TROISIÈME DIMANCHE DE L'AVENT
qne b raison, que la graœ awit mis en yous, 8'affoiblil;'|diia ce iprit éCoit encore sain daoB votre ame s'infecta el se souille. QoeHe folie doDcde bisser ▼ieilliretoorromiNredesplaies, sompréteKie ipiUIea seront pins aisées à guérir! Et que faites-Toos ^ en diflEiraiâi que rendre vos maux pins incnrables, ctôter à Tespérance de votre oonversion tontes les ressources qni pourroient Yons rester «Bcore ?
Yons vous flattes pent-éiresnr ce qn1I n'est pi^ de passions éler« nelles , et qne le temps et le dégoût en font revenir t6t on brd. A Gèb je vons réponds, premièrement, que vous pourrez bien ii b vérité vous lasser des objets qni aujourd'hui vous captivent, mais qne vos passions ne finiront pas pourceb. \ ous pourrez bien vous former de nouveaux liens, mais vous ne vous formerez pas un nouveau cenur . II n'est point de passions éternelles, je Tavoue ; mais la oorruption et le désordre le sont presque toujours : les passions, que le dégoût tout seul finit, laissent toujours le cœur tout prêt pour une autre, et d'ordinaire c*est un nouveau feu qui chasse et éteint le premier. Rappelez-vous vous-même cequi vous est arrivé jusqu'ici : vous croyiez qu'un tel engagement fini, vous seriez libre, et en ébt de revenir k Dieuj vous marquiez à ce moment heureux le terme de vosdésordres et le commencement de votre pénitence : cet engagement a fini, la mort, 1 lucoi^U^^vc , le '* 'qoût, ou quelqueautre accident. Ta rompu, cl cependant vous ne vous êtes pas converti ^ de nouvelles occasions se sont présentées, vons vons êtes formé de nouveaux liens, vons avez oublié vos premières résolutions, et votre dernier état est devenu pire que le premier. Les passions que la grâce n'éteint pas ne font que rallumer le cœur pour des passions nouvelles.
Je vous réponds, secondement: Quand même tous vos engagements criminels seroient finis ; quand il n'y anroit plus d'objet parti» culier qui occupât votre cœur ; si le temps et le dégoût tout seuls vous ont mené lli , vous n'en serez pas plus avancé pour votre conversion. Vous tiendrez encore à tout, en ne tenant plus à rien : vous vous trouverez dans un certain état vague dindolencc et d'insensibilité, plus éloigné du royaume de Lieu que la vivacité même des passions insensées : votre ccfur, libre de passion particulière, sera comme plein d'une passion universelle, si j'ose parler ainsi, d'un grand vide qui l'occupera tout entier. 11 vous sera même d*autant plus difficile de sortir de cet état , que vous n'aurezrien de marqué à quoi vous prendre. Yons vous trouverez sans force, sans goût, sans aucun sentiment pour le salut ; et ledcfaut d'objet, en vous laissant plus tranquille pour les créatures , ne fera qu'augmenter votre dégoût affreux pour le Seigneur. C'est un ralroc dont vous aurez plus de peine à vous tirer que de la tempête même : car les mêmes vents qui forment l'orage , quelquefois par un coup heureux peuvent nous jeter dans le port ; mais le calme , plus il est grand, plus il conduit sûrement au naufrage.
Mais, enfin, on voudroit bien changer, et prendre le parti d'Une vb
PtUd De la CONV£RStOlf . 109
lilosTmisoDuable et plus cfarétieniie. On sent le vide da monde et de^ plaisin ; on se prMe âox amusements, el à une certaine dissipation, •ans goAt et comme àregret : on souhaileroit d'y renoncer, et de travailler sérieusement à son salut } mais cette première démarche Tait peur. C'est uncoupd'éclatquinousen^ageenverslepublic,etqu*on craint de nepouvoir soutenir : on est d'un rang où le plus petit diangement sera remarqué, et l'on craint de n'aller donner, comme tant d'autres , qu'une soène qui ne durera pas, et qui ne nous laissera que le ridicule de la déTOtion, sans nous en laisser le mérite.
Vott9 oraignei de ne pouvoir vous soutenir, mon cher auditeur ! £h qurâ! en différant de vous convertfar, vous vous promettez que Dieu vous touchera un jour ; et en vous convertissant aujourd'hui, vous n'osez vous promettrequ'il vous soutiendra ! Tous comptez sur ses misérioordea en Foutrageant, et vous n'oses f comptez en le glorifiant l Vous croyez ne rien risquer de son côté en continuant à Tofjenser, et vous vous en défiez en commençant à le servir ! 0 homme , où est id cette raison et cette équité de jugement dont vous vous piquez si fort ? £t faut-il que , sur l'affaire de votre salut seulement , vous soye^ un abtme de contradiction , et un paradoxe incompréhensible?
, D'ailleurs, n'aurions-nous pas raison de vous dire : Commencez toujours } essayez si en effet vous ne pourrez pas vous soutenir dans le service de Dieu ? La chose ne vaut-elle pas du moins la peine d'être tentée? Est-ce qu'un homme que la tempête a jeté au milieu de la .mer, et qui seroit à la merci des flots et sur le point d*un triste naufrage, ne tente pas, premièrement, s'il pourra aborder au port à la nage, avant de se laisser submerger aux ondes? ne fait-il point d'ef* forts? n'essaie-t-il rien? se dit-il à lui-même, pour ne rien tenter : .Peut-être je ne me soutiendrai pas; les forces peut-être me manqueront ^chemin? Ah ! il essaie, il fait des efforts, il combat contre Je danger, il va jusqu'au dernier moment de sa force, et ne succombe enfin que lorsque, gagné par la violence des flots , il est forcé de céder au malheur de sa destinée. Tous périssez , mon cher auditeur $ les .ondes vous gagnent, le torrent vous entraîne; et vous balancez si vous essaierez de vous sauver du danger I et vous mettez à sonder vos forces les seuls moments qui vous restent pour pourvoir à votre sûreté ! et vous perdez à délibérer un temps qui ne vous est laissé que pour vous dégager du péril qui presse, et on tant d'autres périssent à vos yeux?
Mab, enfin , je veux que dans la suite les difficultés do la vertu lassent votre foiblesse , et que vous soyez obligé de reculer. Toujours auriez- vous du moins passé quelque temps sans offenser votre Dieu i toujours auriez- vous du moins fait quelques efforts pour l'apaiser ( toujours auriez-vous du moins consacré quelques jours à bénir so« saint nom ; toujours ce seroit du moins autant de retranché do votre vie criminelle , et de ce trésor d'iniquité que vous i
110 T&OISIÈME BIluAiNGflË D£ L'AVENT.
joar terrible des veogeanoes; toujours vdos seriex*YOiis acquis le #oit de représenter à Dieu votre foîblesse, et loi dire t Seigneur, VMS voyez mes désirs et mon iiiipàissiÉnce;qQeii'ai-jeiiacœi«rplQS «onstaiit pour vous, 6 mon Dieu! plus ferme dans ramoar de la vérité, plus insensible au monde, et moins aisé à se laisser sédoire! Fhes, Seigneur, mes incertitudes et mes inconstances; 6tef au monde Tempire qn'U a sur mon cœur ; reprenez-y vos anciens droits^ et ne m'attirez plus à demi, de peur que je ne vùus édiappe encore. Les variations étemelles de ma vie me couvrent de boute , Seigneur, et font que je n'ose plus lever les yeux vers vous , et vous promettre me fidélité constante. J'ai si souvent trabi là-dessus mes promesses, après vous avoir juré un amoUr étehiél ; ma foiblesse m'a si souvent Ciit oublier le bônbeur de cet engagement , que je n'ai pLm le courage de vous répondre de moi-même. Mon CGOur m'échappe à chaque faistant i et mille fois , au sortir même de vos pieds , et les yeux encore baignés des larmes que la douleur de vous avoir déplu m'avolt ùJt répandre , une occasion m'a séduit, et les mêmes nifidélités que je venois de détester m'ont retrouvé comme auparavant foibte et infi* dèle : avec un cœur si léger et si incertain , que puis-je vous assurer, grand Dieu! et qu'oserai-je me promettre à moi-même? J'ai cru ri souvent qu'enfin mes résolutions allolent être constantes; je me suis trouvé dans des moments de grâce et de componction si viJEs et si toiH chants , et qui sembldient me répondre que ma fidâité seroit ék/t^ ndle, que je ne vois plus rien qui soit capable de me fixer, et oui puisse me faire espérer cette solidité de vertu à laquelle jusquid je n'ai pu atteindre. Laissez-vous toucher, Seigneur, au danger de mon état : le caractère de mon cœur me décourage et m^épouvantos je sais que l'inconstance dans vos voies est un préjugé de perditioa, et que vous maudissez dans vos livres saints les âmes tnoertaiiiei et légères. Mais, Seigneur, tandis que je serai encore sensible ans saintes inspirations dé votre grâce, j'essaierai encore derentrerdane vos voies; et si j'ai à me pei^, j'aime encore mieux périr en ftf* aant des efforts pour retourner à vous, 6 mon Dieul qui ne pas mettes pas que Tame qui vous cherche sincèrement pértase , et qià «tes le seul Seigneur digne d'être servi, qu'en cherchant une aifiraoïa tranquiUité dans une révolte fixe et déclarée, et en renonçant il FeispénuDoe des Inens éternels aue vous préparez à ceux qui vouaainsBt
DISPOSITIONS A lA GOMMUNiQir. Ut SBRMOlf POUK LE QUATRIÈME DIMÂKCHE DK L'AYERT.
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PtéfÊÊtK la voie do Seigneur i rendei drolta lei feDlien (Luc, m, 4).
SiBI,
. Voilà ce qae TEglise ne cesse de nous répéter en oe saint temps , pour noos disposer à la naissance de Jésos-Glirisl : Prépares, dilelle à tooa ses cnfiints , prépares la voie da Seigneur , qui descend du dfll pour yisiter son peu^ et pour le radieter; rendes dnnts ses sentiers; qae les vallées soient remplies; que les montagnes et les collines soient abaissées; que les chemins tortns deviennent droits et les raboteux unis. On, pour dire la même cboee sans figure s Préparez-vous, nous dit-elle , à recueillir le firuit du gwid mystèns que nous allcNns célébrer, par rabaissement du cœur, la douceur de la charité , la droiture de l'intention, TuoiformUé de là vie; par le wawneement à votre propre sagesse et à votre propre justice, nuMs tUant la chair et humiliant l'esprit.
QttHmescAtperinisde vous tenir le même langageà vo«, Ghrétieni mes frères , qui dans cette solennité viendrez vous porifiar dans les tribunaux de la pénitence, pour donner à Jésus-GhrisI dans vos cœurs une nouvelle naissance, en le recevant à la tdde sacrée s Parau piam Domùdt Préparez la voie du Seigneur. L'action que vous allez faire est la plus sainte de la religion, et la sourœ des pins gnndes grâces i ne la faites dooc pas sans y apporter tous les serins et toutes les précautions qu'dle exige; ne vouseqN)sez point à perdre, par votre bute, les avantages inestimables qui doivent vous en revenir s Parole idam Dofmni.
