‹ Œuvres, évêque de ClermontChapitre 27 sur 96 · GIRCOMGISIOir · texte numérisé non relu

GIRCOMGISIOir

eit plus grand que le monde entier par l'élévalloa de aa fois et il

est àuHlesfiuQa du dernier des hommes par la modestie de ses i timents. Sa lerUi ne cherche pas dans Torgneil le dédommagement de ses peines : c'est le premier ennemi qu'elle attaque ; et, dans cette divine philosophie, les actions les plus héroïques ne sont rien , dès ^lu'on les compte soi-même pour quelque chose : elle regarde la gloire comme une erreur, la prospérité comme une infortune, Téléyation comme un précipice, les afflictions comme des faveurs, la terre comme un eiil, tout ce qui passe comme un songe. Quel est ce nouveau langage? quel homme avant Jésus-Christ avoit parlé de la sorte? et si ses disciples, pour avoir seulement annoncé cette doctrine céleste, furent pris par tout un peuple pour des dieux descendas sur la terre, quel culte pourront-ils refuser à celui qui eu est Tauteur, et au nom de qui ils l'annoncent?

Mais laissons là ces. réflexions générales, et venons aux devoirs plus préds d'amour et de dépendance que sa doctrine exige des hommes envers lui-même. Il nous ordonne de Taimer, comme il nous ordonne d'aimer son Père : il veut qu'on demeure en lui, c'està-dire qu'on se fixe en lui , qu'on cherche son bonheur en lui comme dans son Père, qu'on rapporte toutes ses actions, toutes ses pensées, tous ses désirs , qu'on se rapporte soi-même à sa gloire, comme à la gloire de son Père : les péchés mêmes ne sont remis qu'à ceux qui l'aimentheaucoup; etl'amourqu'ona pour lui, fait toute la justice du Juste, et toute la réconciliation du pécheur. Quel est cet homme qui vient usurper la place de Dieu même dans nos coeurs P La créature mérite-t-ellcd'être aimée pour elle-méme?ettoutcequ'ellea de grand et d'aimable, ne sont-ce pasles dons de celui qui seul mérite d'être aimé ?

Quel prophète jusqu'à Jésus-Christ étoit venu dire aux hommes « Yous m'aimerez ; tout ce que vous ferez, vous le farez pour magloire ? Tous aimerez le Seigneur votre Dieu , avoit dit Moïse aux enCEints d'Israël. Rien n'est aimable pour soi-même que ce qui peut nous rendre heureux. Or , nulle créature ne peut être notre bonheur et notre perfection, nulle créature ne mérite donc que nousl'aîmions pour elle-même : ce seroit une idolâtrie. Tout homme qui vient se proposer aux hommes comme l'objet de leur amour, est un impie et un imposteur, qui vient usurper le droit le plus essentiel de l'Être- Suprême; c'est un monstre d'orgueil et d'extravagance, qui veut s'élever des autels jusque dans les coeurs , le seul sanctuaire que la Divinité n'a voit jamais cédé aux idoles profanes. La doctrine do Jésus-Christ, cette doctrines! divine, et si admirée même des païens, ne seroit donc plus qu'un mélange monstrueux d'impiété, d'orgueil et de folie, si, n'étant pas lui-même le Dieu béni dans tous les siècles , il eût fait à ses disciples, de l'amour qu'il exigeoit d'^ix, le précepte le plus essentiel de sa morale ; et ce seroit à lui une ostentation insensée, de venir se proposer aux hommes comme un mo* dèle d'humilité et de modestie , tandis qu'il pousseroit l'orgueil et la

DIVINITÉ D£ JÉSUS-CHRIST. m

▼aine complaisance {dos loin qne tons œa ŒfueiUeQx philoeopbes , cpii n'aYoient jamais aspiré qu'à TesUme et aux applandiatoments desbommes.

Mais 08 n*est pas encore assez : non seulement Jésns-Giirist veut qu'on Tainto, mais il exige des hommes des marques de Tamour le plus générmx et le plus tiéroïque. Il Teut qu'on l'aime plus fœ ses proches, que ses amis, que ses biens, que sa fortune, que sa vie, que le monde entier, que soi-même ; qu'on souffre tout pour lui , qu'on renonce à tout pour lui, qu'on répande jusqu'à la dernière goutte de son sang pour lui : qui ne lui rend pas ces grands hommages , n'est pas digne de lui ; qui le met en parallèle avec quelque crteture, ou avec soi-même, l'outrage, le déshonore, et ne <toit rien prétendre à ses promesses.

Quoi ! mes Frères, il ne se contente pas qu'on lui ofire des sacri fices de boucs et de taureaux, comme les idoles, et le Dieu même véritable avoit paru s'en contenter? il pousse encore plus loin ses prétentions : il yeut que l'homme se sacrifie lui-même ; qu'il coure sur les gibets ; qu'il s'ofi&re à la mort et au martyre pour la gloire de son nom! Mais s'il n'est pas le maître de notre yie, quel droit a4-fl de l'exiger de nous ? Si notre ame n'est pas sortie de ses mains, est-ce à lui que nous devons la rendre? est-ce la regagner que de la perdre pour Tamoiir de lui? S'il n'est pas l'auteur de notre être, ne devenons*nous pas des sacrilèges et des homicides en nous im-« molant pour sa gloire, et en transportant à la créature, et à un simple envoyé de Dieu, le grand sacrifice de notre être, seul destiné à reconnoltre la souveraineté et la puissance de l'Ouvrier étemel qui nous a tirés du néant? Que Jésus^hrist meure, à la bonne heure, lui m^'^e pour rendre gloire à Dieu; qu'il nous exhorte de suivre son exemple : tant de prophètes étoient morts avant lui pour la cause du Seigneur, et avoient exhorté leurs disciples à mardier sur leurs traces I Mais que Jésus-Christ , s'il n'est pas Dieu lui-même , nous ordonne de mourir pour lui; exige des hommes cette dernière marque d'amour ; qu'il nous commande d'oDrir pour lui une vie que nous ne tenons pas de lui : se peut-il faire qu'il y ait eu sur la terre des honunes assez grossiers et assez stupides pour se laisser tromper à l'extravagance de celte doctrine ? est-il possible que des maximes aussi bizarres et aussi impies aient pu triompher de tout l'univers , confondre toutes les sectes, ramener tous les esprits, et prévaloir sur tout ce qui avoit paru jusque-là de science , de doctrine et do sagesse sur la terre? Et si nous regardons comme des barbares cei peuples sauvages qui s'immolent sur les tombeaux et sur les cendres de leurs proches et de leurs amis, pourquoi ferions-nous plus d'honneur aux disciples de Jésus-Christ, qui se sont immolés pour lui ? et sa religion ne sera-t-elle pas une religion de sang et de barbarie?

Oui, mesFrère8,les Agnès, les Luce, les Agathe, ces premières martyres de la foi et de la pudeur, se seroient donc sacrifiées à un homme

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