RESPECT HUMAIN. U
leste ei de TOft lerTiocs^ on tous range parmi les esprits ynlgaires , on TOUS prête des attacbcments secrets, et des foibkssos indignes de TOtra f/Mr^* Esia^ei da toutes les situations , et voyez si rou. paonèc janMis parrebir à mettvo tous les hommes dans les intéréti daaotaoripnlalioa et de Toire conduite» Moise Tongrant la cause d'sm ^araéyie opprimé^ contre la Tîelence d*nn -Egyptien, n'est pas À (d6u vert dota oensnre de ses frères. Moïse vengeant la gloire ila< Seigneur sur ses frères mêmes, en enterminant les murmuralanv, n^est pas phisbeureux dans leur esprit , et n'évite pas leurs reprochea. Moïse retiré pendant quarante jours sur la montagne , préfénMt le$ saintes dooœars de sa solitude , et les communications i»eflaUes avec son Dieu, à la conduite des tribus, et au vain éclat lu gpuownieinent et de l'autorité, est, dans les discours puMics le iMtei ramée Y un sédnpteur, qui après avoir trompé le peuple en rengageant dans le désert, a dispanrpour se dévoiler au châlineni qneméritoU son imposture. Mqtoe au' milieu de ce môme ff*Mfifij conduiaanl tai.tritiua^ et exerçant le ministère dont le Scîgnoov Taroit chargé, est un ambitieux qui aime le gonvememenf, ot qiii'iisarpe'Seul ono autorité qu'il dcvroit partager avec Aaron son frère. Leiele, rindulgence; la vie commnne, la retraite; la fuite des grandes pbces, les grandes places ellfs-niémes; tout Iruuve des censeurs. Faites convenir, si vous le pouvei, tous les hommes sur votre sujet, et alors on vous permettra, à la bonne beqro , do vous bire de la vanité de leurs opinions la vMe dèf i^tre conduite. Vous déplaisez toujours aux uns par le» ni«**me8 endroits pncoù voua avez su plaire aux autres. Les hommes ne sauroient Mi^venir, parcequc les passions sont la règle de leurs jugements , et que Ica paasions ne sont pas les mêmes dans tous les hommes.
Or, mon cher Auditeur, puisque dans aucune circonstance de votre vie, vous ne sauriez éviter la bizarrerie des jugements humains, pourquoi la crtfindriez-vous dans la piété seulement? Que vous arrivera*t-il lorsque vous vous serez déclaré pour Jésus- Christ , ae qui vous arrive tous les jours dans vos entreprises tempoct4les? chacun s*érigera en juge de cette nouvelle démarche; chacun croira être en droit de vous prescrire loin de vous des règles de son goAt , et de vous donner des avis de sa façon : vous aurez des ap<^)gistes , et vous aura» des censeurs. Or, si cet inconvénient ne voua arrête pas dans les ÉEbires de la terre, faut-il qu'il vous détourne de la grande affaire du salut ? et éte»-vous sage de n'oser vous sauver par la crainte d^un mal , que vous ne sauriez éviter même en ne voussauvant pas? Abl regardez plutôt la contradiction deabngnes, et la div^té bizarre des jugemenla humains , comme une suite des ordres étemels de la sagesse divine, laquelle permet que' le monde 5oît toiyours cetie Babel insensée, ou chacun parle un langage dir fércnt , afia.qu^ la foi de ses serviteurs s'instruise dana cette confnsioQ , y découvre le peu de solidité des opinions et des censures
IMt MARDI DE LA DEUXIÈME SEMAINE.
homiiiies, cAanmuieà BopMcraiadieceqaeleB^^ naos apprend à mépitar.