La communion doit faire naître Jésus-Christ dans nos cssurs: mais qndle diOérenoe y auroit41 entre le Juste et le pécheur , entre cebii qui discerne le corps du Seigneur, et celui qui traite sa ehairsaime comme une viande commune, s^ilnaissoit également dans lecœur es iOQSceux qui le reçoivent? Ne vousy trompez pas, mesPMrsst fly n une nmojîére de recevoir Jésus-Christ, qui nous rend sa présenoe inutile^ et plAt à Dieu qu'en le recevant de cette manière, nous noue privisiioes seulement des gracesqui accompagnentwie sanile comu^nion! Ah l mes Frères, si la communion ne lait pas naître Jésos- Christ dans noscœors, eUel'y&dt mourir isiellenenouaroMl point pertidpentsdesonespritetdesesgraoes,elleest poumons Tarrét de nette condamnation I si die rfest pas pour notre ame un fruit de viSii elle est u frutt de mort > altcrnativetefribie qnIdeU Mosfttfe r» mdsqni nedoit pesneuséfaiigner enliéraMildele teUe
ffi QlJîl1?itIÈ]MdË DIMANCHE DE L'AVËNT.
sfi^pcée. Le pain qu'on y diatrilnieest la yéritaUe nourrilnre da ooa amès, la force des forts, le soutien des foibles, la consolation des aflUgés, le gage de la iHenheureuse immortalité : combien serolt-il donc dangereux de s'en priver ! Mais il le seroit infiniment davantage de le manger sans y être préparé. C'est pourquoi je vous le répète de nouveau avec TEglise, mes très-chers Frères : Patate viam Domini .* Préparez la voie du Seigneur ; disposez-vous de longue main à le recevoir ; bannissez de vos cœurs tout ce qui peut lui déplaire ; instruisez- vous des dispositions qiVil exige de ceux qui le reçoivent ; faites tous vos efforts pour les acquérir ; point d'autre voKïjen de ne pas vous exposer à une communio* indigne, et d'at« tirer Jésus -Christ dans vos âmes.
Matière importante, qui demande toute votre attention. D*uncôté, il s'agît de vous faire éviter un crime aussi affreux qne la profanation dn corps et du sang adorable du Fils de Dieu ; de l'autre, il est question de vous apprendre à recueillir de la communion toutes les grâces qu'elle '^t c..pable de produire lans nos cœurs. Quelles sont donc oès dispositions si êssentidles pour communier dignement et avec fruit? je les réduis à quatre , qui feront le sujet et le partage de oe . diacours. Implorons , etc. Jt^e , Maria.
rRKHIÈRB aÉFLBXION*
L'Bueharistie est une manne cachée $ elle est la viande des forts, Un gage sensible et permanent de l'amour de Jésus^hrist, la continualiunetraecomplissement de son sacrifice. Or, cette manne sacrée, il fout savoir la discerner des viandes communes, de pear de s'y méjfnsûàxei I^ on dijutUcans corpus Domini(\, Cor,^ ii, 27), première dispoaiti(Hi. C'est la viande des forts; on doit donc s'éprouver avant que d'oser s'en nourrir : Protêt auiem seipsum hômo (Ibid, , 28}, seconde disposition. Le gage de Tamour de Jésus-Christ ; on ne peut donc le recevoir qu'en mémoire de lui, c'est-à-dire en sentant réveiller à sa présence tout ce que le souvenir d'un objet cher a de plus dâlideux et de plus tendre : Éfoc facile in meam commemorationem [Jbid.^ 24), troisièipe disposition. C'est l'accomplissement de son sacrifice; il est donc juste d'annoncer sa mort toutes les fois qu*on y participe, et d'y porter un esprit de croix et de martyre : Quoties^ eumçue manducabiUs panent hune et calicem bibetis^ mortem Do^ mini annuntiabitisj donec veniat ( fbid. , 26), quatrième disposition. Une foi respeelneuse qui nous fasse discerner, une foi prudente qui noDsfasaeépronver , une foi ardente qui nous fasse aimer , une foi géuérenae qui nous fasse imnM>ler : c'est le précis de la ^trine de rApôtrfrennoua racontant Tinstitution de l'Eucharistie, et de oeila de tous les âainlsfur l'usage de ce sacrement adorable*
Première disposition : une foi respectueusoqirinossfiMK» discerner..Me «iQsyeh pas, incs Frères, que je venîHe parler Ici de cette M fOi BDiii disttBgttedes incrédules. Quel mérite de erpire, lorsqwte
DlSPOSfriûN A LA OOMMtJÏÏION. iti
préjugés de renbnceyoDtacoôotaiiié la raison, etqnela somniMioD «t oooniie néeavec nous ? 1 1 en coûterait méine poiir seomifir ce jo^ el il ne faut pas nn moindre effort pour passer de la M à rarreur, que pour revenir deFerrenràla vérité. Je parle de cetteM viveqni perœ les nuages qui environnent le trône de l'Agneaa, qni le voit, non pas en énigme et comme à travers nn cristal ; mais face à bec , ai j'ose le dire, et tel qu'il est en lai*niéme : de celte foi qui, malgré le voile dont le véritable MolSe se couvre sur cette montagne sainte, ne laisse pas de voir toute sa gloire et de n'en pouvoir soutenir lu présence; de cette foi qui, sans approfondir témérairement sa majesté, est pourtant accablée de son éclat ; qui voit les anges du ciol se couvrir deleursailes, et les colonnes du Ormament trembler devau t ce Roi d'une majesté terrible: de cette foi à qui les sens n'ajouteraient rien, et qui est heureuse, non parce qu'elle croit sans voir. nnésparoequ'eUe voit presque en croyant. Je parle de cette foi respectueuse, qui est saisie d'une horreur de religion & la seule présence dosanctuaire, qui approche de Tantel oommeMoïsedu buisson sacré, comme les Israélites de la montagne foudroyante; de cette foi qui sent tout le poids de la présence d'un Dieu, et qui, eflh^yée, s'écrie comme Pierre : Ketirez-vous de moi , Seigneur, parce que je ne suis qu'un homme, et un homme pécheur : je parle de cette foi dont le respect va jusqu'à la frayeur et qui a besoin même qu'on la rns-> surei qni , du plus loin qu'elle découvre Jésus-Christ sur l'autel, sent un éclat de majesté qui la frappe, l'interdit, la trouble, lui fait craindre qu'elle ne vienne s'y présenter sans son ordre.
Voilà quel est ce discernement de foi que l'Apôtre demande de vou8,ines Frères. Grand Dieu ! mais en reste-t-il, de cette foi, sur la terre? Eh! vous avez beau parottre encore au milieu du monde, il ne vous connott pas mieux qu'autrefois : vos disciples mêmes ne vous comioissent souvent que selon la chair ; et, poiu* être toujours avec vous, leurs yeux s'y acroutument et ne vous discernent presque plus. Lorsque vous paroitrez dans les airs sur une nuée éclatante , les hommes sécheront de frayeur, les impies se cacheront dans les antres profonds, et demanderont aux montagnes de s'écrouler sur leurs tôles : eh! n'éles-vous pas dans le sanctuafare conmie sur une nuée de gloire? les deux ne s'ouvrent-ils pas sur vous? les eqMits célestes , toutes les fois que le prêtre vient de prononcer les paroles redoutables, ne descendent-ik pas du ciel pour être encore vos ministres, et vous environner de leurs hommages? Sur ce tribunal mystérieux, ne jugez-vous pas les hommes? ne jetez- vous pas des yeux de discernement sur cette multitude d'adcHrateurs qui remplit vos temples? N'y séparez-vons pas les boucs des brebis? n'y prononcez-vous pas des arrêts de mort et de vie? n'y tenez-vous pas des foudres d'une main , et des couronnes de l'antre ? ne m'y démé-^ lei-vous pas , et n'écrivez-*vons pas sur mon flront avec ime main invisibla les caractère? de mon élection , ou de ma réprubaCiun étei*- M. I. 6
114 QUATRIÈME tUMAKCfiË DE L'ÀVBNt.
adIefBéliilel Uodis peat-étre qae TOQsm'yoondaouiez^jepi^ •me d'en approdier ; tandis que yoos me rejetez de votre Cbk», je m'y prtionle avec oonfiance $ tandis que yons ouvrez Tablme pour y marquer peut-être ma plaoe^ je viens la prendre à votre tahle avec témérité; tandis que vous me ranges peut-être parmi les enfants de culère, je viens me mettre au nombre des enfants de votre amour : votre chair vivifiante est une chair de pédié pour moi ; l'Agneau sans tache, qui rompt les sept sceaux du livre de mort , est le dernier sceau qui remplit et ferme cdni de mes iniquités^ et vous qfû deviei être mon Sauveur, vous devenez mon crime I
4b ! mes Frères, on ne pouvoit autrefob voir Dieu sans être frappé de mort sur Tlieure : un peuple entier de Betbsamites, foiar avirir soukoient jeté sur F Arche des yeux trop curieux, fut exterminé ; l'ange du Seigneur couvrit de plaies Héliodore, parce qu'il avoit osé entrer dans le ssnctuaire de Jérusalem. Il n*éU>it pas permis aux Israélites dans le désert d'approcher même de la montagne où le Seigneur donnoit sa loi : les foudres et les éclairs en défendoient Taâès ; la terreur et la mort précédoient partout la face du Dieu d'Abraham^ Quoi 1 parce qu*il ne sort plus des tourbillons de feu du ibnd de nos sanctuaires pour punir les proCsnateurs et les indiscrets, lerespect et la frayeur ne nousyaccompagnent pas! Foibles hommes, sur qui les sens ont tant de pouvoir, et qui ne sont religieux que lorsque le Dieu qu'ils adorent est terrible! Car, dites-moi 9 si nous discômions le corps du Seigneur, si la foi de sa présepeefoisoit sur nous les grandes impressions qu'elle feroit sans doute, si nous le voyions à découvert ^ eh! viendrions-nous tranquilles et presque insensibles nous asseoir à sa table? Quelques moments, employés souvent à réciter avec un ccDur tiède et un esprit égaré de légèraa formules, suiBroient*ib pour nous préparer à une action si redoutable? Une communion seroit-elle Taflaire d'une matinée , dérobée peut-être, ou à l'inutilité d'un sommeil accoutumé, ou aux soins de rajustement ? Ah ! ce souvenfar nousoccQperoit, nous agiterait, noua frapperoit on mois par avance : il nous faudroitdu temps pour nous rassurer, si j'ose le dire, contre notre propre aspect, et contre l'idée de sa majesté; les jours qui préoéderoient ce festin sacré seroient 'des jours de retraite, de silence, de prière, de mortification ; chaque jour, en nous approchant de ce terme heureux , verroit croître nos soins, notre frayeur, notre joie. Cette pensée seroit de toutes nos affaires, de nos entretiens, de nos repas, de nos délassements, de notre sommeil même : notre esprit plein de foi ne pourroit s'en désoccuper, nous ne verrions plus que Jésus-Christ ; la figure du monde, loin de nous enchanter, nous appliqueroit à peine; nous aurions des yeux, et nous ne verrions pas; cette image seule fixeroit toute notre attention. Voilà ce qui s'appelle discerner le corps du Seigneur.
