice des hommes. Si l'on renverse votre fortune par des arUfices, David détrôné regarda l'humilialien de son nouvel é^t comme la peine del'ahus qu'il avoitfaitdesa prospérité passée. Si un lien mal assorti devient votre cnrix de tou kg jours^^EsUier trouvadans les caprices et dansles faramd^ ébou mfidélelépreuvedesavertu^etleméritedesadoocepretdeM^ ttooe. Enfin, placez-vous dans les situations les plus trbles vimw
fiwiverez des Justesquijr ont opéré leur saluti et, I '