Mais je Tais plos loin^ et jo dis : Q«HMi inteeén pMttDl le p«ti de la Teria^Toiisaiinei bit da«ioiideeillkrleeâsseiir4eYoin conduite ^ eh 1 qu'importent , mesFrères, tesjngMÉgntades Ikmuks à cdoi qui a su melire son Dieu dans ses intàrM»? Bsl-ce |ionr le monde que toqs UraTaillez à TOtre salntfst Tons périsseï , Thomme TOQS sauftira-t-il? et si le Sejgnenr toos jostîSe, qni easn tms condamner ? chacun ne porlera*t*il pas son propre isrdeaadeinBtla mtyesté terrible de cddqoi reprends le monde de rinjnslibe de ses jugements, et qni jugera ceux qni jugent la terrefCnagaes donc les jugements de INen, mon cher Auditeur, paFoeqn'ils4oiTeDt décider de votre étenrïté ; mais pour les hommes , ne daignet pas mémo savoir ce qu'ils pensent de TOUS. Eh I qu'a de commun leur csSme, ou leur mépris, avec votre destfaiée étemdie?
Mais non f je me trompe: leurs mépris et leurs cettures sont toujoursla récompense de la vertu, et le présage le plus certain de noire salut : et par conséquent , si votre diangement de vie aTOit pu mériter les applaudissements d'un oerlainmonde, vunsdevr les vous défier d'n«e démarche qni auroit pu lui plaire. Une vertu du goAt des pécheurs mèseroit suspecte; Pceuvre de Dieu approuvée des honmies nie feroit craindre qu'il n'j eût encore quehfoe chose dlmmain ; je trembkrois pour un changement qui n*aur(rft pas diangé ce monde réprouvé à vntre ^rd; il y auroit toujoors lien d^ppréhender qu'il ne restât encore entre vous et Ini quelque conformité secrète (car d'ordinaire n ne sauroit goAter que œqui fari ressemble), et que Jésus-Christ ne condamnât en tous ce que le monde y approuve encore. Mais si vous êtes asses heureux pour mériter ses censures , je tous le dis de la part de Dieu , necra^rnes rien; le mépris des hommes toos répond de l'approbation du cid ; vous iqipartenez à Jésus-Christ dès là que le monde vuus réprouve.
En efiist, mes Frères, le Juste id-bas ressemble à ce feu sacré que les Juifs, de retour de la captivité, retrouvèrent caché dans les entrailles de la terre. Il ne leur parut d'abord , dit l'Écriture, qu'une eau épaisse et boueuse : Non inuenerunt ignem , $ed aqttam cratâom (2. Macs., 1, 20) : mais à pdne le soldl, vainqueur des nuages qni le cachoient alors, eut lancé dessus qudques traits de sa chalettr et de sa lumière, qu'on vit à l'instant ce feu divin se rallnroar, et briller d'un édat si extraordinahre et si nouveau , que les spectateurs éblouis en furent saisis d'admiration et de surprise : Ut que tendus affuil qub solrefulsù^ qui prias erat in nubiio^ aeeensuâ est ignis magnus^ ita tu ùmnei mirareniur {Ibid.^ SS). Tdleest la condition du Juste en celte vie s le feu sacré qu'il porte caché dantsen coeur est couvert sous de viles apparences; on le re- /(ardc comme une boue méprisable qui n'est propre qu'à être foiilée aum pieds, pareequecTestid le temps dosa captivité, et que Jésus*
RESPECT HUMj^ÎN. H9
Christ , le soleil de rétemifé , est encore caché ]^r loi dans on triste nosge. Mais quand une (bis le lils de rfaomme paroissant du haut desairs sur mie note de gloire , tainqDenrdé^es ennemis, et ayant à ses fîeds les nations assemblées, aura laneé sur oe Juste quelques traits de sa lumière et de sa majesté; alors on rerra oeTeu caché sous les apparences d'une ^ile bouc se rallumer; cet homme si obscur, si méprisé , se démêler de la foule , briller d'un éclat nou« Teau , s*élever dans les airs , environné de gloire et dlmmortalilé; et oflKr aux amateurs du monde un spectacle d'autant plus étonnant , qu'il ajoutera à leur surprise le désespoir afflrcnx d'une destinée bien diBérente : Vtque tempus affidi qub sot refulsit^ gui priiks erai in twbilo^ aceensus est ignis magnus, ita ut omnes nùrarentur. Foibles hommes ! que vos discours parotssent méprisaHea à une ame qui peut se consoler dans cette espéralioel
Anssi, mes Frères , si la timidité du respect humain est insensée en elle-même , elle l'est encore plus dans toutes les circonstances qui l'accompagnent Écoutez-en les preuves , mon cher Auditeur; et premièrenient , si vous êtes désabusé du monde , jusqu'à souhaiter mille fois chaque jour de rompre avec lui , pourquoi comptez-vous eneore pour quelque chose ses jugements ? si après l'avoir bien eonmi v vous le trouvez digne d'un profond mépris , pourquoi vou-^ kt-voQs encore être approuvé de ce qui vous parott si indigne de rêtre?