Jesaisqu'une ame mondataie sent des troubles secrets à Tapprodia
|)fêt>OSltION A LA GÛMMOMON. it#
d'une Boleiuiilé , où la bienséance et la loi peat-étre veolent qn'dto' 8e présentée l'autel. Mais, 6 mon Dieu, tous qui sondez les cœuHd'où naissent ces troubles , sont-ce là de ces frayeurs de foi et de rcK llgioD qui doivent conduire à votre table une humble créature ? Ah ! c'est une tristesse qui opère la mort; ce sont des inquiétudes qui naissent des embarras d*une conscience qu'il faut éclaircir. On est sombre et inquiet comme le jeune homme de l'Evangile , à qui vous aviez fait une loi de vous suivre; on craint ces jours heureux comme des jours funestes : on regarde les solennités des chrétiens conune des mystères tristes et lugubres; on se fait une fatigue des délices de votre banquet : on n'y entre que comme ces aveugles et ces boiteux de l'Evangile, c'est-à-dire qu'il faut que les lois de votre Église aillent arracher ces infidèles, comme par force, des places publiques, des plaisirs du siècle et du grand chemin de la perdition , et les tralnentmalgré eux à la table du festin ; on remet, autant qu'on peut, ce devoir de religion : cette seule pensée empoisonne tous les plaisirs. Vous voyez ces âmes infidèles traîner le poids d'une conscience irrésolue; balancer long-temps entre leurs devoirs et leurs passions, adoucir enfin, par le choix d'un confesseur indulgent, l'amertume de cette démarche ; aDer paroîlre devant vous, 6 Dieu qui devenei leur nourriture dans ce mystère d'amour» avec autant de repu* gnance que s'ite alloient se présenter à un ennemi , et ne se sentir peut-être pas d'autre peine, dans toute une année, que la peine de recevoir un Dieu qui se donne à elles. Ah ! Seigneur, aussi rejetezvous invisiblement ces victimes coupables qui se font trôner par force à l'autd , vous qui ne voulez que des sacrifices volontaii^^ aussi ne vous donnez- vous que malgré vous à ces cœurs ingrats, qui ne vous reçoivent que malgré eux-mêmes : et si vous étiez ^^nrorecapable de ces saints frémissements que vous laissâtes parolfro sur le tombeau du Lazare, ah! on vous verroit frémir encore, lorsque vous entrez dans ces bouches profanes, qui ne sont à vos yeux que dea sépulcres ouverts , comme elles ont frémi long-temps avant que de se résoudre à venir vous rendre cet hommage.
Avouons-le donc, mes très chers Frères, la foi qui uousTolt discerner le corps de Jésus-€hrist est une foi rare. On croit mais d*une fol superficielle, qui s'en tient, pour ainsi dire, à la snriàcc de ce sacrement, et n'en approfondit pas la vertu et les mystères; on croit , mais d'une foi oiseuse qui borne tout son mérite à se soumettre et à ne pas contredire ; on croit, mais d'une foi volage qui s3 dément dans les ceuvres ; on croit, mais d'une foi humaine qui est le don de nos pères selon la chair, plutôt que le don du l'ère des lumières; on croit, mais d'une foi populaire qui ne nous laisseque des idées foiblea et puériles ; on croit, mais d'une foi superstitieuse qui n'aboutit qu'k des hommages vains et extérieurs; on croit, mais d'une foi d'habitude qui ne sent rien ; on croir , mais d'une foi insipide qui ne diacemploa^ oq croit, mais d'uoefiot commode qui n'a point de fuitef
lie QUATRIÈME DIMANCHE DE L'AVEMT.
w croit, maU d'une foi pea édairée qui manqae, oa au respect en se familiarisant , ou à l'amour en s'éloipiant ; on croit , mais d'une foi qui captive Tcsprit , et qui laisse errer le cœur ; on croit , enfln , mais d'unefoi tranquille et vulgaire qui n'a rien de vif, rien de grand, de aoblime^etdigneduDieu qu'elle nousdécouvre. Eli I discerner votre corps, Seigneur, par la foi, c'est avoir plus de goût pour ce pain ce* leste que pour toutes les viandes de l'Egypte ; c'est en faire Tunique consolation de notre exil, lepius tendre adoucissement de nos peines, le remède sacré de nos maux, le désir continuel de nos âmes ; c*cst y trouver la séréaité dans ses -^bscunissemcats, la paix dans ses troubles, le calme dans les agitations de l'adversité, un asile contre nos disgrâces, un bouclier pour o^^poser aux traiL onuammés de Satan, un rafraîchissement contreles aÎT uHous d'nne chair rebelle, une ardeur nouvelle contre les ti^devirs inévittJJlcsà L piété. Discerner votre corps, Seigneur, c'est apporter plus 'h soin, plus d'attention, plus decirconspectio:^ à vous roc^Toir, m'a toutes les autres actions de la vie. Discerner votre cor[>s, Seigneur, c'est respecter les temples où on vous adore, les ministres qui ver servent, nos corps qui TOUS reçoivent, tjue chacun s'examine, ^u'il écoute là-dessus le témoignage 'le sa conscience ; et c'est id la seconde disposition, une foi prudente qui uous fasse éprouver ; que l'homme s'éprouve i Probet oMtem teipsum homo.
DBUXIÈMB RiPLKXION.
Je sais que notre cœur nous échappe h nous-mêmes, que l'esprit de l'homme ne connolt pas toujours ce qui se passe dans 1 homme, que les passions nous séduisent, les exemples nous rassurent, les préjugés nous entraînent \ que nos penchants décident toujours de nos lumières, que le cœur a toujours raison ; que s'éprouver soi-même, ce n'est souvent que s'affermir soi-même dans ses erreurs. Tel est l'homme, 6 mon Dieu, entre les mains de ses seules lumières ; sans cesse il prend le change , et tout se farde et se métamorphose à ses yeux ; il ne vous connolt qu'à demi, il ne se connotl qu'à peine, il ne voit point clair dans tout ce qui Tenvûronne, il prend les ténèbres pour la lumière, il va d'égarement en égarement , il ne sort pas de ses erreurs quand il revient à lui-même; il n'est que les lumières de votre foi qui puissent redresser ses jugements, ouvrir les yeux de son ame, être la raison de son cœur, lui apprendre à se connotlre, édairer les mystères de Tamour-propre, développer les artifices de ses passions, et en faire cet homme spirituel qui juge de tout. C'est donc sur les règles de la foi qu'il faut s^éprouver, mes Frères ; les doctrines humaines, les adoucissements de l'usage, les exemples de Il multitude, nos propres lumières^ sont des guides trompeurs^ et si jamais U importa de ne point prendre le change, sans doute c'est dans une conjoncture ou le sacrilège est la peine de la méprise.
Alaissur qud nou$ éorouverons-nous ? Sur quoi ! sur la sainteté de
usposrrioM a la communion. ht
ee McrenieQ^ eC sor Doire propre 00^
ChriBt^ c'est le pain des anges, c'est TÂgnean sanstacbe qai ne ?eiit aalonr de son autel qae œnx, on qui n'ont pas souillé leurs yéteiiieDlt, ou qui les ont lavés dans le sang de la pénitence. Et qui étea-fous, ame téméraire, que je vois approcher avec lant de sécurité ? Y por|eivous votre pudeur, votre innocence? avez-yous toujours possédé le Tâae de votre ocNrps dans l'honneur et dans la sainteté ? n'avei-vons pas traîné votre cœur sur la boue de mille passions ? votre ame n'estelle pas, aux yeux de Dieu, ce tison noirci dont parle le Prophète , que des flammes impures ont, dés vos premiers ans, flétrie, ooo* sumée, et qui n'est plus qu'un reste hideux de leur violence? n'êtes- TOUS pas tout couvert de plaies honteuses? parott-il sur votre corps un seul endroit qui ne soit marqué de quelques crimes? où placera* voosla chair del' Agneau? Quoi! elle reposera sur votre langue; cette chair pure, sur un tombeau qui n'a jamais exhaléque la puanteur et l'infecUon ; celte chair immolée avec tant de douceur, sur l'instmmont de vos vengeances et de votre amerture ; celte chair crucifiée, sur le siège de vos sensualités et de vos débauches? Quoi! il descendra danavotreeœurl mais y trouvera-t-Q on reposer sa t6te?n'ave8-voiia pas fait de ce temple saint une caverne de brigands? Quoil voua l'aliez placer parmi tant de désirs impurs, d'attachements prolaneSy de projets d*ambition, de mouvements de haine , de jalousie , d*or« gaeil I c'est au milieu de tous ces monstres que vous lui avei préparé sa demeure ? Ah ! vous le livrez à ses ennemis, vous le mellei encore entre les mains de ses bourreaux.
On s'est éprouvé, me dit-on ; on s'est confessé avant que d'approcher. Ahl mes Frères, et d 3 la même bouche dont vous venez d€ vomir vos iniquités, vous allez recevoir Jésus-Christ? et lecœurea- Gore fumant de mille passions mal éteintes, et que le lendemain va voir rallumer, vous oserez venir offrir votre présenta l'autel, et participer aux mystères saints? et l'imagination sou illée des idées toutes Iraiehes et vos excès, que vous venez de raconter au prêtre, vous allei goûter le froment des sius. Quoi I au sortir du tribunal , la commonioo vous tient lieu de pénitence? vous allez Je plain-pied du crime à l'autel ? au lien de répandre des larmes avec les pénitents , vous venez vous consoler avec les Justes? au lieu de vous nourrir d'an pain de tribulation, vous courez au festin dâideux ? au lien de voua tenir comme le publicain à la porte du temple, vous approchez témérairement du aint des Saints ? un pénilent n'arrivoit autrefois à la table du Seigneur qu'à traversdes années entières d'humiliation, de jeûnes, do prière, d austérité ; et on se puriOoit dans les hrmes, dans la donlpor, dans les exercices publics d'une discipline pénible : 00 devenoit des hommes nouveaux ; il ne restoit plus rien de la première vie qu'on regret sincère : on ne reconnoissoit, enfin, de tracée des crimes passée, que dans les traces de la pénitence et des macéra* tioiia qoi TCMîent de les expier { et l'Eucharistie éloit le pain célerta
ilè QUATRIÈME DUVIAJVGHE DE LATENT.
qae l'homme pécheur ne mangeoil alors qu'à la soeur de son teobt Et aujoardliai on croît qu'avoir confessé ses crimes, c'est les aTOir punis ; qu'une absolution qui suppose un cœur contrit et humilié , le crée et le donne élie-méme ; que toute la pureté qu'exige la chair de Jésus-Christ de celui qui la reçoit, c'est qu'il ait découvert la pourriture et l'infection de ses plaies. Communions indignes, mes Frères; TOUS mangez et vous buvez votre jugement. On a beau vous rassurer, niomme peut-il vous justifier , lorsque Dieu vous condamne?
