‹ Œuvres, évêque de ClermontChapitre 5 sur 96 · partie de sa vie que le monde et les pasi^oos ont tout occupée : ce · texte numérisé non relu

partie de sa vie que le monde et les pasi^oos ont tout occupée : ce

souvenir, je 1 avoue . la couvre de lumte devant la sainteté de son

Dieu , et lui arrache des larmes de compooaion et de trislease; mais

qu'elle trouve de consolation dans ses larmi-s et dans sa douleur !

Car, mes Frères, une ainerevenueà Dieu ne sauroît rappeler toute la suite de ses epu^emenls passés sans y découvrir ttmtes les démar- ' ches de la misériourde de Dieu sur elle; les voW singulières par où sa sagesse i'a amduîte, comme par degrés, au momc^nt heureux de sa conversion; tant de circuosunops inespérées de faveur, de disgrâce, de. perle ^ de mort, de perfidie, de préférence, d'adSction, toutes ménagées par une l'rovidence attentive, pour lui faciliter les Biojens de rompre ses chaînes , ces attentions particulières que Dieu avoit sur elle, kirs même qu'elle sui voit oicore des toutes injustes ; ces d^oAtstfuu: sa bouté lui ménageuit au milieu même des plaisirsces ittvitatioBs secrètes qui la rappeloient sans cesse au devoir et à la vertu; omtevoix intérieure qui la suivoit partout, et qui nccessoit deluidire, comme autrefois à Augustin : Insensé! jusqu'à quand GhoFcberas-iu des plaisirs qui ne peuvent te rendre hcÂumix f Quand fiuinis*tu tesinquietuiiesavectescrimes?Quefaudroit-il encore pour te déirumper Uu moude, que l'expérience même que tu fais de tes ennuis et de ton propre malheur en le servant ? r ssaie s'il n'est pas plus doux d'être à moi , et si je ne suflk pas à l'ame qui me piissède. Voila ce qu'ofire le passé à une ame louchée : elle y voit ies complices de ses anciens plaisirs , encore livrés par la justice de Dieu MUt egaremenis du monde et des passions; et elle seule , choisie , aéparée , appelée à la eonnoissance de la vérité.

Que ce souvenir, mes Frères , remplit une ame fidèle de paix et deconsolaliool Que vos miséricordos sont infinies, ô mon Dieu ! aTéGrie t-elle avec le Pruphélet vous m avez mise sous voure protec- Ha» dés le sein de ma mère; vous avex suivi de près foutes nAl

BONHBUK DES JUSTES. 8

.foiet : 4«e yoiift aHefail i^os que Umt de pérfaeun à qui vous ne éÊigàn pMOttfnriiftyMx^etiDaiiltatfrlaièvéHIéde vos juge- . iMMit&€i deT44re joalioe ? O Meo ! que vos ceUTreBaont admirihies ! ^1 que mon ame coasoll bien ce qii'elle vous doit , et ce que vou» avex bit pour elle 1 MirabiHa optra tua, et anima ntea cognoscii rfùmis (A. Gx^xvui, 14). Premier avantage des am^s justes ; le .sgavenir anéiiiade leurs iuidëUiéB pasiées les console.

Mab, enseoNiid liai, si le passé est pour dles une source de CQBlolalhNis soUdes^ ce qui as passe à leurs yeni dans le monde ne oonsule pasBioiDS leur |riélé. Et ici , mes fYères, vous aUer voir jvsqu'oQ la vertu esl utile an bonheur de la vie ; et comment lo même rnop^e qui forme Imites les passions , et par conséquent toutes les inquiétudes des pécheurs, devient le plus doux et lu plus cniwolant exerdee de la hlirê Justes.

