‹ Œuvres, évêque de ClermontChapitre 49 sur 96 · LE VENDREDI APRÈS LES CENDRES · texte numérisé non relu

LE VENDREDI APRÈS LES CENDRES

lenoe • yoos assemblerez des charbons de fea snr sa tète ; voas meC- Irei le poblic de votre côté ; tous ne laisserez à votre ennemi que la honte de ses emportements et de ses impostures. Mais de le haïr, c'est la vengeance des foibles , c'est la triste consolation des coupables ; en un mot, c'est la ressource de ceux qui n'en sauroient trouver dans la vertu et dans l'innocence.

Mais, enfin, laissons toutes ces raisons et venons au point essentiel. Il vous est ordonné d'aimer ceux qui vous maltraitent et qui vous calomnient , de prier pour eux ; de demander à Dieu qu'il les convertisse , qu'il change leur cœur aigri , qu'il leur inspire des sentiments de paix et de charité , et qu'il les mette au nombre de ses saints. Il vous est ordonné de les regarder par avance comme des citoyens de la céleste Jérusalem, avec lesquels vous bénirez éternellement les richesses de la miséricorde divine, réuni avec eux dans le sein de Dieu, heureux du même bonheur, et avez lesquels vous ne formerez plus qu'une voix pour chanter les louanges immortelles de la grâce. Il vous est ordonné de regarder les injures comme des bienfaits, comme la peine de vos crimes cachés, pour lesquels vous avez tant de fois mérité d'être couvert de confusion devant les hommes; comme le prix du royaume de Dieu, qui n'est promis qu'à ceux qui soufrent avec piété la persécution et la calomnie.

Car, enfin, il faut en venir là. L'amour-propre suflSroit pour aimer ceux qui nous aiment, qui nous louent, qui publient nos vertus fausses ou véritables ; c'étoit là, dit Jésus-Christ, toute la vertu des païens : Nonne et Ethnici hocfaciunt (Matth., v, 47)? Mais la religion va plus loin; elle veut que nous aimions ceux qui nous haïssent et qui nous déchirent : elle met à ce prix les miséricordes de Dieu sur nous ; et nous déclare qu'il n'y a point de pardon à espérer pour nous, si nous ne l'accordons à nos frères.

Et de bonne foi , voulez- vous que Dieu oublie les crimes et les horreurs de toute votre vie ; qu'il soit insensible à sa gloire que vous avez tant de fois outragée, tandis que vous ne pouvez vous résoudre à oublier on mot; tandis que vous êtes si vif, si délicat, si furieux sur les intérêts de votre gloire ; vous qui peut-être jouissez d'une réputation que vous n'avez jamais méritée ; vous qui seriez couvert d'une confusion éternelle, si l'on vous connoissoit tel que vous êtes ; vous, en un mot, dont les discours les plus injurieux ne représentent qu'à demi les misères secrètes dont Dieu vous connott coupable? Grand Dieu! que les pécheurs auront peu d'excuses à vous alléguer, quand vous leur prononcerez l'arrêt de leur condamnation étemeUe !

Vous nous direz peut-êlre que vous convenez là-dessus des devoirs que la religion impose , mais que les lois de l'honneur l'ont emporté sur celles de la religion ; qu'il faut s'attendre à être déshonora jamais devant les hommes, si l'on souffre tranquillement des discours et des procédés d'une certaine nature; que la rdigioo

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