DaiDeurs, c'est un azyme pur; il faut être exempt de levain pour en manger. Or , de bonne foi , ces personnes du monde que les circonstances d'une solennité déterminent à s'approcher de l'Eucharistie, ont-elles quitté le vieux levain en se présentant à l'autel ? n'y portent-èDes par toutes les passions encore vivantes dans leurs racines 7 jugez-en par les suites. On se retrouve le même au sortir de là ; les haines ne sont point éteintes, l'empire de la volupté n'est point affoibli , la vivacité pour les plaisirs n'est point émoussée, la peAte pour le monde n'est pas moins rapide , la cupidité n'a rien perdu de ses droits. On ne voit pas plus de précautions qu'auparavant contre les périls éprouvés : les commerces recommencent, les entretiens se renouent , les passions se réveillent , tout va même train, et on n'a par- dessus son premier état que la profanation de ce redoutable mystère : d'où vient cela ? c'est que se confesser sim- Idement n'est point s'éprouver.
De plus, c'est la viande des forts. Une ame foilde, chanodante, mal affermie , qui plie au premier obstacle ; qui se brise au premier écueil ; qui échappe à toute heure à la grâce ; qui a une longue expérience de sa fragilité ; qui n'apporte jamais à l'autel que des promesses cent fois violées , que des sensibilités de dévotion que le premier plaisir étouffe ; qui , depuis ses premiers ans , est dans le commerce des foiblesses et des choses saintes , et a toujours vu succéder les crimes au repentir, et les sacrements aux rechutes : une ame de ce caractère , est-ce une ame forte? ne doit-elle pas s^éprouver, croître, se fortifier, s'exercer dans la charité ? à peine eh état de soutenir le lait, doit-elle imprudemment se charger d'une viande solide, qui ne sert de nourriture qu'à l'homme parfait?
11 est marqué dans la loi que si la victime qu'on venoit d'immoler étoit mise dans un vaisseau de terre, le vaisseau seroit brisé sur-lechamp ; mais que s*il étoit d'airain, il seroit lavé et nettoyé ( Leimt, , VI, 28). Ces circonstances, marquées avec tant de soin, serolentelles dignes de l'Esprit-Saint, si elles ne renfermoient des instmctions et des mystères? Une ame fragile qui reçoit la victime véritable , ne ressemble-t-elle pas à ce vaisseau de terre qui se brise , pour aiDsi dire, et qui ne peut soutenir la violence de ce feu sacréf au lieu qu'une ame solide comme l'airain s'y purifie, y perd ses plut légères souillures, et en devient plus belleet pluslnÂlante. Qa'af^ rive-t-il, selon Jésus-Christ, lorsque Ton met du vin oonift
dei faiiBeaax yien et usés? ne se rompent-ib pas? le vin u'est-il j/Ê» perda , épanché, foulé aux pieds? Quelle est cette parabole : ▼008 mettez le vin mystique , oe vin qui enfante les vierges , ce vin dont la force Jette les âmes chastes dans une sainte ivresse, yoqs le mettez dans un cœnr usé, que des passions ^vieillies ont affoibli. Ah 1 je ne suis point sorpris sll n'en peut soatenhr la force, si le sang de Jésus-Christ ne sauroit s'y arrêter, si , à la première occasion, TOUS le rqNindez et le foulez aux pieds : il falloit y accoutumer votre cQBur peu à peu, le préparer par la retraite, parla prière, par la fuite des occasions, par des victoires journalières sur vous-mêmes; et , par ces longues et sages épreuves , le fortifier, et le rendre capable de recevoir Jésus-Christ.
Cest la Pàque des chrétiens , ar Jésus-Christ ne célèl»^ sa Pàque qu'avec ses disciples : Cum discipulU meisfacio Pascha ( Matth. XXVI, 18). Or, qu'est-ce qu'être son disciple, c'est se renoncer soi-même , porter sa croix , le suivre. Étes-vous mortifié dans vos désirs, patient dans vos afflictions ? marchez- vous sur les traces que Jésus-Christ vous a frayées ? Etre son disciple , c'est s'aimer les uns les autres; et combien de fois êtcs-vous venu manger ce pain fanion; combien de fois vous étes-vous présenté à ce festin de charité, portant dans le cceur un fiel secret d'amertume contre votre IMre I combien de fois étes-vous venu oflîrir votre présent à l'autel, sans vous être réconcilié avec lui !
Enfin c'est un Dieu si pur, que les astres sont souillés devant lui ; si laint , qu'après la chute de l'ange , il fallut que le ciel s'écroulât , que les abîmes s'ouvrissent , et qu'il mit un chaos éternel ei^re le pédièetlui ; si jaloux , qu'un seul désir étranger le blesse. Ainsi , mes FMres , il faut vous éprouver sur vos penchants : ne nourrissez-vous pas encore ces désirs du siècle dont parle TApôtre? rendez gloire à Dieu, et sondez votre cœur en sa présence. Je vais me nourrir do JèsoM^hrist , et le changer en ma propre substance ; mais lorsqu'il aéra entré dans mon ame , lui , qui en discerne les intentions et les penchants les {dus secrets, n'y trouvera-t-il rien d'indigne de la aainieté de sa présence? Il ira d*abord à la naissance et aux principes de tues égarements; il examinera si la source en est tarie, ou le cours seulement suspendu; il verra quelles sont encore les inclinations dominantes de mon ame, quel est le poids qui fait encore pencher le cOBor : hélas! pourra-t-il dire comme autrefois, lorsqu'il entra dans la maison de Zachée : Aujourd'hui le salut est arrivé dans cette maifon t Sui- je revenu de bonne foi de cette passion , si fatale à mon innocence ;de cette aigreur, que je viens de détester aux pieds du prêtre; de cette idolâtrie des richesses , qui me jette dans des gains injustes; de cette fureur du jeu , qui nuit K ma santé , à mes affaires , i mon talat ; de cette humeur inégale et fâcheuse , que la plus légère eontrlMiictlon enfianune ; de cette vanité , qui me tire du rang où mes ancéinsm'avoient laissé; do c^te envie, qui m'a loiqours (kit t^
i20 QUATRIÈME DIMANGUE DE LAVENT
garder avec des yeux jaloux la répulalk» <m la prospérité de oiefl égaux ; de cet air fier et censear, qui juge de tout et oe se juge jaunis aoiHDéme ; de cet asccodant de mollesse , de volupté , dlnuuprllGca* lion , qui fait comme mon fonds et mon être propre? L'aveu que je viens de Taire dé mes foiblesses au ministre de Jésus-Christ , lesa*t-il déracinées de mon cœur? suis-je une nouvelle créature? il n'j a qu*un homme ressuscité qui puisse aspirer à ce pain céleste dont je vab me nourrir : le suis-je à vos yeux , 6 mon Dieu ? ne porté-je pas le nom de vivant , étant encore mort en effet? le fort armé entrant dans mon ame, la possédera- t-il en paix, ^t n*y trouvera-t-il pas sept esprits immondes qui l'en chasseront? Eclairez-moi, Seigneur, et ne souffrez pas que votre Christ, que votre Saint descende dans la corruption. Voilà , mes Frères , comme il faut s'éprouver. Le Seigneur avoit défondu autrefois aux Juifs d'ofirir du miel et du levain . dans les sacrifices : voyez si , en approchant de l'autel, vous n'y portez pas le levain de vos crimes et le miel de la volupté; c'est-à-dire, et ce goût du mondeet dn plaisir, et ce caractère mou et sensuel, ennemi de la croix , inalliable avec le salut. N'approchez pas , si vous. ne vous sentez pas assez pur : cette chair sainte, dit le Prophète, ne vous Oteroit point votre malice ; elle en ajouteroit une nouvelle ; votre religion seroit vaine , votre culte idolâtre , votre sacrifice an saoriUge. Éprouvez-vous donc vous-même, et après cela mangez de ce pain céleste $ mais il n'en faut demeurer au simple discernement et à l'épreuve. Jusque là vous n'avez fait qu'éloigner les obstacles ; mais vous n'avez pas mis les dernières dispositions : vous avez retranché tout oe qui pouvoit bannir Jésus-Christ de votre ame; vous n'avez lias acquis ce qui pouvoit l'attirer t vous avez pris des mesures pour ne point le recevoir indignement; voiis n'en avez point pris pour le recevoir avec fruit. Il ne sufiit pas d'être exempt de crimes, il faut être revêtu de justice et de sainteté; c'est peu de ne le point trahir avec Judas, il faut l'aimer avec les autres disciples; c'est peu, m un mot, de n'être plus profaoe, mondain, volupiueux, moii« fier, vindicatif» attaché» il faut être grave, doux, humble, ferme» charte» fidèle» chrétien, loates les fois que vous ferez ceci , faties-Ie en mémoire de moi : c'est la troisième disposition » communier en mémoire de JésnsChrist.
TB0I8IÂME EiiVSXION.
Qu'est-ce que communier en mémoire de Jésus^Christ? C'est» en premier lieu» mes Frères, retracer en soi-même tout ce qui se passa dans le cœur de Jésus-Christ» dans l'institution de ce^sacremeot adorable. J'ai désiré ardemment» disoit il à ses disciples, démanger cette Pftque avec vous : Desiderio deiideravi hoe ^ Pascha mandu-^ care tobiseum (Luc» xxii» 16). Il soupiroit après ce moment heureux; il ne le perdoit pas de vue; il se consoloit dans ce souvenir de toutes les amertumes de sa passion : Anleqmm patiar (Ibii. )•
lUSPOSlTIOIf A LA COMMUNION. 131
Que TonloU'il iKW apprendre par4à , mes Frères? ahl c'est qo'il faol apporter à celte table divine no ccmr embrasé, pénétré, consumé ; on oa«r impatient, empressé, avide; une faim et une soif de Jésos-Christ; nn goût réveillé par Tarnoor; en un mot, ce qne l'ai appelé une fol ar^iente qai nous fasse aimer. Ce pain , dit nn Père , demande an cosar affamé : [nierions hominis quœrit esuriem. Ah! Seigneur, dit alors l'amefidéleavecsaintAagastin (Siiirr Aug.^ lA Conf. , /. I, c. 5 ), ehl qui me donnera que vous veniez dans mcn ccBor pour en prradre possession; pour en remplir tout le vide, pour y régner seul ; pour y demeurer avec moi jusqu'à la consommation des siècles; pour m'y tenir lieu de tout; pour y faire mes plus chastes délices; pour y répandre mille secrètes consolations; pour le rassasier» l'enivrer, me faire oublier mes malheurs , mes inquiétudes, mes vains plaisirs, tous les hommes, Funivers entier, et me laisser tout à vous , jouir de votre présence , de vos entretiens, des douceurs qne vous préparez à ceux qui vous aiment ? Peut-être, Seigneur, la maison de mon ame n'est pas encore assez parée pour vous raoevcMr; mais venez en faire vous-même tout Tomement Peut-être y apercevez<vous àtè souillures qui vous en élo^ent, mais vous les purifierez par votre divin attouchement. Peut-être y découvrez-vous encore des ennemis invisibles; mais n'êtes-vous pas le fort armé? votre seule présence les dissipera, et tout sera en paix quand une fois vous vous en serez nus en possession. Peut-être a*>t-elle des rides qui l'enlaidissent ; mais vous r^ouvellerez sa jeunesse comme celle de l'aigle. Peut-être est-elle encore flétrie des taches de ses anciennes infidélités ; mais votre. sang achèvera de les effacer. Venez, Seigneur, et ne tardez pas ; tous les biens m'arriveront avec vous. Méprisé, persécuté, affligé, dépouillé, calomnié, je ne compterai plus mes malheurs pour rien , du moment qne vous viendrez les adoucir i honoré, favorisé, élevé, environné d'abondance, ces vaines proq)ériiés ne me touucheront plus , ne me parottront plus rien, du moment que vous m'aurez fait goûter combien vousêtes doux. Tels sont les désirs qui doivent nous conduire à l'autel. Mais , hélas I les uns y apportent un dégoût et une répugnance iTÎiajnelle t il leur faut des occasions pour les y déterminer s d'euxlù^mcs ris ne s'en a viseroient jamais. Mais que dis-je ? des occasions I il faot des foudres et des anathèmes ; il faut que lEglise tonne , foudroie Bon Dieu ! que la tiédeur des chrétiens ait réduit votre Eglise à leur faire une loi de la participation à votre corps et à votre sang I qu'il ait fallu des peines et des menaces pour les conduire à l'autel , et les obliger de s'asseoir à votre table I que toute la félicité du chrétien sur la terre soit devenue pour lui un précepte pénible ! que le privilège le plus glorieux dont vous puissiez favoriser les hommes soit pour eux une gêne et une contrainte 1 Ah ! Seigneur, quand vous donnâtes à votre Église le pouvoir (lo lier, vous attendiez-voui qu'elle en dût foire cet usage? et son autorité étoit-elle destinée i
in QUATioiaiB dmanchb de L'AVEMT.
