LA CIRCONCISION
et réCa^Ussement d'an culte où ïjçm rende & lui seul ce qui n'eat dd qu'à lui seul.
Or, si le Seigneur Jésus , venu dans la plénitude des temps , p'étoU qu'un iiomme juste et innocent , choisi seulement pour être l'envoyé de Bien sur la terre , la On principale de son ministère auroit été de rendre le monde idollOrei et de ra?ir à la DîYinité la gloire qui lui est dpe , pour se l'attribuer à lui-même.
En effet, mes Frères, soit que nous considérions l'éclat de son ministère dans cet appareil pompeux d'oracles et de figures qui Tont précédé , dans les circonstances merveilleuses qui l'ont accompagné , et enfin dans les oeuvres qu'il a lui-même opérées , l'édat en est tel , que si Jésus-Christ n'étoit qu'un homme semblable à nous, Dieii, ' qui Fa envoyé sur la t^re , revêtu de tant de gloire et de puissance , nous auroit lui-même trompés, et seroit coupable de l'idolâtrie de ceux qui l'adorent.
Le premier caractère édatant du ministère de Jésus-Christ, c'est d'ayoir été prédit et promis aux hommes depuis la naissance du monde. A peine Adam est-il tombé , qu'on lui montre de loin le Réparateur que sa chute a rendu nécessaire à la terre. Dans les siècles suivants, Dieu ne parait, ce semble, occupé qu'à préparer les hommes à son arrivée : s'il se manifeste aux patriarches , c'est pour les confirmer dans la foi de cette attente; s'il inspire des prophètes, c'est pour l'annoncer $ s'il se ehdsit un praple ^ c'est pour le rendre dépositaire de cette grande promesse ; s^l prescrit aux hommes des sacrifices et des cérémonies religieuses , c'est pour y tracer, comme de loin, l'histoire de celui qui doit venir. Tous les événem^its qui se passent sur la terre semblent conduire à ce grand événement ; les empires et les royaumes ne tombent ou ne s'élèvent que pour y préparer les voies ; les cieux ne s'ouvrent que pour le promettre i et toute la nature, comme dit saint Paul, semble être dans l'impatience d'enfanter le Juste qu'elle porte dans son sein, et qui doit venir la délivrer de la malédiction où elle est tombée : Omnis creatura in-* gemUcit etparlurù ( Rom, , viii , 22 ).
Or, mes Frères , faire attendre un homme à la terre, et l'annoncer du haut du ciel , depuis la naissance des siècles, c'est déjà préparer les hommes à le recevoir avec un respect de religion et de culte ; et quand Jésus-Christ n'auroit que cet éclat particulier qui le distingue de tous les autres honmies , la superstition des peuples à son égard eût été à craindre, s'il n'avoit été qu'une simple créature. Mais ce n'est rien même pour Jésus-Christ d'avoir été prédit t toutes les circonstances dans lesquelles il Ta été sont encore plus merveilleuses et plus étonnantes que les prédictions mêmes. En effet , mes Frères, si Cyrus et Jean-Baptiste ont été prédits longtemps ayant leur naissance dans les prophéties d'Isale et de Malachie , ce n'ont été là que ^es prédictions uniques, sans suite, sans appareil, et qu'on trouve dans un seul prophète } des prédictions qui n'annoncent que des évé-
DIVINITË DB JSSUS-GHiUST. I5a[
i, et où la Nlwûii de» peuples ne pouToit être r^ Cyros , pour être le resUurateiir des murs de Jérusalem , lém-BapIMey yow jxéfBrer les voies à celui tfoà doit venir ; Tun et Taolre, pour eenftrmevv par raecomplissemeut de ces prophéUes particBliôres , la vérité el la divinité de toutes les prophéUes qui annonfoient Jétos-ChrlsL
Mate ici, mes FMres^ c'est un envoyé du del prédit par tout un peuple , aanmeépeAdant quatre mille ans par une longue suite de prophètes, désiré de toutes les nations, figuré par toutes les cérémonies, attendu de tous les Justes, montré de loin dans tous les Ages. Les patriardies meurent ea souhaitant de le voir ; les Justes vivent dans cette attente; les pères apprennent à leurs enfants à le désirer ; et ce désir est comme une rel^n domestique qui se perpétue de siéde en siède/ Les prophètes eux-mêmes des Gentils voient briller de loin l'étoile de Jacob; et jusque dans les oracles des idoles, ce grand événemoat est annoncé. Id , ce n'est pas pour m èvénmnent particulier, c'est pour être la ressource du monde condamné, le législateur des peuple;, la lumière des nations, le salut d'Israël; c'est pour eibcer l'iniquité de la terre, pour amener une justice étemelle, pour remplir l'univers de l'Esprit de Dieu, et porter à tous les hommes une paix immortelle. Quel appareil! quel piège pour la rdigion de tous les siédes , si des préparatifs si magnifiques n'annoncent qu'une simple créature, et dans des temps surtout où la crédulité des peuples mettoit si fadlonent au rang des dieux les hommes extraordinaires 1
