SERMON POUR LE MERCREDI DES CENDRES
SUR LB JBONI
Cùm JeJunntU , nolitt fieri sieot hjpocntm, tnstes. Lorsque vous Jeûnex , ne soyei pas tristes comme les hypocrites.
(Matto., VI, 10.)
C'est rËvangile que FEglise met à la tête de ces jours de salât cC de miséricorde , et oomme rindiction d'un jeûne soleonél imposé à tout le oorps des fidèles, pour apaiser la colère du Seigneur, faire cesser les fléaux qui nous affligent , expier nos iniquités, nous rappeler dans les Toies de la justice dont nous nous scmimes ^arés ; rétablir la discipline des moMirs, si défigurée parmi les chrétiens ; rapprocher autant qu'il est possible , le rdàchement de ces deniers temps, du zèle et de la sainte austérité de nos pères ; inspirer par tous ces dehors lugubres , des sentiments de componction aux pécheurs; ranimer la foi et la piété des Justes » et nous préparer tous à la joie et à la grâce de la résurrection.
Telles sont les vues que l'Église se propose dans l'institution de la loi du jeûne ; telle est la fin du précepte ; telles sont les grâces attachées, dans les desseins de Dieu même , à ce temps de renouvellement et de repentir.
Que pouvons-nous donc annoncer de plus heureux que l'ouverture de cette sainte carrière : à des pécheurs qui vont y trouver des moyens de pénitence ; à des âmes foibles qui verront les occasions de péché s'éloigner, et naître de toutes parts des facilités de salut ; à des justes dont la ferveur se ralentissant sans cesse doit sans cesse se renouveler de peur de s'éteindre ; enfin à tous les fidèles , sur qui les larmes et les prières de l'Eglise vont ouvrir les trésors du ciel et attirer toutes les bénédictions de la grâce?
Cependant , loin de voir arriver ces jours favorables avec une joie religieuse, on les craint , on les regarde presque comme des jours funestes et malheureux; et il faut que l'Eglise nous ordonne aujourd'hui de bannir de nos jeûnes l'abattement et la tristesse : NoUte fieri tristes. Insensés ! dit saint Ambroise , nous allons triompher de hi chair et du démon par le secours de cette sainte abstinence ; la douleur et la tristesse siéent-elles bien à la vkfoire ?