‹ Œuvres, évêque de ClermontChapitre 18 sur 96 · LA CONCEPTION · texte numérisé non relu

LA CONCEPTION

TienAra teoMor de votre piété ; plos yoos coDfleiT^ avec loi , pins vous foornirezde traitsà la malignité de ses censoref ; les mêmes oomplaisanoes que vous obtiendrez avec pdne de votre arar poor loi plaire feront le snjet de ses dérisions : 11 ne Uàme dans œai qui sedédarent poor la piété qne ce qu'il y trouve encore do sien; il se moque de ces âmes flottantes qai sont de tout, da monde et de la vertu , et qu'on ne sanroit définir ; il rit de ceux qui , après ravoir abandonné , veulent encore lui plaire ; et , tout ennemi qu'ilestdela vertu, ses censures tombent d'ordinaire plutôt sur loi défauts de là vertu , qne sur k vertu même.

Yonlez*vous donc que le monde lui-même approuve votre changementPqu'ilsoitsincèreetoniversel. Youlez-vons qu'il ap^adisse à votre nouvelle pénitence? qu'elle soit proportionnée à voaandens égarements ; qu'il ne vous trouve pas un pénitent sensuel, indolent , tiède, encore à demi mondain , après vous avoir connu un pédieur vif , ardent , et déclwé sans ménagement pour le vice ; qu'il ne puisse paa dire de vous qu'une vertu commode a succédé à des passions extrêmes; que vous avez mis la paresseà la place despbiiçirs violents; et qu'il n'y a de merveilleux dans votre nouvelle vie qu'un éloignement plus marqué de tout ce qui vous gêne. Ne craignes le monde ipi'autant que vous le ménagerez. Tandis que Samson vécut ennemi déclaré des PhiQstîns , et loin de leurs villes, il passa parmi eux pour un bomme suscité de Dieu , et destiné à relever la gloire d'IsraM; mais à peine se rapproche-t-il de ce peuple infidèle, à peine faît^il alliance ayec lui , et imite-t-il ses moeurs, qu'il devient la fsbto de Gaza , et sert de jouet public à leurs assemblées.

Le monde ne pardonne rien à la vertu. Nonnieulement il ne fait pas un mérileauxgens de bien des*acoommoderà ses usages, mais il exige d'eux plus de modestie , plus de retenue , jlus de cbarité , plus de désintéressement , plus d'oubli d'eux-mêmes , plus de privations, s'il est possible, que l'Evangile même. 11 est sévère jusqu'à l'excès dans les règles qu'il impose aux Justes ; il leur dispute les plus petite adoucissements; il leur fait un crime des fautes les plus légères ; il se scandalise de leurs libertés les {dus innocentes; il voudroit les condamner à une retraiteélemeUe, à une tristesse sans délassemeirt^ i une insensibilité entière sur leurs propres faitérêts; il voudroit ^ ce semble, qu'ils ne fussent plus des hoînmes, pour les mettre an nombre des Justes ; et son injustice va plutôt à outrer leurs obliga* tions qu'à justifier leurs foiblesses. C'est ici que le monde est un docteur austère: les pharisiens taxent d'intempérance les repas innocents de Jésus-Christ ; Michol regarde avec des yruz oenseon les saintes saillies de la joie de David; les grands de Jérj3<dem. trouvent de l'ambition dans les larmes et les prédictions de Jérémid* Jm monde grossit tout, envenime tout dans les actions des gens de Mni ta^jovs indulgent pour lui même, il conserve toute sa sér^â^ pOUrCDtMMiasi» en poussant trop loin les defoirs do la piété,.

DE LA SAIMTE UnSUGE. Èi

il Ht dMrahoii qv'à se persuader à lui-méne tpl'ûs mA imfnr lieableB, cl à se jualifier les tnasgressiQos qpA Vm ébrigneat.

Eafifi j Ift deraièfe préGa«lionjdkml Marie se sert pour oonser ver la giaoa reçmesiOBe préeauUDD de reoonaoissaiioecoiitioneUe ^ et c'est îd le ImsièBie éeaeil à craindre dans une vie nouvelle. On ne sent pas assex lagcandettr du bienfait qui nons aretirés du dés^dre; or eedébntde reoennoissanee prend sa sonrce, premièrement d'un orgueil secret , qui fai^ qu'on attribue en partie son changemeni à un naturel heureux, k un fonds tedroitnre et de probilô» qui , mémo an railiende nos déscnrdres, nous bisoH rougir du vice, metloit à nos pasnons certaines bornes que la plupart des antres pécheurs finoMhisseiity etneuscendoit le devoir respectable dans le temps méose que nous le faisions céder au plaisir* Or Marie, née avoc tant d'avantages , et formée, ce semble , pour la vertu , ne cherche point en dte-mème les raisons des bienfaits de Dien : lia o/M en moi dcgnsndn choses , dit-elle .parcequHl s'est souifenu de $a mieé» riçorde (Luc, 1, 49 , 54). Tout retour sur elle-même lui paroltroil une noire ingratitude; et , ne trouvant que sa bassesse qui ait pu attirer sur die les regards de son Dieu , plus die s'envisage, plus elle découvre la grandeur du bicofait , et ne trouve en dle-méme que de nouvelles raisons de reconnoissaoce.

Dieu aime qu'on sente tout le prix des grâces qu'il nous fait II est jaloux de ses dons comme de sa gloire; et rien ne suspend ses ndséricordes conmie de vouloir chercher en nous-mêmes les raisons qui nous leaontattiiiées. En effet, outre qu'un natnrd heureux et sensftie an Wen.est un don lui-même de la grâce, quelle injusticcde ^yry^ntr par-là la grandeur du bienfait qui a changé notre ccsur, et la reoon^ noissaneeqnenousendevonsànotre bienfaiteur ! D'où vient quêtant d'antres pécheurs, nés encore plus heureusement que nous; plus portés que ncNis, par le caractère de leur cœur, à la pudeur et à l'faa* BOoence;plus touchés delà vertu et des vérités saintesqui l'inspb-entj d'oà vient cependant qu'ils n'ont pas le courage de rompre leurs dialnes \ qu'ils foulent encore aux pieds la vérité qu'ils respectent; qa'ils se prêtent encore, comme malgré eux » à la destinée de leurs penchants; et que, malgré même fai voix de la nature, qui semble les mppder au devoir, ils se laissent encore entraîner au monde et au charme de ses plaisiracrimineb ? Que dis-je? d*ou vient qaeees inclinations heureuses qu'ils ont apportées en naissant deviennent ellesmémes le prétexte de leur impénitence; que c'est là-dessus qu'ils s€ promettent toigours une conversion à venir; que, se trodvant plusde sensibilité pour le bien que les autres pécheurs, ils meurent impénitents, paroequlls n'avoicnt pas vécu endurcis? Je n'en dis pas asscg, mes Frères : examinez ce qui se passe dans le monde, et vous verrei que ce sont d'ordinaire les caractères les plus doux, les plussensiblea, les plus capables de vertu ; les ccsurs les plus tendres, les plus sio« cires» lés ]dus généreux, qui sp laissent corrompre pur les plaisirs. IL I. •