Iraliier ses énfiiati à l'autel , oa à en 8^aiw ses enDenA en approdienl avec im ocBttt pesa&t , im goàt érnooisè , ime SAM ^^ de glaee: gens qai vivent dans le eommercedes jfltâàn et dessaer^ ments , qat participent à la table de Satan et à celle àe lisaaChrisC, qai ont des jours marqoéspoor le Seigneor, et des joors destinés au siède; gens à qui une commanion ne coûte qa'one journée de gène et de réserve ,^qai ce jonr-là ne jouent pas» ne voient pas, n'étalent pas, ne médisent pas, ne s'assemblent pas. Mais celrégime ne va pas plus loin ; toate la dévotion fimt avec la solennité : c'est une action de cérémonie; on estcontent de soi-même, après cetteoourte suspension ; on rentre tranquillenient dans ses pr^nières voies , car c'étoit un article donton étoit convenu avec soi-même ; on vît uniment dans ce tranquille mélange de saint et de profane: les sacrements nous calment sur les plaisirs; les plaisirs, pour être plus tranquilles du ciVlé de la conscience , nous conduisent aux sacrements ; et Ton esta demi bon, pour être mondain sans scrupule. Ainsi, on porte à l'autel un goAt affMii par les amusements et les joies du siéde, par rembarras des aibires, par le tumulte des passions: oo ne sent pas les douo^irs inelbbles de cette viande céleste; on retrouve jusqu'au pied du trône de la grâce les images des plaisirs dont on vient de sortir ; des intérêts qui nous occupent , des projets qui nous embarrassent, des idées qui nous arrachent de Tautel pour nous rentralner dans le monde, font sur le cosur des impressions bien jins vives que la présence de JésusXhrist. Biais n'est-ce pas , Seigneur, contre ces chrétiens monstrueux que votre Prophète indigné vous disoit autrefois : Ah/ Seigneur^ que votre table leur de^ ifienne un piège, une punition, une pierre ^achoppement et de scandale (Ps., lxvui, 23 ) I
En second lieu, communier en mémoire de Jésus-Christ, c'est vouloir réveiller par la présence de ce gage sacré tout ce que son , souvenir peut faire d'impression sur un corar qui l'aime. L'alMence ralentit les liaisons les plus vives : Jésus-Christ prévoyoit bien que , montant au del , ses disdples insensiblement ooblieroient ses bienfaits et ses divines instrucUons. Hélas ! Mobe ne reste que quarante jours ^ur la montagne, et déjà les Israélites ne se souviennent (dus des prodiges qn*il a voit opérés pour les délivrer de l'Egypte. Qu'est devenu ce Mdise? s'entredisoient«ib ; faisons-nous des dieux qui nous prèDédent et qui nous défendent contre nos ennemis. Jésus- Christ, pour para* à ces inconstances du coeur humain, voulut , en montant dans la céleste Sion, nous laisser un gage de sa présence : c'est là qu'il veut que nous venions nous consoler de son absence sensible, c'est là que nous devons retrouver un souvenir plus vif de ses merveilles, de sa doctrine, de ses bienfaits, de sa divine per* sonne ; c'est là que , sous des signes mystérieux, nous venons le voir naissant à Bethléem , élevé à Naiareth , conversant avec les hommes et parcourant les villes delà Judée « faisant des signes et desprodigii
toispOsrrtoN a la communion. tu
que nul autre avant lui u'avait jamais faits , appelant à sa suite dëi disdples gvpssiers pour en faire les maitres du monde , confondant rhypocrîsie des pharisiens , annonçant le salut aux hommes , laissant partout des traces de sa puissance et de sa bonté, entrant eo triomphe à Jérusalem ^ conduit sur le Calvaire, expirant sur une croix, vainqueur de la mort et de Tenfer, menant avec lui dans le ciel ceux qui étoient captifs , comme les trophées de sa victoire , et formant ensuite son E^se par Teffosion de son esprit et rabondance de ses dons; en un mot , nous Ty retrouvons dans tous ces mystères.
Vous enviez , dit saint Chrysostùme , le sort d'une hémonroïsse qui touclie ses vêtements , d'une pécheresse qui arrose ses pieds de ses larmes, des femmes de Galilée qui eurent le bonheur de le suivre et de le servir dans les courses de son ministère , de ses disciples avec qui il conversoit familièrement, des peuples de ce temps-là qui en* tendirent les paroles de grâce et de salut qui sortoient de sa bouche : vous appelez heureux ceux qui le virent ; bien des prophètes et des rois l'ont souhaité en vain : mais vous, mes Frères, venez à l'autel, TOUS le verrez, vous le toucherez, vous lui donnerez une saint baiser ; vous l'arroserez de vos larmes, et vos entrailles mêmes le porteront comme celles de Marie. Hélas! nos pères alloient dans une terre sainte y adorer les traces de ses pieds, et les lieux qu'il avoit consacrés par sa présence. Ici, leur disoit-on, il proposoit la parabole du bon pasteur et de la brebis égarée ; ici il réconcilioit une femme adultère; id il consoloit une pédieressè ; ici il sanctifioit les noces etles festins par sa présence ; id il multiplioit des pains pour rassasier un peuple aflTamè ; id il défendoit à ses disdples de faire descendre le feu du dd sur une ville criminelle ; id il s*abaissoit jusqu'à converser avec une femme de Samarie ; id il soufifroit les enfants autour de lui, et blAmoit ceux qui vouloient les éloigner ; id il rendoit la vue aux aveugles, il redressoitles boiteux, il délivroit les possédés, il faisoit parler les muets etouîr les sourds. A ces paroles, nos pères se sentoient saisis d'une joie sainte; Sis versoient sur cette terre heureuse des larmes de tendresse et de religion ; ce spectade, ces images leur rapprochoient le temps, les actions, les mystères de Jésus- Christ, rallumoient leur ardeur, consoloient leur foi : les pécheurs y trouvoient une douce confiance, les foibles une nouvdle force , les Justes de nouveaux désirs.
Ah ! Chrétiens, non, il n'est pas nécessaire de traverser les mers; le salut est proche de vous ; la parole que nous vous prêchons sera, si vous voulez, sur votre bouche et dans votre cœur : ouvrez les yeux de la foi, regardez sur ces autels, ce ne sont pas des lieux consacrés autrefobparsa présence, c'est Jésus-Christ lui-même: approchez en mémoire de lui ; venez y rallumler tout ce que votre cœur a jamais senti de tendre, de touchant, de vif pour ce divin Sauveur. Que le * de sa douceur, qui ne lui permettoit pas de briser unroseaa
lU QUATRIÈME DiM»GHE DE L'AVENT.
. déjà cassé, et d*éteindre une lampe encore damante, calme wos i portements et vos impatiences : qoe le soavenir de ses travaux et de sa vie pénible vous confonde sur votre mollesse : que le souvenir de sa modestie et de son humilité, qui lui faisoit prendre la fuite lors* qu'on vouloit le faire roi, vous guérisse de vos vanités, de vos projets, de vos prétentions frivoles : que le souvenir de son jeûne de quarante jours vous détrompe sur les fausses raisons qui vous portent ou à rompre le vôtre, ou à l'adoucir : que le souvenir de son zélé contre lesprofanateurs du temple vous apprenne avecquel respect et quellesainte frayeur vous devez y entrer : que le souvenir de la simplicité et de la frugalité de ses mœurs condamne les vaines super- Suites et les excès des vôtres : que le souvenir de ses retraites et de ses prières vous avertisse de fuir le monde, de vous retirer quelquefois dans le secret de votre maison, de passer du moins quelques heures de la journée dans la pratique indispensable de la prière : que le souvenir de sa tendresse et de sa compassion pour un peuple afihmé, vous donne des entrailles de charité pour les malheureux : que le souvenir de ses saints entretiens vous* instruise à converser innocemment, saintement, utilement avec les hommes; en un mot, que le souvenir de toutes ses vertus, plus vif alors, plus présent au cceur, h l'esprit, vous corrige de toutes vos foiblesses ; voilà ce qu'où appelle communier en mémoire de lui.
Mais porter toujours à Tautel les mêmes foiblesses; mais se familiariser de telle sorte avec la chair de Jésus-Christ, qu'elle ne réveille plus en nous de sentiments nouveauz,etnouslaisse toujours tels que noussommcs ; maissenourrir d'une viandedivine et ne point croître; mais s'approcher souvent de cette fournaise ardente et n'y pouvoii réchauffer voire tiédeur ; mais se présenter avec des fautes cent fois délestées et encore chères, avec des habitudes d'imperfection , qui, quoique légères on elles-mêmes, ne le sont plus pourtant par rattachement el la pente qui nous les rend inévitables, et par la drconstance du sacrement qu'on se met en danger de profaner ; mais faire profession de piété, d'éloignement du monde, être presque tous les jours dans le commerce des choses saintes et s'être fait comme un point fixe de vertu au-delà duquel on ne va jamais, se tratner toujours autour des mêmes confessions et des mêmes chutes, et n'être pas plus avancé après dix années d'exercice de piété qu'on l'étoit dabord, avoir même fait quelques pas en arriére et relâché de sa première ferveur ; mais sans cesse user de ce remède divin, et ne sentir rien de changé à ses maux ; mais entasser sacrement sur sacrement, si je rose dire, et ne jamais vider son cœur pour faire place à cette viande céleste; mais nourrir des envies, des animosités, des délicatesses, des attachements secrets, un fonds d'immortification, des désirs de plaire, de parottre,de parvenir; mais se permettre d'habitude, dans ses entretiens, des vivacités, des discours libres sur autrui, des épanchements tout mondains, de^ inutilités élemeUes,
d» sentimoils tout profanes, des airs Tains et piqnanis, des détours qai blessent la sincérité, dos déguisements qui ianiiliarisenl avec le mensonge, des impatiences et des éclats; mais cultiver des liaisons que la piélé couvre peut-être , et que le penchant tout seul assortit et soutient ; mais être sur sa gloire , sur ses intérêts, sur ses droits, d'une jalousie outrée ; mais se sontir révolté au plus léger mépris, et ne pouvoir digérer un seul geste désubligeant ; mais être d'une attention inCnie sur soi-même, et dans une parure simple et modeste s'y rechercher ; choisir ce qui convient avec plus de soin peut-êire qu'une ame mondaine, et là-dessus vivre du pain des anges : ù mon Dieu I en voilà plus qu'il ne faut pour nous faire trembler.