l^ailleurs, mes Frères, lorsque Jean-Baptiste parolt sur les bords du Jourdain , de peur, ce semble , que le seul orade qui Tavoit prédit ne devint une occasion dIdolAtrie au peuple que le bruit de sa sainteté attiroit autour de lui, il ne fait point de miracles, il ne cesse point de dire : Je ne suis pas cdui que vous attendez ; il n'est attentif, C3 semble,^'à prévenir des honneurs superstitieux. Jésu^Christ, au contraire, que quatre mille ans d'attente, de figures, de iHrophéties, de i»tHnesses, avoient annoncé avec tant de magnificence à la terre; Jésus-Christ , loin de prévenir la superstition des peuples à son égard, vient en grande vertu et puissance ; il fait des csuvres et des merveilles que personne avant lui n'avoit faites ; et non-seulemeat il s'élève au-dessus de JeaurBaptiste, mais il se dit égal à Dieu même. Oà seroitson lèlepour la gloire de celui qui l'onroie, et son amour pour les hommes, si la méprise eût été à craindre, et si c'eAt été une idcdAtrie de lui rendre des honneurs divins ?
De plus, mes Frères , tout ce que les siècles précédents avoient eu d'hommes extraordinaires, tous les Justes de la loi et de Tège des patriardies n'avoiait été que les types imparfaits du Christ ; et encore chacun d'eux ne rèprésentoit que qudque trait singulier de sa vie et de son ministère : Mdchisedech, son sacerdoce^ Abraham ,
IM LA CTR0ON<aSI0W. ^
sa qnaUfé dechef et de père des m^ntoi IM»^ mi Bocriteei Joh^ ses persécutions; Moïse, son office de liiédltteiir; Jo0aé,8o&eBMo triomphaûte dans la terre des yttants airee on ptople elioi»* Tûoé ces hommes si yénérables et si miracidett tféUkat ponrtani qoe les ébauches éa Messie à venir ; et fl falMI Uen que ce Messie dtl être grand lui-même, puisque ses figures aTolent élèti ittustfeael si éclatantes. Mais ôtez à Jésus-Christ sa divinité et son éternelle origine, la vérité n'a plus rien au-dessus de la figure. Je sait, cofnme nous le dirons dans la suite , que Tédat de ses m^veilles , quand on y regarde de près , est marqué à des caractères divins qu'on ne trouve pas dans la vie de ces grands iHwnmes ; mais, à n'en juger que par les yeux des sens , le parallèle ne seroit pas fa-> vorable à Jésus-Christ. Est-il plus grand qu'Abraham , cet homme si grand, que le Seigneur lui-même, parmi ses noms les plus pompeux , avoit pris celui de Dieu d'Abraham, comme pour faire con* Dottre à la terre que les hommages d'un homme si juste et si ex-* traordinafare étoient plus glorieux à sa souveraineté que le titre da Dieu des empires et des nations; si grand, que les Juifo ne se croyolent au-dessus des autres peuples du monde que paroequ'ib étoient la postérité de ce chef fameux et chéri du dd; et que les pères, en contant à lears fils les mervdlles de leur nation et l'histoire de leurs ancêtres, ne les animoient à la vertu qu'en les faisant iBOuvenirs qu'ils étoient les enfants d'Abraham et les pcnrtions d'une race sainte? Est-il plus merveilieax que Mciise, cet homme puissant m œuvres et en paroles, médiateur d'une aitiance sainte qui délivra son peuple et brisa le joug de l'Egypte ; cet homme qfA fnt établi le dieu de Pharaon , qui parut le maitre de la nature, qni couvrit la terre de plaies , qui sépara les mers, qui fit pleuvoir du ciel une nourriture nouvelle ; cet homme qui vit le Seigneur face à face sur la montagne sainte, et qui parut devant Israël tout resplendissant de lumière? Qu'y a*t-il dans la vie de Jésus-Christ déplus surprenant et de plus magnifique? Cependant ce n'étoient là que les ébauches grossières de sa gloire et de sa puissance; il en devoit élre la perfection et le dernier trait: Or, si Jésus-Christ n'étoitpas l'image de la substance de son Père et la s{dendeur éternelle de sa gloire , on devroit tout au plus l'égaler à ces premiers hommes $ et l'incrédulité des Juifs pourrait lui demander sans blasphème : Etesvous plus grand que notre père Abrahsm , et que les prophètes eux-mêmes qui sont mort? Numquid tu major es pâtre nostro Abraham ( Joan. viii, 53)? J'ai donc eu raison de dire que si vous considérez en premier lieu son ministère par cet appareil pompeux d'oracles et de figures qui Vont annoncé , l'échit en est tel , que si Jésus-Cfarist n'est qu'un homme senddable à nous, la sagesse ellemême de Dieu seroit coupable de l'erreor de ceux qui l'adorent.
