RESPECT HUMAIN
piiuun (Pb. ulvui , IS, 13 )• Et alors, plus tOQché de leur folie que de leur mépris, je vons ai prié, ù mon Dieal d'avoir pitié de leur avenglement, et de leor manifester les vérités éternelles de Totn: jastice : £^0 verb orationem meam adte^ Domine [fbid,^ 14/1 Voilà toute Hmpression que feront sur vous les vains discours de» censeurs de la vertu. Je n'en dis pas même assez : croyez- vous que dans ces premiers moments de grâce , et d'un véritable changement de Gceur, ime aroe puisse être touchée de quelque autre chose que de son Dieu, et de l'horreur de sa vie passée? Âh 1 la componc* tiun dans ces heureux commencements est si vive, les attraits de la grâce si divins, que le cœur enivre, pour ainsi dire, de la force do sa douleur^i et de la nouveauté du saint plaisir, ne peut plus sentir que la joie de posséder son Dieu , et le regret d'avoir pu lui dé^ plaire. Monde profane! que peuvent alors vos discours sur une amo qui ne vous connolt plus? qu'importent alors les censures et les dérisions des enfants des hommes au Juste, élevé déjà par la foi audessus de toutes les chuscb humaines ; qui s'entretient avec sou Dieu, comme un ami avec son ami, ei qui ne sait même plus ce qui se passe sur la terre? C'est un Moïse sur la montagne sainte , voyant son Dieu face à Tace, goûtant le plaisir inelfable de sa présence, e( qui n'est guère en état d'être louché des murmures et des calonmies qu'on répand contre lui dans la plaine. Répondez ici pour moi» âmes just«« qui m'écoulez; racontez les meryeilles du Seigneur, et quels forent les coumiencemcnts des opérations divines do la grâce qui changea votre cœur ; et confondez la foiblesse du pécheur Umide, qui ne peut comprendre qu'un Dieu sache plus se faire aimer, qjoa le monde ne peut so faire craindre.
Mais voici l'illusion qu'on oppose à ces maximes saintes. On veut sans diiférer prendre des nr^-sures pour son salut; on est dégi>ûté du monde et dos plaisirs, et on sent bien qu'il n'y a de bonhenr solide sur la terre que de se donner à Dieu. Mais est-il besoin d'un éclat pour commencer une vie nouvelle ? Qu'est-il nécessaire d'aflBcher, comme (lour avertir lo monde qu'on va prendre le parti de la dévotion? faut-il dunnor au public une scène, où Timprudence et Tamour-propre oit d'ordinaire plus de part que l'es* prit de Dieu , et qui n'aboutit qu à jeter un ridicule sur la verUi ? n'est-il pas plus prudent de donner encore au monde certaines choses que la bienséance demande \ et de réserver le cœur à Dieu qui ne veut que le cœur, tandis qu'à l'extérieur on parott fait comme tes autres? Semblable à cet ange qui oonduisoit le jeune Tobic, leqiHei, quoique sans cesse présent devant le Seigneor, et ne se nourrissant que d'une viande invisible, paroissoit néanmoins semblable au reste des hommes , et user de la même nourriture qu'eux X Fidebar quidem uobUcum manducare ei bibere; sed ego cibo invisibili^ eipotUj qui ab hominibm ifidêH non poiest^ utor (Toa. xu, 19).
i38 UXKÙl DE LA DEUXitME SliMAl^E.
C'est ainsi , comme \o rapporfe saint Angfostin , que s'abnsoit antrefois ce célèlire Tieillard Victorin , si connu dans Rome par sa sagesse et par son éloquence : détrompé de la yanilé des idoles , coDTaincn de la Térité de nos lirres saints, chrétien dans lé corar, il se persuadoit que le Seigneur, qui ne regarde qu'an dedans , n'en demandoit pas davantage ; et qu*il pouvoit se dispenser, à son ftge, de faire un édat dans Rome, et de déclarer hautement sa couver sîon. Je suis chrétien , quoique je ne le paroisse pas , disoit-il sonvent au saint prêtre Siraplicien , qui ne ccssoit de l'exhorter à la foi t NoveHs mejam esse christiamun ; et comme ce serviteur de Jésus-Christ lui répondoit qu'il n'en croiroit rien, s'il ne le voyoït dans l'assemblée des fidèles, donner avec ses frères des marques piridiques de sa foi et de son changement : Non credam^ née eUputabo U interehristianos , nisi in ecclesid Christi te tndero t Est-C(*. que les murailles font le chrétien ? rcpartoitTictorin encore abusé , et comme se moquant de la simplicité de son ami t Ergone parutet faeiuni ehristianum? Mais tous ne tardâtes pas, ô mon Dieu! oonthiue ce Père , de l'éclairer sur son aveuglement ; vous loi fîtes comprendre que c'étott une impiété de rougir des humbles mystères de votre Verbe, et de ne pas rougir des cérémonies sacrilèges des démons : il eut honte de la vanité, il n'en eut plus de la vérité : EmbuU panitati^ depuduit veritad.
