‹ Œuvres, évêque de ClermontChapitre 48 sur 96 · DU PARDON DES OFFENSES. 2S · texte numérisé non relu

DU PARDON DES OFFENSES. 2S

io jplos innoceots, et ajouté à to6 récits des circonstances que vous n'aviez pas même pensé? Ne voas étes-yous pas plaint alors de rinjnstice et de la malignité des redites ? Pourqaoi ne ponrriet- TOUS pas avoir été trompé à votre tour ? et si tout ce qui passe par tant de canaux s'altère d'ordinaire, et ne revient jamais à nous comme il a été dit dans sa source, pourquoi voudriez-vous que les discours qui vous regardent vous seul fussent exempts de cette destinée ^ et méritassent plus d'attention et de créance ?

Vous nous répondrez sans doute qu'il ne s'agit pas ici de ces maximes générales, et ({ue les faits dont vous vous plaignez ne sont pas douteux. Je le veux ; et je vous demande si votre frère n'a pas de son côté les mêmes reproches à vous faire; si ses défauts vous ont toujours trouvé fort indulgent et fort charitable; si vous avez même toujours rendu justice à ses bonnes qualités , si vous n'avez jamais souffert qu'on Tait déchiré en votre présence; si vous n'avez pas aidé à la malignité de ces discours par une feinte modération et par un demi-silence qui n'a fait qu'allumer le feu de la détraction, et fournir de nouveaux traits contre votre frère. Je vous demande si vous usez même de beaucoup do circonspection envers les autres hommes; si vous faites beaucoup de grâces aux faiblesses d'autrui ; si votre langue n'est pas toujours trempée dans le Gel et dans l'absinthe ; si la réputation la mieux établie n*est pas toujours en danger entre vos mains ; et si les histoires les plus tristes et les plus secrètes ne deviennent pas bientôt des événements publics par votre malignité et par votre imprudence. 0 homme! vous poussez si loin la délicatesse et la sensibilité sur ce qui vous regarde! Nous avons besoin de toute la terreur de notre ministère , et de tous les motifs les plus graves de la religion , pour vous porter à pardonner à votre frère un seul discours, un mot souvent que l'imprudence, que le hasard, que la conjoncture, qu'un juste ressentiment peut-être lui a arraché ; et la licence de vos discours envers les autres ne connolt pas même les bornes de la politesse et de la bienséance que le monde tout seul prescrit.

Mais je veux que vous n*ayez rien à vous reprocher du côté de la modération envers votre frère. Que faites-vous en le haïssant? effacez-vous les impressions sinistres que ses discours ont pu laisser dans resprit des autres hommes? Vous faites à votre cœur une nouvelle plaie; vous vous enfoncez vous-m()mc un trait qui donne la mort à votre ame; vous lui arrachez le glaive d'entre les mains, si jose parler ainsi, pour vous en percer vous-même. Montrez dans rinnocence de vos mœurs et dans Tintégrité de votre conduite, l'injustice de ses discours; détruisez par une vie sans reproche les préjugés qu'il a pu donner contre vous ; faites retomber sur lui, par les vertus opposées aux défauts qu'il vous impute, la bassesse et l'iniquité de ses calomnies : voilà une manière juste et licite de vous venger. Triomphez de sa malice par vos mœurs et par votre si-.

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