SECOND SERMON POUR LE MERCREDI DES GENDRES
MOTIFS DB OOIfVBRSlOfl.
Ecc€ lumc ttmpa* aeeeptabilt , ecee nane diu iahttU,
Voici maintoMni le lempi faToraUe , Yoid mahiteiiaiit le jour da ial«l.
(Il Cor., VI, s.)
Dieu , dont les miséricordes semblent devenir plus abondantes à mesure que nos crimes augmentent, redouble, pour ainsi dire, en ce temps saint , ses soins et ses empressements pour nous rappeler à la pénitence.
Lorsque autrefois son peuple s'étoit égaré des voies de ses commandements, il leur suscitoit des prophètes qui leur annonçoient les calamités dont leurs fautes alloîent être suivies, et qui , par la terreur de ces images , s*efforçoient d'arrêter le cours des iniquités pi»bliques.
Alors Jérusalem se couvroit de rendre et de cilice; ses prêtres pleuroient entre le vestibule et Tautcl ; les vieillards rassemblés dans le temple ranimoient leur voix languissante, pour invoquer les miséricordes du Dieu de leurs pères ; h nouvelle épouse négligeof t les omemenisde sa jeunesse et de ses jours de joie ; les vieî'ges désoléesfaisoient retenlirles places publiques de leurs frémissement; et le Seigneur, touché de leurs larmes et de leur repentir, laissoit tomber de ses mains la foudre destinée à punir cette ville iaudèle.
Moire ministère en ces jours de salut est encore le même, mes Frères. Gomme toute chair a corrompu sa voie , et que la foi et la crainte du Seigneur paroissent effacées du cœur de presque tous les hommes, il nous envoie aujourd'hui, comme autrefois il envoyoit ses prophètes , non vous annoncer des calamités funestes , mais vtms mettre devant les yeux les fléaux publics dont il nous frappai et la juste punition de vos crimes. Ce n'est pas par des me mecs qu'il veut vous rappeler à lui ; c'est par des châtiments réels
Sie LE MERCREDI DES GENDiRES.
qu'il déploie depais long-temps sur nos tètes* Ce n'est pas un Dieu irrité qui nous enroie , et prêt à faire pleuvoir sur tob crimes le feu de son indignation et de sa colàre ; c'est un Dieu touché de vos malheurs, et qui, après vous avoir donné tant de marques terriUes de sa vaigeance, tous ouvre le sein de ses misérictNrdes étemelles.
Foid donc le ien^s de salut et depropUiadon^ mes Frères. Voilà ce que nous venons vous annoncer delà part decdut qui nous envoie. Revenez de vos iniquités anciennes; faites cesser des désordres qui ont été jusqu'ici la source des calamités qui vous argent. Les jours de-rémission et de miséricorde sont arrivés. Tous les trésors du ciel vont se répandre sur la terre. La voix du sang de Jésus-Christ crie pour vous. Sa croix va devenir le remède et Texpiaiion de vos crimes. Que de motifs de pénitence et de salut !
1* Plus de facilités du côté de vos passions , lesquelles, affoiblies et rebutées par les excès et les dégoûts inséparables du crime , vous ont fait sentir mille fois qu'il n'y a de bonheur véritable à espérer pour vous id-bas que dans la justice et dans l'innocence. Premier motif.
^ Moins d'obstacles du côté de la pénitence, facilitée par la loi de mortiGcation que l'Église impose à tous les Gdèles. Deuxième motif.
3e Les grâces plus abondantes du côté de Dieu , et plus vives par l'exemple et les mérites de Jésus-Christ dont on va vous rappeler le souvenir et les mystères. Troisième motif.
i^* Plus de secours du côté de l'Église , dont les larmes et les prières plus longues, plus ferventes, et plus particulièrement destinées en ce saint temps à la conversion des pécheurs, vont solliciter en votre faveur les richesses delà miséricorde divine.Quatrième motif.
5^ Enfin, plus de raisons tirées des calamités publiques^ qui nous affligent, et qui nous faisant sentir la main de Dieu appesantie sur nous, nous avertissent en même temps de l'apaiser, en unissant les crimes qqi nous ont attiré sa colère. Dernier motif.
