POUR LE LUNDI DE LA DEUXIÈME SEMAINE DE CARÊME
SUR VmpÈmTWCn finale.
£go poào , el quarêtii nu, tt àt pteeai0 ptsiro moneminz,
3t ni'eBnii,et?0i]Siiie dierebera, et tous moarra dani votre péché.
(JBAII, VUIiSIO
Si TOUS n'âTez pas frémi, mes Frères, en m'entendant pronoDoer ces iMiroles , les plus terribles sans doute qu'on Use dans nos divines Ecritures , je ne vois plus de vérité dans la religion capnUe de vous touqfier. Pour moi , je vous avoue que j'en suis frappé de terreur; et il me semble, qu'en exposant de si formidables menaces, il budroil pIuU>l prendre des précautions pour prévenir les frayeurs excessives qu'elles pourroienl jeter dans les esprits, que pour réveiller raltenlioD et la crainte,
En effet, ce n'est pas des calamités publiques; vos villes dé^ molies, vos femmes et vos enfants menés en servitude, et l'héri^ tage du Seigneur en proie à des nations barbares et infidèles, que Jésus-Christ vous annonce aujourd'hui ; ni tant d'autres menaces que les Israélites, au pied du mont Sinai\ ne purent entendre sapi être renversés de terreur, et sans craindre de mourir, si le Seigneur ne ct*ssoit de leur parler.
G*e >t l'abandon de Dieu, et Timpénitence au lit de la mort, qu'on TOUS annonce; des efforts pour retourn<T au Seigneur en cette dernière heure, inutiles et rejetés ; la réprobation consommée en ce moment fatal; et une ame depuis long-temps infidèle à la graoe, menée enfin captive par son péché : Quœretis me , et inpeceato çestro moriemini.
G est la destinée déplorable de tant de fidèles , ou qui m^risrat les voies du salut, ou qui ne se proposent d'y entrer qu'à la d. rnière heure : c'est celle de la plupart des pécheurs qui m'éooutent : c'est la vùtre, mon cher Auditeur, si vous diffiûrez de vonsoonvertir au Seigneur : Ils'en çaj eiifouelechercherest^eitfous mourrez dans votre péché.
Grand Dieu! mais que devient Totre bonté, lorsque vous abandonnei le pécheur dans cette dernière heure? Ses pleurs , ses sanglots, sa bouche troublante ccdlée sur le signe sacré de son salut, ses promesses de pénitence, ne peuvent-«lles plus alors fléchir votre clémence? et devenez-vous un Dieu crud pour rhomme que vous avez créé? Ne mettons point de bornes à ses miséricordes infinies, mes Frères ; il peut se laisser fléchir : mais tous ne le fléchirez
IMPÊNITENCÈ PiNALfi. kif
pat ; et il vottS avertit hri-in^e que yoqs ne deteipas tMij a^ tendre : Je nCtn uaU , et cous me chercherez^ et vous matunt dama potre péché. Il vous le dit à tous en général, à chacun de voos èo particulier, de quelque âge , de quelque sexe, de quelque rang que V0O8 puissiez élre.
Cette matière est trop effrayante pour y éhereher m antre- iea« aein, que odut que les paroles de Jésus^hrtst eUes^mémes nous fournissent; si vous attendez de vous convertir à la morl, vous mourrez dans votre péché : celte terrible vérité m'occupe lont enfler; je vous la propose avec simplicité tonte seule. Or, si vous différez jusque-là votre conversion, vous moniTêz dans votre péché^ parpeque vous ne serez plOs en état alors de cliérdier Bien ; el de retourner à lui : Qub ego çado^ vos non patents pekin (Ioah., VIII ,-22) ; parceque , supposé même qne vous soyez en élat'^e le diercber, et que vous iassièsrdeseflorls po r retirarner à lui, vu»ei- Ibrts seront fnutlli<s, «t voos ne le trouverez pas: QuœreUêmei^ wOn peecato tfestro modemini. Première raison tirée da eôléda péchttir, hors d-*étBt, au fit de la mort , de chercher Dieu, et de retourner à tni. Seconde raison tirée du côté de Uen irrité alara enven le pécheur, et qui ne recevra pas, ne regardera pas» qnéprisera même, les efforts que le pécheur mourant semblera fiiira pour in elMvher et retourner à lui. G*e8t-à-dire, la pénilcnce au UH de la mort, presqne toujoora impossible: la pèiitenceao Utdala^moili presqaetoujourb inotile. Nous avons besoin des lomiéresderfivrit aaiati etc. Ape^ Maria.
raKMlKliS rABTIB.
Si voos différez votre conversion à la mort ^ vous momraa dana votre péché ; paroeqn'alors vous ne aérez plus en état de chercher Jéh •QS-Christ : <^ ego vado^ potnon poieMis irtaire. Premiéreraisatt tirée du côté du pécheur monrant, hors d'état alors de oheircher Jéflus^Lrist ; c^est-à«4ire, la péniieBoe an lit de la mort , presqne toujours impoasiUe. Or, vons lie ser^z pins en état alors dedièr* «lier Jésns-Chriat : paroeqne, on le temps voos manquera; on le temps vous étant accordé, l'aocablement de vas mansL ne vous le permettra pas; on enfin^ que vos maux vons le permettant, vos aneiannes passons y mettreat des obstacles , que vous ne aérez plus en état alors de snnnonler. Appliquea-vona, mei FMres, à ces vérités importantes.
Je dis donc, preoMérement , qne vous êtes imprudents de ron«> T<qrer l'affisire de Votie salai à un temps qae.Dfen ne v»da à point promn, et-qu'il refusc^law les jours. à des {)échoarimoins-OQli« paUes que vonsi. Car» bmi cher Andileiur«.qm vonaa râpopdift^ue la mort viendra Inniemciit» ai qii'eUei ne fimdfa pna iMpiaiénient sor vous, comme ai vavlonrcnielaur nue proie InnquiUeeiinni* loMive^ D'où avea-voos appris qne le Sei^Mor voua averlira 4» iM. 1. 27
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loio; 4«'il «ttrcrr» tonjoim Mm ange pour tous préserirei:; cl qu'oM dmta floodaine, un naufrage imprévu, ud édifice écrôol*' sans tos pieds, un ocmp ooùduil par le hasard , un lâche ennemi , un dOBMBli<|ue infldèle, el tant d'autres accidents , ne couperonl pas en un cUn d'cBfl le fil de Totre vie, et ne tous prédpîterant pu danarahÉne au nilien de tqs plus heauK jours? Qui peut tous garantir qu'une ré? oluiionsubite d'humeurs ne tous fera pas expirer sur4e-dMnp entre les bras de tos amis et de vos proches, sans mettre, entre une sanlé parfaite et le trépas, que le dernier soupir d'interraUe? Ces malheurs sont-ils impoûiblos? ces accidents sontils fort rares ?a'estm passé une seule année, un seul jour presque, oà Dieu ne tous ait aTerti par quelqu'un de ces gramls esemplear les létes les plus illustres en ont-elles été à cooTcri? Combien de fois TOUS est^m Tenu annoncer aTeo alarme : Un tel Tient d'expirer au sortir de table, du jeu, du crime qudquefoisi le ministre de Jésus» Christ s'est prteenté; mais on n'a pu tirer du mourant weun signe. Quelle consternation alor»! quel retour sur Tous-mémel quelles réflexions sur l'inconstance delà Tieetde toutes les èhosesbuminesl quelles résolutionB secrètes de prendre de loin ;ros mesures, de peur d'être surpris à Totre tour! Etiez*vous alors imprudent ou trop timide, decraindre? Combien de fois peut-étre ces terribles afccidenlâ scnt-Os arrhrés i TOS yeux i et sans sortir de Toire faniflle , n'aTea* TOns pas eu Ife'dessus quelques leçons domestiqucaP Or, je tous de-^ niànde, quels ont pu être les desseins de la miséricorde jte Dieu , en TOUS ménageant des spectacles si eflErayants? N^esi-ce pas pcnt-êfn de TOUS aTcrtir que Totre fin seroit semblable? Que sais-je, si la disposition même de Totre tempérament ne tous laisse rien à craindre liHiessus; si TOUS ne portex pasdéja la mort dans le seîtt; et si an premier jour Totre fin soudaine et surprenante te répandra pi» le dsuil parmi nous; et ne fournira pas^iceux qui m'écoutent^ de grandes mais d'inutiles réflexions sur l'abus du monde et de ftes espérances! Qori est donc TOtreaTeugleBicBt,nMln cher Auditeur, défaire dépsndre TOto ialutétemel de la chose du mondedoot tous pouTet moins TODS répondrel SI tous oonpliex sur lesuocés deqadqoa grande entreprise ; la sagesse doTOs mesures, le seooura de TUS amis ou de TOS sujets, Toire rang, TUS biens, Totre crédit, TOtre puissance, pourraient Tousen répondre : mais Touscomptexsurle temps Eh ! qui peut être id Totre garant 1^ dequi les jours et les années éé^ pendent-ils ? qui est oelui qui fait leTcr et coucher le sdeil sur nos têtes? CooHnânderes-Tousàeet astre, oonme ce chef du peuple de Dieu, des'arrêler, deprolonger le Jour de TotreTie, pour TouslatsMT leioisir d'achoTer laTidoire, et de dompter tos passions? lestitres, le rang, la puissance, les sceptres eux-mlmas, nous doonent-fls droit smr un seal da noa moaMuls ? ceux qui eeaunandsait à la terre prarent-ils répondre d'eux-mêmes pour rèmtant qui suit? n'es^re .yesici où Dieu Teut nous faire sentir qu'il est le maître, qu'il tieal
JMPÉNITUNGE FINALE. M9
nos^deslSaées «ntre ses mains» «t que nous sommes bien pen excusables de nous attacher avec tant d'ardeur a un monde auquel nous ne saunons jamais tenir que pour Tinslant présent, qui n'est dégaplus*
O vous» mon Dieu » qui sem avez posé les bornes à la vie de chacun de nous ; vous qui , dés le eommeneement , avez compté mes jours comme mes cheveux; vous^qui présidAtesau moment de ma naissance, et qui dès lors marqu&tes sur mon front celui de ma mort ; vous seul. Seigneur, qui avez écrit dans le livre éternel les jours de mon exil et de mon pèlerinage ; vous seul voyez si je suis encore loin de ma course ou si je touche d^ au terme fatal « au-* delà duquel sont la mort et le jugement!