Sn eflet, mes Frères, qu*estrce que le monde, pour li>s mondains eui-mémes qui Faiment , qui paraissent enivrés de ses plaisirs, et qyi ne penveni se passer de lui? Le monde ? c'est une servitude éteriialleoànnlnevitpoursoi,etoù, pour être beureu, Ufautpoù- ▼uir baiser ses fers et aimer son esclavage. Le monde? c'est une ré- Yolutien joumaUére d'événements qui réveillent tour à tour, dans lecour de ses partisans^ les passions les plus violâtes et les plus tristes , des haines cruelles , des perplexités odieuses , des craintes nméres des jalousies dévorantes, destha«^inseccatilants. Le monde? c'est une terre de nuilêdiction, oà les plaisirs mêmes portent avec GUK leurs épines et leur amertume : le jec lassr. par se fureurs et par ses capiices ; les conversations ennnie«ift par lesopposifions d'humeur et la eontrariéle des sentiments , les passions ,et les altarhenumtscriminelsont leursdégoùls, leur contre-temps, leursbruits désagréables; lesspectaclesuotrouvant presque plust-anslesspectateurs que des an^ grossièrement dissolues , et incapables d*élre revdllées que par 1rs excès les plus monstrueux de la débauche, deviennent iades, en ne remuant que ces passions délicates , qui ne font que montrer le crime de loin, el dresser des pièges à l'innoa^nce. Le monde enfin est un lieuoù 1 espérance même, qu'on regarde comme une passion si douce, rend tous les hommes malheureux ; où ceux qui n'espérant rien se cruient encore pltis misérables ; où tout ce qui piali ne plaît jamab long-temps; et uù l'ennui est presque la destinée b plus douce et la plus supporUible qu'on puisse y attendre. Ynilà le monde, mes Frères; et ce n*est pas ce monde obscur qui ne coonolt ni les grands plaisirs ni les charmes de la prospérité, de la ISiveiir et de Topulenœ : c'est le monde dans son beau, c*esl le monde de la cour, c'est vous-mêmes qui m'écoutez, mes Frères. Voilà le monde ; et ce n'est pas ici une de ces peintures imaginées, et dont on ne trouve nulle part la ressembhince. Je ne peins le monde que d'après rotre dbur, G^est^à*dire td que vous le connoisses et le sentaa tons les jours vous-mêmes.

6 ta TQUSSADIT.

Vdlà cependHit la lien oft toos ki L dté. C6II là |0V patrie ; ^€it là i|a*fb foodrotenl pM «V. Voilà ce moBdeqa'Of préfèNDlaaxbieiHi éUmèh, et àl le§ promeMs de la foi.GraiidIHeD! que tous êtes Jnete^l rhoanne par ses passions mêmes, et de permettre que, ne pasoberdiersoiibonlieiir eiiTOQS,<|iii seidêles la paixTfiritaiib de soD cœur, il se fasse une fâldté Miarre de ses cridales , desm dégoftis, deseseomiisetdesescnidksiiiqiiiétiidesl

Mais ee qu'il y a ici d'heureux pourlaverta, mes FMres,c^est que le oiiême monde si ennnyeax , si insiipporiable aux pédieurs qui 7 cherdieDtlear félidté, devient ime sooroe de réflexioiis con* solantes pour les Justes, qd le regardent comme nn exil et une terre étrangère.

Car, premièrement, l'inoonstance da monde, si terriHe pour oeut qni se sont livrés à lai , fournit mille motifs de eonsobtioo à Famé fidèle. Rien ne loi parolt constant ni durable sur la terre, ni les fortunes les plus florissantes , ni les amitiés les plus vires , ni les répQ* tations les plus brillantes, ni les faveurs les plus enviées. Elle j volt une sagesse souverainequi seplatt, cesemble, àse jouer des hommes, en les élevant les uns sur les ruines des autres ,- en dégradant ceux qui élolent au haut de la roue, pour j faire monter ceux qui rampoient, il n'y a qu'un moment , devant eux ; en produisant tous les jours de nouveaux héros sur le théâtre, et faisant édipser ceux qui auparavant j jouoient un rôle si brillant, en donnant sans cesse de nouvelles scènes à l'univers. Elle voit les hommes passer toute leur vie dans des agitations, des projets et des mesures ; toujours attentlfe on àse surprendre ou à éviter d'être surpris; toujours empressés et habiles à profiter de la retraite, de la disgrâce ou de la mort de leurs concurrents, et à se faire de ces grandes leçons de mépris du monde de nouveaux mptifs d'ambition et de cupidité; toujours occupés ou de leurs craintes ou de leurs espérances ; toujours inquiété ou sur leprésent ou sur l'avenir; jamais tranquilles, travaillant tout pour le repos, et s'en Joignant toujours plus.

O homme l pourquoi êtes-vous si ingénieux h vous rendre maVheureux? c'est ce que pense alors une ame fidèle. La félicité que vous cherchez coûte moins. Il ne faut ni traverser les mers, ni conquérir des royaumes. Me sortei pas de vous-même, et vous serez heureux.

Quelesamertumesdela vertu, mes Frères, paroissent douces alors àunhommede Uen^ lorsqu'il les compareaux cruels chagrins et aux sgitationsétemelles des pécheurs ! Qu'il sesait bon gré d'avoir trouvé un lien de repos etde sûreté, tandis qu'il voit les amateurs du monde mcore tristement agités au gré des passions et des espérances hu maines ! Ainsi les Israélites , autrefois échappés de la mer Rouge , voyant de loin Pharaon et tous les grands de l'Egypte encoreà la merd des flots, goûtoient le plaisir de leur sûreté, trouvoient ka

BONHBUa DBS JUSTES.

yodiléi do diODio, el^ oomparaiit leur dertfnéeà cdto

Bjprftfant, loin de» plaindre cldemaniia^

lettBtiqne dirin de louangeiel d'acikmde grâces^ où font cilè-

Mesayee tanldeinagiiiâceiiGa les merTeillesetleamWrieQrdeidii

Se^Mor.