Mais, mes Frères, le Christ a été prédit avec ses membres r nous sommes renfennés dans lea prophéties qui l'ont annonoé i la terre i
DlVIIUItt I» JÉSOS-GHRIST. im
motâTonf été promtocoaune me raœ Btinle, iiti:iieaplfi4pititMl) qpi4ef!dttperter laloign^te4aiiila.cœ«ir qmnê iewinittiaftâet que pov kâ Uent éteroel», et qm defoît adorer ea esprit et.en .vérité; Dou avom fottt 001001» lémanGhrist^ l'attente dw Justes ^aFiadeoteoiiis etledesbrdes nations; nous sramieseetleiiou* téDe Jénsslem pure el Éans tache, si sonrent annoncée dans les propliéles, oèBien seid defioit être coiuia et ad^ffé, où h étiBksei|leJamiàreqainQiiséolidre;k charité, le senl lien qoi Doos unil) l'oEipèrinoe de la patrie, la senl desîr qni nras anime. teienpiifiâon^-noQS nne attente siiUostro^ si safaitefsommes-noas dignes d^oroir Adt le désir de tons ces siédes reculés qni noospréoéfUrenl? méritons-nous d'aTOir été attendus comme des hommes cékstes , qû dévoient remplir la terre de sainteté et de jQstice ? Les ttèdes ne se soot*ili pas trompés en attendant le peuple chrétien? SLles Justes de oes temps xeculéa revenoient sur la terre, pourriona nous nous montrer à eox,.et leur dire : Yoîd ces hommes ctiestes, ^intnels, chastes, fidèles, charitaUes que tous attendies? Héhsl mes fUres, les Justes de l'ancien temps ont été dvétiens avant la naissaneede la foi, et nous sommes encore Juifs sous rSrangile; nods M vivons ^le pour la terre; nous ne connoissons de biens véritables que 1^ biens présents; tonte notre religion est dans les sens; nous avons regn plus de seeour8,mais nous nesonmiespas plus fidèles.
A l'éclat des prophéties qni ont annoncé Jésus-Christ, il faut ajovter celui de ses oeuvres et de ses prodiges ; second caractère éclatant de son ministère* Oqi , mes Frères, quand même le ciel ne Tauroit pas promis à la terre avec tant de magnificence; quand il n'auroit pas fait durant tous ces premiers èges comme la seule oc cupation et la seule attente de l'nnivers « comment se montre-t*il à la terre ? Fsorut-il jamais un homme plus merveîHeux , plus ttvin dans ses œuvres et dans toutes les drecmstances de sa vie ?
Je dn premièrement dans ses œuvres et dansses prodiges. Je sais, et nous venons de le dire , que, dans les sâècles qui Tavoient précédé , il avoit paru sur la terre des hommes extraordinaires, que te ^igneor sembloit rendre dépositaires de sa vertu et de sa tonte«puinaneos MoKse^parnt en Egypte et dans le désert le malÈre du del et de la terre ;'Elie, dans les siècles suivants, vfait donner le même spectade aux hommes. Mais qnand on y regarde de près, dans leur puissance même , tous ces hommes miraculeux portoient toujours des caractères de dépendance et de foiblesse.