•f îsL ootfcxpnotf

cOe^qoepliifldedispMitifMisaiixphiflirS) j^us dTobitadeiàla rertaf PIqs h mtiire âembloit toos arof r fiivoriiés, ph» T4NI8 étiei loin in royamne de Biea; j/h» tous devez bénir la maio nusérfoordieiiseipit a diaïqpè pouTToos en moyens desanctificatioii ksniéiiieB peachantt qui, dans les antres, sont le piège deknr innoœnoe; qui a toomé YOtre Thradté pour le plaisir en Tuie sainte ardenr pour la justice; vtiire tendresse poiA* les créatnres, en nne amonreose componction poor lui ; Tos sensibilités profanes, en de saintes larmes t et s'il tous est pennh de jeter quelques regardssur œnatnrél benreoxqoe irons aycff roQU en naissant, c'est pour vous confondre dévanifiien do IV ▼oir ftdt serrir si long-temps à l'injustice, et de n*aTOir ftdt d'autre usage des talents naturels ^ tous distinguent des autres hommes, que d'y avoir trouvé une distinction malheureuse dans la sdenoedu crime et dans le soccés des passions. Qui sut s-je donc, 6 mon Diea , poor vouloir chercher dans mon cœur les raisons de vos miséri-' cordes ?Un infortuné, que vos dons ont rendu plus coupable; un péèheur^ qui al trouvé dans vos bienfaits mtoies la source de mes misères; un monstre d'ingratitude, qui ai pris plabir d'alUer tout ce qu'un naturel heureux peut donner de favorable pour la Tortn, avec tout ce qu'une volonté corrompue peutinspirer de plusextrème pour le vice.

La seconde raison pourquoi ce sentiment de reoonnoissance , qui doit être continuel dans les âmes que Dieu a touchées, se ralentit en nous, c'est que le souvenir de nos misères passées s'alfoiblit et s'efface. Dans les premiers joars de notre pénitence, nous n'osions prea* qûe nous regarder nous-mêmes : les horreurs de notre ame, encore toutes vives, pour ainsi dire, faisoient frémir notre foi ; nos idésop* dress'offiroient éncoreànous avec toutclenr noirceur; ilfolloitmème ipfunconfesseurprudentetcfaarifabiela déguisât presqueànosyeuT, pour rassurer nos frayeurs et mépager notre foiblesse; et notre seule tentation alors étoit de trop sentir notre misère. Mais insensiblement nous nous sommes familiarisés avec nous-mêmes; nos vertus prétendues nous ont caché nos crimes passés; et quelques jours consacrés à des oeuvres de pénitence et des larmes d'un moment ont effacé de notre souvenir les horreurs d'une vie entière d'iniquités. C'est sduài que la reconnoissance du bienfait qui nous puriOa s'est affolblle avec le souvenir des souillures dont nous étions alors couverts.

.Telle est la destinée de la plupart des conversions; et de là vient qu'il en est si peu de durables. Dieu veut qu'on sente, tous les mo* ments de la vie , le prix inestimable dé la grâce qui diangea notre cœur; et il cesse d'être miséricordieux dèsque vous cessez d'être sensible à ses miséricordes. David, après les rigueurs de sa pénitence et les larmes de ses cantiques, ne vc^oît encore enhd que le meurtrier dUrie et le violateur delà sainteté du lit nuptial : son pédié, depoif long temps expié, comme une omlM imoortone reparoiasoit sans

DE LA SAINTE YIE&GB. et

) à ses yeoi ; et ni Téclat du trône^ni la prospéritédeflM régne, ni le nombre de ses victoires, ni sa fidélité depuis constante dans la loi de Dîea, ni son zèle pour la majesté du culte, ni les louanges mêmes des prophètes, qui sembloient avoir oublié sa faute, pour ne se souvenir que de sa piété et de tant de saintes actions qui Tavoient depuis réparée, n*en avoient pu cfTacer le souvenir de son esprit et de son cœur : Ètpeccaium meum contra me est semper ( A., t., 5).

0 Dieu! disoit sans cesse ce roi pénitent, quand Je np|MBlle en votre présence la multitude de mes iniquités, les grâces ikùt tous m'avez toujours favorisé, lors même que je violoto votre loi sainte avec plus d'ingratitude et de scandale, mon oœnr se trouble, ma oonfiûice m'abandonne, mes yeux ne voient plus avec plai^ tout cet édat et tonte celte grandeur qui m'environnent : Cor meum contur* batum est , dereliquit me ifirtus mea^ et lucem oculorum meorum ( Ps. xzxvii, 11 ). Oui , Seigneur, tous les plaisirs de la royauté ne •auroient plus égayer ce fonds de tristesse que la doulemr de vous avoir offensé laisse dans mon ame : Afflictus sum {Ibid.j 9), Toute la g^ire de mon r^iie ne sauroit remplacer rhumillation secrète que lesouvenir de mesfoiblessesme fait sentir devant vous: HunùUatus êum {Ibid.y 9). Que vous rendrai-je donc , 6 Seigneur, pour toutes les bénédictions dont vousm'avez toujours prévenu? Vous nem'avez jamais abandonné dans mes égarements; vous m'avez suscilédes pro* pbàte4quim*ont annonce vos volontés saintes; vous m'avez donné On ccenr docile à la vérité; vous m'avez toujours favorisé contre mesen- Demis; vous avez multiplié ma race, et affermi pour jamais le trdne de Juda dans ma maison; vousm'av^ rendu redoutable à mes voisins et cher à mes peuples : que vous rendrai-je, Seigneur, pour tant de hienCaits; et mes larmes pourront>eIles jamais suffire pour expier mes crimes ou pour rcconnottre vos grâces? Quid retriouam Domino ^ fro omnibus quœ retribuit miîd {Ps, cxv, 12)? C'est ainsi que David persévéra jusqu'à la fin, et fit du souvenir continnel de son péché tonte la sûreté de sa pcuitence.