En leooDd liea , rUqmlk» da BKNide , si désolante poor oe«^ l'aiment, lorsqu'ils se Toientooidiés , n^ligés , èloigiits desmœs, sncriiiési deseoncnnrents indignes, est encore un fond de réOexioBB coosolaiMes |K>nr nneane qui le mèiNÎse el qui ne craint 1^ giieor. Car qnelle ressoorce pour on pèdieDr, leqool, après aYofar sacrifié an nonde et â ses maîtres son repos, sa coiadenoey ses biens , sa jeoniesse, sa santé ; après avoir tont dévoré , dos rdmla» des fat%iMS, des aasujettissements pour des espérances IHToles, se mit tout d'un eoopienner les portes d T^^l'^vation et de la fortune ; amdierd*entreles mains des places qa'naToit méritées, etqa'acro^t déjà tenir : menacé, s'il se plaint, de perdre celles qu'il possède; oUigé de plier devant iesntaux plus heureux, et de dépendre de cen qu'A n'avoit pas mène crus dignes autrefois de recevoir ses ordres? Ira-t-il loin dumonde se venger par desmurmnresétemeisde riigustice des homnies? A^ais qre fora-(-il dans sa retraite, qnelsteer plu de loisir et trouver moins de diversions i ses diagrins? Se eonsoleFa-t*il dans Teser iple ^ . ses semtdables ? Mais nosmalbenra i nos yeux ne ressemblent jamais aux malheurs d'aulml ; et , d'aHleuai qqdle consdation de sentir renouveler ses peines, i mesure qn'on CQ retrouve l'image et le souvenir danslesautres ! Seretranchem-t-il dans une vaine philosophie et dans la force de son esprit? Biais la raison toute seuleselasse bientôt dosa fierlé;on peut être philosopha pour le public , on est toujours homme pour soi-même. Se fera-t-il une ressource en se livrant au plaisir et aux infâmes vcduplés? Mais le eoBur, en changeant de passion, ne fait que changer de supplice. Cherdiera-t-il dans Tindolence et daos la paresse on bonheur qu'il n'a pu trouver dans la vivacité des eqpérances et des prétentions? Uneconsdencecriminelle peut devenir indifférente; mais eUen'enest pas plus tranquille ; on peut ne plus sentir ses disgrâces et ses mal* hcors, on sent toujours ses Infidélités et ses crimes. Non, mes Frères, le pédieur malheureux l'est sans ressource. Tout manque i l's mondaine, dès que le monde vient à lui manquer.

Mais le Juste apprend à mépriser le monde dans le mépris i qiie le monde a pour lui. L'injustice des hommes à son égvd le fait seolement souvenir qu'il sert un maître plus équitable , qui ne peut étie ni surpris , ni prévenu ; qui ne voit en nous que ce ipd j est en eflet; qui ne décide de nos destinées que sur nos cosurs, et avee lequel nous ne devons craindreque notre propre conscience^ qu*alnsi on ert heureux de le servir ; qu'il ne but pas appréhender son ta»gndltada » que tout ce qu'on fait pour lui est coaspêé) fna Wd 4i

>è LA TOUSSAINT.

'waipie^ àuB désirs ; et que rim vTtai ppr&n âTec hii , qoeoè qaToo

'iw HH (àft^ihl^ueiiirât poar loi. Ôr, dans ces lâmièMi de b'Itot, ^piël)è"ti6uvèHe sinirce de oonsotetfon pour une âme fidèle! Qud le

'knoDiièdaiis œ point dr vue, avec tous ses rebntsret tdos ses tnan* vais traiteoienls ppar elle, est pea capable de la toiu^ 1 c'est alors qhé se jetant dans le sein de BHeo , et regardant aVec dès yeox chrétieos le néant et là yanité de tontes les dioses humaines, die sent tout d*un ooop ses inquiétudes înséparabtes de la nature se changer en littie douce paix , un rayon de lumière luire dans son ame, et y

' rètabOr k^érénitë , un trait de consolation pénétrer son otfor, et en adontdr toute l'amertume. Ah! mes Frères , qu'il est doux de sertir cékâ seul qui peut rendre heureux ceux qui le sénrent! Queii'éte»-

' ttHis plus connue des hommes , heureuse condition de la tertu! et pourquoi tousf uit-on comme ime destinée triste et désagréable, tons

- qui seule pouvez consoler les malheurs de cet exil, et en adoucta* toutes les peibes?