Et en effet, mes Frères, user encore de ces timides ménagements avec le monde, c'est n*étre pas encore chrétien. Je sais qu'il est des bienséances inévitables que la piété la plus attentive ne pent reltaser aux usages; que la charité est prudente, et prend différentes formes ; qu'il faut savoir quelquefois être foible avec les foiMes, et qu'ily a souvent delà vertu et du mérite à savoir être à propos, pour ainsi dire, moins vertueux et moins parfait Mais je dis que tout ménagement qui ne tend qu'à persuader au monde que nous approuvons encore ses abus et ses maximes , et qu'à nous mettre à couvert de la réputation de serviteurs de Jésu»Christ, } d'ta titre de honte et dinfamie , est une dissimulation cri- » , injurieuse à la majesté de la religion , et moins digne d'ex- *, que le dérèglement ouvert et déclaré.
Csir je ne vous dis pas, que c'est un outrage que vous faites à la grandeur du Dieu que toutes les créatures adorent. Quoi ! vous ne le reconnoltries pour votre Dieu qu'en cachette? vous aflbcteriez de le méoonnottre devant les hommes ? il ne seroit plus que votre divinité secrète , tandis que le monde auroit vos hommages et votre culte public et déclaré? O hommes ! le Dieu du ciel et de la terre ne seroit donc plus qu'un dieu domestique; et le confondant avec les idoles, renfermées autrefois dans le foyer et dans Tencehite de chaque famille, vous vous contenteriez , comme Rachel, de le cacher dans votre tente, et de l'adorer à l'insn de vos frères?
Je ne tous dis pas que c'est même une ingratitude envers la
RESPKCT HUMAIN. hH
groce qui t6iis éclaire, qui vous toodie, qni Toot MgoÉle da flMttte H des pMsiow. QÎKiil te» aorla hoale d'Are dioM da OiM comae vo taee de mMrioorie; d'être dieeenié de tant de liéchemi qui périMat tooeleejoareà ▼ceyeuxcaeekbMDi «nporler «Dx ciMomee dès sent el des plaisirs ?ToasaiirieilHNi!e d'être rtilfel de ladénenoe eC de la bmté dÉTiaer Voos roo^Mes des fcvews du de! ; el le HeafkhqiiiagiiMvetreaflM dases plaies ▼<Nisferoilpliisdecoiirbsioii,qDeiieiroiis«Blirisoit aiitrelbis Un* bnie de toS plaies raêaMsf O lioniMsl wa bon cour roogit-il d'aîoBer son MenCritenr ? el est-ce aissi que wns reooanolsses le dondeDien^enTOiisfaisaiit même mehoolederawirreço?
Jane voas dis pas qne c^cal mw feinte indigaa méàied^ ccenr noUe el génèren. Car si fons êtes la«dié de la Tertn et 4e la justice, poarqnoi trahir là-dessos vos sentiments? pourquoi dtssimoler lAdiemenl ce qne tous êtes? pourquoi deraiir en quelque sorte un imposteur public? Une ame née arec quelque étèralion suil-eile ainsi se conlfelaire? Si txws êtes ami de Jêsus-Ghrist, pourquoi ¥OQs«u caches- WQS? Quand même nous tintais enrore dans cm siècles infortunés, où on le regardoil comme un séducteur, el oà les rois el les msgislrats étoienl soulerés contre lui et contre son enUe, H seroit si beau d'avoir le courage de se dédarer pour un ami persécuté et abandonné; il y auroil tant de bassnse à le démTouer en public t el ici oA tous ne risques rien, tous ieignesde n'être pofaH à lui I la générosité toute seule ne souflkv. l-ette pas de cette du|dicité?0 hommel tous vous piques aOleors de taat de grandeur d'ame, d de soutenir par un procédé noUe» franc, généreux, toutes tos démarches; et dans la religion, TOUS êtes pins faux, plus foiMe, plus IMieque la plus vile popdhcel