Mais est-ce manger ce pain indignement que de le manger avec tant ie foiblessect d'imperfection? Eh ! qui le sait, Seigneur, que vou^ liême?Tout ce que nous savons, c'est que ce n*est pas communier en mémoire de vous; c'est qu'il y aura des justices au grand jour qui paroltront comme un Ungo, souillé à vos youx ; c'est que plusieurs de ceux qui avoient même prophétisé en votre nom seront rejetés ; c'est que tout est à craindre dans cet éUit Pierre n*est admis à votre oéne qu*aprés que vous lui avez lavé les pieds; et a^pendant vous nous assurez qu'il étoit tout pur. Madeleine est éloignée, et vous lui défendez de vous approcher au sortir du tombeau,parce qu'un goût enecM^e trop sensible étoit le principe de son empressement ; et cependant elle avoit beaucoup aimé, et lavé vos pieds sacrés et ses péchés de ses larmes. Et nous, Seigneur, pleins de misères, vides de fruits sincères de pénitence, tout pétris de mollesse et de sensualités, tiédes et sans goût , immuables dans un certain état de piélé languissante et imparfaite, plus soutenus par l'habitude et par les engagements d'une profession sainte, que par votre grâce et une foi vive et solide : hélas I nous faisons de votre corps notre nourriture <»*dinaire. Quels ahtmes, Seigneur ! quelle suite de crimes peut-être qu'on ignore, dont on ne se repc>nt point, qu'on multiplie à l'infini, qui sont comme le germe sur lequel on ente ensuite mille nouvelles profanations I Quels abîmes encore une fois! et que votre lumière nous manifestera au grand jour de terribles secrets I Quesuisje à vos yeux, 6 mon Dieu? je ne puis ni vous déplaire, ni vous plaire à demi; ma condition ne soufire point ces états mitoyens de vertu qui tiennent comme un mili(*u entre l'innocence et le crime : si je ne suis pas un saint, je suis un monstre ; si je ne suis pas un vase dMionneur^ je suis un vase d'ignominie; si Je ne suis pas un ange de lumière, il n'y a point à balancer, je suis un ange de ténèbres; et si je ne suis pas un temple vivant de votre esprit , il faut que j'en sois le profanateur, fion Dieu! quels puissants motifs de vigilance, d'attention sur moi-même, de ciro inspection, de frayeur, en approchant de vos autels; d'humilité^ de larmes, de componction, en attendant la manifestation de vos jogements adorables I Mais ce n'est pas en« core de n^ner mmwuiti^ en mémoîr? de J^s-€hrist , mes FWres ;
m QÙATAIÈME DIMANCHE DE UAVËlît.
et ponr noo^ retracer le floaveoir de sa vie, H faat encore, et c'etl la démise disposkiOB, rappeler le souvenir de sa mort, et FannoiH cor toutes les fois que Ton mange son corps et que Ton boit son sang : é'est oe que j'appdle une foi généreuse qui nous Tasse immoler.
QOATiUÉlfB RÉFLEXION.
Toutes les fois que tous mangerez le corps et que vous boirez le sang du Seigneur, tous annoncerez sa mort jusqu'à ce quil vienne. Comment cda? A la lettre on annonce sa mort, parce que oe mystère fut un prélude de sa passion ; parce que Judas y forma comme la dernière résolution de le livrer ; parce que Jésus-Christ, empressé de soufiEnroe baptême de sang dont il devoit être baptisé, en prévint Tacoomplissement, et d'avance s'immola lui-même par la séparation mystique de son corps et de son sang ; parce que TEucharistie est lesacrifice permanent de TÉglise, le fruit et la plénitude de c^ui de la croix ; parce qu'enfln Jésus-Christ y est comme dans un état de mort : il a une bouche, et ne parle pas ; des yeux, et ne s'en sert pas ; des pieds , et ne mardie pas. Mais , mes Frères , en ce sens-là l'impie, comme le Juste, annonce sa mort toutes les fois qu'il mange son corps : c'est un mystère, et non pas un mérite; c'est la nature du sacrement, et non pas le privilège de celui qui le reçoit; c'est une suite de son institution, et non pas une disposition pour en approcher. Or le dessein de l'Apôtre est ici de prévenir les abus, d'apprendre aux fidèles à manger dignement le corps du Seigneur ; de leur développer, dans les mystères que renferme ce sacrement , les dispositions qu'il demande. 11 y a donc une manière d'annoncer la mort du Seigneur, qui doit toute se passer dans nos cœurs; qui nous dispose, qui nous prépare, qui assortit la situation de notre ame à la nature de ce mystère , qui nous fait porter sur notre corps la mortification de Jésus-Christ , qui nous immole et nous crucifie avec lui. Reprenons tontes les raisons que nous avons touchées, et changeons la lettre en esprit.
On annonce la mort du Seigneur, en premier lieu , parce que oe mystère fut un prélude de sa passion. Dans les premiers temps i l'Eucharistie étoit un prélude du martyre. Du moment que la fureur du tyran «'étoit déclarée, et que la persécution commençoit t s'élever, tous les fidèles couroient se munir de ce pain de vie : ils emportoient ce cher dépôt dans leurs maisons : la mort leur parois^ ioit moins terrible, lorsqu'ils avoieut devant leurs yeux le gage précieux de leur immortalité : ils la desiroient même ; et les consolations ioefiables que la présence de Jésus-Christ, caché souf: dea voiles mystiques, répandoit déjà dans leur ame, les faisoient soupirer après ce torrent de volupté dont il enivrera ses élus, lorsqu'ils le verront face à face. Etoient-ils traînés dans les prisons, chargés de fers comme les scélérats , eux dont le monde n'ètoit pas digne; ils cachoient avec soin dans leur sein la divine Eudwristie ; ila s'en
DISPOSITION A LA COMMUmo». 1«7
MUTiflsoient^daDS Vatiente da mar^rre; ils s'oigraiameDl de celte ▼iande câeste, oomme des Tictimes pores, afin qaoleur sacrifice fûl plus agréable au Seigneur. Des vierges dbastes, des fidèles ferveols, à» miiûstrcs saints partidpoient tons ensemble dans les cachots an pain de bénédiction : anssi quelle joie dans leurs chaînes 1 quelle sérénité dans ces lieux sombres et affreux 1 quels cantiques d'actions de grâces dans ces demeures lugubres, où les yeux ne retrouToicnt partout que de tristes images de la mort, et les préparatils des plus cruels supplices I Combien de fois disoient-ils k Jésus-Christ, présent an milieu d'eux dans ce sacrement adorable : Ali ! nous ne craindrons pas les maux , Seigneur , puisque tous êtes avec nous : que des armées entières nous environnent, nous ne serons point trou- Ués } nos ennemis peuvent perdre notre corps et même en dissiper les restes, mais vous nous le rendrez glorieux et immortel. £h! qui peut perdre ceux que le Père vous a donnés ? Heureuses chaînes que TOUS daignez soutenir ! saintes prisons que vous consacrez par votre présence! ténèbres aimables où tous remplissez nos âmes de tant de lumières ! mort précieuse qui Ta nous unir à vous , et déchirer les voiles qui vous dérobent à nos yeux ! De là , quelle force dans les tourments ! Pleins de la chair de Jésus-Christ, teints de son sang, ils sortoient, dit saint Chrysostôme, de leur cachots comme des lions encore tout sanglants, et altérés de mort et de carnage ; ils Toloient sur les échafauds, ils y portoient une sainte fierté, lan* çoient çà et là des regards de constance et de magnanimité qui gla-> çoient les tyrans les plus barbares, et désarmoient leurs propres bourreaux t Qs anuonçoient donc la mort du Seigneur, en se préparant au martyre par la communion.
La tranquillité de nos siècles et la religion des césars ne nous lais* sent plus le même espoir ; la mort n'est pluslaréoompensedela foi, et rEucharisfienefait plus de martyrs ; mais n'avons-nous pas des persécuteurs domestiques ? notre foi n'a- t-elle à craindre que les tyrans ? et n'y a-t-il pas un martyre d'amour comme un martyre de sang? En approdiant donc de Tautel, mes Frères, une ame fidèle soupire après la dissolution de son corps terrestre ; car pourroit- die aimer ocUe vie, et annoncer la mort de Jésus-Christ, et retracer dans ces signes mystiques sa sortie du monde pour all^ à son Père? elle se pbdnt que son exil est trop prolongé, elle porte au pied du sanctuaire un esprit de mort et de martyre. Ah! Seigneur, puisque vous êtes mort et crucifié au monde, pourquoi m'y retenez-vous? que puis-je trouver sur la terre digne de mon cœur, vous n'y étant plus? le mystère lui-même, qui devoit me consoler par votre présence, me fait sou vemr de votre mort : ces voiles qui vous couvrent , sont un artifice de votre amour ; et vous no vouscacbez à demi, que pour rAvciller dans mon oosur le désir de vous voir à découvert. Vaines créatures! que mV)Srez-vous, qu'un vide afflreux du Dieu que je cherdie? que me rèpoodei-voiui, lorsque mon ccBur séduit se tourne
m QtiAltUÈME DIMÂJMCHE D£l LAVENT
de votre o6té pour j charmer ses inquiétades 7 Retourne, me diies« TOUS, à celui qui nous a faites; nous gémissons en attendant qu'il vienne nous déliver de ce tristeassujettissement, qui nous Tait servir aux passions et aux erreurs des hommes : ne le cherche point au milieu de nous; tu ne l'y trouveras pas ; il est ressuscité, il n'est plus ici ; s'ilparoit, ce n'est que pour mourir encore tous les jours : re* prends les désirs et les aflcctions que tu voulois nous donner, et les détourne vers le ciel ; Tépoux a été enlevé, la terre désormais n'est plus pour un chrétien qu'un séjour de soupirs et de larmes : voilà ce qu'elles me répondent. Qui merelient-donc ici-bas, Seigneur ? quels sont les biens et les charmes qui peuvent m'attacher à la terre? Inquiète dans les plaisirs, impatiente dans l'absence, ennuyée des entretiens et du commerce des hommes, effrayée de la solitude, sans goût pour le monde, sans goût pour la verlu, faisant le mal que je hais, ne faisant pas le bien que je voudrois ; qui me retient? qui diffère la dissolution de- ce corps de |)éché? qui m'empêche de voler avec les ailes de la colombe sur la sainte montagne? Je sei*ois heureuse, Seigneur, je le sens ; je pourrols à toutes les heures me nour> rir de ce pain délicieux ; je ne goûte de véritable joie qu'au pied de vos autels ; ce sont là les moments les plus heureux de ma vie ; mais ils durent si peu , il faut se rengager si vite dans les ennuis et les désagréments du siècle ; mais il faut s'éloigner de vous pour si long-temps I Non, Seigneur, il n'y a point de parfait bonheur sur la trrre, et la mort est un gain à qui sait vous aimer.