Enfin, la dernière raison pourquoi nous laissons affoiblir notre reconnoissance, après les premières démarches d'une conversion ^ c'est que nous ne faisons pas assez d'attention que Dieu , en changeant notre cœur, nous a préférés à une infinité d'ames moins criminelles que nous sans doute, et qu'il laisse cependant encore dans les voies de la perdition. Or cette préférence que Dieu fait de Marie, non en la retirant du crime, mais en la préservant, devient le motif le plus puissant de sa reconnoissance. Elle se souvient que, tandisqna le Seigneur néglige toutes les autres filles de Juda, il daigne jeter le» yeux sur la bassesse de sa servante, la choisir, et la combler de doaa el de grâces (Luc, 1 , 48, 53 ). C'est celte préférence de misérioovde el de dilection de Dieu envers elle, qui , faisant la plus dOQoej patioo de ses pensées, nourrit sa fbi, réveille soq amoiir«i «I Meute.

Mr LA COJNGËPTIOK

Hieo, ^ eOst, ne fait mieux sentir le prix de la graoe à une ame m qui Dieu a opéré un saint dégoût du monde et une horreur de ses égarements passés, que de voir une infinité de pécheurs de tout rang, 4a twt Age, de tout sexe, les complices mêmes de ses anciens plabirs, encore livrés à l'aveuglement et à toute la corruption de leur cœur, tandis qu'elle seule est choisie, discernée par une bienveillance singulière de Dieu, retirée de ses désordres , éclairée et appelée A la eonooiaBanoe delà vérité. Ah! c'est alors que cette ame, touchée de la grandeur deoe bienfait : Qu'a vez-vous trouvé de moi, 6 mon Dieu, dit-idle, qui ail pu m'attirer une distinction si singulière de grâce et de miséricorde? Qu'avois-je, par-dessus tant d'ames que vous laissez périr à mes yeux dans le monde, que plus de misères A guérir, et plus d'opposition A votre grâce? Que vous ai-je fait pour être ainsi préférée? J ai gardé moins de ménagement dans mes passions; j'ai résbté plus longtemps A vos inspirations saintes ; j'étois liée par des chaînes phis pesantes et plus honteuses : voilA, ô mon Dieu, tout mon mérite. Une abondance d'iniquité a attiré sur moi une surabondance de graee; vous avez chobi la plus foible et la plus criminelle de vos créatures, pour faire éclater davantage en moi la puissance de votre liras et les merveilles de votre miséricorde. 0 Dieu, si propice au pédKor, donnec-moi donc un OGSur capable de vous aimer autant que ma reoonnoissance le demande, et que l'excès de votre bonté le méritai YoilA, mes Frères, en quoi consiste cette fidélité de précaution si néœssaire pour conserver la grâce reçue; mais A la fidélité de {HPècantion, Marie ajouta une fidélité de correspondance.

SECONDS PARTIS

Ce n'est pas assez d'avoir évité, par des précautions salutaires, les écueib A craindre dans un commencement de vie chrétienne, il (faut encore suivre les voies où la grâce nous appelle, et avancer sans cesse dans le chemin du salut où nous sommes entrés.

Quelles sont, en effet, les sources les plus ordinaires de nos rechutes ? C'est, premièrement, de ne pas suivre toute la force et toute l'étendue de la grâce, qui nous a rappelés de l'égarement ; c'est, en second lien, de sortir de la voie par où elle vouloit nous conduire ; c'est , enfin, de se décourager en avançant, et s'affoiblir A chaque obstade que le démon ou notre pro|nre foiblesse nous oppose. Or Marie olke A la grâce une correspondance de perfection, une correspondance d'état et une correspondance dé persévérance, qui achèvent de nous instruire.

le dis premièrement unecorrespondance de perfection ; et c'e^t ici où Marie apprend aux âmes touchées de leur salut A ne pas mettre des bornes dangereuses A la grâce, qui les a retirées des égarements du monde et des passions Jamais aucune créature ne mena sur k (errenne vie plus détachée, plus pure, plus parfaite que cette sainte Glle de Jnda. Nul re^ifr d'9tfffcheiiK»nt étranger ne partagea on n'af*

DE LA SAINTE VnSftGE. M

IMbKt jamais dans son cœur l'anioiir qu'elle e«t pour Jéana-Glirist: die raima.pliis que sa propre réputation, puisque les soupçons da Joseph ne purent tirer de sa bouche un aveu dont son bumiUté eftt été hiessée; plus que sa patrie, puisque, sans balancer, elle le suit en Egypte; plus qu'une gloire humaine, puisque, oommeses autres proches, elle ne le presse pas de se manifester au monde; plus que son repos, puisqu'elle ne l'abandonne jamais dans ses courses ; enGn plus qu'elle-même, puisqu'elle l'immole sur le Calvaire, et que la tendresse naturelle y cède à la grandeur de sa foi. La grâce l'appcloit aux séparations les plus rigoureuses, aux vertus les plus parfaites, aux démarches les plus héroïques ; elle ne la borne point à un genre de vertu plus adoucie et plus commune- Or rien de plus rare parmi les personnes revenues de leurs égarements que cette sorte de correspondance à la grâce. Je sais que diacun a son propre don; que la mesure de la grâce n*est pas la même pour toutes les âmes, et qu'on exigera moins du serviteur à qui on aura moins donné : mais je dis que vous, en particulier, que Bleu a touché, vous êtes inGdèle à la grâce, en vous bornant d'ailleurs i des mœurs tièdes, sensuelles et communes.