Mais vous vous rassurez peut-être sur ce que ces exemples de mort imprévue sont rares, et que ce sont là de ces coups extraordinaires et uniques, qui ne tombent que sur un petit nombrede malheureux. Je pourrois vous redire que la justice de Dieu les rend tous les jours très communs, et que ce qui étoit rare dans les siècles qui nous ont précédés, est devenu un événement de tous les jours dans le nôtre. Mais je veux que ces terribles accidents ne tombent que sur un petit nombre de malheureux ; outre qu'il peut arriver que vous soyez de ce petit nombre , et que quand ce malheur ne devroit tomber que sur un seul de vos citoyens, vous ne seriez pas sage de ne pas le craindre : outre cela, je vous dis que le plus grand nombre est de ceux qui sont surpris ; que presque tous les pécneurs meurent lorsqu'ils croient la mort encore éloignée; que le jour du Seigneurvient toujours comme un voleur, et à l'heure qu'on y pense le moins. Je vous dis que le dernier moment qui termine nos jours n'est jamais le dernier dans notre esprit; que lorsqu'étendu surl<^ lit de votre douleur, la mort sera déjà à la porte, vous la croirez encore loin ; vous reculerez encore l'afliiire de votre salut , et la proposition quVm vous fera d'appeler un ministre de Jésus-Christ. Je vous dis qQ*après mdme l'avoir appelé , vous regarderez son ministère plutôt comme une bienséance de maladie, que comme une nouvelle de mort; vous ne confesserez pas vos crimes, comme devant aller paroître devant Dieu pour en rendreeompte; vous laisserez encore sur votre conscience mille choses douteuses, que vous réserverec toujours d'édaircir à reztrémité. Je vous dis qu'en expirant vous vous promettrez encore quelques jours de vie. Je vous dis que la plupart des morts sont soudaines; qu'il n'est presque peint de pécheur qui meure en croyant mourir, à qui le temps ne soit refusé, et qui n'aille parottre devant Dieu, sans s'être prépure à ee compte redoutable. Rassurez-voos.aprèB cela sur le petit
Mais je veuoL qw le temps vous soit accordé, etque les ministres da Seigneur aient le loisir de vous venir dire^, comme autrefois un prophèto au roi de Juda : Mé§lâM votre fMM<m, cmr pouê mnmtfêz
hM I.UiMDl DE LA OËUXtlslME .SEMAINE.
( h., x^xYiii^l ). L'aocabWment où tous fieretalaMfioiirra-t41 Vous ^mellre de chercher Jésus-i^hrisl? Seconde réSexioa. De quoi, )c TOUS prie , est capable alors une ame crirainelle, loote pimigée dans ses doulears • défaillante sous le poids et la mulUtade de ses maui, el à qui il reste à peine encore assez do vie pour anhner son cadavre ? Quoi l vous voulei qu'avec une raison , qoi déjà s'enveloppe ; une langœ , qui se lie et s'épaissit , uni* mémoire, qui se oon* foiid ; un cœur, qui s'éleînt ; vous voulez que dans cet état un pécheur éclaircisse les abîmes de sa ounsdence ; vous voulez qu'il approfondisse ses sacrilèges, ses scandales^ ses vengeances, ses resfiiations, ce gouffre d'impuretés d'où il n'est jamais sorti, ces embarras sur l^uels il ne s*est jamais bion expliqué; et, en un mot, qu*il entre dans des soins et dans un détail , à qui Tesprit le plus serein et la raison la plus entière poum)if*nl à peine suffire? Vous Toulcz que cette amc déjà immobile, et liép des chainos de la mort, 8en*e l'horreur de ^cs iniquités passées; qu'elle pense sérieusement h implorer les miséricordes de son Dieu ; elle, dont les idées mou* rames ne ressemblent plus qu'k des songes, et qui ne pense plus, que comme on pense en dormant?
Grand Dieu, vous qui , du haut de rotre justice , êtes alors plus attentif que jamais aux mouvements secrets de cette ame Inforlu* née , que se passc-t-il en ces derniers moments entre elle et vous? Qu'y découvrez-vous, qui puisse réparer une vit* entière decTime8,et apaiser votre colère? Se tourne-t-ellc seulement vers son Créateur? adore- t-elle en secret l'auteur de ses bienfaits , et le ventreur de ses ingratitudes? s'anéantil-elle fOUs la main levée pour la frapper? se regardc-t-elle comme une victime det^tinée à des tourments éter» nds , si vous la jugez selon votre justici*? faitci^lle monter vers vous, de Tablme de sa douleur, les cris d'un repentir sincère? lui échappc-t-il seulement un désir, que vous daigniez regarder? loin de vousflôcliir, peut*elle encore Tous coonoltre? Kt que vnyei-vous, grand Dieu! dans les trstes agititions qu'elle laisse parotire, que les derniers efforts d'une ame qui se défend contre le trépas , et d'une machine qui se dissout ?
Répondez id pour moi , vous, mes Frères, que la main du Seigneur a conduits quelquefciis jusquesanx portes du tombeau, et en a retirés depuis. Lorsqn'élenda suivun lit de douleur, vouscom* battiez ainsi entre la vie et la mort, les soins de yotre éternité vous occttpoient-ils encore? Oà éttez-vous alors ? quel usage faistez-vons de votre raison ? que formiez-vous an dedans de vous, que des idées confuses et mal Mes , xtb vos maux a voiem plus de part que votre «alut ? que furent pour vous les derniers remèdes des mouvMitaqae l'Eglise vous appliqua ? des songes , dont le sou v«iiip«i#me ne mis est pas demeuré. Vous seriez-vous trouté plua pi^t è parotlre de* mt Jésus-Christ , ai cette maladie eè( fini vos fours ? quelle ame leriez-vous allé présent^»* au pied da tribunal redoutable? qu'en
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ftfCf^oQs- 4f C Yons-ménie depuis reTeou en sanlè? que c'est um folied'atteiidreà l'extréfoité ; qoon n'est capable de rten alors, qu'il fiiui melt^ ordre à sa conscience tandis qu'on se porte bien : tous Favet dit; mais l'aroE-vous fait? ne vous laisserez-rous point une s0FiMtide Ms surprendre ? et le seul fruit que tous retireret du bien* fait qui prolongea tôs jours, ne seronl-ce point les crimes d'on.^ plus longue tie?