Sont^ce là nos sentiments, mes Frères, quand nous approchons des autels? t)ù sont aujourd'hui les chrétiens qui, comme les premiers Gdèies, attendent la bienheureuse espérance, et hâtent par leurs soupirs la fin deleurexil, et Va vénement de Jésus-Christ? C'est un raffinement de piété qu'on n'enlend point, c'est un langage près-, que contemplatif ; et cependant c'est le fondement de la religion et la première démarche de la foi. On regarde la nécessité de mourir èômme une peine cruelle ; la seule idée de la mort, qui consoloit tant nos pères , nous fait frémir ; la fin de la vie est le tarme de nos plaisirs, au lieu d'être celui de nos peines ; on la ménage aux dépens de la loi de Dieu et des obligations de l'Eglise : les soins qui aboutissent au corps sont infinis ; nos précautions sur ce point vont jusqu'à la foiblesse : ou s'il arrive quelquefois de souhaiter ce dernier moment , c'est lassitude de la vie et de ses chagrins , c'est une disgrâce, une infirmité habituelle qui nous mine, une révolution dans nos aSaires, qui ne nous laisse plus espérer de plaisirs en ce monde ; un établissement manque, une mort, un accident, enfin un dégoût et an souhaitd'amour-propre : on s'ennuie d'élre malheureux, mais on n'est point empresse d'aller se réunir à Jésus-Christ ; et là-dessus on vient manger la cène du Seigneur, se renouveler le souvenir de sa passion, et annoncer sa mort jusqu'à ce qu1l virnoe uuellc indii{nité l
DISPOSITION A LA GOMMÛNlOfeïi 'M
[ liea, onoueiicâ aà mort dans ce mystère, paroeqpiD
Jodasy fèrnia eonime k dermdre réflolation de le U Yrer . Q^ deiKMis oe scNiV6iiir?ah 1 mes FMres, im désir ardent de réperarpir nos hommages rimpiété de tant de oommimions monstraenses qui emcilleiiide iMiYeau Jésos-Ghrist. Tant deministresperfidesrofBreiil dans tons les liens oùson nom est conna, ayec des mains sacrilégesf tant de pécheors Impodiqnes , yindicatib, mondains , ravisseurs de tons les peuples, de tontes les nations, le reçoivent dans des bouches prolanes! Mous devons sentir les outrages <pi'y souffre Jésus-Christ ^ nous confondredevant lui, sur ce que le plus signalé de ses bienfaits est devenu l'occasion des plus grands crhnes; tremUer sur nousmêmes ; adnrfrer sa bonté, laquelle, pour l'utilité d'un petit nombre d'âus, a bien voulu s^exposer aux indignités de cette multitudeiniiniede pécheurs de tous les siècles et de tous les temps qui Font déshonoré et qui ledéshonorent; détourner parlée larmes de notrecosur, et par mille gémissements secrets , les fléaux que les communions indignes ne manquent jamais d'attirer sur la terre. Car sir Apôtre se plaignoit autrefois queles corps frappés de plaies, les maladies po- • pulaires, les morts soudaines n'étoient qu'une suite de ce sacrement profané, ah 1 vous nous frappez depuis long-temps. Seigneur i rovc ▼ersez sur nos villes et sur nos provinces la coupe de votre fureur , voor armez les rois contre les rois, et les peuples contreles petipl(ijj^ on n'entend parler que de combats et de bruits de guerre ; vousDiitcs pleuvoir du ciel la stérQité sur noscampagnes ; le glaive de remiemi dépeuple nos familles , et ôte aux pères la consolation de leurs vieux ans ; nous gémissons sous des charges qui , en éloignant de nos murs rennemi de Tétat , nous livrent à la faim et à la misère ; les arts sont presque inutiles au peuple , les gains et les trafics languissent, et Vindustrie peut à peine fournir aux besoins ; les calamités secrètes , et connues de vous seul, sont encore plus touchantes queles publiques; nous avons vu la fsûm et la mort moissonner nos citoyens, et dianger nos villes en déserts aflreux ; l'ennemi de votre nom profite de nos dissensions, et usurpe votre héritage.
D'où partent ces fléaux si longs et si terribles, grand Dieu? où se forment ces nuées de fureur et d'indignation , qui éclatent depuis si long-temps sur nos têtes? N'êtes vous pas armé pour punir les sa* criléges? les attentats que l'on commet tous les jours au pied de Tos autels contre votre corps, ne nous attirent-ib pas ces marques de votre colère? Eh! frappez-nous donc. Seigneur; vengez votre gloire : cadonnez k l'ange qui est dans les airs, de ne pas arrêter son bras; qu^fl n'épargne pas les maisons où sont encore empreintes les traces d'un sang profané s votre courroux est juste. Mais, non, ne yengez point des crimes par d'autres crimes ; donnez le paix k nos jours, écoutes les cris des Justes qui vous la demandent : Seigneur, TOUS disent-ils avec le Prophète, nous àitendions la paix^ et m M. I. »
hi^ n'est pas eofion 9mn [luim^ ?iu, ifi}i FiâletoaHer U poranatioQft que les fiime9 trMoeiii tôitioiin aprài ellr > ne pniÉMs
finale» «açnlér es «aies moUipUiiAtswla UKn\ rendoi la imyesié taot de temples protMé», le «al(e e( te dignMè uut d'églises dépooillée», It spleodear et b niagi4fie4E|oe ft teiit d'aaleU rwteriés, la pdx à nos villes, l'aboodaiice à nos fiwUles, la consdation el raHégrease à Israël; rendez les cptf^nfs aaK pirca, el aux ^uses dèiQ^ leurs ôpou; et si nos malheqrs œ yoiis toodieat pas, laîasas-Yons toneber dv Bioios à ceux de yptre Sglise,
Oo aiiiioiioe,eQ Umnéadelieui la mort daSeigoeor danaoe mjê' tère, paroeque Jésus-Christ s'y immole loi-même, wr la séparation mystique de son oorps et de son sai^. Que s*eiun1(-ilde 1à? qu'il faut être au pied des autels comme si nous éb'ous au pied de la croix; entrer dans les dispositions des disdpifis et des fenunes de Jérusalem, qfà recueillirent les derniers v^^^in de Jésus mourant, et furent présents à la consommation de son sacrifice. Or, quel éloignement n'ayoient-ils pas pour un monde qui crucifioit leur maître 1 qu'ayoient-ils encore aménager avec ses meurtriers? Graignoient-ils de se déclarer les disciples de celui qui se dédaroit si hautement leur Sauveur, et au prix de tout son sang? ne disoient-Os pas au Père céleste : £b 1 frappei-nous nous-mêmes, Seigneur, qui sommes les coupables , et épaiynez Tinnocent ? i^uèlle horreur pour leurs fautes passées , qui attachaient un si faon maître à la croix 1 quelle impression sensible do ses souflrances dans leur CQNir ! Ainsi, mes Frères, ménager «icore le siéde, n'oser se dédarer qu'k demi pour la piété , rougir de la croix de Jésus-Christ , ae mesurer dans ses démarches de dévotion de tdle sorte qu'il y règne encore un air et un goût du monde, qui se mêle, pour ainsi dire , dans les intérêts de notre vertu \ ne pas confesser Jésus-Christ la tête levée; n'oser se dispenser d'un spectade ovi il est moqué, d'une assemblée où il est oOensé , d'une démarche dont l'innocence ne peut sortfa* entière , d'une bienséance dont les devoirs de la religion souffrent , de je ne sais quel train de vie dont le monde vous fait une néoeMité, de certaines maximes qui blessent l'Evangile et que l'usage tous donne pour des lois ; prétendre user de ces ménagements , et néanmoins venir manger la P&que avec les disdples de Jésus-Christ; conserver encore des intdligcnces avec ses ennemis , ets'assootar à sa table; estimer les maximes qui le cmdfient, et vouloir être les spectateurs et les compagnons fidèles de sa croix ; ah ! c'est une contradiction.
n a vaincu le monde; il l'a attaché à sa croix; il a foil expirer avec lui ses erreurs et ses maximes : donc , annoncer sa mort dans la oommanion, c'est rajipeler le souvenir de sa victoire. Et si to monde vit etr^gne encore dans votre cœur, mes Frères, ne détruilefr'vous pas le fruit de sa mort? ne disputei-vous pas k Jésua-Cbrist
D]StH>3inON A LA GOMMUNIOIf tSt
' ée floii triomphe; et an lien d'emoncer samôrt) lati^ I pas la reiKraTéla* ayec ses ennemis ?
D^aWeon, on annonce en quatrième lien sa mort dans oemyt*' tève, parée qo^il est la consommation du sacrifice de la croix, et qu'il nons en applique le firoit. Or qnt nous doime droit an fhiitda la croix, et par eonséqneot à la oommmdonf les sonfl^mces, les mortUi^tions, ane Tie pénitente et intérienre. Car, dites-moii vivant dans les dâices, oserez-^voas Tenir annonœr la mort te Sanyenr? Osoref-Tons noorrir un corps comme le vôtre, amoBi par les plaisirs, flatté, caressé; oserez-vons, dis-je, le nonrrir d'une chair crucifiée? Os«rez-vons incorporer Jésus-Christ mourant et couronné d'épines , dans des membres déticata et sensuels? cet assortiment ne seroit-il pas monstrueux? Oserei-vous, en chan* géant sa chair en votre propre substance, la tranrfbrmèr en une chair moDe et Toloptueuse? ehice seroit un attentat. Four vous nomrir de la chair de Jésus-Christ , il faut que Tosmembres puissent devenir ses membres; que son corps puisse prendre la figure du T6tre. Or son corps est un corps crucifié, ses membres sont des BMmlH*es souffrants : et si vous vivez sans souffrir ; si vous ne portei pas la mortification de Jésus-Christ sur votre corps; si peut-être vous n'avez jamais fait à vos sens et à vos désirs aucune violence ; si vos jours se passent dans une tranquille mollesse, si les afOictions vous impatientent , si tout ce qui contrarie Totre humeur vous révolte ^ si vous ne vous prescrivez point d'œuvres mortifiantes; s! odles que le ciel vous ménage ne sont pas bien reçues , comment voulez-vous unir votre chair à la chair de Jésus-Christ ? On n'y pente point, mes. Frères; et cependant une vie molle et sensuelle ne peut être qu'un préjugé d'une communion indigne.