Et voici sur quoi je fonde celte vérité : sur les lumières dont Dicii vous favorise, et qui ont suivi votre pénitence. En ouvrant les yeux sur l'énormité de vos fautes passées, vous les avez ouverts en même temps sur l'étendue de vos devoirs; vous connoissez les règles de la foi; vous voyez jusqu'où l'Évangile pousse le détadiement, hi haine du monde, le mépris de soi-même, l'amour de la croix, la violence des sens et de l'esprit ; vous voyez, sur la plupart des usages les ptos établis dans le monde, mille choses que les mondains ne voient pas; à chaque action vous discernez le meilleur, selon l'ezpressioD de r Apôtre, c'est-à-dire ce qu'il faudroit faire pour entr^ dans l'esprit de la foi. Or je dis que vous serez jugé sur ce que vous aurez connu , et que , devant Dieu , vos lumières seront la mesure de vos devoirs.

Je fonde encore cette vérité sur les sentiments que Dieu vous donne. Car, rappelez ici ces premiers moments de pénitence, où vous commençâtes à détester les égarements de votre vie passée t vous sentîtes un nouveau goût pour la prière, pour la retraite, pour les saintes austérités. Vous gémi sîez au fond do cœur des engagements qui vous lioient encore au monde, des plaisirs qu'il falloit encore s'y permettre, des usages qu'une certaine bienséance vous obligeoit de suivre : vous vous disiez à vous-même qu'une ame chrétienne devolt bannir ces restes de mondanité, mais qu'une ame pécheresse, condamnée comme vous aux hrmes de la pénitence, devolt regarder eesmœurs adoucies comme des crimes. M'est-il pas vrai que, malgré la foiMesse qui vous a fait persévérer jusqu'ici dans cet état , ces aaitineotsdefoi nesont pas encore eSàoés de votre eceur; que voua vma reprodM» encore tous les jours votre Mcbeté et votre infidéUlé

86 LÀ CÔPÏCEPTKMSr '

aux graœs reçues ; qoe tous sentez qa'9 manque etkcatt qoelqM diose à ce qoe Dieu demande de vous ; que. malgré rerreor pciblique qui lobé votre piété , tous sentez encore deyanl Dieu que tous êtes b{en loin de Fétat où la grâce vous appelle , et que les louanges des hommes, qui supposent en vous des vertus que vous n'avez pas, ne . feront que rendre votre condamnation plus sévère ? N'est-il pas vrai que toute votre vie , quoique innocente aux yeux des hommes , n'est qu'une suite de remords ; que vous ne goûtez pas cette paix de l'in* nocence qui est le plus doux fruit de la grâce , et que , vous abstenant du crime , vous êtes cependant privé de toutes les consolations de la vertu?

Or la vocation du ciel est écrite , pour ainsi dire , dans les inquiétudes de notre ame. Si cette vie, toute natureUe» encore à demie mondaine , que vous menez » étoit la situation où Dieu vous veut ; A la grâce ne vous appeloit pas à une séparation du monde plus entièrei A une vigilance plus sévère sur vos sens , vous seriez tranquille dana votre état , vous n'y éprouveriez que ces désirs d'un état encore plus parfait , inséparable de la justice chrétienne ; vous n'y sentiriez point ces efforts d'un cœur inquiet, agité, mécontent, découragé, qui sans cesse voudroit prendre son essor pour s'élever au-dessus de luimême , et qui à Tinstant est rentralné par sa propre fœblesse : vous goûteriez combien il est doux d'être à Dieu et de le servir. Yolre vertu n'est triste et inquiète que parce qu'elle est tiède et infidèle» Un autre, peut-être appelé à un moindre degré de grâce et de jus* tice, se préservera de toute chute grossière dans cet état d'imperfection ; ses penchants moins vifs, son caractère moins extrême , som cœur moins aisé à émouvoir ne trouvera pas dans les m^nes pMls, au milieu desquels vous vivez , les mêmes écueils. Mais pour vous, dont les inclinations plus fragiles, Tame plus susceptible d'impressions, ne peut être en sûreté que loin des périls , et défendue par toutes les précautions de la foi , vous sentirez insensiblement votre vertu s'affoiblir, votre horreur pour le vice diminuer ; dhaque jour ajoutera un nouveau degré à votre foiblesse ; chaqueobjet affoiblirË votre cœur par de nouvelles impressi<»is ; chaque victoire même que TOUS remporterez diminuera vos forces; et vous tomberez d'autant plus dangereusement, que mille chutes invisibles avaient déjà pré* cédé dans votre cœur^ avant qu'un abandon sensible de Dieu vous eu fait q>eroev(Hr à Tous-mémeque vous étiez tombé. On n'est paslong> tm>fs Gdële quand on n'est pas dans l'état où Dieu nous demande.

Enfin, j'établis cette vérité sur vos mcsurs passées : voulez- vous savoirquelles doivent être les bomesdevotre vertu, rappelez quelle avoitétéla mesure de vos vices. La règle est sûre : faites dans la piété le même progrès que vous aviez fait dans le crime; rendeià Dieu iHitant que vous aviez donné au monde. Cette vivadlé, ces enivrement, cet oubli de vos intérêts et de vonre gloire, ces dâicafesses dans vos engigemejits orofanes ce cœur toujours occupé de

DE 1A SAINTE VBKRGK «T

ÊmfÊÊOom^ et se Autant une tifieilé de ses peines/voilk ioé qm ^mv a?lfli éié {Niiiir le iiKHide : Mjec Id pour Jés^^ à TOtroeoMir des okjetB plus saints; mais laisset-lot pour im Dieu t firfieÉlesIdigne d*étre aimé , la même vivadté, la ménieoonstanoe , kvftMdéUealeBseqiie WQsaTiez pour les yaines créatures. Tons ^onspiqolei de je ne sais quoi d'héroïque dans vos passiens dé|donkles,d'élrèphis sincère, plus généreux, plus fidèle plos grand 4» le reste des hommes t senrez Jésos-GhrisI avec la même no* Messe, snvcrainle, sans Diénagement, sans f«rtim^ sans bassesse; porteibmémegrttQdea-d'ameaapicddescsQcms neyoosber-' net pas imi genre de vertu foible et Talgdre, et ne dégrader pas votre csBur en le donnant i Jésus-Christ, lui dont la grâce l'^re ut rennolriit, lorsqu'il est rampant et timide.