Mais cequil y a ici encore de {dus propre à nous faire adorer les jugements de Dieu sur les pécheurs qui diffèrent leur conversion à la mort, c'est que si sa miséricorde ménage alors quelques inter- ▼ailes libres à un mourant, des moments si précieux, si dedsifs pour son éternité, sont consumés à disposer d^une succession, et à régler une maison terrestre. Des proches, des enfants avides attendent, autour d'un Ut, le moment ou la raison du malade s*éclalrcit, visent quelquefois, comme les enGints d'Isaac, à surprendre un père mott^ nmt, et à se supplanter les uns les autres ; se hâtent de profiter du temps, porn" lui faire déclarer ses dernières intentions. On laissera des înlervalles moins heureux les soins de la conscience ; Taftiire de réternitène va ipi'après tontes les antres. Alors le ministre de Je* suB-Glirist est appelé ; car il faut attendre que le mourant ne le oon^ noisse piesque fÂus , afin qu'il le voie approcher sans effroi : cependant le mal presse $ on ne pent plus exiger du pécheur un récit exact de ses désordres ; il faut se conlenter de quelques termes Yaguesctmalsuivu qu'on lui arrache. Mous lui faisons dire qu'il se repent; mais le lui faisons-nous sentir? Mous loi demandons quelque signe; il lève des yeux mourants; il s'efforce en vain du remuer tue langue déjà imoiobile; il consent de la léte, noua croyons l'entendre; mais s'enlend-il lui-^néme? Le prêtre du Seigneur crie à haute voix : il tAche de faire r^entir du moins à ses oreilles des paroles de salut« et le nom de son Sauveur répété miUe fois avec eObrt ; mais te porte^t-U jusque dans son cœur? il s'arme du signe de notre rédemption ; il présente un Dieu mourant an pécheur qui expire; il l'applique sur sa bouche tremblante et livide; il lui fiiit lever vers cet objet consolant ses mains délaillanics, et ses yeux déjà à demi éteints ; mais le lui fait*il connoltre? La mort arrive; il expire. Grand Dieu ! que devient cette ame? que trouvet-elie au sorthr de sa demeure terrestre, lorsqu'elle tombe enUre les mains étemelles de votre vengeance? quelle surprisedese trouver, comme en s'éveQlant, au pied du Tribunal redouUible ; l'abîme ou- Tert sous ses yeux ; et n'ayant mis entre ime vie toute crifaiinelle, et la sévérité de vos jugements, que la léthargie et les songes d'une courte maladie! A cela, mes Frère», que voulez-^ vous que j'ajoute^ que la réflexion toute simple du prophète : Entendei cad , vous qui oublies Dieu pendant votre vie, de peur qu'il ne vous surprenne dans ce dernier moment , et que personne ne puisse plus alors vous
«Dierv deaes mains » FnteUigiukae^ qtdMimeimim Ikum^ nequandoritfiai^ ^ nottsU quieripiat (Pb. x<.ix, 22)!
jyaftteiira, mes Frères , el cette derniëre yériié n'esl pas vmm digne de Toùre attention; proraeltec-y^Mis» si vous Tonlei, de eon* sener josqu'an dernier sonpir, la raison anssi saine et aussi entiâra que TOUS Fayes aujoard'hai t ne eon^iCei-yons pour rien les ob« stades qne yoas trooTerez alors dans votre propre ooenr ? Crafei* voQs qnedes passions foeToos noarrtssesdqmis renbnoe, qpûsont devenues comme votre fonds et voire tempérament, tomberont, s'é- Tanoairontenuninstanl;qQ'ilseferaen vous nnmimde soudain, €i que voussorox cbangé toat d'an ooop en un nouvel bonlQle^Les maladies que la mort ne teraûne point opàreni-elles beaucoup de conversions? Voyei-vous beaucoup de pécheurs au sortir de ces ex« trtoités, après les |Aus belles protestations, et les derniers remèdes de FEglfae reçiu avec componction apparente, mener une vie nouvelle? Qui peut Buenx répondre là-dessus qne vous-même? Yens avec été quelquefois jusques aux portes de la mort| vos maladits vous ont-elles converti? vous crcqriet être changé, vous en assoH riec le nrinistrede la pénitence, et peut-être les speetal»n de vos maux; mais Tétiez-vous? le danger passé, la sanlé revenue, les passions n'ont-^lles pas reparu, et ne vous êtes-vous pas encore retrouvé le même? Lecoonr se fait-il en m peu de temps de nouveaux penchants, et comme un nouvel être?
Qmil, mon cher AuditeorI après une vie entière de débauche, vous crogres que deux jours de maladie vous rendront chaste? Abl Bieu permettra que le souvenir de vos plaisirs passés voiis arrache peut-être encore raille complaisances criminelles au Ut de la mort; peut-êtreaimerez-vousencoreà voir avecdesyeux mourants, peintes smr vos murs, les images funestes de vos anciens désordres^ peutêtre expirereihvous ayant autour de votre lit l'objet infortuné qui oorrompit votre cQBur , et, malgré le scandale public, vous ne pour-* res vous résoudre à vous en séparer, mêmeà b mort. L'Esprit de Dieu l'a dit s Les oa de Tioqiudiqne seront encore alors remplis des désordres de sa jeunesse^ et ses vices dormiront avec lui dans la poussière du tombeau : Osêa ejus ùnplebuniur tniiis odoieieeHtiie eJuSf et cum eo in pulvert dormieiti {Job^ xx, 11). £t notre sièdCv et ceux de nos pères, n'ont-ils pas vu des monstres, qui, en expirant même, juroient une affreuse fidélité jusqu'au-dcU du tombeau, à l'ol^ détestable 4e leur passion, et dont l'ame réprouvée ne sortoit de leur corps qu'avec des soupirs et des regrets de crime et de volupté? O Dieu ! que vous êtes terrible, quaoMi vous livres le pé* cheur à sa propro corruptionl
Vous eroyei qu'un hinnme qfA n'a eu qu'un désir en vivant, et c'a été odai d'amasser du bien aux dépens des peu|des, et par les voies les |du8 injustes et les plus odieuses; vous croyez qu'alors il puisse consentir que des gains qu'il a toujours crus permis, de-
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iFtameM crtanlMli, et que dM Mtitiilions i nom et M posUrilédbiit k pmwiire, dToà tt kiâToil lirte? Ah! «irEgprit deDiea, Il ynaàm avec foa ameki richeint qa^flaToil Mrortes $ mate ce ten fluilgi^ loi rk Seigneor k& wnehera te enCnîlkii nab fl n'en arrachera fMsramoiir de leUconrsJDiMlia», finit dei^ùruvU^wùnmt^ aC ifa tfenirê ittUis extrahei ea$ Dtii$ (Joa, ▼, 15).
VcM eroyeiqa^m h»p^ qirf a nrfa sa gloh« dhQs sa ocmMon, et qQtamlUefeis profanAla saialefédeiioa myiMres perdes dérisions saerfléges, deviendra fldèleetrdigleinaii lit de la mort? Ehl peutêtre sefera-l-fl hooneor jasqpa'à la fin, d'one force d'esprit qni fblfera sa vanité ; peul-élre Toodr»-t«{I paroitre an-dossns desfrajenrs vulgaires, et regarder d'nn oeil tranquille elassnré llnoertitnde d'an avenir; pent^^étre laissera-tril en monrant, aux speetateors, le plaisir aflkvnx d'an bon mot aom dépens de son saint élemel;pent* être aussi mourra-t-il en monstre et en désespéré.
Yonscroyei qn*nne femme mondaine, enivrée de sa figure, outrée dans ses plaisirs, attachée vivement au monde et à eUeméoM; vous Groyez q|u*ene verra alors sans regret la destructen de son ca* davre, le monde et tons ses amusements s*évanouir et s'éloigoer d'elle pour toujours? Ah! Dieu permettra que les soins desa beauté roceupent encore an lit de la mort; qu'dle examine tous les jours lai cfaîangements qu'une longue maladie aura faits sur son visage ; qu'elle écoute là-dessus avec complaisance tout ce que la flatterie voudra lui persuader ; qu'elle sente réveiller en expirant tout son amour pour le monde; et qu'elle dise, comme cet infortuné roi d'Amalec : Est-ce ainsi que la cruelle mort m'enlévean milieu de mes plus beaux jours? Sictine âeparat amara mon (1. Rso., xv, 3â}?
