VÉRITÉ D'UN AVENIR
solot doutent d'un arenir, et tâchent de combattre oa d'affoiblir une yérité si capablede troubler leurs voluptés criminelles. Il est affreux d'attendre un malheur éternel. Le monde n'a p^l de |riaiair i Té* preuve d* une pensée si funeste : aussi le inonde « de ti^t temps essayé de Teffacer du cœur et de l'esprit des homoMs.: il sent bien que la foi d'un avenir est un nreîn incommode aux passions humaines; e' qu'il ne réussira jamais à faire des voluptueux tranquilles etdéter minés, qu'il n'en ait fait afuparavant des incrédules.
Otons donc, mes Frères, à la corruption du cceur. humain un ap< pui si monstrueux etsifragile : prouvons aux amesdissdues, qu'elles survivront à leurs désordres ; que tout ne meurt pas avec le corps i que cette vie finira leurs crimes, mais non pas leurs malheurs ; et pour mieux confondre l'impiété, attannons-la dans les vains prétextes sur lesquels elle s'appuie.
Premièrement, qui sait , nous dit Timpte , si tout ne meurt pas a veè nous ? Cette autre vie dont on nous parle, est-elle bien sûre ? Qui en est revenu pour nous dire ce qui s'y passe?
Secondement, est-il digne de la grandeur de Dieu, disent-ils encore, de s'abaisser à ce qui se passe parmi les hommes? Que lui importe que des vers de terre, comme nous, s'égorgent, se trompent, se déchirent, vivent dans les plaisirs ou duis la tempérance? n'est-œ pas un orgueil à l'homme de croire aii'un Dieu si grand s'occupe de M?
EnOn, quelle apparence, ajoulent-ils, que Bieu ayant fait naître l'homme tel qu'il est, il punisse comme des c^imes-des penchants de plaisir que nous trouvons en nous, et que k oatiure nous a donnés? Voilà toutela philosophie des âmes volnpineûses.: rineçrtituded'uiq avenir ; la grandeur de Dieu qo^me vile créature ne peut offenser ^ la foiUesse née avec l'homme, et à qui il scroit injuste d'en faire un crime»
Prouvons donc d'abord, contre rincertilode des impies, que la vc^ rite d'un avenirest justifiée par les plus pures Inmièresdela raison i en second lieu, contre Tidée indigne qu'ils se forment de la grandeur de Dieu, que cette vérité est justifiée par sa sagesse et par sa gloire ; enfin , contre le prétexte tiré de la foM^lesse de Thomme , qu'elle est justifiée par le jugement même de sa propre conscience. La certitude d'un avenir, la nécessité d'un avenir , le sentiment secret d'an avenir: voilà tout mon discours.
O Dieu ! ne regardez pas l'outrage que les blasphèmes de Timpiété font à votre gloire : regardez setHomeat, et voyez 4le quoi la raison qnb vpus n'éclairez plus, est caJMble. Recbnndisseï dans les égaremeiilis monstrueux dcfesprit humain, (outeb sévéritéde yotre justice Y lorsqu'elle l'abandonne; afin que plu» j'eipeserai ici les blasphèmes insensés de 1 im))ie, ptés ils devienucnt à' vos jmx nn objet digoe de votre pitié^ et des richesses de votre misérieorde.
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PREMlÂlUI FAmt.
IlesCIrisleranBdoDte d'avoir i justifier devaot des (ideles la ▼érité la plus consolante de la foi ; de Tenir pronver à des hommes à qui l'on a annoncé Msns-Chrisl, que leor être n'est pas un assemblage bizarre et le triste froit dn iiasard ; qu'on ouTrier sage et toutpuissant a présidé à notre formation et à notre naissance; qu'un souffle d'immortalité anime notre boue; qu'une portion de nousmêmes nous sarrlmi ; et qu'an sortir de cette maison terrestre , liotre ame retournera dans le sein de Dieu d'où elle étoit sortie, élira habiter la région étemdle des vivants, où il sera rendu à chacun selon ses obuttcs.