D'ailleurs ne pourroit-on pas vous dire, à vous surtout t Vous stfeÈ jusqu'ici joui si injustement de l'estime des hommes $ vous êtes un aUme de misère et de corruption aux yeux de Dieu ; vous seul savez jusqu'où la mesure de vos foiblesses et de vos crimes est montée en sa présence, et de ces foiblesses qui, exposées aux regards publics, vous auroient couvert d'un opprobre et d'une igno« minle étemdle : cependant le monde vous a loué, lorsque vous marchiez dusses voies : il a donné à de vains talents de Vaines louanges : vous avez passé pour généreux, fidèle, modéré, sage, désintéressé, éqirftable > toutes ces vertus, sans la piété , étoient de fausses vertus, vous le savez; plus fausses encore dans votre cœur parles soins que vous avez pris de dérober aux yeux des hommes vos vices véritables : eh ! ne faut-il pas que Dieu soit vengé? que vous rentriez dans l'ordre de la vérité et de la justice ; que voas souffriez que le monde refuse injustement à votre vertu , les louanges qu'il avoit autrefois injustement données à vos vices ; et que vous répariez par une humiliation légère , l'injustice de la gloire et de l'estime que vous avez si long-temps usurpées? Jugez vons-mêroe si cette compensation n'est pas équitable.
Ce n'est pas tout encore ; car enfin pourquoi craindriez-vous, dans les voies du salut, ce que vous n^avez pas craint autrefois dans celle du crimerYoos ne comptiez pour rien les discours des hommes, lorsque vous vous livriez h des excès honteux? Quoi ! vos passions n'ont pas
kkk MARDI DE LA DEUXIÈME SE&UINE.
cnipllaoeiisiire fMiHiqM) et Tolre pèoiteiioe seroit plus timià' . ¥oiis 96 voas étfis pais ménagé pow le pbisîr, tous tous ménage' riez poor lesalot? Vous disiez tant aatrefois^aii milieu 4e voa joies , insensées, pour vous calmer sur les discours publics', qii'îl faut laisser parler le mondet el cela dans le temps que vous Taimiez le plus ».et qiie tous qu suiviez avec plus de goût les maximes : ses jugementfi seroienl-ib dcvmus d'un plus grand poids pour vous , de puis que tous af cz résolu de l'abandonner? et ne cunuDeneeriezvous à le craindre que 4cpuis que tous commencez à le mépriser ? Ah! c*estdonc pour le Seigneur tout seul qu'on est timide, mes Frères : le crime va la (été leréc ; la vertu rougit et se cacbe : le crime, cet enfant de ténèbres, ne craint pas la lumière; la V4«'lu, ce fruit de la lumière, cherche les ténèbres, et n'use se montrer. Hérode , à la face de la Palestine , désh4inore son nom et son rang par la honte d'une passion incestueuse ; Jéxabel , cette princesse si . chargée de crimes, choisit un jour solennel pour se montrer avec . (lus d'indcceQce el d'ostentation aux fenêtres de son palais de $ftr ,>>arie ! mais lorsque Scdécias , roi de Juda , touché de repentir, ^vcutenGnse rendre aux avis du del, et aux remontranm pu- . bliques de Jérémie, il envoie chercher en secret ce prophète, prend des mesures pour n'être pas dècouvext, et craint les yeux mêmes . de SCS courtisans: mais lorsque cette reine d'Israël , femme de Jén>boam , veut recourir, dans son affliction , à un prophète du Seigneur, et ou'elle semble reconnottre p^ir cette «lÈmarche la puissance du INen de Juda , et la vanité des idoles que son époux avoit élevées, et qui ne puuvoit rendre la santé à son Gis, elle se cache 8(^us des habits empruntés; et ménageant epoore les veaux d*or, et rerr(*ur publique de ses su ets qui les adorent , elle ne veut point de témoin de cette première démarche de religion , et de retour au Dieu de ses pères.