Tous nous en avertissez. Seigneur, dans les livres saints; leur fin sera semblable à leurs muvres x Quorumfimt erit tecundùm opéra ipsorum (2. Cos., xt, 15 ). Vous avez vécu impudique ; vous mourrez tel : vous avez vécu ambitieux; vous mourrez sans que l'amour du rooodeet de ses vains honneurs meure dans votre eorair : vous avez vécu roonement, sans vice ni vertu ; vous mourrez lâchement et sans componction t vous avez vécu irrèKdu, faisant sans cesse des projets de pénitence et ne les exécutant jaamis; vous mourrez plein de désirs et vide de bonnes esuvrest voosavezvécn Inconstant, taiit6t au monde, tantôt à Dieu; tantôt voluptueux , tantôt pénitent ; et vous laissant décider par votre goût, et par l'asceodanl d*un caractère changeant et léger; vous mourrez dans ces tristes alternatives, et vos larmes au lit de la moK ne seront que ce qu'dles avoient été pendant votre vie ; c'est-à-dire un repentir passager et superfldel; des soupirs d'un cœur tendre et sensible, mais non pas d'un comr pénitent; en un nK>t, vous mourrez dans votre pédié : fn peeeato pettro moriemini ; dans ee pécMoà veoa croupisseï depuis si long-temps ; dans ce péché qui est à vous plus
lai LUNDI DE LA DEUXIEME SEMAINE.
q«e loM Ira aotni, ]iRf€ei|ii'n dkiniiie dan» Ilot nn^ f^^éraneM; da&ioe pédiéq«l6Slooqiiiie ■èarecYo^ lif «iitiér&ii*fl|Ni vou^oorrlger-: Inpeetaiapairo ntùnemim. Adnfc Moirt toiiiie, lénbd volaptoelise, Saûl viadicatif^ leacorantadliéli aaUrtlégea^ AiaalciD rebelle, fiallhanr affènmiè, BérodeiiieMlMM i Umle l'ficritBva estreaqriiede pardlsnenplei; loua ka prophèto relcntiflaent de ces menaoea ; Jéaua-Clirial s'en explique aijovrd-lmi d'nMHtoniteeibketiMibierkaplQaiMMalUBa: rexpérioace est id tarrible( ▼M»*BiéaiedUea looa lea joura qsCwk raeuntel qa'on a féoD. Eh! queCivt-BdoBceiieQiei aaoo cher Anditear, fomtrm» faire prendre dôa à priaenl la réaidoikHi de travailler iToireaakil, et de ne paa renvoyer à la fin âne afiaîre qv'oo ae sawoil jaaM» Irop tùt ooBMiiciieer ; et d*a«laiil plus qu'elle eat loajom mtiiqiiéo, lorâqu'elleeil différée? Opêrei dcîic le bian tandia qoe Dieo voua en laiMe le temps. N apportez paa à la mort de» désira, maia des frafls de péniloDcc. Cherchez Jésua-Ghriai tandia qa'oa peot le trooTer t car ai vona renvoyez votre conversion i la fin, non-seolanont foos ne panrrez plus le chercher ; maia quand vooa le pourriez^ voua ne le ehawiwrc* paa; et quand vous le cherdierief , voua ne le trouversa paa t Quœretis me» af non intfeniê$isp ei in peccoio vtstro morûmini. Dernière rérilé encore plus terrible, renfermée en deux réfleziona qui vont prouver, que la pénitence eat presque totuours inutile an litde la mort.
SBCONDS riKTIZ.
Si vnna renvoyez votre conversion à la mort, voua moorrezdans votre pécbé : paroeque quand voua pourriez alora chercher Jéaua- Christ, roua ne le chercherez paa ; et quand vooa lecbercheriezy Toua ne le trouverez paa
Je dis, premièrement, que vous ne chercherez paa alora Jésna- Christ ; pârcequ'O se sera éloigné de vous, et <pi'il vous aura abandonné i JSgû çado^ et in peccato pestro moriemini. Première nison . Le péfheur au lit de la mort abandonné de Dieu.
En eSrt, c'est une vérité du salut, que le Seigneur met des bornes k sa patience, au-delà desquelles il ne va jamais; et que comme il a établi un tempa ponr se souvenir du pécheur, selon Texpression de Job, iUna aussi marqué un antre pour l'oublier. U y a dans les trésors deaa miséricorde certain noinbre de Taveurs spéciales destinées à chacun de nous en particulier, lesquelles» une fois taries par une hmgne suite d'infidélités, sont le signal de son indifférence et de sa fureur; et ne laissent plus à ceux quj en ontabusé, ou que ces sfeooors ordinaires at presque toujours inutiles de la grâce, ou qoe ces ressources uniques tirées de sa toute-puissance, dont l'ordre de sa sagesse et de ses conseils étemels ne lui permet pas de se servir. Ainsi lorsque lea abominations de Sodome furent montées à leur comble , el que le nombre de dix justes arrêté dans l'ordre éterud
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4e Mt oottKils ne 8*7 troa?a plas, Âbrahani çat beau krer tes matais ren lai, le Seigneur ne pat se hisser fléchir, et il fit pleavoir do iml da eiel sa Tarear et son feo sar ces villes crimiiielles. ' Je sais qoe ioat le temps de la vie présente est on temps de saint eldepropitialioo ; qoe nous pouvons toujours retourner à Dieu ; qu'à qaeiquelMiireqiie le pécbeur se convertisse au Seigneur, leStigneur seoonvertit à lui-; et que tandis que le serpt^nt d'airain est élevé, il m'est point depkie qui soit incurable : c'est une vérité de la foi : mais je saiaaussl, que choqoegrace spéciale dont vous abuseï peut être la dernière de votre vie ; que Dieu se lasse; que les bornes desa bonté ne jOBt pas les mêmes pour tous les hommes ; qu'après avoir pardonné trois péebés à Damas, il n'en pardonna pas un quatrième; qu'un seul crime quelquefds consomme la réprobation d'un péchrar : je sais qa'U est terrible dans ses conseils sur les enfants des hommes (Pft, Lxv, 5)) que Von ne connoUpas la puissance de sa colère^ et que jamais personne tia pu compter sa fureur et son indignation (Ps. LXXXIX, 11, 12 }•
Celte vérité si terrible et si incontestable supposée, tfarons-èn d'sdMiH ime conséquence qui ne l'est pas moins. Si l'Ecriture de toutes parts nonsannonee que Dieu se retire quelquefois d'une ame infidèle; et qu'après avoir pris long-temps un soin inutile de Babylone, il se venge enfin en l'abandonnant à die même; certes il n'est point de circonstance où cette sévérité soit plus juste et mieux placée qu'au lit de la mort : c'est alors que Dieu doit à sa justice l'abandon du pécheur. Car, dites-moi , mes Frères, si après un petit nombre d'inspiratioos négligées. Dieu laisse quelquefois une ame à eBe-même, que pourrez-vous vous pronietlre dans ce dernio* moment, vous surtout qui ne comptages plus alors vos jours que par l'abns de ses grâces; vous qui depuis le matin de votre vie jusqu'à cette dernière heure, aurez toujours été agité par des remords cmels et inutiles sur votre état; vous qui aurez peut-être poussé Timpénilenceet l'ingratitude, jusques à avoir mille fois envié le sort des compagnons de vos dési>rdres , en qui vous remarquiez une conscience tranquille dans le crime, et un cosur endurci contre toutes les terreurs de la religion ; vous qui aurez refusé ses miséricordes, aussi long-temps que vous aurez pu goAter le fruit de vos infidélités; vous, en un mot, qu'il a voit préparé à cet abandon par des ayis réitérés sur sa dureté envois les pécheurs qui difièrent leur conversion jusqu'à ce dernier moment ? Vous voudriez qu'alors le Dieu juste et terrible vous regardât avec des yeux de bonté ; qu'il se aouvtnt de vous dans le temps de votre allllction , c'est-â dire, dans la seule circonstance que sa colère attendoit depuis si longtemps pour se venirer, et pour punir Tabus indigne que vous avez toujciors fSiît de sa graeel
Mais, 6 mon Dieu! où seroit donc cette justice qui trempe ses flèches dans le sang du pécheur, qui insulte aux larmes de l'impie
mooiwt, 6l qidse eoDsoteduB M Tengeflaœ? et qw 4^^ doue cei menaces ri effrayiDles, el toiyoQn ffûvies de leur eAt, qae toos nom avei laisfléee dans vos lÎTret laûilB? eupmaà ei^-ca donc que Diea se veDgeroit, mes Frèred, s'il ne se ¥eBgeolt pàaâ alors? La patience qai lui fait snpiKirier le pédiear dwant laaavlé aeroit-elleri lerriUe, comme il nooa Tasanie iniHDséme dans tes divines Ecritares, si elle devoit se terminer par un acte de démance? seroit-4 ri sévère lorsqu'il tarde de punir; ri, w dissimnlant sea offenses, il ne lui préparoitpasunaÂeuxendurdssement i la fin?