' iSnfin les jugements du monde , source de tant de chagrins pour lèa" ibondains , achèvent encore de consoler une ame fidèle* 6ar le Mppti e des amateurs du monde , c'est d'être sans cesse exposés aux jiâgements, c'est-à-dire à la censure, à la dérision, à la nuilignité Ic^ uns de$ antres. On a beau mépriser les homm<^, oh veut être estimé de ceux même quim méprise. Ou a beati être élevé au-dessus

' ejs autres, l'elevatiou utiu» eupose encore p!ns aux r(*gards et aux discours de la multitude ; et Ton sent encore plus vivement les cenmteà de ceux dont on ne devoil attendre que des hommages. On a beau jouir des suffrages publics, les mépris sont (fautant plus pi*

. qaan's qu'ils sont moins communs et plus rares. On a beau se venger

' de ces censures par des censures plus vives et pins mordantes, la vjnf|;c. nce suppose toujours le ressentiment et la douleur : et d'ailleUi'S, on est bien moins sensible au plaisir de rendre des mépris qq'au chagrin de les avoir reçus. Enfin , dès que vous ne vivez que pour le mimde, et que vos plaisirs ou vos chagrins ne dépendent que du monde, les jugements du monde ne sauroicnt vousétre indifférents. Cependant c'est au milieu de ces contradictions qu*il faut se plaire. On vous dispute toulcequela vérité ou la vanité vousattribue: vstrc naissance, vos talents, voUne réputation , vos si^rvices, vos sucoés, votre prudence , votre honnenr. Si vous portez un grand nom , on le dispute à vos ancêtres; si vous échouez, on s'en prend à votre peu dludiileté} si vous réussissez , on en fait honneur au hasard , ou au mérite de vos sutaalternes;si vous jouissez d'une réputation publique, M en appelle de l'erreur populaire au jugement des plus sensé» ; si fuus avez tous lés talents pour plaire , on dit bient6t que vous avez su

*m bdre usage, et que vous avez trop plu; si la conduite est hors Atteinte, on jette un ridicule piquant siu* votre humeur. Enfin, qui fM fOQS soyez, grand tveuple, prince , sujet ; la situation la plus a

BONHEUR DBS^ JtlSTBS. f

«oohiitor pMr votre TaiHè, «M d*%iiof«r cefoe leiiioiidep«iie. ToiU birte «ta monde. Les MHnes' pestions qoi imios lient bons dés- «teeot ) renvionoirdtMB qoaltiès les plus louables ; et nos jdaislrs ttoûvent des censeurs dans cent même qui lés imitent.

Mnia vne ameUdèlé esta CDQvert de ees inqoiétodes. Gomme éUe ne soohaite pas Testime des hommes , elle ne craint pas aussi leurs mépris; eomme elle us se propose pas de leur pIAIrc , die n'est pas surprise de ne leur avoir pas plu. IHeu, qui la voit , est le seul jng6 qu'elle eraint, et qui la console en même temps des jugements de^ hommes. Sa gloire, c'est le tém ignage de sa conscience. Sa réputatioo , die le oiMraher dans son devotar Les suffrages du monde, elle ke re^ordecomme l'écueil de la Tcrtu , ou comme la récompense du iriôei et, sansfiire même attention à ses jugements , elle se contente ée lui diluier 4e boes exemples. Maïs que dîs-jo , mes Frères? le «ontolui-artme , tout monde qu'il est , si plein de mépris , de cenamte, éd ndignHA pour ses adorateurs, est forcé de respecter la 3Wto4eeenSL qql le méprisent et le haussent. 11 si^mble qu*elle imprime amr la persomied'un véritable Juste je ne sais quelle dignité, je iief«aai0>ii|oofr<le éirib qui lui attire la yénéradoo et pn*sque le enUedesames miiÉdataes : il semble qoeson union tiitimeavee Jésus- €faristlait rejaillir sur hii,comme autrefois sur les trois disciples dans laasoatagne sainte, unepartiê de cet éclat réle^te que le Père répandit sur son f^ Men^ivné, et qui ne hisse pas la liberté de lui refuser âes^iommageB. G'est un droit Inaliénable que la vertu a sur le coeur des l»«naMB; et , par une biiarrerie déplorable , le mondé mé- | prise les paesiooa qu'il inspire, et il resp(*cte la vertu qu1l combat. 1 Ce n'est paa que l'estime d'un monde si digne lui-même d^êlre mé- t prisé fldt me grande consolation pour l'ame fidèle. Mais ce qui la ( console, c'est de voir le monde condamné par le monde même, les . pMsirâ décriés par ceux qui les poursuivent , les pécheurs devenus \ tea apotogiatcs de la vertu , et la vie du monde se passer tristement > à fiidré ce que Ton condanme, et à fuir ce que l'on approuve. l