Grand Dieu ! est-il donc honteux de vous servir, vous qui donnez la vie, le mouvement et l'être à toutes les créatures ; voua à qui seul appartient l'empire, la gloire, la louange, l'adioa de grâces ? y a-t-il de la honte à confesser votre saint nom ; à reconnoltre que vous êtes seul grand , seul adorable, seul immortel? et tout ménagement n'est-il pas ici un outrage que la créature fait à votre gloire, et à Thonneur que vous lui faites vous-même de souffrir qu'elle vous adore?
Mais si tant déraisons, mon cher Auditeur, ne vous faisoient ,pas encore assez sentir le ridicule de cette foiblesse , venons à la chose même : que pourra-t-on dire de vous dans le monde qui doive tant vous alarmer? Que vous êtes changeant , et que vous aime^ à donner des scènes au public? heureuse inconstance qui vous détache d'un monde toujours flottant et incertain , pour vous attacher aux biens immuables, que personne ne pourra plus vous ravir i Que vous êtes insensé de renoncer aux plaisirs à votre Age? sainte
RESt^ECt HUMAIN '
folie plus sage que tonte la sagesse du stèele, )Hrisi|a'eo vttiooçanlaux plaisirs , vous oe renoncez a rien ; et iqu'eii trou? oftl Men, vMatronye9[ tout! Que tous no vous soutiendrez pas, et que tel est le destin de tontes ces conversions si vives et si ferventes? utile» re* proches qui deviennent pour vous des instructions , et qui doiveni animer votre vigilance ! Que vous ne quittez le inonde , qne pan»* que le monde vous quitte ? préciense injustice qui vous empêche de recevoir ici-bas, dans les louanges des hommes , une vaine récompense! Que vous avez vos vues et vos desseins, et que' vona ne Joœice noQveau personnage que pour aller plnssârement à vos fifiS ? soupçon plus honteux au monde qu*à vous-même I Qae vous affectez des roules singulières qui vons donnent du rtdktaie dàna la mood4>? censure consolante qui vous déclare qnevons suivek la route des saints , qui n'ont jamais ressemblé è la multitude , et qui ont été dans tous les siècles des hommes singuliers 1 Enllli , qw depuis votre changement, vous n'êtes plus bon à rien? mon Mea » mais vons servir, vous aimer, travailler à mériter voire pussesaion ctemeUé; remplir ses devoirs de prince, de sojet, d'homme poblic , de père de famille ; prier pour ses frères , les édifier par ses eiemples, les secourir dans leurs besoins, les consoler dans leurs pdnes, marcher dans les ordonnances de votre loi siJnte; est-ce donc être inutile sur la terre? et les entreprises 1» plus éelatattliét des amateurs du monde , comparées à une senle cMvre obaoi|fe digne de l'éternité, que sont -elles, que des amuseoiettts d'enfant^ et une déplorable inutilité?
Voilà donc, mon cher Auditeur, ces discours si redoutables , et qui vous font abandonner l'entreprise de votre saint étemel i et en^ eore je ne vous demande pas qui les tient, ces disoonra s ce ne sont pas sans doute les gens de bien qui bénisseni le Seigneiïr deseftmirsérlourdes sur votre ame; ce ne sont pas même' leâ pina sages d'entre les mondams, devant lesquels la vertu a toujours sbn pri& et son estime t c'est un petit nombre d'esprits frivoles onifcencieox; et qtti e.core, an fond du cœur, rendent gloire ft la vertu ^el-De peuvent lui refuser un respect secret, tandis même qo'ils en font le sujet de leurs dérisions publiques. Et c'est ma deralèrç réAeskm contre le vice que j'atUque : il renferme une erreur Injurièuaeà là vertu, puisque vous vous la figurez comme onecondlHoolniileiise et toujours méprisée, an lien que le nMmde Itti mêoie la respecte et Tadmire. Et c'est id l'injustice du respect hnmaln. '
TComtaiB fàmËm
Il est vrai que les livres saints ne promettent qne^ea peraèoir tions à quiconque voudra vivre dans ta pMé qni est selon Jéso^ Christ; et i Dieu ne plaise que je vienne IdMrtredire te laoïKage delafoifetôter àhivertnttne&ractère>ai4ivte^ etii eensohnt même-iKmr les Justes ! Mais ce n'est pas fonjotir» ew m^^nt les
Mil MARDI DB lA DEUXIÈME SEMAINE.