Mais , mon dier Auditeur, quand la justice de Dieu ne s'opposeroit pas à sa démence dans ce dernier moment; la natture Ipule seule de la grâce que vous vous promettrez alors, ne vous permettroit pas de l'attendre. Car non-seulement vous vous promettei la grâce de la conversion, c'est-à-dire,.cette grâce qui change leeoBmr, mais vous vous promettes encore la grâce qui nous fait mourir dans la sainteté et dûs la justice; la grâce qui consomme la sanctiflttttion d'une ame; la grâce de la persévérance finale : mais c'est la grâce des seuls élus ; c'est le plus grand de tous les dons; c'est la consommation de toutes les grâces; c'est le dernier traitde la UenveiUanoe de Dieu sur une ame ; c'est le fruit d*une vie entière d'innocenoe et de piété; c'est la couronne réservée à ceux qui ont légitimement combattu. Dieu ne doit à la rigueur cette fiivenr inestimaUeà personne ; il la refusequelquefois i ceux mémesqni ont marché long-temps devant lui dans la justice et dans la sainteté; et la fin déplorable de Salomon est un exemple qui fera trembler les Justes de tous les sièdes. Et vous présumes que le plus signalé de tous les bienfaits sera le prix de la plus ingrate de toutes les vies? et vous osez vous flatter qu'on ne refusera pas alors à un pécheur invétéré, toujours averti et toujours infidèle, une grâce qu'on H'aocorde pas toujours à ceuxquiontélélong4emps justes 7 et vous vous promettez que le Seigneur mettra le comble i ses miséricordes., lorsque vouq l'aurez mis vous-même à vos crimes? O mon Dieu l se peut-il qu'un espoir si insensé abuse presque tous les bonimes? et vos serviteurs qui crucifient tous les jours leur chair pour ob« tenir ce d<m prédeox, et qui tremblent sans cessedaas la crainte qu'il leur soit refusé, sont-ils eux-mêmes dans l'illusion ; ou le pécheur, qui, continuant à vous outrager, compte tranquillement sur ce grand d<m, et n'offre pour l'obtenir que ses crimes, et la présomption de l'avoir attendu?
Oui, mon cher Auditeur , quand même Dieu acoorderoit quelquefois cette grande miséricorde au lit de la mort à une ame qui auroit jusque-là différé de se convertir, je dis qu'il .ne vous l'accordera jamais à vous qui ne différez votre converrion , que parceqne vous vous y attendez. En effet, il pourroit arriver qu'un pédieur , qui durant ses désordres n'auroit jumais/eu de retaffr surlui-méma et sur son saint, et qui auroit vécu sans.aucun sentiment de M et
IMPÉNITENCE FINALE. ktt
MMWMSim i^moris de ses crinses , i«vtfi('à loi daM ffibte , m effirayé de son nuensibilifé pessée , levât âu ciel des yeitt kitgiié» de tonnes, et mt coeur DoaTeUemeDt attendri ; et qae le Seigaeiir^ du hant de ses misérioordes, jetftt des regards propiiM ior on aveugle, qui oommeiioeroit alors seulement k ouvrir les yeux à la lumières SI la graœde la pénitence est jamab accordée i la fin , il semble qu'elle ponrrolt Tétre à un pécheur de oecaractére. Mois vous qui faites de cette espérance l'affireux motif de vos déré* flenents; vous qirf ne différez de vous convertir , que paroequo vous eroyes que vous serei assez à temps au Ut do la mort de vous donner i Dieu , et qnll nd rejettera pas alors votre repentir $ vous qui prenee dans sa miséricorde même de nouveaux sujets de Fou- Irager ; pécheur loMligne alors des regards d'un Dieu mtaie qui ne sauroll pas s'irriter; d'un Dieu même qui ne seroit que cMment asns être juste; d'un Dieu même qui ne vous anroit pas dédaré qu'alors il vous ahandonnera : quelle ressource pourroll-il vous rester? Quand une vie entière de crime n'éloigneroit pas alors de vous cette graee signalée que vous attendez , la témérité toute seule qui vous la fait espérer vous en rcndroit indigne. Rien ne met un duuM iflus immense entre l'ame criminelle et la miséricorde de Dieu, que démarquer des jours et desmmnents k sagrace, et ksou Esprit qui souffle où il veut, et quand il veut. Et qui étes-vous donc, comme le disoit autrefob Judith k ceux de BéthuUe qui avoientmarquéun jour pour se rendre à Holopheme, si le Seigneur ne venoit les délivrer ; qui étes-vous pour prescrire ainsi un terme k la miséricorde du Srigneur , et pour lui marquer des jours et des moments selon votre caprice : Qui estis pos^ qui pauiistiê tempuê nUseradonis Dondni; et in arbîiriumvesirum^ diem eonstiiuiâiis et ( JODITH, VIII, il , 13 ) ?
A des vérités si terribles, vous opposez sans doute en secret ce bux espoir : que ces menaces générales ne tomberont pas sur vous en particulier. Mais, je vous demandé, quds sont les pécheurs menacés dans les livres saints de l'abandon de Dieu au lit de la mort? Ne sont-ce pas les pédieurs qui vous ressemblent? Que trouvezvous eu vous qui puisse vous flatter que Dieu tiendra alors k votre égard une conduite particultère> Votre vie passée? Ah! ce sera bien assez que Dieu veuille l'oublier. Ces désirs de conversion que vous formez tous les jours? mais c'est ce qui achèvera de vous rendre faiexcusable. Ce bon naturel qui vous fait pencher» comme malgré vous, du cOté delà vertu? mais c'est une grâce dont Dieu alors vous demandera compte. L'espérance que vous avez toujoms eue en sa miséricorde pour ce dernier moment? vous venez de voir que ce sera le plus graiid de tous vos crimes. Tout ce que je trouve id depariiculier pour vous, c'est que vous serez plus faidigne des tthéricordesdu Seigneur qu'aucun autre pécheur; et que le Dim Jarta aura dsa raisons de refus contre vous , qu'il n'aura pas f
kM LUNDI PE LA DEUXIKME SEMAINE.
la|tapirt des unes liipMteiites. Sur quoi fûmex-im$ donc vûHi rawurereuofNre^ mi» l*>ei^?SarlaboiuêdeDieu8anfldi«it8,<|tt ne veat pas la mort du pèdieur ? Sa botttô? mais yms b regardai donc comme use fciblesse el ooe fanbéoillUé , qui q- auEoil paa asaea de aeotiments pour éire bkfiaée des irius grands outrages? Sa boolé? msôs c'est parcequ'il esl bon., qu'il doit abandomierle pècbenr au litde la mort. Sa bonté ne lui permet pas d'accorder alors des grâces qoi seraient des écueils pour les autres lioaames s sa bonté ne vent pas tendre des pièges à la fausse confiance des pécheurs, en ouvrant ses entrailles dans ce dernier moment aux cris d'une ame infidèle t c'est un trait de bonté d'ôler à nos passions des prétextes d'erreur et d'impotence ; et de ne pas faire du salut d'an seul la per4e de plusieurs. Ainsi vous comptes sur sa bonté; et c^est sa bonté même qui demande votre punition, et qui doit voqsfiure lont criundre»
Ici , mes Frères , je ne vous demande qu'une réfleiîon. Il n'est personnequi , pendant sa vie, ne fasse mille fois, la résolutioo de changer ; il n'est personne presque qui ne meure ayant de l'avoir e&écqtée. Les plus déréglés même souhaitent do finir saintement*! tous, comme Balnam, veulent mourir de la mort des Justes; personne ne veut vivre comme eux. On meurt en désirant; ainsi avonsnous vu mourir nos {proches, nos amis, nos maîtres : après leur mort même , pour nous consoler de leur perle « nous avons rappelé CCS projets phimériques de conversion, dont ils nous avoient quelquefois entretenus pendant leur vie: 11 étoit dans le dessein de se conv.ertir, dit-on ; il en parloît tous les jours : et là-dessus, on se calmo sur sa destinée ; on augure favorablement de son salut. Grand Dipu ! et c'est uniquement ce qui me fait trembler sur le sort de celte ame! c'est ce qui me fait tout craindre de la sévérité de vos jugements sur elle! Eh ! que fait-on en rappelant ses désirs de pénitence formés tant de fois .sans succès, que rappeler le souvenir de vos grâces toujours méprisées? un espère pour son salut , sur ce qui a sans doute fait le plus terrible sujet de sa condamnation : on se flatte que vous l'aurez n^gardée avec des yeux de pitié dans ce dernier mome4it, parceque vous ne vous lassiez pas de l'avertir lorsqu'elle étoit encore sur la terre ; et sans doute , vous ne Ta vez abandonnée à la mort que parceque vous l'aviez trop sou<* vent visitée en vain durant les jours de sa vie mortelle. O vaines conjectures des hommes i Que vos pensées, 6 mon Dieji ! stmt différei^es des nôtres, et vos jugements peu conformes à l'illusion de nosesp^'^rances!