VoBi comme le siède présent devient une source de réflexions [ consolantes pour une ame chrétienne; mais die trouve encore dans la penséede l'avenir des consolations qui se changent en des terreurs seôfélea et eonttnueDes pour le pécheur : dernier avantage que les lostea retfrent des lumières de la foi. La magnificence de ses promesses les soutient et les console. Ik attendent la bienheureuse espénoce, d ce moment heureoi où ils seront associés à l'Eglise du del, réunis à leurs frères qu'ils avoient perdus sur la terre, reçus dlojens éternels de la céleste Jérusalem, incorporés dans cette as- | senMée immortelle des éltis de Dieu, où la charité sera la loi qui les > unirai la TérftÔ, la lumière qui les édairera ; rëleroité, la mesure qui Ipomera leur Klidté. '

QM^pensées sont d'autant plus consolantes pour les gens 4e. bien, I Mil ftmdées sot la vérité de Dieu même. Ils savent qu'en

.10 . lA 'rousaAimv

toiitkenpané,4MloQt«e4iiiidaitfiifrM8Miroilétft qiam

ce oKMaent de tribahtloQ ne doit Mre conpièpov lies , n^^ de ce poids étemel de gloire qu'il Dooi prépares el quela nyldilé' dee cliÎMes piéaeales ne mérite pee oiénie ipw l'oA eeii^ et les siédes.

Je sais que la foi pent soksister avec des omurs criminelles^ et qu'on perd Ions les jours la graoe sanctifiaole, sans perdre la soumission siaoèreaaxTéritéaqne Teqirit deDieiinooaarévâées. Mais lacertitnde de la foi, si consolante poor famé juste, n'est plus, pour le péclienr qui croit encore, qu'un tonds inépuisaliie de troubles secrets et de terreurs cruelles. Car, plus les vérités de la foi TOUS paroissent certaines, à vous <pii portes sur la consdenee les abimes d'une vie entière de désordre, lÂus les supplices dbnl eUe menace laa pécheurs tels que vous doivent vous paroltie InAvitaUes, plus vulsu malheur vous parolt certain. Toutes les véritésqueladodriM antate o&reà votre foi révefllent en vous de noaveIlesalarnMS.CeslnmlèNB, divine source de tonte cons(dation pour les âmes fldéhs, souA aiHle^ dans de vous des lumières vengeresses, qui voua twuhleuii qui vous déchirent» qui vous jugent, qui vous découvrent sans cesse ce que vous ne voudries jamais voir; qui vous apprennent mdgré vous ce que vous voudries toujours ignorer; qui vous mettent comme sous Toeil ce que vous souhaiteriei du moins pouvoir perdre de vue peu* dant qudque temps. Votre foi elle4nôme fait par avance TOliusup* plice. Votre religkm est id-bas , si j'ose le dire, votre enier ; et plus vous êtes soumise la vérité, plus vous vives malheureux. O Heul qoelleest votre bonté pour rhomme, d'avoir rendulavertunécematra même à son repos, et de Tattirer à vous, en ne permettant pas quni puisse être heureux sans vous !

Et ici, mon dier auditeur, souffrez que je vous rappelle i vous* même. Quand la destinée d'une ame criminelle ne devroit pas étresi affireuse pour le siècleà venir, vojez si, dès co mondeméme, die vous parolt fort digne d'envie : ses afllictiona sont sans ressource,ses mal- Heurs sansconsolation, ses plaisirsmémcssans tranquillité, sesinquiétudes sur le présent infinies, ses pensées sur le ^laaié et sur l'avenir sombres et funestes; safoifaittoutesapeine:Milnmières,sondéses* poir.QudlesItuationlquelletristedesânée cit^^ de changements affreux unseul péché fait au-dedrj^etuu-déhôrsdes honunel qu'il en coAto pour sepréparer des malbeursôterm^lsl £t n'estril pas vrai que la voie du monde et des passions esi isncore plus péniMe que celle de

trÉvangile; et que le royaume de Fjufer si l'on peut parler ainsi, souffire encore plus de violence que celui du dd? O innocence du I cour, que de biens n'apportes-vous pas avec vous i llMMumel O ^, que vous perdes, quand vous pordes l'innocenca de voln ri Vous perdei toutes les consolations de la foi^ qui fonlln phm

BONHEUA D£R JUSTES. ti

de IralM kB do«0mrs 4e h graee , qoi achArcnl de fmdre m*te destinée des gens de bieo si digne d'eavie.