gen» lie bim^ qoe le moiMtelfi iMnécnle , dtt faiol Aligna en leur nésenn'nt écB eltraite capables desédnireleur innooe^ioe; e^esi eoMitoriaeot des scandales qui peuveol ébranler leur foi, on du moiiis qai font gémir leur piété s car il est des persécotiona de ploa d'one sorte, et les mépris et les opprobres ne sont ni la pins danfereose» ni U plus commune.
Ce n'est point là « en eOèt , mes Frères , recueil le pi us à craindre aujowd'hai pour la vertu : ce monde ennemi de Jésus-Christ ; ce monde qui ne connolt pas Dieu; ce monde qui appelle bien un mal, et le mal mi bien; oe monde, tout monde qu'il est, respecte encore la Tvrtu 'f envie quelquefois le bonheur de la vertu ; cherche souvent on asileet une consolation auprès des sectateurs de la vertu; rand mémo des honneurs publics à la vertu.
Et certes , il ne faut pas croire que l'erreur et le désordre aient tellement prtvalu sur la terre, qu'il n'y ait encore dans les hommes des rastes de droiture, et des étincelles de vérité : les pécheurs les plus déplorés trouvent encore en eux des sentiments de justice et de raisott, qui, malgré leur propre dépravation, iK'ennent les intérêts delà vei^n, et les forcent de respecter ce qu'ils ne peuvent encore aimer. U y a je ne sais quels traits divins imprimés sur le front du Jwie, qui foot qu'on ne peut lui refuser des hommages seqets : c'esl eomme nn spectade de religion qu'on ne regarde qu'avec une espèce >de orite; une arcbeduSàgnenr et la demeure de sa gloire » qni, mèOM w mUien desPhiIistins,cooservesaterreuretsa majesté.
Plus même une ame mondaine est esclave de ses passions , plus ellMSiime en secret le Juste, qui sait les mé|niser : elle sent dans sapfmpce foiUesse tout le mérite delà vertu. Plus l'ascendant de la vninpié l'entraîne , plus elle comprend que rien n'approche de la gnmdenr el de la force d'une ame qui peut résister à ce diarme impérieux : toutes ses chutes sont pourelle des IcQons honorables au Juste) et die apprend à estimer la piété, par les violences dont die sent qu'il Csul être capable pour vivre selon Dieu. Ainsi une ame fidèle Ini paroât un spectade mille fois plus digne d'admiration, que mua ceux que le mmide admire: die voit que le bonheur ou la ténaêttlè peuvent former des conquérants ; que la naissance 6a le hasard domientles sceptres et les couronnes ; quelesgrandshonuncs doivent souvent ce nom, ou aux conjonctures de leur siècle, ou an capriee et aux adulations des peuples ; que les honneurs et les dignités ne sont pas toiqours le fruit de la réputation et do mérite ; qu'enfin, des talents heureux et cultivés par le travail et Tapplication , peuvent attdndre aux divers genres de gloire que le monde donne (.et qu'il n'y a rien dont diacun ne trouve en soi les dispositions, et eonme ka premières ébanchca : mais que la vertu toute seide est un mérileqfleri^ ne peut partager avec le Juste; un mérite que tout eootreÀ au dedans de nous, d dont châom ne trouve en soi qveles oppositions et les répugnances. C'est ainsi que le vice
KËât^BGT HUMAIN. kk7
huHDéiiiecoiidiiit à honorer la T«rto, et «wkeléaÉkresreaént tteoigoage à la Inmiére.