Oui, mes Frtres, les pasrfons, dans les personnes d*un certain rsDg surtout , sont toujours vires , édatanles, extrêmes; la ptei* tenœ, CoiMe, languissante, timide. On revient des égarements grossiers; on règle ses mceors; on se réconcilie avec les choses saintes: mais on ne répare pas le passé. On protégera, si vous voulei, les gens-de Uen, on les honorera de sa fitmiliarité, on secondera leur ièl6;on protégera des entreprises utiles à la piété t maison ne cooh BOlt pas les larmes, les rigueurs, ks saints renoncements et les sacrifices de la pénitence. On a les vertus publiques, dont l'amourpropre ne souffire rien; on n'a pas les personnelles, qui seules ré* Ibrment lliomme intérieur et opèrent le véritable diangement du ccBur. Telle est la pénitence des grands surtout t ilsdevionent plus favoraUes à la piété, mais ib ne deviennent pas plus rigoureux envers eux-mêmes; ils sont plus religieux, mais ib ne sont pas pénitents. Or la première que Dieu demande d'un pédieur, quelque élevé qu'il sdtdans le monde, ce sont ses soupirs, ses larmes et ses soufflrances. David ne se contenta pas de conduire l'Arche sainte en triomphe à Jérusalem, d'avoir amassé à grands frais les matériaux d'un temple magnifique , d'honorer la sainteté de Nathan et du pon tife AMathar s il pleura son péché sons la cendre et sous le ciliée ; il interrompit mille fois son sommeQ pour arroser son lit de ses larmes, et confesser devant le Seigneur Jénormité et l'ingratitude de sa chute; il passa le reste de ses jours dans des sentiments de componction el d'amertume , et ne crut pas que son élévation le dispensât drs règles essentieDes de la pénitence. Il tant souffiir pour remplacer devant Dieu des voluptés crimindles ; et vos passions ne sont encore fu'à demi éteintes, tandis qu'dles ne sont pas cncwe punies.

Yoili des règles de fol et d'équité : jugea*vons Ik-dessus. Ce n'est pas aaseï d'être sorti de Sodome etdesvoiesde Finiquitéiil Csut suivre la grâce jusqu'en elle veut nous conduire. Lot éloit sorti de celte ville rèprouvéequeDien venoitdelivrerauxflammesdesa vengeance ; mais ce n'étoit là que le eouMBencemail de son salut t l'ange veut te menerjusqu'an haut de la montacne, il n'ose le suivre; la

M Là GONOBPnpN

'4likaltédii dieniiDalan&e sa foMwe; fl demande qn'tl M aalt penBbdea'aiTél^àcôté, di^Dsoiie vUleAituéesur le peoG^^ ndcpouum in m^n^ §€tharit... est dvUmjuxtà (Ge»., xm, âO)% tl croit par ce temp^rainei^t s'élM mis en sàreté, avoir éHlé^ et le péril deSod^me, ei la taiigue de la mQiHagiie $ mw les tempé^ lamenta en matière de devoirs sont toojoors daagfi^eas: iMen l'abaBdoone, il tembo dans Tivresse, et donne lien ao pins dèlËa-* table de Iras les crimes. Il n'y a pas loin entre la ycrtu qui sef^qpose et la vertu qni s'égare; et quand <m ne fuit qu'à demi le vice, oà est bien près de le retrouver encore sous ses pas. Première infidélité, qui i^ad la grâce de la conversion inutile.

La seconde c'^iftt de se fr^er à 8oi-4nôme des voies selon sa vanité ou son caprice, et de ne pas sQîvreceUe par où lagraee youloit nous conduire. Or Marie évite cet écuçil par une correspondance d'état Elevée au degré le plus sublime de la grâce, et en droit d'aspirer aux voies les plus extraordinaires, elle ne sort pas de la voie sim|de et naturelle de son étal : toute sa piété se borne à élever son Fib avec un soin religieux dans sa retraite de Nazareth^ à rendre à Joseph les devoirs de respect et d'obéissance qu'un lien sacré «Ligeoit d'elle, à monter tous les ans à Jérusalem pour y cétébra* la PAque avec son peuple, à se soumettre aux observances commonea de la loi. Totgours fidèle à suivre la grâce dans les divers événements de sa vie, elle ne se dit jamais à elle-même qu'une situation diflérenle aeroit plus favorable à la piété,* elli' ne trouve jamais, dans les dreoostances où Dieu la place, des raisons pour justiGer ce que Dieu oonda>nne ; et la voie par où la grâce la conduit lui parott toajouiB la plus propre au salut. Or c*cst ici où les plus saintes intentions s'abusent, et où la piété elle-même devient souvent notre plus dangereuse illusion : personne presque ne veut all^ à Dieu par la voie que sa grâce elle-même lui a marquée.

n en est qui trouvent tontes les autres croix légères, excepté celles que la Providence leur ménage : ils ne seroient pas si touchés de la perte de leurs biens et de leur fortune, mais ils ne peuvent se taire sur la mauvaise foi d'un ennemi qui les flétrit et qui les calomnie. Qe sont là des ressentiments qui paraissent justes : on scroit fidâe partout aillenrsott la main de Dieu ne nous place pas ; id, qui Moit la seule voie par on la grâce voulort nous sanctifier, on sort des nudna de la Providence, et on se soustrait à ses ordres.

An milieu du monde et de la cour, on notre état nous appelle, on se dit à soi-même que dans la retraite et loin des périlson serolt pins fidèle: au fond de la retraite, où le devoir quelquefois nous retient , on se persuade^e la piété seule, et livrée à elle^néme, languit et se relâche, et que le commerce des gens de bien et les secours publics de la vertu l'amusent et la soutiennent. Dans les soins pubivcs, une condition privée parott plus propre au sidult est-on personne privée, l'inutilité devient Un prétexte spédenx ; et on croit qu'une