Moïse n'opéroit ses prodiges qu'avec la verge mysiërienae; sans elle, il n'èloit pkxs qu'un homme foible et impuissant ; et il semble que le Seigneur avoit attaché la vertu des miracles à ce boti aride, comme pour faire sentfar aux Israélites que Moïse Inl-ménie n'étmt entte ses mains qu'un mstmment foible el fragile , dont il ini ptadscrit ée se servir pour oféttt de grandes choses. Jé|ufr«
IM LA GItC}ORaSH>N:
GkrisI opère kspliisgraada|iiodi§tfflui0pfl lernA
«Itoacbemeot de larobe guèril des infimiUsdéMpteées. Mûbe m oommoiiiqne point à sesdiseiplefl le poavoir d'opérer det prodiges, pan»G|V c'étoit un doa élraager qa'il a? oit reça do ciel , et dont tt ne pcmToit pas disposer {Jéraft-^âirigt en laiflM siens un encore pins grand qne celui «pii a paru en hri^niéoie. Mote agit Uni* jours au nom du Seignemri Jésnfr-Glurist opère tout en son propre nom, et les œuvres de son Père sont les siennes. Cependant ce Moïse, qui n'aroit pas été prédit comme Jésus^^hirist , qui neremettoit pas les pécliés comme lui, qui ne se disoit ptségalà Bien, mais seulement le senriteur fldtie $ ce M<Mse, eraigauit qu'après sa mort ses prodiges ne le fissent passer pour un dieu, prend des mesures, de peur que dans la suite des siècles la crédulité de éouï peuple ne loi rende des honneurs divins; il veut que son tombeau soit inconnu à la terre; il va mourir à l'écart sur la montagne, loin des yeux de ses frères , de peur qu'on ne vienne lui ofrir des victimes sur son tonAeau , et dén^ pour jamais son corps à la superstition des tribus ; ilne se montre pas à ses disciples après sa mort ; il se c(«tenle de leur laisser la loi de Bien , et fait tous ses eSorls afin qu'ils Toublient lui-même. Et Jésus-^farist , après tous les prodiges iqu'il opéra dans la Judée, après toutes les préiUctions qui l'avoient annonoè , après avoir paru comme un Dieu sur la terre, son tombeau est connu de tout l'univers , exposé à la vénération datons les peui^ks et de tous les siècles ; iqwès sa mort même û se montre k ses disciples. La superstition étoit-dle donc ici moins à craindra? ou Jésus-Christ est-il moins zélé que Moïsepour la gloire derEtre souverain et pour le salut des hommes ?
Elle ressuscite des morts, il est vrai; mais il est obligé de se coucher plusieurs fois sur le owpsdel'enfant qu'il Te8Soacite;il souflie, il se rétrécit , il s'agite; on voit bien qu'il invoque une puissance étrangère, qu'il nqipdle de l'empire de la mort une ame qui n'est pas soumise à sa voix , et qu'il n'est pas lui-même le maître de la mort et de la vie : Jésus-Christ ressuscite les morts comme ft fiiit ks actions les plus communes , il parle en maître à ceux qui dorment •d'un sommeil étemel , et l'on sent bien qu'il est le Dieu des morts comme des vivants, jamais plus tranquille que lorsqu'il opère les plus grandes chosses.
Enfin les poètes nous représentoient leurs sifagrlles et leurs prétresses comme des furieuses, lorsqu'elles prédisoient Faventr ; il semblequ'elles ne pouvoient pcMrterla présence de l'esprit imposteur qui résidât en èHes. Mospro|diàles eux-mêmes amionçantles choses ftitures, sani^ perdre l'usage de la raison ni sortfar de la gravitéet de la décence de leur ndnistère , entroient dans un enthousiaamedivin; il falloit souvent que le son d'une lyre réveillât en eux l'esprit prophéttq[uef m seatoit Men qu'une fanpidsion étrangère les animoit , of que ce n'èloit pasde leur propre fonds qu'ils tiroienl la science de
DIVINITE DE JJÊSUS-CHRIST. tST
l'avenir, et les mystères ca^lbéB qa'ito aDoonçoteiit aux hommes. Jeaos-Ghrist prophétise comme il parle ; la sdeoce de rayeiiir n'a Tien qoilefrappe, qui le trouble, qui le surprenne, parce qu'il renferme tous les temps dans son esprit : les mystères fulnrsqo'fl amionoe ne scmt point dans son ame des lumières sonuHûnes et infuses qui l'éblouissent, ce sont des objets familiers qu'il ne perd jamais de vue, et dont il trouve les images au-4edans de lui; et feus les sièdesà venir sont sous Fimmensitô de ses regards, comme le jour présent qui nous éclaire* Ainsi, ni la résurrection des morts , ni la {«Miè' tion de Tavenir, ne le tirent de sa tranquillité ordinaire $ il ^ joue, pour ainsi dire, en opérant des prodiges dans l'univers t et, s'il parott quelquefois frémir et se trrâbler, ce n'est qu'à la vue du pé* ché et de l'endurcissement de son peuple; parce que plus on est grand en sainteté , plus le péché offro d'horreurs nouvelles^ et que la seule chose qu'un Homme ;Dien puisse voir avec fréndssemient, c'est le spectacle d'une conscience souillée de crimes*
Tdle est la toute -puissance de Jésus -Christ; sesmiradesne portent aucun caractère de dépendance > et, peu content de nous montrer par-là qu'il est égala Dieu, il nous avertit encore que tout ce quesm Père opteede marveilleux sur la terre, lui-même l'opère aussi, et que les oeuvres de son Père sont les siennes. Tronver-nous un prophète qui, jusqu'à Jésus-Christ, ait tenu ce langage, et qui , loin de rendre gloire à Dieu comme à l'auteur de tout don excellent, se soit attribué à lui-même les grandes choses que le Seignenr avoit bien voulu opérer par son ministère?