Mai$ Doa-éeqlemeDt le mûode ne ané|irise jm» toi aervileart de Jéfitt*Clirifli, tomoiideliiMiiémeleBappeUeheiireinL, envie lenr destinée, et oonyieniqa'ib ont cboîiitoineUleQr parti. Oui, mon cher Ânditeor, voascroyei peat-éire ifoe ke péchnon , eidaves de leurs passions, sontUNijoarseniTrésdacbannedessens,etdeleQr troonpense félidlë s voos crojesqne l'illosion dore UMgoors , etqoe tonte leor vie est on songe; vous vons Irompes. An milîen même de tonrs finix ^sirs , ib regardent to Juste sTee des yenm d'envie I ils opposentk paix de sa conscience aux troubles cruels qui les dé-> durent ; ks consolations qu'il goûte dans la vertu, aux Tives amer^ tûmes que to monde raéte toujours à leurs passions; le doux loisir et h tranquillité de sa retraite, aux mouvements étemds de leurs prétentions et de leurs eqpèrances; ses jours pkins de bonnes ouvres, et toujours occupés pour to salut, au vide et à Teuini de leurs inutilités et de tours journées : ce paraUèto, si hriste pour eux, les fait soupirer en secret; ils sentent tout le dégoût de lenr état, et tout le bonheur de la condition du Juste. Eh! pourquoi csnin^ driw^vons donc de paroitre serviteur de Jésus42hrist, devant des pécheurs qui souhaiteront de devenir semMahles à vous, dés que vous ^nrei cessé de tour ressemUer ?
Pentrétre ils regardent avec des yeux de mépris tons lea talent! mondains dont vous vous faites honneur, et sur tosqueh vous eroyer mériter leur estime : peut-dtreils voos donnent du ridieuto par les mêmes endroits par cû vons voos ibttes de leur plairei peut-^étre la reasembtonce de tours passions dinùme^ tours yeux leméritedes* voiras: k jalousie voi» dispole une vaine beauté; k lerté, Yotre naissance l'ambition, votre valeur et vos services; rorgoell, vos talents et voire soflsance. Devenes homme de Meu: k piété ne fkit point de jaloox ; to monde , qui n'aspire pas à ce genre de mérite, ne voos en disputera pas la réputation ; et pent-étre qn^avec oduik, il vous rendra tons les autres qu'il voos refuse faijustement ? k piétéattiiarade nouvelles attentioos à votre naissance, à vos services , à vos klents,aux agréments de votre personne; et to monde occoBUBeBcera àestimer en vous tous ces vains avantages, que hvsqne vous aores commencé à les mépriser vous-même pour Jésns^hrist.
On dira qu'il est beau a votre Age, avec tous tos tatonis propres an monde, un nom illustre et de grands Mens, d'avoir fait te eacr^ fkeu Je ne voos dk pas que to monde ait raison de faire tant valoir kaiériledeoeranooeenMnt.Gar,^aKin&ien!mH-onli vospieds dcft sneplifs et des oonvonoes , et 4ooto k gloire du monde ; à quoi renoMe*tmo,4|u'à dessonges agréables, et qu'à des chagrins réeb ? que: MUS 8accifle»^t^u qui puisse être comparé an trésor de k justice dont TOUS enrichisses l'ame fidèto, et à k gloire qu'elto a de
ne laissera pas d'admirer et de faire valoir le courage die Ce sacriSee ; ol Uo de redf «lier ses censures , was gémirez en secret de l'injustie^de ses lonngis; el Tengeanl la gloire da Sèfgneoi* contre tel tpplandissemenis injnrieax des homfUes , voos loi direz dans un frôryod aentimeDt de. votre^ nèent cl de sa grandeur : Qn'ai-je quille pour v<^6, 6 mon Dieu I que vous ne m'ayez rendu au cen tapie? *
Mais 00 qui me parolt encore de plus honorable à la vertu , t;*est que non^seutement le monde envie la «tostinée des gens de bien; . mais il.ne.cberGhe et il ne trouvé d'urdinaire de consolattoii que \ dus lemr fidélité et dans leur droiture. Et certes-, tous-même, mon cher Auditeur^ dans vos afflictions et daot cet conjonctures amèrcà, ou Aie fortune et un crédiubsolament reaveniés ne laissent presque plus espérer de ressources; dans ces trfetcs sitaations, où k jirésènce de- vos amis de plaisir vous devenolt insupportable, et où peut-être aussi €B étiez-vous abandonné ; où avez- viHis trouvé jf»IU8 de consolatioo ,que dans les entrelie«s d'un ami saint et fidè1e> N'est-ce pas lui, dit aalnt Augustin, qui a pteoré avec vous, qui a versé de rhnilir sur vos plaies, qui à ramené insensiblement votre cœur aigri aux ordrea de .la Aravldence; qui vous a soutenu dans votre accable* ment, et quiest devenu comme le dépositaire de toute votre dou-' leur en devenant le confident de vos peines ? rt 'avez vous pà6 ^^roové quotas gepi.de bien tout seuls savent être amis véritables, et qu'eux aeulseonljjcftpebles départager les disgrâces de lairs mis sans re* ffdkiHi^^ment, el leur prospérité sans envie?