DE L ASAISTE YIE&GE. ^Sl

^ie'ASsoeciipée ne fient presque être iimocentei Sons le joug do OMh ri^e, OD se plaint qne les iHatipathies, presqaeinséparBMes d'un a§- «QjettissMii&nl durable et matoel, mettent on obstacle iBviiKelble«a adot ;^ dans au état de liberté, on se flgfore qn'nn établissement flxerott le oesur, et senrirrât de frein aax passions insensées. Cbaciln transporte les devobrs essentiels dans l'état où il n'est pas; nnl n'est fidèle à la grâce de son état propre. Seigneur, disoient les Israélites dans ledés^t, estH» pour nous crensOT des tombeaux que vons nous avtez conduits dans ces lieux arides? Donnez-nèus à combattre des emiemis dont nous poissions nous défendre, et non pas des rocbers brtUants, et M faim et la soif qui nous dévorent. Cur edujnsti nos in deMenum ùftud^ uioeddetes omnem muUitudinemfame iErod: , XXVI, 3) ? Seigneur, disoient les Israélites sortis du dés^t, et âUri vés dans le pays de Ghanaan , pourquoi nous avez-vons tirés du désert? nous n^y avions qiTà nous défendre des incommodités d'un lotig Tojage :iei nous aHons être la proie de ces peuples vaillants etitf- Domlnrriiles qui nous environnent , et vous nous menez dans une iene toute couverte de géants et de monstres qui dévorent ses ha- MtantS: TeÉra devoreu habitatores sucs {Num.^ xii , 33). Dans les déserta, où H ne faHoit qne de la patience, la valeur et la force dans les combats leur paroissoient aisés; dans la Palestine, Cù il étoit question de combattre, il leur sembloit plus doux de soulfirfr les incommodités du désert. C'est ainsi, 6 Dieu, que par une illusion i>erpétaellé nous nous Fuyons toujours nous-mêmes, et quinfidéles à l'état où votre mairt nous place, nous substituons au devoir présent, qai seroit pénible à là nature, des sacrifices chimiques qui flattent llmagination, et qui ne coûtent rien au cœur.

Enfin , à cette correspondance d'état , Marie ajoute une correspondance de persévérance. Elle offrit jusqu'à la fin , à touteslesrigueurs de Dieu sur elle, unefoi toujours plus vive et plus constante. Si Jésus- Christ, encore enfant, pour éprouver, ce semble, sa tendresse, se dérobe à ses yeux et secacbe dans le temple ; loin de se rebuter, elle court, comme l'épouse après son bien-aimé qu'elle a perdu, et ses empressements nefinissentqu'aprésqu'ellearetrouvécequ'elleaime. Aux noces de Gana,1a réponse de Jésus-Christ, si dure en apparence, ne décourage point sa foi, et eOe attend tout de lui dans le moment même où il semble qu'il ne veut avoir rien de commun avec elle ; et sa fidélité, fondée sur des règles solides , ne dépend pas des diflérentes conduites de Jésus-Christ à son égard.

D'ordinaire, on n'est soutenu ^ dans un commencement de piété, que par un certain goût sensible qui accompagne presque toujours les premières démarches d'une nouvelle vie; un goût qui souvent est l'ouvrage delà nature autant que de la grâce, et qui prend plutôt sa source dans la tendresse d'un cœur foible et timide, que dans une plénitoded'améur et de componction. Aussi ce goût venant bicntût auar déaà manquer, fe cœur^ n'ayant plus d'appui sensible,retomba

lA GONGBPTiOlf

H M s'aflUHit, 00 perd omms^aai wBMdetaiiii^gitt on d'M pMMa d^ime i«cbate, <m reloipbe t Idle 61^ k lAiiparldasames. Lear irièté «si Que piété toato de go4t «t de ^ sBriUlé, iiQ je ne ni» qnd «Untt ioeéperable d6la iioa?eeiilé, et fÉl a tonjoon bien plue d'empire 9m la ameft Hs^èireeel incoBetentee i ce n'esipes une oonTktion rédleet imfondedei TérilésMôntei, w» teneoTTteitabledes jugements de Dieu, mie aaintelionmir d^dkemémee, un mépris bén^lqaedamoode ei de see phdfiin» onche^^ ment unifenel du cmnr; et de là œe tristei ecènee ipii afll^^ USIkUM) V^ dédionorail la yerta , et qui ee pement tons les jonra ànosyeox;delà oeridicnle iiQeiemmidelâi-.mémedomieà tant ^HMSt qui, après Favoir atiandoonée arec édat, reriennenleneofe i sea plaùrs.

Or^qnandonsedonneà Dien,mes Frères^ il bnt sTattendre à des défpsûts età des amertmnes, les regarder comme oette partie de wùlre péaitence qœ le Seignoir Ini-méme noos impose; fonder sa fidéUté 9 non sor le goAt qui passe, mais smrks règles saintes» snr les maximes delà foi , sor b vérité qoi nepasse points se coQYainere, dantlaInmiéredeIHea,qnjelemonde.estiMisqiviQ^qQpIe pédié est le seid malhènr de l'homme ; qœrinnoeence est le yrai boôhenr même de la terre ; que les biens et les manx présents ne sont pas des Ûens et des manx véritables i que nos titres, nosdignités, ennn mot que Umt ce que nous sommesaox y^ix des hommes périra avec les hommes, mais que noos ne serons éternellement qoe ce qœ noos sonunes aux yeox de Bien. Le go&t passe, mais la vérité demenre tonjoars. £t an fond , le monde , anqnel voos avec renoncé, n'avoit-il pas ses dégoûts et ses amertumes? Ses fdaisirs n'avoient-ils pas leurs moments d'ennui et de tristesse ? les voies des passions , dont vous êtes sorti, étoient-elles toujours semées de flemrs? Tous avec pu aimer si long-temps le monde perfide, injuste, pénible, ennuyeux, rdmtant ; et, au premier moment de dégoût, vous vonslaaséries delà vertu et del'innooeiioe?0 ame fidèle, est-ce que les dégoûts de la vertu sont plus insupportables que ceux du crfane? mais ceux-ci laissent au fond du cœur je ne sais qnoi de sombre et de ftah neste, qui fait qu'on ne peut se supporter soi-même^ ils r^iandenC un torrent d'amertume sur tout l'intérieur de la conscience; ils ne Xàissent au pécheur aucuneressomrceau-dedansdelui, et enle rendant h lui-même ils lui rendent tous ses malheurs.

Au contraire, les dégoûts de la vertune sont que des agitations snperftddles qui laisjMiit toujoursan fondde la consdenoeune paixet nne tranquillité secrète i ce sont des nuages passagers, qui dérobent pour un moment à une ame son Seigneur et son Uen, nuJaqui n'éteignent pas en ellc*les lumières de la foi qui luit encore dans ce lieu obscur, et qui la console en secret de ses peines.

