LE JOD& DB NOËL
pleure war noust ^ no^ mèioiis le deuil el la tritteBM à la Joie que fad inspire nue ii heoreuae noaTeUe.
Or qœli sont lei binfUls inestimablfiBqae cette nainanoe Tient
aniorter anx hommeaf Lee esprits célestes euzHiiéaies yieoBent
l'apprendre aojoordlMii aux pastenrst elle Yîent rendre la gloire à
DieQ et la paix aux hommes^et Yoilli toat le fond de ce grand mys*
\ tèredèrdoppé. A Diea , la glcrire qne les hommes aTcnent Yoalu loi
I rarir ; aux hommes, la paix qu'ils n'avariait cessé de se rayirà eax
/ mêmes. Implorons, etc. jive^ Maria.
PUaniKE PABTIB.
L'homme n'avoH été placé sur la terre que pour rendre k l'auteur de son être la gloire et l'Iiommage qui lui étoient dus. Tout le rappdoit à ses devoirs , et tout ce qui devoit l'y rappeler l'en éloigna. Il deyoit à sa majesté suprême son adoration et ses hommages ; k sa bonté paternelle , son amour ; à sa sagesse infime, le sacrifice de sa raisonet desalumiére. Ces deroirs, grayésdanslefond de son cœur, et nés ayeclni, lui étoient enonre sans cesse annoncés par toutes les créatnres; il ne pouToit ni s'écouter lui-même , ni écouter tout ce qui étoit autour de lui , sans les retrouver. Cependant il les oublie, il les effM» de son coMir : il ne vit plus, dans l'ouvrage, l'honneur et le coite qui étoient dus à Touvrier souverain ; dans les bienfaits dont il le combloit , Tamour qu'il devoit à son bienfaiteur $ dans les ténèbres répandues sur les effets mêmes de la nature , l'impossibilité descmder» à plus forte raison, les secrets de Dieu, et la défianoeoù il devoit vivre de ses propres lumières. L'idolâtrie rendoit donc k la créature le culte que le Créateur s'étoit réservé i lui seul t la Synagogue l'honoroit des lèvres , et l'amour qu'elle lui devoit se bonunt à des hommages extérieurs qui n'étoient pas dignes de lui : la phi* kisopfaie s'éganrit dans ses pensées , mesnroit les lumières de Dieu à celles de l'homme, et croyoit que la raison, qui se méconnoissoit elleHBême, pouvoit connottre toute vérité i trois plaies répandues sur toute la face de la terre. En un mot, Dieu n'étoit plus connu ni glorifié, et l'homme ne se connoissoit plus lui-même.
Et premièrement, à quels excès Tidol&trie n'avoit-elle pas poussé son culte profane? La mort d'une personne diére l'érigeoit bientôt en divinité, et ses viles cendres , sur lesquelles son néant éUAi écrit en caractères si inefiJaçables, devenoient elles-mêmes le titre de sa gloire et de son immortalité. L'amour conjugal se fit des dieux ; Tamoor impur l'imite, et voulutavoir ses autels : l'épouse et Famante, l'époux et l'amant criminels eurent des temples, des préiresetdes sacrifices. La folie ou la corruption générale adopte un culte si bicarré et si abominable; tout l'univers en fut infecté; la majesté des lois del'empirerautorisa; la magnificencedes temples, l'appareil des sacrifices, la richesse immense des simulacres rendirent cette extravagance respectable. Chaque peuple fut jaloux 4'itvoir ses dieux ; au
LE lOUA DE NOËL m
dJtal de niOBiiiie t U oOHt de rencens à h Mte ; Itt pan derinrcnl le €«dte de oes divinités impures $ les yilles , les montagnes, las champs, les déserts en furent souillés, et Tirent des édifices superbes consacrés à Torgueil, à Fimpudicité, à la yengeanœ. La multitude des divinités égala celle des poussions { les dieux furent (H-esque aussi uuiltipliés que lès bonunes : tout devint dieu pour Tbomme, et le Dieu véritable fot le seul que rbommene ooBoAt point.
Le monde étoit plongé, depuis sa naissance presque , dans Thorreur de ces ténèbres ; chaque siéde y avoit ajouté de nouvelles im- |»étés. Plus les temps marqués du Libérateur approchoient , plus la dépravation sembloit croître parmi les bommes. Rome clIe-méme, maîtresse de l'univers , s'étoit soumise aux différents cultes des na* tiens qu'elle avoit subjuguées, et voyoit s'ébver au milieu de ses murs les idoles diverses de tant de peuples soumis, qui devenoient plutôt des monuments publics de sa folie et de sor. aveuglement, que de ses victoires.
Mais enfin , quoique toute chair eût corrompu sa voie , Dieu ne vouloit plus faire pleuvoir sa colère &ar les hommes , ni les exter* miner par un nouveau déluge i il vouloit le:; sauver. Il avoit mis daiif: le ciol le ngne de son alUance avec le monde, et je signe vérl* labio n'étoit pas cet arc lumineux et grossier qui parott Alis les nuées s :^V :.ait Jésus-^ jhrist, son Fils unique, le Verbe fait chair, le aceiu véritable (a Titlliance ^lemelle, et la seule lumière qui vient éclairer 101/. le :ii0Dde.