Ouï » mes FréDfs, c'est auprès des Justes que les mondains vonl se consoler tous les jours des perfidies du monde et des caprices de la fortune t c'est là qu'ils vont se dëftaqser de l'ennui des piaiaim , de la gène des assujetiissements et des btenséanœs, de TagilatlOB des esp^'ranceset des projets « c'est là qu'ils fonC resplDeroet cir de candeur, de bonne foi, de vérité qu*on ne Innive psis dans 1q moddes c'e^l dans leur seinquils vont verser les plus secrets mouvements de leur gqbut^ lo intérêts de leur fortune, les mesures cachées de leurs projets, les mystères de leurs espérances , et qu'ils avouent après cela que les hapimes sont bien insensés de tant s'agtler ; elqw le monde est bien pou de chose s c'est là qu'ils ne craignent point, comme on craint toujours sillenrs, de se confier à un ennemi, à un concurrent , à un traître : c*est là que leur cœur se répand , qu'il se repose, qu'il ^épargne la fatigue des précautions et des défisnees, et qu'il a le |riaisir de se mônftnr et de ne poioA cmindce.
Et voîlà doù viennent, en dernier lieu, les honneurs publies qne le monde lui-même rend à le TertU: on j voitmus les jouis 4es. personnes <rune destinée obscnre, mais emmUies des dons dt In gracCf s'y attirer des égards et'des distinctions , que la nainsancfrel les dignités ne dqonsnt point : on y a vu ^ serviteurs de Jésus* Christ , vils selon le siècle, devenir les arlnlres des princes et des
RESPECT HUMAIN. lit
peoplei,, et 8*aUirer, parla seule répatalioo de ledr vertu, été boniaiâges où la vanilé la plus emportée n'osa JanMlià iWfeCeaérei • L'Urieul vit autrefois le solitaire Antoine, à peine coomi dans §»'* fatrie, remplir tout l'univers du bruit de son nomi et tes CèktSH* s'estimer plus glorieux d'avoir reçu une lettre de 1 boonlie de Dtetl* * floe d*avoir conquis tout l'empire- Jéhu, roi d'Israël, en une oèiré-*monie solonntUe, fait monter dans son char le saint faomméJ'6 nadab , et la majesté royale ne rougit point de voir à ses cOté» h simplicité d'un prophète. Daniel , un des enfants de la captivité , reçoit pourtant dans le palais d'un roi infidèle , et dans un empire où il étoit captif, les honneurs de là pourpre et de Panneau d'or, La cour la plus dissolue de la Palestine ne put refuser des bonnemr» publics à Taustéri té dé Jean-Baptiste ^ et Hérodesouflhrit avec respect la sainte liberté du précurseur /avant que sa foibtésse en eM fiiiji un martyr- 0 homme! vous rougissez de la vertu : mais c'estelle, dit r£sprit de Dieu, qui vous rebdra illustre parmi les peuples,' qui vous fera honorer des sages et des vieillards, qui vous attirera de la considération en la présence des princes, et qui, de phis, rendra la mémoire de votre nom immortelle dans le souvenir dé la postérité : Habebo propter hanc claritatem adturbas^ et honorem qpud seniqres i. „ et in conspectu potenlîum admirabiiis ero;,., et memoriam œtemam^ his qui post mefaturi sunt ^ rellnquam (SàP., vin, 10, 11, 13).