Enfin , on annonce la mort du Seigneur dans ce mystère , parce* qu'il y est lui-même comme dans un état de mort. Il a une bouche, et ne parie pas ; des yeux, et ne s'en sert pas ; des pieds, et ne marche pas. Regardez donc , mes Frères , et faites selon ce modèle : voilà comme vous devez annoncer sa mort, en participant à son corps : il faut y porter des yeux instruits à être fermés pour la terre ; une langue accoutumée au silence ou à des discours de Dieu , comme parie saint Paul ; des pieds , des mains immobiles pour les œuvres du péché ; des sens on éteints ou mortifiés ; en un mot, y porter une mort uidvorselle sur votre corps : l'état de Jésus-Christ dans l'Eucharistie est Tétat du chrétien sur la terre ; un état de retraite, de silence, de patience, d'humiliation, de divorce avec les sens. Car qu'est-ce que Jésus-Christ dans l'Eucharistie? Il est dans le monde comme s'il n'y étoit point ; il est au milieu des hommes, mais invisible; il entend leurs vains discours, leurs conseils dùmériques^ leurs espérances frivoles, mais il n'y prend aucune part ; il voit leurs sollicitudes, leurs agitations, leurs entreprises, et il les laisse faire; OQ lui rend des honneurs divins , et on Toutrage ; et , toujours le
ISS QUATRIÈME DIMANCHE DE I/AVBHT.
même, il ptroM iasenaiHe an ioBnltes comme aux hommagaa : Il Toit renoaréler les siëdes, les empires , les famBles; les miMra ehaoger ; lé goût des hommes et des âges varier; les eoatomm s'éteindre et ^lis reriTre ; la figure de ce monde dans aae révolu* tnn étemdle ; les hérésies privaloir ; son hériti^ie dédiiré,- des gderres, des séditions» des bonlevorsements soudains, Tniiivers en* tiar ébranlé ; et il est tranqnillesor ses mines, et rien ne le tire de son apflicatioQ intime et ineflàble à son Père , et ri» ne tronUe le repos ditîn de son sanctoaire, où il est tonjoors vivant, afin d'intercéder pour nous.
Regardez, encore nne fois, et faites sdonce modèle. PoHans-oous à la taide sacrée des yenx fermés depuis longtemps k (ont ce qui peut Uesser notre ame; une langue environnée d'une garde de circonspection et de pudeur; des oreilles chastes, et impénétrables aux^f*flements du serpent, et à la volupté des sons et des voix si |Mro|H'es à amollir le coBur; une ame insensible aux mépris comme aux louanges ; une ame hors de la portée des événements d'id-bas, à l'épreuve des révolutions de la vie ; égale dans la bonne et dans la mauvaise fortune ; voyant avec des yeux étrangers, indifférents, toQt ce qui se passe ici-bas ; eslimanl les biens et les maux qui lui arrivent, comme diose qui ne la regarde pas ; et à travers toutes les agi« talions de la terre, le tumulte des sens, la contradiction des langues, les vaines entreprises des hommes, toujours attentive à ne pas se laisser ravir la paix de son cœur, à mardher toujours d'un pas égal vers l'éternité, à ne point perdre de vue son Dieu, et à avoir toujours sa conversation dans le del 7
Ce n'est pas que je veuille exdure de l'autd tous ceux qui n'ont pas enc<Nre atteint cet état de mort : hélas I c'est TaffiaiireVle toute la vie; et la diair de Jésus-Christ est un secours établi pour nous fortifier et nous aider dans cette entreprise. Mais il faut y tendre, pour ne pasapprodierderautel indignement ; il faut être aux prises avec SCS sens, avec sa corruption, avec ses foiblesses, et se gagn^ tous les jours sur qudque article ; il faut pratiquer l'abnégation dire* lionne ; il but expier par la retraite, par le silence, par les larmes, par la prière, par les macérations, les victoires journalières que les impressimis du monde et des sens remportent sur nous ; il faut se rdever avec avantage de ses chutes. Mais je veux vous donner k entendre qu'une communion n'est pas Tafiaire d'un jour et d'une solennité ; que tonte notre vie doit être une préparation à TEucha ristie ; que toutes nos actions doivent être comme des pas qui nous conduisent à l'autel ; que la vie de la plupart des gens du monde , de ceux même qui ne sont pas dans le désordre, qui ne se gênent sur rien, qui vivent sdon les sens , qui ne sont vifs que sur les intérêts de la terre, est une vie qui n'annonce pas la mort du Sdgneur, et qui déa là vous exdut de ce mystère. Je veux vous fairs QQinprendreqne ITucharittie est un festin, si je l'ose dire, de deuil
el demorCi qae les joies, les plaisirs, les raines déooralioiis déparat oette table sacrée, et tous font rejeter comme celai qui s'y prè* aenle arec on habit sale et déchiré : qu'on ne peat pas se nourrir en même temps et des riandes d'ici-bas et du pain du ciel ; et que du moment qne les Israélites arrivés sur les frontières de Ghanaan eurent commencé à manger les fruits de la terre, dit rÉcriture, la flmniie cessa de tomber , et ils n'usèrent plus depuis de cette nourriture céleste: DefecUque manna postquàm comederunt de frugibus terne ( Jos. , y, là). Je veux tous faire comprendre que ce flterement est le fruit, et non pas la marque, de la pénitence; que ces communias, dont une solennité décide, font plus de profanateurs qne d'adorateurs véritables; qu'on ne peut se nourrir du corps de JèsQS-Ghrist sans vivre de son esprit ; qu'il faut même que la plénitude derEsprit*Saint repose sur une ame comme sur Marie, avant que Jésus-Cbrist vienne dans elle comme s'y incarner de nouveau. Je veux vous faire comprendre que la lecture des livres saints, et les rigueurs salutaires de la pénitence, doivent préparer dans nos cœurs mie demeure à Xésus-Cbrist, afin que nous soyons comme des arches saintes , et que cette manne céleste y repose au milieu des tables de Ea loi et de la verge d'Aaron. Je veux vous faire comprendre que riennedoit tant vous faire trembler , vous qui vivez dans les dangers du siède et qui les aimez, que toutes les communions que vous avez faites avant que de vous être éprouvés, et avec la seule précaution d'une confession. Je veux vous faire comprendre que le pain de vie se change en poison pour la plupart des fidèles ; que l'autel voit presque plus de crimes que le théâtre ; que Jésus-Christ est plus outragé dans son sanctuaire que dans les assemblées des pécheurs, et que les solennités ne sont plus que desmystères de deuil pour lui, et des jours établis pour le déshonorer. Je veux, en un mot , vous faire compendre que, pour en approcher dignement , il faut une foi respec- Cœuse qui nous fasse discenier ; une foi prudente qui nous fasse éprooyer , une foi vive qui nous fasse aimer ; une foi généreuse qui non fasse immoler : hors de là ^ c'est se rendre coupable du corps fli du sang du Seigneur ; c'est manger et boire son jugement.
Ah! Seigneur, que j'ai peu connu jusqu'icil'innocence et l'extrême pureté que tous demandez de ceux qui viennent senourrir de ce pain eileste! I^e oentenier, cet homme d'une foi si vive, si humble, si édairée ; cet homme , si riche en bonnes œuvres , qui aimoit votre peuple , qui éleVoit des édifices sacrés en votre nom , destinés aux prières publiques et à l'intaprétation de vos écritures, cet homme ne secroit pas digne de tous recevoir même dans sa maison : la {dus pure même des Tierges , lorsqu'un ange lui annonce que vous ailes descendre dans son sein , en est effrayée; elle entre dans son nénti eCt*01ui reste encorelaforcede parler, c'est pour demander oommenC œb se pourra faire. Et qui snlH^ , Seigneur, pour oser n'asseoir à votre table avec si peu deprècaollontmoiqai Tiens paroMK^Ms
devant tous i moi qui n'ai à tous offlrir qae les resles d'un oœwr qns le monde a occupé si limg-temps { moi qui nesuisi Tousque |Mf ivhtervaUes, etqui laisse encore aux créatures et au passionsle fond et l'état demoniîŒur ; moi quineporteà vos autels que de foibks essais de salut, et des œuvres consommées de péchéj moi qvd n'cdy par* dessusles autres pécheurs, que l'abus de vosgracas,quedeslumiéres inutiles» que des sentiments qui s'exbalent par désirs , que miUe inspirations qui n'obtiennent jamais de moi que de vaines démarebes de conversion, qu'un cœur incapable de se familiariser ni avec le péché , ni avec la vertu ; qu^un naturel heureux , et presque de son propre fonds ennemi des excès et du viœ, et que j'ai pourtant altéré? Ah I Seigneur, les fruits d'une communion sainte sont si abondants, si sensibles ; Tame en sort si inondée de vos grâces et de vos faveurs , que quand je n'aurois point d'autres marques de rindignité de mes communions que leur inutilité, je devrois trembler et me confonde. Quand on mange votre chair indignement, vous nous apprenei qu'on a encore faim ^ et je me retire de cette table sacrée , fatigué, lassé de mes hommages: je respire au sortir de là, comme au sorthr d'une bienséance et d'une gène : je m'apidaudis d'<»i être quitte , comme si je venois de finir uneaffaire pénible : et si jesens le goût réveillé, c'est celui des plaisirs et du monde. Quandon a mangé votre chair dignement, on demeure en vous , et vous demeure» en nous, c'est-à-dire que votre sang précieux , qui coule encore datus nos veines, nous laisse vos inclinations, vos traits, votre ressemblance , et que nous sommes d'autres nous-mêmes ; que , comme de jeunes princes héritiers d'unsang royal , on doit voir briller smrnolre visage je ne sais quel air de majesté qui annonce notre noidesse; il ne doit plus paroltre en nous que des inclinations nobles , célestes , et des sentimaits dignes du sang que nous avons regu ; et cependant je me trouve toujoisrs des désirs terrestres , des penchants bas et rampants ; un cœw qui se traîne encore sur la boue , et qui ne sait s'élever au-dessus des créatures et retourner jusque dans votre slw, dont il est sorti. Quand on mange votre chair dignement , vous nous apprenez qu'on vit pour vous et qu'on vit étemdlement ; et j'ai continué de vivre pour le monde , pour moi-même, pour les hommes qui m'environnent , pour mes plaisirs , pour mes projets de fortune^ pour mes aCDdres , pour une famille, pour des enfonts, pour ma gloire; pour vous, à peine un seul moment dans la jonrnic. Que fiiut-il donc que je fasse , Seigneur ? que je me retire de votre taUe? Quoi 1 ce fruit de vie me seroit interdit? quoi 1 le pain de oonsoIaÉion ne seroit plus rcHupu pour moi ? N<m, Seigneur , vous ne vouiez pnnt m'en exclure ; vous voulez m'en rendre digne : vous ne voulez pas qoe je m'en retire, mais vous voulez que je m'y prépare $ vous ne me refusez pas le pain des «liants, mais vous ne voudriei pas que mon iadigniié vous obligeât de me présenta xm serpent à sa pieuse. BM|MM^o«s donc vous-même dans nwipeœur une demeure digne
LE JOUa DE NOËL. iU
éb tote ; afteniases^en les hauleiirs, nànme»-ea Tobliqoiti, po* rifiez mes désirs , corrigez mes inéUnalioiis , ei3éex--en plalét de tioa*yeUes. Yms seul pouvez être TOlre pctaneiiF, el tods préparer les voies dans las ornes. RempUssez-ooes doac , Seigbew, de votre esprit, afiû que nous mangimis votre corps dignenent, et que 1^^ ' viviODS étemeUàment pour voos. Ainsi soit^iL