Mais du moins, direa^vous, on voit tous les jours des pécheurs, lesquek , après une vie entière de désordre , donnent à la mort des marques si vives et si éclaiantes de rq^entir, quW ne peut pas douter que le Seigneur ne se laisse toucher à leura larmes, et que limva. regreto:n'e(bc^t toutes leurs infidélités pfisséèS* f^ff^/fr-
IMPÉNITBNC» FWALB.
feqr qui endorl lant d'aoïe» impénUeDlen, JtèUhVMBi répoM pour moi , qpl<m le cherchera alors « maisqu*» pe le lnjo?«ra pas • e'esUA-dire , que les marques mômip lea plus touebauAes de repenlir que vous pcHirrez donner alors seronl rejelées; que^ous çbercherei Jésuft-Christ , el que vous mourrea dans voire péché. Derniàre vé^ rlté plus lerribh* encore que toutes les autres , et qui ne laisse plus de ressource dont.puisse se flaUer le pécheur impéiiiteal : Quan^etis nèe^ et in peccalo î^eslro moriemini,
J'aToœ ici, moji Frères, lorsque je considère cette étonnante vérité I et que je vois d*uo o6té le pécheur nioi|u*ant chercher son Dieu,, et lever vers lui ses mains suppliantes ; et de Tautre, le Dieu vengeur s'éloigoer de lui , et fermer ses oreilles aux cris de sa donleur , et à toutes les Biarques.de sa pénitence ; j'avoue , dis-je , que c'est ici où le Seigneur me parottoe Diru terrible qui n'a pas bi-aoîa de l'homme : je mets devant mes jeun la sévérité de ses jugements^ et je me sens saisi d'une secrète horreur : mais quelque terrible que paroisse alors sa conduite, elle est juste, et il ne peut pas en user autrement envers le pécheur.
Ce nest pas qu'un seul instant de pénitenee véritable ne puisse effacer les crimes d'une vie entière ; mais Dieu rejette alors la pénitence du pécheur mourant , paroequ'elle est fausse. £lle.est fausse, premièrement y paroequ'elle n'est pas libre; c'est la suite de hi dure nécessité où il se voit réduit » plul6t.que le fruit de la grâce et d'un véritable repentir. Car, je vous, prie; mon char Ao* diteur ; après avoir poussé jusqu'au bout la révolte contre VDlre pieu, et fait du dernier jour de votre santé le dernier jour de vos crimes; vous remettez les armes, et vous demandez grâce, lorsque vous vous sentez terrassé, et que le Dieu vengeur a le glaive levé sur vous s vous levez les yeux au ciel , où vous n'aviez • pas encore jeté un seul regard , lorsque la terril commence à manquer sous vos pieds • vous détestez des plaisirs infâmes, lorsque votre cadavre tombe en pièces , et qu'il ne vous (ait sentir rien de plus vif que sa puanteur i vous hissez tomber, vos richesses sur les pauvres, lorsque vos mains défaillantes tombent ellesHmémes, et ne peuvent plus les retenir : vous laissez en mourant des in* stmclions touchantes à des enfants et k des domestiques, que vous ne pouvez plus scandaliser par vos exemples t en un mot , vous vous repentez lorsqu'il ne vous est plus permis de continuer d'être coupable. La conjoncture toute seule ne rend -elle pas vos larmes si]|Bpectes? JN'est-il pas vrai même que Dieu juge alors avec équité de votre pénitence en la rqjetant ? S'il prolongeolt encore vos jours, ne pfolongeri«'Z*vous pas aussi vos crimes? Si Ton v^noit vous assurer de sa part que cette infii^ité. n'ira point àj^^^mortf preodriez*yotts \iviA do mesmres pour le fléchir? Tandis HU^v^ii)^uxn'étoieQtpiBeDeoi«tont'4*CBdtdéciarfte,etf^^ vma irestoît.qnalfnt espéimoede vie, aviei*vofis Touln qpteodre à.apr
pdwte miidrtre de Jésiv-Clirist? aToitoo osé seéleiiieiit Ttoos k ppopowrf Que donnieE-Toas à oonnoltre par-là, rimm que vms qaUtîet le crime avec aataBt de reipret qaelavie; et qoe tous ne TOQlietpasrisqaer, peur ainsi dire, de tons donner à croire Diea, sans aToir élé bien aasoré auparavant qne ¥008 ne poQTÎeK jdos élre
Seooade raison. La pénitenee du pédiear à la mort est presque tonjoora fausse, paroeque sa douleur n^est plus qu'une crainte toute naturelle, que Ivà inspire alors Tborreur du tombeau, et limage pins vive que jamrfs des peines étemelles. Il pleure : mais ce sont des larmes qu'il donne à ses malheurs , et non pas à ses crimes. H crie : mais ee n'est pas un retour amoureux vers son Père ; c'est uneprière intéressée qu'il fait à son Juge. I! déteste ses égarements t mais ce n'est pas qu'il sente l'injure qu'ils ont faite à son Dieu ; il ne sent que In maux où ils vont le (nécipiter lui-même. Lui seul est l'objet de sa douleur, la fin de ses supplications , le motif de sa pénitence : il n'avoit compté pour rien le Seigneur dans ses plaisirs; il ne le compte pour rien dans son repentir. Ah ! 8*il étoit asBOoré quil n'y a rien à craindre au-delà de la mort , et que l'enfer est on songe, l'horreur de ses fautes s'cflàceroit bientôt de son esprit; et Von auroit bientôt tari ses pleurs , si l'on pouvoit calmer aeseraintes.
Aussi^ vous qui sondei les cosurs, grand Dieu! et qui ne jugez pas sur tas apparences, je ne vous en imposerai point alors par qudques larmes trompetises, si je renvoie jusqae-Ut mon repentir : BMB larmes seront les larmes d'Ésaû et d'Antiochus, des larmes stériles et réprouvées : je ne parottrai à vos yeux , que comme un crimhid qui IremMe à la vue de son supplice , et non pas comme un pénitent sincère , qui se confond au souvenir de ses péchés : vous verres la racine de mes honteuses passions encore vivante au fond de mon ame : je serai encore à vos yeux impudique, mondain , viteptueux, ambitieux, vindicatif : mes frayeurs ne seront plus que les suites de cette mollesse excessive , qui m'a toujours inspiré tant d'horreur pour les plus légères souffrances : à mesure que i*aurai été plus sensuel , plus idolâtre de mon cor]^ , je serai alors plus vif dans mes craintes , (dus foible dans mes ahrmes, plus élo* quenl dans mes accusations; et qud égard pourrez- vous avoir à des larmes, grand Dieu! qui couleront de la même source, d'oA avoient coulé tous mes crimes?
Ainsi, mon cher Auditeur, vous lèverez alors la voix au ciel| de rabtme de vos maux , et le Sien juste se rira de vos dameors : jSgo quoque in tnientu iwiro ndebo (Paov.y i, â6}; vous pleurerez , et du haut de sa justice il insultera à vos larmes : ei tidfsoHr Mokoi vous vous frapporez la poitrine, et vcitre cœur ne tfmÊOiflira poifil ? vous lui promettrez (Ai» de fidâilé, s^n prébmgèyHm )Mrs; eiilregaHera voapmnesses avec dérisioii^'paraqifil verra
' iMlPéNrrENGfi FINALE. 4SI
dH» k eqinrppliae de TOlre omr , qii'eo pioiOBg«^ M fierob 910 prolonger tos crimes : Touseihorlflreileispeclatear» de TOtre moct à s'instniire sur voire exemple, et à servir Oiea dmiitla saaté; et le Seigneur voos répoodra en secret : Pourquoi iem£lei'4u de raconiermesjusiicef (Bs. xux, 1^)? Yonslni direi i loi-même t Seigneor, n'entrei pas en jagenpeot avec votre serviteor ; et il vous répondra que iH»f» 6ef ^VzjfVi^. Yoos loi direz . ODien plein de bonté! voos n'êtes venu qne pour sauver les pé* dieon; et il voos répondra qu'il n'y apoûuéleâaiut pour f impie Yooa lui énei : O Sauveur des hommesl je ne mets ma confiance que dans vos ndsérioordes infimes; et il vous répondra, qoefev» pinmee du pécheur périra apec lui. Tons hu dires : O divin Pasteur de nos âmes ! vous ne rqetes pas les IntoMs égarées , qui re^ vienneot à vous; et il vous répondra, qoi'iljra un temps de pmnkmur et un temps depunir. Vous lui direz : O Jésus] je remets mon ame entre vos mains ; et il voos répondra , qu'elle ne lut appartient point , et quil ne la reçoit que pour en taire la victime étemelle de sa justice : et vos gémissements infructu^iz, et vos soppUcatioos inutiles , ne seront plus qu*un doux spectacle pour sa fnrenret pour sa vengeance : Consolabor^ et pindieabor (Is., 1, 34). Ah! c'est alors, qu'an lieu que jusque-là on n'avoit chercbé dans un confesseur qu'une dangereuse complaisance , 00 ploM qu'on n'en avolt jamais prisqu'au hasard ; c'est alors qu'un pécheur, semhlabie à Safil, le jour qui précéda sa foneste mort, se voyant environné de périls dont il ne peut plusse défendre; c^est alors, dis-je, qu'un pédieor , comme ce prince réprouvé , fait sortir un autre Samod du tombeau ; appeUe du fond de sa retraite quelque homme de Dieu, le plus connu , le plus éclairé, le plus respecté par son fêle ^ par ses talents; et qu'il lui dit, comme ce roi infortuné : Je" sois dans des peines mortelles s Coarctor nimîs ( 1 Reg., xxviii , 15). Je vous ai donc fait appeler pour savoir de vous ce que j'ai k faire dans l'exti'émité on je me trouve : Focavi ergo /e, ui ostenderee mihiquidfaciam (liai.). Mais quelle serott alors la réponse de l'homme de Dieu , s'il lui étoit permis de répondre ce que la reMgiôn r<ri>Kge de penser? Pourquoi venez-vous troubler le repos de mon tombeau? lui répondroit-il comme Samud à Satll ; et m'avezvoos obligé à sortir de ma retraite pour parottre en ce lieu? Quare inquietasti me ut suscitarer (Ibid.)? H n'est plus temps de recourir an Seigneur ; à quoi bon me consulter, puisqu'il vous a abandonné? Quid iTilerrogas me^ ciim Dominus recessent à te^ Tous mourrez, et la justice de Dieu va accomplir sur vous ce qu'on vous avoittant de foh prédit par ses ordres. Fadet enim tibi Dominus sieut lacutus est in manu med (Ibid., v, 17). Voilk ce que pense alors le minbtre du Seigneur. Il vous exhorte à ne pas Msespérer ; mais il n*espère pas beaucoup lui-même : il vous parte des misérlcordos duSeigneuri mais il adore en secret les ordres terribles de sa jus-
kd% LUNDI i)Ë LA DKUXIËME SEMAINE.