sPr^ioz garde seolemeat de ne rien mêler de foible et dliumàiit à Ift piété : ne portea^ pas A la vertu les restes de Thumeur, des passioBset des CiMblessés de Tbomme; car voilà ce qui lui attire d'ordinaire, delà part dn monde, des dérisions et des censdfies. Et après cela, si vous avez quelque chose à craindre, craignez, plutôt ^*oii ne donne à de légères démarches de conversion tous les éloges d'une parfaite pénitence : craignez plutôt que le monde ne vous couronne avant que vous ayez légitimement combattu .- craignez plulôtque terreur publique ne vous fasse oublier la vérité de votre IMSère, et qu'à force d'entendre louer de foibles commencements de |Hélé, vous ne rappeliez plu^ des crimes qu'une vie entière de larmes pourrott à peiue effacer; voilà où est le danger. Tremblez que i'estiqie iiyuste des hommes ne soit uo^e punition de Dieu sur vous, lequel ménage peut-être cette récompense vaine à quelques virrtus naturelles que vous avez /pour punir plus à loisir, quand il Tiendra juger les justices, Torgucil secret qui les corrompt : 0 est tant de faux justes, qui r<*çoivent ainsi leur récompense sur la terre! tout est à craindre pour une vertu foible et naissante qoani die est trop applaudie i on croit être au bout de la carrière , qu'on n'y a pas «mcore fait le premier pas ; et le monde, qui nous avoit séduits autrefois en diminuant à nos yeux nos vices, nous sèdiiK eMoteen nous exagérant nos vertas.
Pour évit^ ce malheur, regardez les hommes comno» a^ila M !• 29
htê MAftDi. i>E iA Deuxième semaine.
B'élQtel fm 9 a^Mei soui b» yeux de Diea seal ; laisses entre 861 iMini Ini intfirOti de la verta; remettez-Yous-en à lai sur les suites qm fOlre changemeat de vie aura dans le monde; s'il permet que csMt dftnirfhci yous attire des louanges et des applaudissements , il saura bien, au milieu de ces vaines acclamations, vous faire aealir votre néant et votre profonde misère. Paul, dans le temps mèn» que tout un peuple, frappé de sa vertu , le prend pour une divinité, et vent lui oflbîr des sacrifices; Paul, reçu des fidUes oommeunaage de Dieu; Paul, au milieu de tant de gloire, sent au dedans Taiguillon honteux de Satan qui Thumilie ; et la main de INen qui l'élève , prend plabir, ce semble , de rabattre, de peur qu'il ne s'élève lui-même, et d'écrire sur son cœur sa propre foi- Uesse. Mais s'il permet que les dérisions et les censures soient le partage de votre vertu, ah ! il saura bien vous dédonunager, par des consolations secrètes, de toutes ces amertumes humaines, et ioatenir son ouvrage contre le déchaînement et les vains eflbrts d'un monde profane. On nous méprise, disoit autrefois F ApMre; nous sommes foulés aux pieds comme de la boue ; mais nous ne sommes point abattus : on nous regarde comme le rebut du monde; mais nous nous réjouissons dans ces tribulations et dans ces opprobre*, parceqne nous sentons au dedans de nous les cooscdations inefUries de celui qui ne manque jamais de consoler ceux qui souffrent pour aonnoni. Remettes- vous-en donc à sa sagesse, encore une fois, pour lessnitesde votre nouvelle vie; mais commences toujours i le s^vir: rompes enfin des chaînes dont vous ne pouves plus traîner le poids> honteux : secoues un joug qui vous accable : oses mépriser Itê ju* gements d'un monde dont vous méprises déjà les-plaisirs : et ne faites pas à la grandeur de IHeu l'outrage do le craindre moins que le monde ; à votre propre raison , celui dé compter pour beaucoup les jugements du monde; et enfin à la vertu, l'injustice de la croire toujours méprisée dans le monde. £t vous, 0 mon Dieu ! achevés d'édâirer ces âmes foibles qui commencent à vous connottre : for* (ifles leurs volontés timides et chancelantes : vainques encore une fois le monde dans leur cœur : apprenes-leur que vos jugements seuls sont à craindre ; que les mépris et les censures des hommes ne font que donner un nouvel édat et ajouter un nouveau mérite aux actions que votre sagesse approuve; et que les couvres de la piété étant vos dons, ne peuvent avoir de récompense digne d'elles que vous-même. Ainntwi-^U.
LA VOCATION. Ut
SERMON