Mais , mes Frères , si nous avons été prédits avec Jésus-Christ, nous sommes de plus participants de sa souveraineté sur tonies les créatures. Le chrétien est par la foi maltrede la nature; tout lus est soumis , parcequ'il n'est lui-même soumis qu'à Dieu seul : toutes SCS œuvres doivent être en un sens nriraculêuses , parceqne tooten ses œuvres doivent partir d'un principe sublime et divin, et être au-dessus des forces de la foiblesse humaine : nous devons être, ponr ainsi dire, des hommes miraculeux, maîtres du monde^ en le mé*» prisant ; élevés au-dessus des lois de la nature, en les surmontant t arbitres des événements, en nous y soumettant; plus forts que la mort même, en la souhaitant. Tdle est la sublimité du chrétien, et il faut bien que Jésus-Christ soit grand pour avoir élevé à ce point de puissance et de grandeur la foiblesse humaine.
Enfin, le dernier caractère éclatant de son ministère sont les circonstances merveilleuses, et jusque là inouïes, qui composent tout le cours de sa vie mortelle. Je sais qu'il est venu dans le dépouillement et dans la bassesse ; mais, à travers ces dehors obscurs et m^ prisablcs, quel éclat les ennemis mêmes de sa divinité ne S(mt*ib pas forcés d'y reoonnoltre !
Premièrement, quoiqu'ilsleregardentcommeunhommesemUaU
à nousn ils le croient cq^ndant formé par l'opération invisible du
ISS LA GIRGONaSION.
1M»-Hamt dans lé Miad'ime vierge de Jada, oontre h lot ordinaire
4ei eofiuits d'Adam. Qodie gloire déjà pour une aimpte créature !
SeooDdeneiit, à peine eat»il né, qciedea légions cMestei font retentir daas.lM aifs dea cantiqotis d-allégresse , et nooé apprennent q«e eetie udiaailoefeiidaa gloire an Trèa-Hant et apporte tine paix étenneBe aor U tarie. QaéDe eal dono cette eréatnre qo} pent rendre gloifa an IVéa^Hast, iKpiA ne troave sa fMre <pfen taf-méme? £ea aprèa» qn aato nonyean appelle des sages do fond de l'Orient; é^ gnidé* par otle lomière ndracnleuse, ces hommes justes tien* ncmt des^extrémiiés de la terre adorn^ le nevrean Roi dea Jnifs. . Snires tontes les elrconstancea desa tie. Si Marie le présente an taaaple, unJiisteet tme sainte Cemme annoncent sa grandeorfittaref ft I transporiéa d'une joie sainte , ils meurent avec plaisir , aprè^ ayieir ¥11061111 qnfib appdlent le salut du monde, la lumière desnatieva et la gloire d'Israël. Les dodears assemblés dans le temple Yoient atec f rajrmr son enSuice, plus sage et plus éclairée que toute la aagesse des yieillards. A mesure qu'il atanee, sa gloire se déf eloppet Jeu -Baptiste, cet homme le plus grand des cnfimb dei< hommes, tUMisse devant lui, et se dit indigne de lui rendre méme^ kai^us vila mimsteres. Le del s'ourre plusieura Ibis sur sa tête, et dédareqw c'est là le fils Uen-^imé. Les démons frayés fuient de- Tant lui , ne peurent soutenir la présence seule de sa sainteté , et confessent qetû est le Saint de Dieu. Rassemblez des (émoignag^ si, dMKi'cnts et si noureauz , des circonstances si extraordinaires et si' inouïes : quel est cet homme qui parolt surla terre ayee tent d'éclat ? et in penptes-qui Tout adoré ne sont-ils pas du moins excusables ?
