X PRÉFACE
do rapporte à oe a^jel on trait remarquable par satiogolarité, el qui Dons échappe? L'aeteor le plus parbdt qa'aiteo le théâtre fira»çob Toalat reoteodre^ il fat frappé da Trai qa'il troaTa dans ta manidre de pronoDoer, et dit à on antre actenr qni FaToit accompagné I Mon and, voUà un orateurs el nous, nou$ ne sommet que des comédiens.
Il n'est pas besoin d'avertir le public qne c'est id la premiége édition des Sermons de Massillon. Il est vrai qu'on imprima sons son nom, il j a prés de quarante ans, quatre ou cinq petits ro* lûmes ; mais plus de Is moitié des sermons que renferme ce recueil, sont de différents prédicateurs , dont quelques-uns même ont rere»diqué publiquement ce qui leur appartenoit : entre antres feu M. Ponoet de La Rivière, évéque d'Angers ; l'éditeur du P. Bretonneau qui rient d'enrédamer trois qu'il a, dit-il, trouvés dans le manuscrit de ce prédicateur, et que nous ne trouvons point en effet dans cdui de Massillon. Pour les autres dont les auteurs ne nous sont point connus, en attendant que quelqu'un veuille les adopter, ils ne jouiront pas sans doute plus long-temps de la réputation que leur donnoit une origine supposée.
A l'égard d'une vingtaine de sermons que l'on pourroit appeler avec un peu plus de fondement, Sermons de Massillon fqn'joa prenne la pdne de les confronter avec l'original que nous donnons aujourd'hui , la diffireuce est palpable i si l'on j trouve quelques traits de ressemblance, c'est celle qui peut se trouver entre on squelette et un corps vivant pldn de suc et d'emboopoiot ; entre un original de Michel-Ange , et la copie de ce même tableau laite par qudque apprenti sans talent.
On trouve dans ces pièces informes des lambeaux de Massillon , et même dans quâques-unes d'assez longs morceaux de ses véritables Sermons. Mais qndle comparaison entre un mauvais assortiment de lambeaux cousus ensemble par un copiste , qui d'ordinaire , pour ne rien dire de pis , n'est pas un homme du métier, et un discours td qu'il sort des mains d'un si grand maître 1
D'ailleurs notre édition contient près de cent Sermons, dont fdnsieurs même n'ont jamais été prononcés. On y trouve un Avent et un Carême complet , sans compter le Petit Carême, qu'il composa pour le roi en 1718. Nous donnons aussi plusieurs Oraisons funèbres, plusieurs Discours et Panégyriques qui n'ont jamais vu le jour, les Conférences ecdésiastiqnes qu'il fit danA le séminaire Saint-Magloire en arrivant à Paris, celles qu'il a faites à ses curés pendant son épiscopat; les Discours qu'il pronooçoit à la tête des synodes qu*il assembloit tous les ans : nous donnons enfin un ou-
PRÉFACE. n
ynge auqiiid il a consacré pendant qoelqoet années tontes les heures de loisir qne Ini laissoienjl les fonctions épiseopales ; ce sont des paraplirasessor nne partie des Psaumes. Ce qu'on peut dire de œs diâérentes pièces, c'est qu'elles sont toutes frappées au coin de Fauteur. Le même goAt régne partout Toujours même élératiou et même ncMesse, soit dans le style , soit dans les pensées; Ùnh jours w pathétique qui enlève, toujours ces peintures du cosur humain ai yraies et si intéressantes. La cour se souvient encore des applaadissemento qu'elle donna au Petit Carême. Les C(Miférences ecclésiastiques commencèrent h faire sa réputation t ses Sermons la portèrent i ce haut degré dans lequel elle s'est soutenue Jusqu'à la 8n : ses Oraisons synodales ont plus d'une fois attendri ses curés jusqu'aux larmes ; et nous ne craignons pas d'assurer que le public regrettera qu'il n'ait point adieyé ce qu'il avoit commencé sur les Paanmes t fl n'est peut-être pas d'ouvrage où soient mieux développés les mouvements d'un coeur qui gémit sur ses égarements passés, et qui, désabusé du monde et des faux biens, reconnote enfin qne, n'ayant été créé que pour Dieu, il ne peut trouver qa'en Dieu sa consolation et son bonheur.
Yold donc un recueil ouict et fidèle des ouvrages de Massillon, Ida qu'il arolt pris la peine de les revoir, de les corriger, et de les copiar une seconde fois de sa propre main. Que nous reste-t-fl à désirer , shiOD que le corar s'ouvre aux saintes rérités si dignement établies dans ces Discours, et qu'ib (qpèrent sur ceux qui les liront, les mêmes eflèts de grâce et de conversion qu'ont souvent rcmenlia ceux qui les entendûient?
AVÈNT.
SERMON POUIV lA FÊTE DE TOUS I£3 SAUfTS.
. aoK LB BONuna n
Btati qui loffent, quatùam îfii eoiuoUihuatur, nenhcoreux ceux qal pleareot , pareeqtflls feront eoowléi.
SlU,
Si le monde parloit ici à la place de Jésus-Christ , sans doute il ne tieDdmit pas à Yotrb Mubsté le même langage.
Heureux le priooe , tous diroit-il , qui n*a jamais combattu que pour vaincre; qui n'a tu tant de puissances armées contre lui que pour leur donner une paix plus glorieuse ; et qui a toujours été plus grand ou que le péril ou que la Tictoire I
Heureux le prince qui , durant le cours d'un régne long et floris* sant , jouit à L »islr éè% fruits de sa gloire , de Tamour de ses peuples , de Teslime de ses ennemis , de l'admiration de TuniTers , de t'avantage de ses conquêtes, de la magniGcence de ses «mvrag'-s, de la sagesse de aes lois, de TespéranceatigusU* d une nombr* use postérité; et qui n*a plus rien à désirer que de conserTcr long-temps ce qu'il poiiédel
Ainsi parleroit le monde ; mais , Sire , Jésus -Christ ne parle pas eomme le monde.
Beoreox , tous dit-il, non celui qui fait l'admiration de son siècle, ■ab oeltii qui fait sa principale occupation du siéde à Tenir, et qui Tit dans le mépris de soi-même et de tout ce qui passe ; paroeque le royaume du ciel est à lui ! Beatipauperes spiritu , quoniam ipso* fwn est regnum cœlorum (Matt., t, 3).
Heureux , non celui dont l'histoire Ta immortaliser le règne et les actions dans le souvenir des hommes , mais celui dont les larmes auront effM^ l'histoire de ses péchés du souTenir de Dieu même ; parcequ'il sera éternellement consolé 1 Beati qui logent, quoniam ipsi consoiabuntur iMàTT.^ T, 5).
Heureux , non celui qui aura étendu par de nouTclles conquêtes les bûmes de son empire, mais celui qui aura su renfermer ses désirs et ses passions dans les bome^ de la loi de Dieu ; pareequ'il possédera une terre plus durable que Fempire de l'imiTersl Beati mites, quomam ipsi possidebunt terram ( Matt., t, 4).
Heureux , non celui qui , éleTé par la toIx des peuples au-dessus d0 tous les princes qui l'ont précédé , jouit à loWr dA aa grandeur et ^ — M. I. I