C'est par cette rérité que Paul commença d'annoncer la foi devant l'Aréopage. Nous sommes la race immortelle dé Dieu, dîsoit- H à cette assemblée de sages, et il a établi un jour pour jugor l'univers ( AcT., XVII , 29, 31 ). C'est par-là que les hommes apostoliques jetèrent le premiers fondements de la doctrine du salut parmi les nations infidèles et corrompues. Mais pour nous, mes Frères, qui arrivons à la fin des siècles, après que la plénitude des nations est entrée dans VEglise; que tout l'univers a cru ; que tous les mystères ont été édaircis, toutes les prophéties accoihplies, Jésus-Christ glorifié, la voie du ciel ouverte et frayée : nous qui paroissons dans les derniers temps, où le jour du Seigneur est bien plus prodie, que lorsque nos pères crurent : hélas ! quel devroit être notre ministère, sinon de disposer les fidèles à cette grande attente , et de leur apprendre à se «entr prêts pour parottre devant Jésus-Christ qui va venir, loin de combattre encore ces maximes monstrueuses et insensées, que la première prédication de TÉvangile avoit effacées de Puni vers'
L'incertitude prétendue d'un avenir est donc le premier fondement delasécurité des âmes incrédules. On ne sait ce qui se passe dans cet autre monde dont on nous parle, disent-ils; aucun des morts n'en est revenu pour nous le dire i peut-être n'y a-t-il rien au-delà du trépas ; joubsons donc dn présent, et laissons au hasard un avenir, ou qui n'est point, ou du moins qu'on ne veut pas que nous connoissions.
Or je dis que cette incertitude est suspecte dans le principe qui la produit, insensée dans les raisons sur lesquelles elle s'appuie, affreuse dans ses conséquences; ne me refusez pas votre attention.
Sospectedans le prindpequila produit Car, mes Frères, comment s*esl formée dans l'esprit de l'impie cette incertitude sur l'avenir? H n'y a qu'à remonter à Torigine d'une opinion, pour savoir si les intérêts de la v^té on des passions l'ont établie sur la terre.
Llmpie porta en naissant les principes de religion naturdle oooh muns à tous les hommes : il trouva éoite dans son ccenr une M qui déteodoii la violence, riiqustice, la perfidie, et fout ce qu'on ne peut
VÉRITÉ DtJN AVENIR. Î9t
ptlflOuffipirsQHméiae : rédncatiiNifortifia ces sentiments de la nature • on lui apprit à oonnottre un Dieu, à raimer, à le craindre : on lui montra la vertn dans les règles : on la lui rendit aimable dans les exemples; et quoiqu'il troa^àt en lui des pendhantsopposés au devoir^ (onqu'il lui arrivolt de s'y laisser entporter, son cœur prenoit en secret le parti de la vertu contre sa propre foiblesse. '
Ainsi vécut d^abord Fimpie sur la terre : il adora avec le reste des hommes un £tre suprême ; il respecta ses lois ; il redouta ses châtiments ; il attendit ses promesses. D'où vient donc qu'il n'a plus connu de Dieu ^ que les crimes lui ont paru des polices humaines, Tenfér un pr^ugé, l'avenir une chimère, Tame un souffle qui s'éteint avec le eoFfs? Par quel degré est-il parvenu à ces comioissances si nouvelles et si surprenantes ? par quelles voies a-t-il pu réussir à se défaire de ces anciens préjugés si établis parmi les hommes, et si conformes aux sentiments de son cœur , et aux lumières de sa raison ? A-t-il examiné ? a-t-il consulté ? a-t-il pris toutes les précautions sérieuses que demandoit l'afliBilre la plus importante de.sa vie? s'est-il retiré du commerce des hommes pour laisser plus de loisir aux réflexions et à l'é* tade? a-t-il pnrifié son cœur, de peur que les passions he lui fissent prendre le change? De quelles attentions n'a-t-on pas besoin, pour revenir des premiers sentiments dont Tame avoit été d'abord imbue?
£ooutez-le, mes Frères, et adorez ici la justice de Dieu sur ces hommes corrompus qu'il livre à la vanité de leurs pensées. A mesure que ses mceors se sont déréglées, les règles lui ont paru suspectes : à mesure qu'il s'est abruti, il a tâché de se pensuadcr que l'homme ètoit semblable à la béte. Il n'est devenu impie qu'ense fermant toutes les voies qui pouvoient le conduire à la vérité; en ne se faisant plus de la religion une afEaire sérieuse; et ne Texaminanl que pour la déshonorer par des blasphèmes en des plaisanteries sacrilèges: il n'est éevenu impie qu'en cherchant à s'endurcir contre les cris de sa conscience, et se livrant aux plus infâmes voluptés. C'est par cette voie qu'il est parvenu aux oonnoissances rares et sublimes de l'incrédulité t c'est à ces grands efforts qu'il doit la découverte d'une vérité, que le reste des hommes jusqu'à lui, avoit ou ignorée, ou détestée.