Mais ce nesont encore ici que de foiUes préludes de sa gloire. S'il aa relire à Técart sur le Tbabor, accompagné de trois disciples, sa ^ire, impatiente, si jeFose dire, d'avoir été jnsqne là comme retenue capU^ sous le Yofle de l'hamaniié, éclate au dehors : il parott tomt resplendissant delumiét^e : le Père céleste, qui alors, de peur que la gloire de Jésus-Christ ne devtnt une occasion d'erreur et d'iddAtrie aux disciples étonnés et témoins du spectacle, auroit dû, ce senible, les avertir que ce Jésus qu'ils voyoient si glorieux n'étoit pourtant que son serviteur et soc envoyé, leur déclare au contraire que c'est son Fils blen-aimé en qui il a mis toute sa complaisance, et ne met point de bornes aux hommages qu'il vent qu'on lui rende. Lorsque Moïse parut environné !c gloire, et oomne transfiguré sur la montagne de Sinaï. de peur que les Israélites, toujours ^apcrstilieux, ne le prissent pour un I>îeu descendu surla terre, le Seigneur dédaroit en même temps du haut du ciel, an milieu des éclairs et des tonnerres : Je suis celui qui suis , et vous rC redorerez que moi seul {£jcod.^ m, ik; Deut., vi, 13). Molse lui-même ne parott devant le penpleqaeport^tntles tebles delà loi entre les mafns, comme pour leur faire entendre que, malgré la gloire dont il paroissoit revêtu , il n'étoit pourtant quc le ministre et nou pas l'auteur delà loi
DIVINIVÊ DB . JÉSI^-CHRIST. M»
lidtl«;qpfUM poiifoit b|NrteeiiterqDe8iaTéésnlarfi«rre, et qa'il n'appartenoit qa'à IHea seul de la graver dans leors corars. Miîa Jéos^hrbl parolt sur le Tbabor comoM le légisiateor Inlmtee ; le Père ne loi deonie pas.la loioûavelle paqr la porter aux iMunmea ; Il leur (xdttme sentenaDt de Véeenter > et la propose M^ marne cowna leur lé^dateur^ oa pIulM annme kor loi vivante et étemelle.
Que diraf-je encore, mes Frèrea? Si daTbabgr ixwa passons aor leCalvaira, ca lieo, on deyoientae consommer ^oos iea opproiMPesda Fils de l'Homme, ne laisse pas d'être enoarele tl^éâtre de sa gloire et de sa divinité. Toqte la nature en désordre l'y raaoïmolt oomne son auteur s les astres qui secadient; les morts qui ressuscitent; les pierres des tonibeanx qui s'ouvrent et se brisent; le voile dn Temple qui se déchire j l'incrédulité elle-même qui le confesse par la bouàto do Gentenier : on sent bien que ce n'est pas un homme conomun qui meurt, et qu'il se passe sur cette montaigne quelque ohosede nouveau et d'extraordinaire.
Tant de Justes avant loi étoient morts pour la vérité par les mains des impies : le palais d'Hérode venoit de voir la tête du* Précurseur devenue le prix de la volupté ; Isale avoit* rendu gloiro à Dieu par une mort douloureuse, et, malgré le sang des rois dont il étoit sorti , sa naissance auguste n'avoit pu le metijne à couvert des persécutions qui sont toiqours la récompense delà vérité et du zélé : tant d'autres étoient morts pour la justice; mais ia natot^ tout entière ne paroissoit pas s'intéresser à leurs souffrances; les morts ne sortoient pas des t(»nbeaux, comme pour venir reprpcher aux vivants leur sacrilège : rien de semblable n'avoit encore paru sur la terre.
Parcourez le reste de ses mystères; partout vous trouverez des traits nouveaux qui le distinguent de tous les llomf|l^s, S'il vassa6dte< d'entre les morts, outre que c'est par sa propre vertu (ce qu'on n'avoit pas encore vu } , ce n'est pas pour mourir encore , comme tant d'autres qui avoient été ressuscites par le ministàrc des. prophètes : il JTçssqscitc pour ne plus mourir; et ce qui n.'avoU jamais été accordé % aucune créature, il reçoit ici-bas même une via im^ mortelle.
S'il monte dans le del, ce n'est pas un char de feu qui llélèvu en nn clin d'œil; il s'élève lui-même avec majesté;. il laisse à ses cbcrs disciples tout le loisir de l'adorer et d'accompagner' de leurs yeux et de leurs hommages leur divin Maître. Les anges viennent au-devant de ce Roi de gloire, comme pour le recevoir dans smi empire, et consolent TaiQiction des disciples, en le promettant encore une fois à la terre, environné de gloire etd'immortalilé« Test annonce ici le Dieu du dd , qui s'en retourne dans le Ucuid'ofù il étoit sorti, et qui va reprendre possession de sa gloire • tout perle du moins les hiommes h se ]p ocr^uader.