Voyea-en la différence dans les livres safaits. Sattl, lassé de lui* même et de ses crimes, est un infartnnéqpd ne peut pins porterie

« 'SBIASAIHTB VnRGB. M

prf|iji9ii«Hiieleiiee t n setooraedetoiis tacM^

» Itt ftarairs de son ame ; h harpe d'im berger amim ni trbbnebgaérit point; les enchantements d'une pjthoniaM ses yeoz, mais ne peuvent tromper son coor; lesspeotades delà rojanté diversifient son ennui , . mais n'endorment passes noirs chagrins ; il cherche k se séduire, et il ne le peut pas; flseftiity et partootil se retrouve : partout il porte avee lui ses inqoiétndes et ses dégoAts ; et loin d'adoucir, dana les plaisirs qui PeuThronnent, l'amertume de son ame , il répand cette amertnme sor tous les phMrs qui pourroient l'adoucfar. Tdles sont les inqaMades éa

David , au contraire , éproavant ces dégoMa «mqiiéb nfeolNre qQdqneroislesameaJQstes: Quand est-ce, 6 mon Dieu, dit-il, faa voos verseres dans mon ame ces oonsolatioM MiriHesqiil font aei»tfar à un cœur qui vous atanecomUen TOusMes doux, et canMeallest benreud'étreèvous i Quandhcùn9ùtabêriime(P$. oxvm^ttjf Ah! si votre loi sainte ne me sontenoitdans cetMat d'obseardasement et de pefaie,jenepourrois me défendre contre moi^-méme, etmaMhiesse remporteroit Mentit sur la grandeur de vos bleiÀdta, sur la vérité de vos promesses, et sur lafldAitéquejevous almfflelris jurée: Ninqubdlextua mediioHomea eti^ iune/hrApmUttemim kundBtate med[P9. cxvin , 99). L*mi abandonné de Dieu , etlasséda lui-même, ne trouve plus de ressource que dans leahorreura deaa propre conscience; l'autre, éprouvé delMen, amble portant caché au fond desottcttur, porteavecluiuneoonsolationitotttes seapelneat en un mot, le pécheur perd tout en perdant le goAt despliisfanii le Juste ne perd rien en ne perdantquelesconscdationsaensibiesdeli vertUy pan» qu'il ne perd vas la vertu même. Grand IMea, qtfll est aisé en effet de se consoler quand on vous possède encore! Quo les anMrtumes mêmes de la vertu sont MenprtféraMesi tontes les fausses joies du crime! et que les rigueurs dont vous f^^pr^uveales âmes fidèles sont Mentét compensées par des consoiatloni» que le monde ne connott pas, et qu'il ne sauroit donnerITcDes sont les înstmctlonsque nous donne aujourd'hui Marie i heureux si , offrant comme elle une correspondance fidèle à la grâce, nous en méritons la consommation dans le del ! j^insi êoU-U.

M TilOIS&Mi& DIMANCHE DE i/AYENT SSSMON POUR LE TROISIÈME DIMANCHE DE {«'AYEItt.

SUB Ll DÉLil DB Là GONVSBSiOll.

ego voM cUmmÊtis im dtsêriù i I}iHgit€ viom J}onm, Jefotolafoixdaceliilqiiicriedaiisle désert .- Rente droite If «oie da ^ SeigoejiT (JiUN,i,a9).

SlR£,

. . Cfeit afiMe pouvoir entrer dins nos coeurs qae JèsiiSrGhrist nous

..lait uttonoer par Jean-Bairtiste qoe nous aycms à lui préparer les

iT4)iea) eo éoariaut lova les cbelacles qui élèveot eorame no mur de

.aôpwatieiieBtre sa miséricorde et notre misère. Or ces obstacles ,

ce sont lesvorimes doDt nous noussonilloos si souTeut, qui subsistent

i4(Hijott«»4 parcequ'il faudroit les expier par la pénitence, et nons ne

tes expions pas; ces obstacles, ce sont les passions auxquelles notre

, cœur insensé se laisse emporter, qui sont toujours Tirantes , parée-

^qaepourles déIndre il faudroit lescombaUre, et nons ne les com-

^battons pas; ces (riwtaeles, ce sont ces occasions contre lesquelles

« notre innocence a écbooé tant de fois, et qui sont encore chaque jour

. 1 écneil faul de toutes nos résolutions, paroeqa*au lieu de céder au

..penchant secret qui nous entraîne vers elles, il faudriHt les fuir, et

nous ne les fuyons pas : en un mot, la vraie et l'unique manière de

préparer à Jésus-Christ la voie de nos coBurs, c'est de changer de

. Tie , et de nous couf ertir sincèrement.

Mais, quoique l'affaire de notre convarsion soit la plus importante dont nous puissions être chargés ici-bas, puisque ce n'est que parlà que nous pouvons attirer Jésus-Cbrist dans nos cœurs , quoique ce soit l'unique qui nous intéresse véritablement, puisque notrebon» heur éternel en dépend : cependant , ù aveuglement déplorable! ce n*est jamais une afiaire pressée pour nous; elle est toiyours renvoyée à un autre temps, commesi le temps et les moments étoient à notro disposition. Qn'attendez-voos, Chrétiens mes frères? Jésus- Christ ne cesse de vous faire prédire par ses ministres les inalheun qui menacent votre impénitence el le délai de votre conversion : depuis long-temps il vous annonce par notre bouche que , n vous M faites pénitence > vous périrez tous.

n ne se contente pas même de vous avMir en public par la voix de ses ministres ; il vous parle au fond de vos cœurs, et vous dit sans cesse en secret : N'est-il pas temps eaûn de sortir du crime où voua êtes abtmé depuis tant d'années, et d'où il n'est presque plus qu'un miracle qui puisse vous retirer? M'est-il pas temps de rendre la paix à votre coeur ; d'en bannir le chaos de passions qui ont fait tous les malheurs de votre vie; de vous prépiûrerdu moins quelques jons

DÉLAI DE lA CONVERSION M

heiireax «t ttwVBOeB, e^ «pi^ atoir UqI TÀïQ poor. u YoosatoQJoonlaiMévideelmqiHel, deyiTreenfiQ pouriiDJHeuqai lenl peol meltrela joieel la tranquiUUédaDS voire ame ? JMe Youlei»; ▼008 paaaofio peuer à yos intérêts éternek, et, après ooe vie tonte FriTole, revenir au Trai , et prendre, en serrant Diea, le seol parti sensé que rbomme poisseprendresur la terre? If étes*?OQspas lassé de TOUS soatenir Tona-méme oontre les remords qoi tous déchirent, > contre la tristesse da crime qni TonsaocaUe, oontre le vide damonde qoi vous ponrsnitpartoiitFel ne voulez-vous pas enfin finir vos malheurs et vos inquiétudes avec vos crimes ?