SECONDS PART»

Quand on iNromet aux âmes mondaines, dit saint Angastin^ des oonsohtiona et des donoeors dans l'obsertanoe de h loi de Dien, elles regardent nos promesses comme an langage ideos dont on se sert pour Cure Ivmnnv à h Tertn ; et comme wi ecrarqQi n*a jamais goAlé ces chastes plaism ne peut anssi les comyiwdre, nous sammeaoidigéadeleiirrqiondre, conUBuece PAre s Gomment tonlei- V oos que nous voos persuadions ? noos ne pouvons pas toos 4kt : GiNiUe%^ etvqyezcooiAien le Seigneur est dmiJc(Ps. xsuw , 9)i pois* qu'on corar malade et déréglé ne mnroitfloAler les choses daôel. Donnes-nons on cflBiûr qui aiBW , etil sentirn font ce qne nons disons.

Mon deasein donc id n'est pas tant d'exposer tontM les opératiooi secrètes de la grâce daoa le conr des Jostes, que d'opposer la si* tnation heuraiseoàeUoleséUblitid-basàlatristedealinéedespédieurs, et, par co parallèle, acbeyer de confondre le vice et d'encourager la vertu. Or je disipie la grâce ménage id-basanx gens de biea deux scM'tcs decon8olaii.')ns : les unes intérieuftset éecrétea, les autres eitérieures et sensibles; toutes deux si essenUelles an bonheur de cette vie, que nul platoir sur la terre ne saomt jamais les remplacer.

Le prasûer avanta^ intérieur que lagraoe méoagei une ame fidèle , c'est d'étahSr une paix solide dans son cœur, el de la récoftcBier avec elle-mémevcar, mesFrères, nous portons tousau^dedans de nous des principes naturels d'équité, de pudew, de droiture^ Noos naissons^ ccMnme ditl'Apôtre, avec les règles de la loi écrites dans le cœur. Si la vertu n'est pas notre premier penchant, nou^ sntonsdumoinsqu^elle est notre premier devoir. En vain la passion / entreprend quelquerois de nous persuader en secret que noos sumr mes nés pour le plaisir, et qu'au fond, des penchants que la nature «' a mis en nous, et que chacun trouve en soi, ne sanroient être des ' crimes: cette persuasion étrangère ne sauroitjiunais rassurer l'ame i criminelle. C'est on désir, car on voudroil bien que tout ce qui plaît fât légitime ; mais ce n'est pas une conviction réelle. C'est un discours ^ car on fce fait honneur de parottre au-dessus des maximes vulgaires; mais ce n'est pas un sentiment. Ainsi nous portons toi^ jours aiHiedans de noos un juge Incomqitible, qui prend sans cesse le parti de la vertu contre nos plus cbers penchants; qui mêle à nos passions les pilos emportées les idées fanportunes du devoir, et qui nous rend ipialheureux au milieu même de nos plaisirs et de notre

Tel est l'état d'une conscience impure et souillée. Le pécheur est raccumteur secret et continuel de lui-même : il traîne partout un fonds d'inquiétude que rien ne peut calmer. Malheureux , de ne poa

it LA TOUSSAINT.

^oir ^ntûfBtmêmftadmnts déréglés t fJUB mtikmrem cacore démo pHiToir ékHiKr tes remords imfioriuiis. Empurié |iar sa i'uîbkssâo rappelé par ses lumières, il se dispute le crime aiémequllse per met : H se reprodie le plaisir injuste, dans le temps oiéme qu*il k goûte. Qtte fel^i^^l? GomliattonMril ses lumières pour apaiser sa 4xnisei4NKe? deut«^t*il desa foi pour joair plusirttiqttUleaeot ds 8escrim«*s? mds llncredulltô esl un état encore plusaflfeoi ^ue le eriroemème. Vifrosans Dieu, sans culte , sans principe , sans espéranoel oroire qosles forfaitales pins abominables eilesyerluales plus pmras ne sont que des noBM ! reganler tous les hoimiies comme oPsigaresvilesptbitarrrsqQ'oD lait mouvoir et pariersur un théâtre ^XNiiique , et qui ne sont dt^stinées qu*à servir de j«NiK aux spectateurs ! se regarder soinnôme comme rourragedu haxard ,et la fmsession étmielle du néant! ces pensées ont je ne sais quoi de sombn et de Ameste que l'âme ne peut envinager sanshorreur ; et il est vrai ^ne rincrédulité est philôt le désespoir du pécheur que fai ressource ^ péché. Que fera-t-il donc ? t ibitgé de se fuir sans cesse , de peur de se retrouver avec sa propre conscien««, il erre d*oii|et en objet , de pesaionen passion, de précipice en précipice. Il croit pouvoir rsnoh piaoer du moins par la variété des fdaisirs leur vide et leur insuffisance: il n'en est aucun dont il n'essaie. Mair en vain il oAe son ccBur tour i tour à toutes les créatures; tooslesobjets de ses passions lui répondent, dit saint Augustin : Me t abuse pomtennousaimant; nous ne sommes pas la CUidté que tu cherrhesi^uous ne saurions te rendre heuren : élève-toi au-dessus des créatures, et va chercher dans le ciel si celui qui nous a formés n*est pas plus grand et plus aimaUeque nous. Telle est la destinée du pécheur.