Voilà la source de toute incrédulité ; le dérèglement du cœur. Oui, mes Frères, trouvez-moi, si vous le pouvez, des homm^ sages, -véritables, chastes, réglés, tempérants, qui ne croient point de Dieu, qo' n'attendent point d'avenir, qui regardent les adultères, les abomina lions, les incestes, comme les penchants et les jeuxd'une nature inno cente. Si le monde a vu des impies qui ont paru sages et tempérants e'étoit, ou qu'ils cachoient mieux leurs désordres, pour donner pluft de crédit à leur impiété, ou la satiété du plaisir qui les avoit menés à cette fausse tempérance : la débauche avoit été la première source 4e leur irréligion : leur cœur ètoit corrompu, avant que leur foi fit Étufihige : ils avoient intérêt de croire que tout meurt avec le corps, tva»t que d^être parvenus à se le persuader; et un long usage du
tM LUNDI DE LA PKÈlVllÈftE SEMAINE.
plaisir aroit bien pa les dégoftter du crime, mais dod pas leur rendre la vertu plus aimable.
Quelle consolation pour nous, mes Frères, qui croyons, qu*il faille renoncer aux nicBurs^ à la probité, à la pudeur, à tous les sentiments de l'humanité, avant que de renoncer à la foi, el n*étre plus homme pour n*étre plus chrétien !
Voilà donc Tinccrtitode de Timpie déjà suspecte dans son principe ; mais en second lieu, elle est insensée dans les raisons sur lesquelles elle s*appuie.
Car, mes Frères, pour prendre le parti étonnant de ne rien croire, f t d*étre tranquille sur tout ce qu'on nous dit d'un avenir éternel, il faudroit sans doute des raisons bien décisives et bien convaincantes. 11 n*est pas naturel que l'homme hasarde un intérêt aussi sérieux que oàm de son éternité, sur des preuves légères et frivoles ; encore moins naturel qu'il abandonne là-dessus les sentiments communs, la foi de ses pères, la religion de tous les siècles, le consentement de tous les peuples, les préjugés de son éducation, s'il n'y a été conune forcé par l'évidence de la vérité. Â moins que l'impie ne soit bien sûr que tout meurt avec le corps, rien n'approche de sa fureur et de son extravagance. Or en est-il bien assuré? Quelles sont les grandes raisons qui l'ont déterminé à prendre ce parti affreux ? On ne sait, dit-H, ce qui se passe dans cet autre monde dont on nous parle ; le juste meurt comme l'impie, l'homme comme la béte , et nul ne revient pour nous dire lequel des deux a voit eu tort. Pressez encore, et vous seras effrayé de voir la foiblesse de l'incrédulité; des discours vagues^ des doutes usés, des incertitudes éternelles, des suppositions chimériques, éur lesquelles on ne voudroit pas risquer le malheur ou le bonheur ^un seid de ses jours, et sur lesquelles on hasarde une éternité tout entière.
Voilà les raisons insurmontables que l'impieoppose à la foi de tout l'univers ; voilà cette évidence qui l'emporte dans son esprit, sur tout ce qu'il y a de plus évident et de mieux étabU sur la terre. On ne sait ce qui se passe dans cet autre monde dont on nous parle! 0 homme! ouvrei id les yeux. Un doute seul suffit pour vous rendre impie, et toutes les preuves de la religion ne peuvent suffire pour vous rendre lidèle! Vous doutez s'il y a un avenir, et vous vivez par avance comme s'il n'y en avoit point! Vous n'avez pour fondement de votre opinion, que votre incertitude, et vous nous reprochez la foi comme une crédulité populaire!
Mais, je vous prie, mes Frères, de quel côté est ici la crédulité? Estelie du cùlé de l'impie, ou du côté du fidèle ? Le fidèle croit un avenir sur rautorité des divines IScritures, c'est-àrdire, le livre sans contredit qui mérite le plus de créance; sur la déposition des hommes apostoliques, c'est-à-dire, de ces hommes justes, simples, mlrajCuteoE, qui ont répandu leur sang pour rendre gloire à la vérilé, et à la doo- (riac desquels la conversion de l'univers a rendu un témoigni^fni