A cette voix secrète qui s'élève depuis long-temps au fond de nos corars, que répondons-nouê? quels prétextes opposons-nous? PremièremenC, que Dieu ne nous donne pas encore les secours néoessaiies pour sortir de Fétat malheureuxoù nous vivons : secondement, que nous sommes actnellemenl trop engagés dans les passions pour penser à une nouvelle vie \ c'est*à*dire que nous nous formons deux prétextes pour différer notre conversion : le premier, tiré du côté de Dieu ; te second, pris dans nous-mêmes : te premier , qui noua justifie en accusant Dieu de nous manquer; le second, qui nous rassure en nousacGnsaat nous-mêmes de ne pouvcnr encore retourner i luL Ainri, nous différons notre conversion , parceqae noua croyons que les grâces nous manquent , et que Dieu ne veut pas encore de nous; nousdiffiërons notre conversion, parceque nous nous flattons que nous serons un jour un peu pins revenus du monde et des pas»* sions, et pfais eu état de commencer une vie plus réguUèns et plus chréitenneideux prétextes qui sont tous tes jours.dans la touche des pécheurs , et que je me propose de combattre après avoir imploré , etc. Jli^e^ Maria.

PhKUïiRE PAhTIB.

Ce n'est pas d'aujourd'hui que les hommes s'en prennent k Dteu même da leurs dérèglements, et tàdient de rendre sa sagesse et sa bonté responsaMea de leurs foiblesses injustos. On peut dire que cet aveugleoient ealre dam te monde avec le péché. Le premier homme ne diercha point ailteurs l'excuse de son crime ; et loin d'apaiser, par un humble aveu de sa misère , le Seigneur auquel il venoit de désobéir, il Taccnsa d*a¥ofarété hu-mérae, en l'associant à la femme, b cause de sa désobéissance.

Bt voilà, mes FMres, l'iHusion de presque toutes les âmes qui vivent dans lecrime,.etqai renvoientà l'avenir te convernon que Dieu demande d'elles. EHes nous redisent sans cesse que teconversion ne { d^end pas de nous{ que i:fest au Seigneur à changer leur cœur, et ] îknr donn» la foi et h graoequi leur manquent Ainsi elles ne se contenlenlpas de l'irriliiv en différmit de se convertir, elles Tin- \m l'acfusant de leur endurcissement et du délai 4a

letrimpiètéda

U TàOlSfÈMB DlMANCttS DE L'AVENT.

^ceCte disposition ; et pour rendre Tanie «ritnhidlè phto iknescttsable dans son impéaitence, éfoiis4ai-en da moiiis le préteatte. ' Yoiu noQS ditesdone, en premier Hea, que Vous Toostoiiverdriei si TOUS arieEla foi, si tous éttez bieo persuadé de la religioD ; mais '«pe k foi est im doB de IMea, qoe T<MB Tattendez de laiseol, et qo^ lièsqa'il TeMsl'aara donnée, il ne Tons en coûtera pas beaneonp de èommeneer tontde bon et de prendre Totre parti. PremiflrprétQxte. on n'a pas la foi, ete'est àBiensenl à la donner. I Mais je ne vons demande pas d'siiord s CommentFavei-voas donc perdne, cette foi si prédense f YonsfatieiTeçiiedanstotie baptême ; one édncation chrétienne l'ayok conservée dans votre ooMorieUe avait crft avec TOUS ;c^étoitnn tdènt inestimable ipie le Seignenr < vons avoit confié, en vous discernant de tant de nattons igAdéles, et en vons marquant dn sceau du saint au sortir du sein de votre aère. Qa'avez^voQS donc fait du don de Dien? qnia effacé dedcnsns votre front ce signe d'élection étemelle ? N'est-ce pas le déréghmoit de^ passions, et les ténébres,qnieuont étélajnstepeine?Boatîez'Voas 4e la foi de^os pères avant que d*étre impudique et dissoluf N'estce pas voufrinéme qui avez éteint dans la boue ce flambeau célesle .-que rS^se, en vons régénérant, tous a mis à la main pour vous servir Se guideà travers lesténèbres etlespérilsde cetievie?Po«r- -quoivouseaprenez-vousdoncàDieudeladissipaliooquevoasavei fUle de ses grâces r C'est àlui à vous redemander son propre don, A vons Mrs rendre compte dn talent qu'il vous avoit confié; à •vous dire: Servitebr injuste et ingrat, qu'avois^Je ùH pour les antres que Je n'eusse fait pour vous? J'avois embelli votre ame du don delà foi, etdncaraclère de mes enfantssvousavei jeté cette pierre précieuse deyant des animaux immondes ; vons avez éleintla foi et la lumière que J'avois mise au-dedans de vous : je l'ai conservée long-temps, malgré vous-même, dans votre cœur ; jel'ai fait survivre à tous les elbrts impies que vous avez faiU pour l'éteindre, parce qn'éUeétoitdevenueincommodeà vos désordres: voussavez ce qu'il vons ena coûté pour secouer le joug de la foi, et en venir au point oùvonsétes; et ce terrible état, qui est la plus Juste peine de vos crimes , en deviendroit aujourd'hui la seide exense? Et vous dites que ce n'est pas votre faute que de manquer de foi^ puisqu'elle ne dépend pas de l'homme, vous quiavesen tant de pdnei l'arracher ;i du fond de TOtre amef Et vous prétendez que c'est à moi à vous la • donner, si je veuxquevousmeservieZf moi qui vous la redemande, et qui ai tant lieu de me plafaidre que voua l'ayez perdue? Entrez en jugement avec votre Seigneur; et jnstifiez^vous, si vons avez qnd^ que chose à lui répondre.

Et pour mieux vous Curesentir, mon dier auditeur, toute la foi- Uesse de ce prétexte: vous vous plaignez que vous manqueZide foi; vons dites qne vous aouhaiteriez de l'avoiri que rien n'est j^hMh feux que d'été vivement fsrsoadé^ et^detrien. neicoAls d^puknat

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