ttœ sar TOUS : il roo» otifre le seiii de la gloire, poor réfeiHer voM espérance; mais il voit Tablnie déjà onvert sons tos pieds : U tous montre votre Sauveur expirant sur la croix; maisB n'oae voua dire que ce n*est pins on trône de graoc ponr tous, mais an tribanal Mvère d*on se prononce rotre sentence t il diminoeà vos yent , par de saints artifices de charité , riiorrciir de tos ciilnaa, poor ne pas vous jeter dans le désespoir; mais- il sait Uen qoe k Seigneur a son poids et sa mesure, et qu'il B*appartieiit pas à riiomme d'en ratwttre : il tous répète, pour Tons rassurer contre une vie entière de désordre, qall ne faut qu'un moment à la grâce pour sauver le pécheur; et qu'un seul sentiment de douleur sincère suppléée de longues années de vertu^ et peut consommer la sanctifieation ; mais il n'ignore pas que ce sont là de ces prodiges, de ces coups uniques de la grâce, sur lesquels il est terrible d'être obligédecompter pour son salut ; et qoe lasuiteordinairc etiooauue mfaiilible d'une vie pécheresse, c'est la mort dans le péché.
Souffres ici, mes Frères , que je vous demande encore unaréfloxitHi, qui va finir ces vérités effrayantes- Que pouvez-voua aoubaiter de plus faTor^ble pour vous à la mort , que d'avoir le temps et d'être en état de chercher Jésus-Christ ; que de le chercher eu eflét , et de lui offrb des larmes de douleur et de pénitence? c'est tout ce que tous pouves vous promettre de plus favorable pour oa dernier moment. Et cependant (cette vérité me Csil trambkr ) , eependant, que vous pernaet Jésus-Christ d'espérer dcToarechercbea ■ mêmes et de vos larmes, si vous le renvoyez jusque-là ? Vous me chercherez, et tous mourrez dans votre péché : Quœniis me, ei in peccaio vestro morUndni, &Nisolez-vous après cela, mes Frères, sur lesmarqnesde repentir que vos amis et vos proches donnant Ans œ dernier moment t calmez-vous durant la vie sur vos désordres, en vous flattant qu'une fin semblable à la leur pourra les expier ; dites d'un pécheur invétéré, que le spectacle des ju^mentsdeDieu a effrayé alors , que Dieu lui a Tait la grâce de finir chrétiennement ; que si sa vie n a voit pas été trop régulière, sa mort a été très édifiante ; qu'on seroil trop heureux de mourir comme lui , et qu'il ne faut pas douter que le Seigneur ne .lui ait pardonné 1 Je no yeux point id mettre des bornes à vos miséricordes , ù mon Dieu!.mais, mes Frères, il a cherché Jésus-Christ; l'a-t-il trouvé? il a gémi, il a prié; maisa-t-il été exaucé? il a pris eutre ses mains Jésus-Christ crucifié; il a arrosé ses pieds sacrés de ses larmes , comme la pécheresse de l'Evangile ; mais lui a-t-on dit comme à elle : Vospè^ chés vous sont remis (Luc, vu, 48)? 11 lui a recommandé d'une voix mourante, comme le larron sur la croix, de se souvenir de lui dans son royaume, mais a-t-il entendu ces douces paroles . Aujour' dhui vous serez avec moi dans le ciel ( Id., xxiu , 43) ? Tous Tes** pêrez ; mais vous ue le savez pas. Et moi , tout ce que je sais, c'est qu'nlor? Qn ^herch^ J<^w«-ÇhrÎ8t , qu'on ^^ le fmuve pf^« , ft qu'on
IMPÉNITEÎ^CÉ FINALE. 4Si
meurt dans son pt^cbé : tout ce que je sab , c'est que les sacrcmeiilB dn salut , appUqaés alors sur on i»èolieiir, oonsonuneDt peut-être sa rèprotatioii ; et que la dernière des grâces de l'Église est souvent k dernier de ses sacrilèges : tout ce que je sais , c^est que tous les Pères qui ont parlé de la pénitence des mourants, en ont parlé en des termes qui font trembler : tout ce que je sais , c'est que votre justice 1 6 mon Dieu ! permet souvent que des pécheurs fameux par une vie entière de débaucbe , se firappent la poitrine au lit de la mort, empruntent les expressions les plus vivesdela douleur et du repentir, et meurent aux yeux de tout un royaume , dans des sentiments extérieurs de conversion ; que votre justice , toujours terrible dans ses conseils , le permet, pour endormir, si j'ose parler ainsi, par ces exemples, la fausse oonâance des péçlieurs impénitents. Ce sout des punitions, grand Dieu! que votre justice exerce sur les passions humaines : vous vous serves delà fkusse pénitence des uns , pour proparer des chftliments à rimpénltenee des autras; et vous punissez les pécheurs par les pécheurs itièmes. Tool ce que je sais , c''est quec'i'St une vérité delà foi , que fe nombre de ceux qu} se sauvent est petit; et cependant, si les msirques de repentir,' que donnent les pécheurs au lit de la mort , partoient d'un cœur tè* ritablement pénitent, et suIBsoient pour lé salut, il n^y aoroit presque point de pécheur qui ne fût sauvé ; puisque si vous en exceptez quelque impie, qui pousse jusqu'à ce dernier moment son affreuse insensibilité, et qui meurt sans vouloir entendre parler du Bien qài va le juger, et qu'un siècle voit à peine une fds , tous ks antres pécheurs meurent en se Arappant la poitrine, en im|riorant les miséricordes du Seigneur, et qu'ainsi » contre la parole delésôs- Gfirist, le plus grand nombre seroit de ceux qui se sauvent. Toul ce ipie je sais, c'est qu'il faut faire pénitence, tandis que Dleo nous^ donne le temps t et qu'au lit de la mort, où vt^us neseï^ plus en état de le cberéher, ou même quand vous le chercheriex , vous ne le tfeolivarez pas s et par conséquent, si vous différez votre péni'tence à h mort, vous mourrez dans votre péché, paroequé h pé* lAence alors est presque toujours impossible , ou presque toujours inufile. Plaise à Jésus-Ghrbt, mes Frères, que ces menaces ne vous r^ardent pas, et que, dans le derniet- moment, votre mort, sem-^ blabte à celle des Justes, soit un passage à la bienheureuse immortalité! ^/#i5i ioimV.
494 BIARDl DE LA DEUXIÈME SEMAINE.
SBRMON
roUft. IK MARDI D£ LA DEUXIÈME SEMAINE DE CARÊME.
soR UL uuntcT aoiuiii.
Oimnim v'tto optra iUH/aciunt ut videmitur ùb iu>minibus, Ib font tiMites leurs actioas pour élre renurqués û» honiitte&.