Ce n'est pas que le ccsar des JusIrs jouisse d*uiie tranquillité si inaltérable qu'ils n*épmttvent à leur tour Ici bas des troubles, des dégoAls et des inquiétudes. Maiscp sont df^ nuages passagers, qui n'occupent, pour ainsi dire, que la surfaci-de leur ^aie Au-dedans régnent toujours un ralroe pr«)f«Hid, cette sérénité de ouBdenoe, cette simplirité de reuf , cette ég;ilfté d'esprit , cette ctmflanra vive, cette résignation paisible^ ce calnK* d<*s passions, celt«* paÎK umvo^ selle qui commence dés cette vie mémi* la félicilê des âmes innocentes. Vaines créatures, que pnuvea-vous sur un cœur que vous ii*avezpasfalt, et qui n'est pas fait pour vous? Première consolation de la grâce : la paix du cœur.

La seconde, c'est l'amour, qui adoucK aux Justes les rigueurs de la loi, et change . selon la promisse de Jésus-Christ , scm joug, qui panM insupportable au V pêcheurs, en un joug doux etomsohuitpour eux. t:ar une ame fidèle aime son hieu «neore plus vivement, plus tendrement, plus solidement, qu'elle n'avoit aimé le monde et les créatures. Tout ce qu*elle entreprend donc pour lui de plus rigounux^ ou necoAte plus rien à scm ct»ur , ou en fait mémo le plus .Cartelastlecaractèrcdn saintamour, lorsqu*ilestmallpe

fiONHBtni DBS JUSTES It.

éfmB QOeor, on 4'adoodr les prinee qa'fl ctHne, oa de Im. ^M* goriBéiDe en de saints plaisirs. Ainsi une ame éprise de soaDiea^ rij'ese parler ainsi, pardonne avec ji>ie, souffreaTeceonfianoe, st mortifie arec plaisir , fuit le monde avec goût , prie ateç cunaobH Uon, remplit ses devoirs avec une safale complaisanee, Plua.aaA amonr augmente , pins le joug s'adoadt Plus elle aime« pins ella est beurense : car rien n'est fUm benreiui que d'aimer ce fni mias est devenu néoessatre*

Mais le pécheur, plus il aime le monde, plus il est malheoreiixi . car plus il aime le monde , plus ses passions se multiplient, plus ses désirs s'aUument, plus ses projets s'embarrassent, plus ses iqquié-:^ tudes s'aigrissent. Son amour fait tous ses malheurs s sa vivacité est la source de toutes ses peinc^s, parce que le monde, qui en fait le sujet., ne peut jamais lui en offrir le n*roéde. Plus il aime le mon^, plus 990 orgueil est 4>U*8sé d'une préférence; plus sa fierté sent une , ii]yure^ plus un projet déconcerté le confond ; plus un désir contrer ditTafllige, plus une perle imipinée l'accable. Plasilaimelemonde, plus les (daisirs lui deviennent nécessaires; et comme aucun ne peut remplir rimmensitc de son cçeur , plus son ennui devient insoute-, nable : car l'ennui est le retour de t^His les plaisirs ; et avec tous ses • amusements, le mbnde, depuis qu*"!! est monde, se plaint qu'il s'epnuie.