IM LA ORGONaSION
SIceiiM^ BMB Frtew, kmqa'EUe eel eolevé dais ui chtr 4e feu, un disdide tout waL est spectateur de celte ascensioa niiraoaleiue i eUesepane eaun liea écarté et éloigné des yeux des aalres eofimtsdes pixïphètei, leBqoete, peol-^tre plus crédules et noiiis iASlroilfl qo'EUiée, ewsent reodv dans ce moment des honnenn divins à cet bomme miracirieux. Mais Jésus^Sirlst moule dans le cielf environné de gloire , à la vue de dnq cents disciples ; les plus foibleaet oeu eo4|Qi la foi de sa résurrection étoitnioins^ affermie, son! les premiers appelés à la montagne sainte s on ne craint rien de leur créduliléf on souflre an contraire leurs adorations, comme leurs regrets et leurs larmes} et une vie si pleine de prodiges si inouïs jusfoe là sur la terre, est enfin terminée par une ciroonstapce encore plus merveilleuse i et propre toute seule à le dire repurder comme un Dieu , et à immortaliser Terreur et F idcdàtrie parmi les hommes.
En effet, mes Frères, si les siècles païens, pour justifier les hommages insensés et impies qu'ils rendoient à leurs législateurs, aut fondateurs doB empires , et à d'autres hommes câèbres , faisoient dire à leurs historiens et à leurs poètes que ces héros n'étoient pas wot% qu'ils avbient seulement disparu de la terre, et qu'étant de lé nature des dieux, ils étoient montés dans le firmament pour j prendre place avec les autres astres , qui, selon eux, étoient autant dé divinités qui nous éclairent, et pour y jouir de Tinmiortalité qu'ils dévoient i leur naissance divine ; si une fiction aussi grossière, toute seule, avoat pu rendre les hommes si long-temps idolâtres, quelle impression la vérité de cette fable ne devoit-elie pas faire sur les peuples? et si l'univers avoit adoré des imposteurs qu'on publioit faussement être montés dans les cieux , n'auroit-H pas été ejLCusaUe d'adorer un homme miraculeux , que les hommes euxmêmes avoient vu, environné de gloire, s'élever au-dessus des astres?
Mais prenez garde, mes Frères, que l'occasion de Terreur ne finit pas même avec Jésus-Christ. On nous annonce qu'il parottra encore à la fin des siècles, au milieu des airs, environné de puissance et de majesté I accompagné de tous les esprits célestes : toutes les nations assemblées et tremblantes attendront à ses pieds la décision de leur destinée éternelle ; il prononcera en souverain leur arrêt décisif. Les Abraham , les Moïse, les David, les Elle, les Jean-Baptbte , tout ce que les siècles ont eu de plus grand et de plus mer- Teilknx , sera soumis à son jugement et à son empire ; il sera seul élevé au-dessus de toute puissance , de toute domination , et de tout ce qu'on appelle grand dans le ciel et sur la terre; il élèvera son tlAÔe au-dessus des nuées , k côté du Très-Haut; il ne parottra pas aenlement le maître de la vie et de la mort , mais le Roi immortel des siècles , le prince de Tétcmité , le chef d'un peDT>le saint, Tar* Mtre de toute créature. Ouel est donc cet homme à qui le Seigneur
>iVI ilTÉ DE JÉSUS-CHRIST. l«i
a eommiinii. .. une telle puissance? et les morts eux-mémM^ q/A parctf tront en jugement deyantlui, pourront-ils être oondanuiéa pour ravoir ado^, lorsqu'ils le verront revêtu de tant de gloire, de majesté et de puissance?
Et une réflexion que je vous prie de faire en finissant cette partie de mon discours, c'est que, si Ion ne trouvoiticiqu*uu trait extraordinaire et divin dans la suite d'une longue vie, on pourroit croire ]ue le Seigneur se plaît quelquefois à faire éclater sa gloire et st puissance dans ses serviteurs. Ainsi Hénoch futaolevé, M6ise parai transfiguré sar la montagne sainte, Elie monta dans le dél sur un char defeu, Jean-Baptiste fut prédit. Mais, outre cpiec'étment là des drccmstances uniques» et que le langage de ces hommes miraculeux et de leurs disciples sur la divinité et sur eux-mêmes , ne laissoit point de lieu à la superstition et à la méprise, ici c'est un assemblage de merveilles, qui toutes, séparément môme , aurdent pa tromper la crédulité des hommes : ici tous ces traits répandus sur ces hommes extraordinaires, qui avoient presque été regardés comme des dieux sur la terre, se trouvent rassemblés en Jésus* Cbrist, mats d'une manière mille fois plus glorieuse et plus divine. 11 est prédit, mais plus pompeusement, et avec des caractères flm éclatants que Jean-Baptiste ; il parott transfiguré sur la montagne sainte, mais environné de plus de gloire que Moïse; Q monte dans le dd, mais avec plus de traits de puissance et de majesté qu'Eue i il lit dans l'avenir, mais plus clairement que tous les prophètes; il nait non seulement d'un sein stérile comme Samuel, mais encore d'une vierge pure et innocente : que dhrai-je? et non seulement il ne désabuse pas les hommes par des expressions nettes et prédses sur son cxigine purem^t humaine ; mais son langage seul sur son égalité avec le Très-Haut , mais la doctrine seule de ses disciples, qui nous disent qu'il étoit dans le sein de Dieu de toute éternité, et que tout a été fait par lui , qui l'appellent leur Seigneur et leur Uieu, qui nous apprennent qu'il est tout en toutes choses, justifient Terreur de ceux qui Tadorcnt, quand sa vie e&t été d'ailleurs ordinaire, et semblable à celle des autres hommes.