(MATre.,xxiii,5.)
Ce a'ort pas la fausse |Hét4| et ratleotion à s'attirer les regards poUicsdaiis la pratique des osavres saiDies, qui me parolt recueil le plas à craindre pour le oommiin des fidèles. Le vice des Pharisiens peut trouver encore des imitateurs, mais ce u*est pas le vice da pliis grand nombre. Le respect hamatn qui (ait que nûos servons IKeii poor mériter l'estime des hommes est bien plus rare, que celui qui nous empêche de le servir, de peur de la perdre. La tentation la plus ordinaire n'est pas de se glorifier d*une fausse vertUi c*est de rougir de la yéritable : et la timidité criminelle du respect humain damne bien plus de chrétiens, que Telfronterie et la dtaplidlé de Thypocrisie.
£n quoi ces deux vices se ressemblent, c'est que tous les deux sacrifient le salut étemel aux vains jugements, des hommes Or, comme de tous les obstacles de conversion, la timidité du respect humain, la crainte foible et criminelle du monde, est le pins corn» mun et le plus dangereux, il importe d'en taire sentir toute Tillusion. Car en quelque état que la Providence nous ait fait naître, nous tenons tous à un certain monde qui nous enviroone : nos proches, nos amis, nos protecteurs, nos maîtres; c'est ce petit nombre de personnes qui forme pour nous un monde à part, dont nous craignons les jugements, et au goût duquel nous sacrifions même nos désirs de vertu, si en les accomplissant nous devons nous attirer ses dérisions et ses censures. Je dis donc que celle disposition renferme , premièrement, un mépris de Dieu qui la rend très criminelle; secondement, une crainte du monde qui la rend très insensée; troisièmement, un préjugé contre la vertu qui la rend très injuste. Un mépris de Dieu qui la rend très criminelle, parceque vous craij^iiez le monde plus que Dieu; une crainte du monde qui la rend très insensée, paroeque vous comptez pour beaucoup la vanité de ses jugem^ts; enfin un préjugé contre la vertu qui la reud très injuste, paroeque vous vous la figurez comme une condition toujours exposée au méprto et aux dérisions du monde, au lieu que le monde tuf-même la rp^pecte et Tadmirc. Le crime du respect hu-
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Miin^ sa fdiç el son injustice, voilà tout le sujet de oe discours. Implorons, etc. At^^ Maria,
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La malignité de Tennemi, dit saint Augustin, dresse depuis longtemps deux pièges dangereux à la foiblesse des hommes, un piège de séduction el un piège de terreur : Posait in muscipuld errorem eiierrorem (In Ps. 30. Eifuuk.,-*!!, n. 10) : un piège de séductioD, en les attirant par de douces espérances ; et un piège de terreur, en les décourageant par des frayeurs insensées : errorem quo iiHeiaij lerrorem quo/rangat ( Ibid. ). II se sert du premier, quand il veut corrompre Tinnoccuce, et rengager dans les voies fànesles des pas* sions : mais il a recours à l'autre quand il s'agit d'intimider le pécheur déjà à demi touché , et d'étouffer dans leur naissanœ^toos ses foibles désirs de pénitence et de salut*
Or, mes Frères, l'usage du monde et des plaisirs sulilt presque seul pour nous défendre de la première illusion, qui nous y prooiet des enchantements et une félicité imaginaire ; et il est vrai que rien n'aide tant à se détromper du monde, que le monde mémo: mais le long usage du monde, loin de guérir les tireurs fM voies sur ses jugements , ne sert , ce semble, qu'à nous rendre plus timides ; plus on a vécu dans le monde , plus on le craint ; jAus on a vieilli sous son joug, plus on le respecte ; plus on est entré avant dans ses plai» sirs et dans ses agitations, pins on veut garder de mesures avec lui quand il s'agit de l'abandonner, et de prendre le parti d'une vie plus retirée et plus r^ulière.
Je dis donc, mon cher Auoiteur, vous quune crainte si coupable retient encore dans la servitude du monde et des passions, malgré les inspirations saintes qui vous rappellent loua les jmrs à des mcBurs plus chrétiennes ; je dis que cette disposition ootrage Dieu dans sa grandeur, dans la vérUè de ses promesses , et que ces timides ménagements, qui vous éMgnent actudiement de lui, sont plus injurieux à sa gloire, que lescrimes mêmes qui vous en a voient jusqu'ici éloigné.
Eu effet, la granueur de Dieu demande que vous ne le mettiez pas en parallèle avec un monde méprisable ; et que tonto la gloire qui vient des hommes ne soit qu'un songe et qu'une erreur, lorsque vous l'approchez de la sienne. Or, ici rappelé d'un cùté par ki voix de Dieu , de Tautre, retenu par la crainte des hommes, vous lui dites, dans la disposition de votre cœur : Seigneur, je vous ser^ virois dès ce moment , si, dans la situation oii je me trouve, il étoi t permis de vous servir : je voudrois bien rompre pour toujours avec un monde qui m'est devenu à charge et insupportable ; si , en me déclarant ainsi pour vous , je n'allois pas lui fournir mille traits de censure et de dérision contre ma nouvelle conduite : je sens, il est \Tai , r«imbién il est amer de vivre éloigné de vous; fousavez mis
eo moi des penchants favcnrables à la ycrtu, et je ne sais quelle horreur sccréle des vices dont j'ai été si long-temps esclave: cependant je traîne encore mes liens, qnoiqu'à regret, paroeqae le monde an milieu duqui4 il faut que je vive , et qui ne sauroit vous aimer, ne veut pas aussi qu'on vous aime. Ah! si mes penchants, Seigneur, décidoieut de ma destinée; si je pou vois aller vivre loto des regards publics; sansduute, je ne vivrois que pour vous; vous seul au fond méritez d*étre servi; mais vous savez à quel point le iBoade esl impitoyable envers ceux qui vous servent sans réserve et roovne vous voulez être servi ; et comme j'ai à vivre dans le monde et qu'il faut se déclarer pour vous ou pour lui , n'ayant plus la volonté de TOUS oHeiiser, j'ai encore la foiblesse de suivre des voies qui vous offt^nseni ; et ne sentant plus de goût pour lui , je sens que je n*ai pas la force d'oser lui dépbiire.O homme, s'écrie saint Chryaoaldme, 8aves*vous bien quel est ce langage que vous tenez à Dieu? TOUS lui dîtes.: Maudissez-moi, Seigneur, j*y consens, pourvu que le monde m'approuve; j'aime mieux élrc l'objet éternel de vos vengeances et de vos mépris , que de ne pas jouir ici-bas de l'estime et des Tains suftages des hommes 1 Celte impiété vous Tait horreur, moD cher Auditeur, et c'est pourtant vous qui êtes l'impie.
Mais non -seulement cette crainte du monde outrage Dieu dans sa grandeur} elle est encore injurieuse à la vérité de ses promesses. Oar lorsque vous Tousserez déclaré pour Jésus-Christ, croyez-vous qu'il no saura pas a£Eennir voiro oumr contre le déchaînement et la bizarrerie des censures humaines ; et que tous les traits que porteront alors oonlro vous les langues des insensés, ne ressembleront pas à ceux que lance la foiblesse d'un enTant auquel on ne daigne pas même parer : Sagittœ patvulomm factœ sunt plagœ eorum (Pa. uuti, 8) .' Croyez-vous qu'éclairé des nouvelles lumières de la grâce, vous n'écouterez pas avec une sainte Gerté des discours où voos ne verres plus que les tristes égarements d'une raison que Dieu aiMBdoune? Croyez-vous que vous regarderez toujours des mêmes yeux les jugements de^ hommes? Ah ! si leurs dérisions voos Imicheot encore, œ ne sera plus qu'un sentiment de douleur et de pitié, sur leur égarement et sur leur perte : vous désirerez qu'ils connoissent le Seigneur, et non pas qu ils vous approuvent ; qu'ils bénissent son saint nom , et non pas qu*il$ applaudissent au vôtre; qu'ils soient touchés de la vertu, et non pas qu'ils admirent vos exemples : leur salut vous intéressera plus que leur estime; et la gloire du Seigneur, que la vôtre. J'ai affligé mon ame par le jeune, disuit autrefois un roi pénitent, et le monde s*en est moqué s je me suis couvert de cendre et de cilicc , et je suis devenu la fiible de Jérusalem ; j'ai pleuré mon péché en votre présence, 6 mon Dieu ! et j'ai servi de matière aux discours et aux chansons satiriques des insensés \£i posui t^eêUmenium meuni cUicium ^ ei faeiuf êum iUis inparabolamf.... et m mepsallebant qui bibebant