Et ne croyez pas que, pour faire honneur à la vertu, f affecte d'exagérer ici le malheur d(^ âmes mondaines. Je sais que le monde parolt avoir sa félicité, et qu'au uiilieu de ce tourbilhm desoins, de mouvements, de crainics, d^inquiétudes, on j voit toujours un petit nombre d*Ii«>ureux dont on envie le iMinhenr , et qui semblent jouir d'une d<*stince douce et tranquille. Mais approfondissez ces vains dehors de bonheur et de réjouissance, et vousy trouverez des chagrins réels, des cœurs déchirés, des consciences agitées. Approchez de ces hommes qui vous paroissent les heureux de la terre, et vous serez ^ surpris de les trouver sombres, inquiets, traînant avec peine le poids ' d'une conscience criminelle. Ecout(*^les dans ces m^iments sérieux et tranquîll««, où l«« passions plus refniidi<« laiss(*nt faire quelque nsagfvde la raison : il$ciinviemient tous qu'ils ne sont point heureux^ que Téclat de leur fortune ne brille que de loin, et ne parolt digne, d'envie qu'à ceux qui ne làamnoissent pas. Ils avouent qu'au milieu de li*ur» plaisirs et de leur prospérité, ils n'ont jamais goûté de joie pure et véritable ^ que le monde un peu apprt>fondi n'est plus rien; qu'ils Sf «1 surpris eux-nnémes qu'on puisse l'aimer et le oonnoltre; cl qu'il n'y a d'heun»ux ici bas que ceux qui savent s'en pasur, et servir Dieu. Lesuns soupirent après lesoccasionsd'uiieretraitehono» ^ rable : iesautressepropiiseni Ions les joursdes mcrars plus régulières et plus chrétiennes. Tous l'onvieiuienl du bonheur desgeqsde bien; ious souhaitent de le devenir ; tous rendent tèinoignan ouQlre en* mêmes. Ils sont entraînés par lea plaisirs, plotMqaVi 1

LA tOl/SSAlWT.

Ce n'est ipiBs le goût, c'est la coatimie, c'est la foOtosa Mlles retient dans les liens dn monde et dn péché. Ils le sentent, Bs #BB ilalgnent, fis en conTicnneot, et ils se livrent au eoars d'one si MMedeàiiiée. Monde trompeor ! rends lieurcnx, si ta le peux, eeox 4|tf leeenrent^et alors j'abandonnerai la loi dn Seigneor ponrm'M* Étahar i la vanité de tes promesses.

' Vena-mémeqni m'écontex, mon cher anditenr; dqrais tant d'an- Béasfw TQOS serrez le monde, avez-vous beaoconp avancé votre fé- Hdlé? Mettez dans une balance, d'un côté tous les jours et tous les moments agréables que vous j avez passés, et de Tautre toutes les amertumes que vous y avez dévorées, et voyez lequel des deux remportera. Vous y avez peut-être dit en certains moments de plaisir , dtaoés, de foreur ; Il fait bon Ici, Bonum est nos hic esse (Matt., xvn, 4) f mais ce n'a été qu*une ivresse qui n'a pas duré, et dont llnstaat apâ a suivi vous a découvert miusion et vous a replongé dans vue piemiéres inquiétudes. Arheore même que je vous parle , interrogai votre coeur : élcs-vous tranquille? Ne manque- t-il rien à votre bonheur ? ne craignez- vous rien ? ne souhaitez-vous rien ? ne senteavous jamais que Dieu n'est point avec vous? voudriez-vous vivre et mourir terque vous êtes? éles-.vous content du monde? êtes- vous infidèle à l'auteur do votre étro sans remords? Il y a douze heures dans le jour : vous sont-elles toutes également agréables ? et avesvous pu réussir jusqu'ici à vous faire une conscience tranquille dana lecrime?

Lors même que vous vous êtes plongé jusqu'au fond de l'aUme poury éteindre vos remords, et que vous'avez cru étouffer par l'exoôa de l'iniquité ce reste de foi qui plaide encore dans votre cosur pour la vertu, le Seigneur n'a-t-il pas commandé au serpent, comme il dit dans son Prophète, de vous aller piquer jusqu'au fond de ce gouffire, oà vous vous étiez jeté pour l'éviter ; et n'y avcz-vous pas senti la ■Kirsure secrète du ver dévorant? ^r si ceUn^erint se ab ocuUs meis inprofundo maris, ibi mandabo serpenti, et mordebii eos (Ahos, IX, 8). N'est-il pas vrai que les jours que vous avez consacrés à Dieu pur quelque devoir de rdigion, par le renouvellement de votre couscience au tribuioal, ont été les plus heureux de votre vie; et que vous n'avez vécu, pour ainsi dire, que lorsque votre consdence a été pore , et que vous avez vécu avec Dieu ? Non, dit le Prophète avec une sainte fierté, le Dieu que nous adorons n'est pas un Dieu trom* pemr» ou Incapable de consoler ceux qui le servent, comme les dieux que le monde adore; et nous n'en voulons point d'autres juges que ks mondains eux-mêmes x Non enim est Deus nosterui dii eorum, ei inimiei nostri suntjudices {Deut. , xxxif , 31).

Grand Dienl qu'est-ce donc que l'homme, delutter ainsi tontesa vie contre lui-même , de vouloir être heureux sans vous , malgré vous, en se'dédarant contre vous ; de sentir son infortune , et de l'aimer; dé connottre son véritable bonheur, et de le ftiir! Qu'est-ce que

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