U parolt an)0urâ htii ^:ur la terre, et rend à son Père la gloire que ''impié(c d'uL culte publi^? avoit voulu Iiii ravir. L'hommage que lui renrl son amesainte, ame au Verbe , dédommage d'abord sa majesté supréLie de tous les uonccurs^pie l'uni ver lui avoit jusque là refusés, pour Tes prostituer à la créature. Un adorateur Hommfr-Dieu rend plus de {^ioure à la Divinité que tous les siècles et tous les peuples idolâtres nelui en avoient 6té ; et il falloit bien que cet hommage fût agréable au Dieu souverain, puisque lui seul effaça ridol&trie de dessus la terre , fit tarir le sang des victimes impures , renversa les autelsprofanes, imposa silence aux oracles des démons , miten poussière les vaines idoles, et changea leurs temples superbes, jusque là les asiles de toutes lés abominations , en des maisons d'adoration et de [Mière. Ainsi l'univers changea de face : le seul Dieu inconnu dans Athènes même, et au milieu des villes les plus célèbres par leur science et par leur politesse, fut adoré; le monde reconnut son auteur ; Dieu rentra dans ses droits : un culte digne de lai s'établit sur toute la terre ; et il eut partout des adorateurs oui l'adorèrent en esprit et en vérité.
Voilà le premier bienfait de la naissance de Jésus-Christ, et la Vremiére gloire qu'il rend à son Père. Mais, mes Frères , ce grand bienfait est-il pour nous? nous n'adorons plus de vaines idoles, un
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JnpiM* Ihotttiieiix , une Tétiiu iiii)[Midiqiw, tm mm TiiiAiMHllA cruel ; mais Dieu en est-il plus glorifié parmi nous? ne mettoiw-iMfii pas à leur place la fortune, la Tolupté, la faTeur du maitre, lê monde arec tous ses plaisirs? car tout ce que nous aimons plus qcto Dieu , nous l'adorons ; tout ce que nous préférons à Dieu , éenrkui notre dieu lui-même , tout ce qui Ikit le seul objet de nos pensées , de nos désirs et de nos affections, de nos craintes et de nos cspé* rances , fait aussi tout notre culte ,. et nos dieux sont nos passions, auxqudles nous sacrifions le Dieu téritable.
Or ipie d^Moles encore de cette espèce dans le monde cbréflen .* Tous, cette créature infortunée àlaquelle vous avez proétituéTOtre cœur, à laquelle tous sacrifiez yos biens ^yotre fortune, votre ^ gloire, votre repos, et dont ni les motifs de laréligion, ni ceux même du monde , ne peuvent vous détacher, c'est votre idole; et que lui manque-t-ilpour être votre divinité infâme, puisque dans votre fth reur vous nelui en refusez pas même le nomFYous, cette cour, cette fortune qui vous occupe , qui vous possède, à laqudle vous rap* portez tous vos soins, toutes vos démarches , tous vos mouvements, tout ce que vous avez d'ame , d'esprit, de volonté , votre vie tout entière , c'est votre idole : et qud hommage crimind lui refusezvous dès qu'elle l'exige , et qu'il peut devenir le prix de ses faveurs? Vous , cette mtempérance honteuse qui avilit votre nom et votre naissance, qui n'est plus même de nos mœurs, qui a noyé et abruti tous tos talents dans les excès du vin et de la débauche , qui , en vous rendant insensible à tout le reste , ne vous laisse de goût et de sentiment que pour les plaisirs abrutissants de la teUe , c'est votre idole : vous ne comptez vivre que les moments que vous lui donnez , et votre coeur rend encore plus d'hommage à ce dieu infâme et abject que vos chants insensés et profanes. Les passions i firent les dieux autrefois ; et Jésus-Christ n'a détruit ces Idoies qu'en détruisant les passions qui les avoient élevées x vous les relevez en faisant revivre toutes les passions qui avoient rendu le monde entier idoIAtre. Et que s^ de connottre un Dieu seul , si vous portez ailleurs vos hommages ? le culte est dans le cœur ; et si le Dieu véritable n'est pas le dieu de votre cœur, vous mettez, comme les païens, les viles créatures à sa place, et vous ne lui rendez pas la gloire qui lui est due.
Aussi Jésus-Christ ne se borne pas à maidfester le nom de son Père aux hommes , et à établir sur le débris des idoles k connoissance seule du Dieu véritable. 11 lui forme des adorateurs qui ne compteront pour rien les hommages extérieurs, si l'amour ne les anime et ne les sanctifie , et qui regarderont la miséricorde, la justice, la sainteté comme les offrandes les plus dignes de Dieu, et l'appareil le plus pompeux de leur culte : second bienfait de la naissance de Jésus -Christ, et seconde sorte de gloire qu'il rond & son Père.