Recueillons tons ces motifs de pénitence : c'est tout ce que je me propose dans cette instruction. Implorons , etc.
PRKMIfiR MOTIP.
^ Converiissejc*vous à moi de tout votre cœur, nous dit aujourd'hui le Seigneur par la voix de l'Eglise, dans les jeûnes , dans les larmes et dans les prières ; déchirez vos cœurs, et non vos vêtements, et convertissez- vous au Seigneur votre Dieu, parcequ'il est bon et compatissant; qu'il est patient et riche en miséricorde, et qu'il ne demande qu'à se repentir des maux dont il avoit résolu de punir vos infidélités.
< Ce dlioonn Ait prononcé \e» dernière» années da régne de Lonte XIY, iprèi iesbataiïleg d'Hochstet , de RamilUei et dé Turin, et la prise de LUle et de Douar par les ennemis.
SJoel. .S. vi, 13.
MOTIFS DE CONVERSION , ai»
Et foSà, mûocher Anditenr, ce qae je yie&s tous r^iéter ici de h part de rÉglise.Saiidifiexles jours de miséricorde où nous allons entrer : n'endnrcissec point désormais yotre cœur, et ne rendez pas inutiles toutes les grâces qat la bonté de Dieu tous prépare i ne laissez pas encore échapper tant d'occasions de salut qui vont s'offrir en ce saint temps; et faites m6n cette grande démarche d'un changement de vie que Dieu demande de tous , que tous vous pro« mettes depuis si long-temps à TOUS-méme, et que la multitude et l'énonnité de tos crimes passés tous rendent si indispensable et si décisive. Premier motif.
Rappelez toute la suite de yotre vie ; et , par cet enchaînement affreux do crimes qui l'mit toute souillée , et où vous vivez eneore actuellement , jugez quelle est devant Dieu votre situation, et la triste destinée do votre ame. Faudroit-il un autre motif pour vous déterminer à unchangement et à une nouvelle vie? Comment avezvous vécu jusqu'ici? Aquoi vos jours, vos années se sont-ils écoulés? Quel usage avez- vous foit , depuis que vous êtes sorti des mains de Dieu , de votre raison, de votre corps , de votre cœur, et de tout ce qui est en vous destiné à glorifia l'ouvrier éternel qui vous rav<Mt donné?Quel usage de votre jeunesse, de vos talenta, de voslumi^res, de votre temps qui devoit être le prix de votre éternité? Quel usage de vos biens, de vos places, de vos dignités, de votre nom, où vous dévies trouver les secours et les ressources de votre sanctification ètemdle? Quel vaage de vos afflictions , de vos pertes, de vos maladies, de vos disgrâces, qui dans les desseins de Dieu dévoient être pour vous des leçons desalutet des motifs de pénitence ? Quel usage enfin de tonales mystères, de toutes les solennités, de toutes les instructions et de tous les autres secours que la religion vous a offerts , et où tant de Justes ont trouvé les soutiens de leur foi , les consolations de leur piété, et les facilités d'une vie sainte et fidèle? Rassemblez tous vos jours passés jusqu'ici : quel vide! quels abîmes! quel cours non interrompu d'excès, d'impiétés, de dissolutions! Et s'il y a eu quelques intervalles de foi , quelques heures et quelques mouvements de grâce, quelques retours vers Dieu, cesont des retours qui n'ont point eu de suite , et qui ont ajouté & tous vos autres crimes celui des grâces méprisées.
Qu'attendes-vous donc, moucher Auditeur, pour revenirà votre Dieu? Vos jours s'écoulent, les années s'évanouissent, les plaisirs s'usent, la jeunesse vous échappe , la vie s'enfuit. Vos amis, vos proches, les compagnonsde vos dâiauches et de vos excès ont presque tous disparu. Tous avez vu tomber à vos côtés vos égaux » vos ooncoiTents, vos envieux, vos protecteurs, vos sujets, vos maîtres. Que sais-je même si les droonstanoes de leurmort inopinée, terri- Me aux yeux de la foi , n'ont pas dû vous fave sentir encore plus vivement le frivole de tout ce qui passe , et le malheur d'une vie licendeuse et déréglée! Tous touchez vous-même au terme fatal.