0 vous qui liii refusez sa gloire et sa divinité, et qui le regarde! pourtant comme l'envoyé de Dieu pour instruire les hommes , adievez le blasphème et confondez-le donc avec ces imposteurs qui sont venus séduire le monde, puisque, loin d*y rétablir la gloire de Bien et la oonnoissance de son nom , l'édat de son ministère n'a servi qu*& l'ériger lui-même en divinité, qu'à le faire placer triste ment ft o6té du Très«Haut, et plonger tout l'univers dans la plus dangereuse, la plus longue, la plus inévitable et la plus universelle de tontes les idolâtries!
Pour nous, mes Frères, qui croyons en lui , et à qui le mystère du Christ a été révélé , ne perdons jamais de vue ce modèle divin que le Père nous montre du haut de la montagne sainte. Entrons M. I. 11
toi LA ClkCONCiSlON.
ëat» l'esprit des divers mystères qui composent toute sa vie auirtelle : ce ne sont que les diffôrents états de la yie du chrétien smr la ferre ,* rcconnoissons le nourd empire que Jésus-Christ est venu se former sur nos ccenrs. Le monde que nous avons servi jusqu'ici, n'a pu nous délivrer de nos peines et de nos misèros. Nous y cherchions la liberté, lapais, la donccur delà vie; nous y avons trouvé le trocAle. la servitude, Tamertome , le malheur de nos jours. Voici un nouveau libérateur qui vient apporter la paix sur la ferre; mats ce n'est pas comme le monde le promet , qu'il nous la donne. 1 9i monde avoit voulu nous conduire à la paix et à la félicité par les plaisirs des sens, par l'indolence , par une vaine philosophie ; il n'y a pas réussi ; en favorisant nos passions, il a augmenté nos pehies. Jésns-Cbrist vient nous proposer de nouvelles routes pour MTiver à la paix et au bonheur que nous cherchons; le détache- MDUt, le mépris du monde, la mortification des sens, l'abnégation de nous-mêmes i voilà les nouveaux biens qu'il vient montrer aux hommes. Détrompons- nous, il n'y a point de bonheur à attendre pour nous, même en cette vie, qu'en réprimant nos passions, qu'en nous Interdisant tous les plaisirs violents qui troublent, qui oorrom- |MBt le cœur : il n'est que la philosophie de l'Evangile qui fasse 4es sages, des heureux, parcequ'elle seule règle l'esprit, fixe le cœur, et rend l'homme à lui-même en le rendant à Dieu. Tous oeuc qui ont voulu suivre d'autres voies, n'ont trouvé que vanité et Jifliictîon d'esprit ; et Jésus-Christ seul , en venant porter le glaive et la séparation, est venu porter la paix parmi les hommes.
O mon Soigneur ! je ne sais que trop mot-même que le monde et les plaisirs ne font point d'heureux! Venez vous-même reprendre un coeur qui a beau vous fuir, et que ses propres dégoûts ramènent àvous malgré lui-même : venez doncêtre son libérateur, sa paixetaa lumière, et ayez plus d'égard à son infortune qu'à ses crimes.
Voilà oonuBc l'éclat du ministère de Jésus-Christ seroit pour ks hommes une occasion iné?itable d'idolâtrie, s'il n'éloit qu'une simple créature. Voyons encore comment l'esprit do son miuislère deviendroit le piège de notre innocence.
SECONDS PARTIE
L'éckt du ministère de Jésus-Christ, n'en est pas le c6tè le plus auguste et le plus magnifique. Quelque grand qu'il nous. ail paru par les oracles qui l'ont annoncé, par les œuvres qu'il a opérées, et par les circonstances éclatantes de ses myslèrcs , ce ne sont encore là, pour ainsi dire, que les dehors de sa gloire et de sa grandeur; et, pour connottre tout ce qu'il est, il faut entrer dans le fond et dans l'esprit de son ministère. Or Tesprit de son ministère renferme sa doctrine, ses bienfaits et ses promesses. Développonsen toute l'étendue, et montrons qu'il faut refuser à Jésus-Christ sa qualité d'hommo jusff% et d'envoyé du Dieu tout-puissant, que \^