Enfin, je n'ajoute pas que c*esl un scandale même , el ime occasiOD d'erreur, que tous prépares à tos frérm : car cm exemples de ménagemeni entre le monde el Jésus-Christ deriennenl plus dangereux que les exemples mêmes d'une dissolution dédarée. En eflél,la Tielicendeuse d'un pécheur lui attire plus de censeurs de M conduite, que dtmitateurs de ses excès smaislesplaUrset li^ abus du monde, autorisés par une Tie d'ailleurs régulière, et mdés mêmed'adionspiBusm, tamenlane séduction presque IniTitable : plus TOUS éTites les grands désordre», en tous perasettant dun autre côlé tous les amusements el tous les abus que lensonde autorise, plus TOUS dcTenn dangereux à tob frérm, plus tons leur persuades que le monde n'est pas si inconqiatiUe aTec le sdul qu'on ne pense; plus TOUS nous prépares dm auditeu» incrédules et préreni», lorsque nous annonçons qu'on ne peut senrir deas mallTM : plus enfin tous mnhipHes dans l'Église les busses pénk teocm, en dcTcnanl le modèle de mBIe péchms toudiés, lesqoeli ne se figurent dans la Tertn, rien au ddà de ce que tous faHmi
el ftf avroieBl pooisé fini Mo la graoe de lenr conversioii , ai voire làcholéiie leeaYoil poiiAs k croire ^ qae taiil ee q«41s 'votait do plittdaute ooMft M otatré ol excettif; et que vo» Mil «ii^eg éviter l'indiiMInr, vo» en tenir à l^eMèiMM , et éti9 honnÉe de téen^ iiunioiiil Irai i^ôtre dàiie le UDnde.Ofeaniiel* ënoeKinie fois, n^éloî^rfis asaez^e voe dèriglemenis OMBentéiéw^ré* fois no njet de«Bcandele à vos frères ; faut^-fl ienoore qQ'anjonrd4ioi votre AiiMevertm lonr devienne fluMsteP*
Mois a|ris lontynMS Fièm, le monde vint-il la peined^iCre tant ménngé? ei quand eé né serait pas on crime, de saertter à la craintode ses jogcnwnts el de ses cOnsnres son saint éternel, ne seroit'-ce point one foHo? C'est ce que vous ailes voir dans la seoénde partie de œ discours r la feiie du respect humain.
Djsnxitna. pastus.
Toôf péelMurestun insensé, paroeqdotoot pécheur préOre un plaisir d'un iMant à des promesse^ étemelles Àéarânulns nos pas* siona forment des erreurs qu'il n'est pas toujours si tkcile de*démêler 4e la vérité. Elles les confondent d'une manière si habile et si ressemUanle, et le disoerm»ncnl en devient si déHcst , qo1l est presque impossible de ne pas s'y méprendre , et Ton peut dire qu'O y a dm illusions, lesquelles» quoique opposées aui rëgl^ et au devoir^ peuvent du moins s'excuser par les apparences de Féquilé et de la sagesse. Mais opile dont nous parlons n'est pas de oe nooiAret reitrav^ganee y parott si à découvert, qu'fllc nb faisse presque pas de lieu à la méprise ; et il est vrai que Va Wtk est onmmr lecàraelére propre do pécheur, li-quel , louché d'un dcsîr sineêre de se doihner à Dieu , n'ose , parcfH|u'il craint le monde, et la puérilité de ses discours et de ses censures. En effet , si vous voulcsmepcrmettre déconsidérer cette vainefrayeur en ellenlnéme, et dans les eiroonsunces qui l'accompagnent , vous conviendres qu'elle est partout également insensée.
Je dis, en elle<méme. Car, mon cher Auditeur, placez-vous dans telle situation qu'il venu plaira ; soyez homme de bien , soyes hoBNue de plaisir; ehoisisseK de la cour ou de la retraite ; vivez en pbiloaaphe on en libertin: donnez-vous pour femme régulière , ou ponrCssamedu monde:croyez-vniiS fliire jamais de tons les hommes les approbateurs 4e voire eondnite , et réunir tous les suffrages en votre fevsmr? Dans la sitnaUoo knéme oA vous êtes , n*06ant rompre «vec le memdc , et gardanteneore tant de mesures avec lui, croyezvoos que tout vous apfrfandisse, et que vous n'y ayez pas vos cen* seurs, oomme vos panégyristes? Id vous éles homme essentiel , ami généreux , homme de gnerre supérieur ans aiitros , coortissn sincère et désintéressé, esprit oitté et élevé , femme sans reproche ;et exempte mémedn soupçon : là on vous accuse de perfidie, on ;Von« taxe de ifanvaisc foi, oéi avilit Fédat et le ihéHIe de vos ta-