‹ Œuvres, évêque de ClermontChapitre 67 sur 96 · POOR LÉ MERCREDI DE LA DEUXIÈME SEMAINE DE CARÊMK · texte numérisé non relu

POOR LÉ MERCREDI DE LA DEUXIÈME SEMAINE DE CARÊMK

iOR U VOCATION.

Tmtte accêssit adJêsum mater /llioram Zebedœt, atm JUii» smê ; if ait Mit Oie ut 4«d*tint hi duojilu met, unut nd dextermn taam , et mute ad emietrom , m regnotuo.

Alors là mère des eolàiits de Zébédée s*ap|Mroch« de Jésos avec ses deux fils , et lai dit : Ordoonei que mes deax flis que ToicI soleiil assto dins fotre roftoiM , Ton à votre droite « et l^aotre à votre gtudM.

(Mattb..xx»M,jII.)

Qa'il est rare , mes Frôres, qae la nature s'accorde avec la grâce, et i|Qe les vues de la foi servent de règle aax projets et aux désirs d'uae tendresse, tout humaine! Cette mère ne demande pour ses enfants qo'une gloire et une grandeur temporelle : elle ne parott ravie da les voir attachés à Jésus-Christ, que dans respérance de les voir un jour assis dans les premières places d'un royaume terrestre : elle leur fait une destinée au gré de ses souhaits» sans consulter si les oopseils éternels s'ajustent avec la témérité de ses eqiérances : eila ne opqsulte que l'excès d'une tendresse maternelle^ et sans se mettre en peine si l'élévation où elle veut placer ses enTants est b sitnalîoa que Jésus-Christ leur destine, elle les élève et les bit asseoir dçses propres mains sur des trônes imaginaires, et usurpe les droits de Diea, seul arbitre de la destinée des hcwnnes.

Oui, mes Frères, Dieu seul i|ui voit nos conirs, et qui a marqué dén le cûmmencementla voie par où il vouloit nous conduire, peul nous en ins|iârer le choix ; à lui seul il appartient de nous appeler à l'état où il nous a préparé dans ses conseils éternels des moyens de salut : lui seul doit être consulté dans une aSaireoùIvi Mfexù peat nous éclairer et nous conduire. Les usages, les passions, les circonstances du bien, du rang, de la naissance, qui ont d'ordinaire la meilleure part au choix d'un état de vie , sont des guides trompeurs, qui nous font presque toujours prendre le change. Or, comme se tromper ici est de toutes les méprises la plus irréparable i je veox aujourd'hui vous exposer les règles de la foi sur un point si important de la doctrine chrétienne.

Il est vrai que la plupart de ceux qui m'écoutent , sont déjà entrés dans des engagements qni ne leur permettent plus de choisir , mais il ne sera pas inutile de. leur découvrir dans le défaut de vocation y la première source de leurs infidélités aux devoirs de leur étal, ou afin qu'ils rectifient par des larmes abondantes l'impnH deme de leur dioix, ou que, respectant l'ordre do Dieu dans la

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W2 MERCREDI DE LA Deuxième SEMAINE.

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SS:i*1.1Spriresl le plos à craindre, U '«;•« - «^-^^^^ vStable, 1C8 périlH dune fausse tocauon : cest sur quoi jai » vous instruire. Implorons, etc. -iw, Mana.

PaEMtftBB PiRTIE.

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goeur nous a tous appelés , pour parler «^^ fj^jf? ' X»Sr

^M RAvons sainU cl purs en sa présence. Néanmoins , la voie pour

S^«iœrm^hl^reuxn'eslfasla.,.émep^

^ eTie est une terre étrangère , on se sont ^*^'^J^'^^

Smitesct inBnics, par lesquelles, "ZT^S^^o^

marchons tous ver» la céleste patrie; ma» P^ l*»3Jf''*VnoS

marchons sûrement, que lorsque la mam de Dieu elle-même nous

'EÏei?t.mésF««»,la raison elbf«i«o«»dJ«^^^

de penser ^uc le Seigneur après "O"»/^»'^ "STS^ nîTîte VÉVanglle, en nous faisant nalre de P"««"» *^' "" ff ionlû "k mêler, pour ainsi dire, de notre sort ; rtq» «.^ déterminer sur le genre de vie . et sur 1 état ,'5?»^»J.V^ que nous opérassions notre salut, il nous aH '"«T^i^fï^ S,malnsdrm)tre conseil . quH s'en «it remis à notre seul capnce, •ur uû choix si décisif pour noire éteimité. ^^ -linosoBliiB Je db la ralsim : car ce sciant se Bgurop, «omme m pfciloBopiies insensés , une divinité indolinrte , qui lais» au hasard . t à I av«ilïïJlc toiû de» choses dlci-ba» ; qui ne tient plus entre «* mams les desUnée» de» hommes; qui suit le cours des révolutions Iwmaines , san» leur donner elle-même de mouvemen» ; qui c«t entraînée «irrimpulslon bizarre et fortuite qui fiiit mouvwr cegwmd universVsans la former ni la conduire, et qm ^i l'esclaye plutôt que la modératrice des événements : ce serolt lui ôter celte pro«dence attentive, et cette sagesse universelle, qui dispose de tout depuis une extrémité de la terre jusqu'à Vautre, avec poids , avec nombre, avec mesure; qui forme cette harmonie et otarfangement admirable, où l'on est forcé de reconnoltre un Etre suprême et intelligent , lequel , par des voie» inexplicables . conduit tous les autres êtres à leur fin : ce seroît , en nn mot , ou nous donner on " univers et des hommes sans Dieu, on nous donner un Dieu plus ' foible et plus méprisable que l'homme. '' Je dis la foi car si l'élection des Justes n'est que la préparatH»

INVOCATION. i, k^

étaradledesmoyeiisqui doivent infkiHIblrmeotlfi^déUTrer, kcbç^x d*im état de vie étant sans doate le principal , il a dû être t^t^i^ dans cette volonté miséricordieoae, qui leur a préparé des vofes sûres de salut ; et, d*on autre côté, la destinée des méchants^%vant servir aussi dans les desseins de Dieu , par nulle rapports secrets , au salut des Justes, elle a dû entrer dans le ptan étemel de leur justification, et n'être pas moins arrêtée dés le commencement, que la condition même des élus. Il demeure donc établi ', qu'avajât que nous fussions nés, le Seigneur avoit tracé k chacun de nous le plan de nos destinées, et , pour ainsi dire^ le chemin de notre éternité ; et que parmi cette multiplicité de voies, qui tbrmcnl les di • verses conditions de la société , il n'en est qu'une qui soit la nOtre ^ et par où Dieu ait voulu nous amduire au salut.

Il n'est que trop certain cependant, quo la voie que. nous noua cboisissons la plupart n'est point ci'i|e que Dieu nous .avoit d'abonl choisie; et que de toutes les cirnmstaoces de la vie,le,cboi\ d'|U| élat est celle où la méprise est plus ordinaire. Vouseaconyiefi^reK aiaémeni, mes Frères, si vous voulez faire attentiouà la nature A^f^ dmix, et aux cirr4)nstances essentielles qiii doivent raccoippagiyr. Premièrement» les passions et les préjugés y rident le^jpépris^ très ordinaires ; on ne peut donc s'y conduire avec trop de cirooospertîuD et de maturité. Secondement , ce choix dépjcnd dq^desseins de Dieu sur nous; ce n'est donc pas Tordre de la nature, qui doit en décider. Troisièmement . le bonheur et le repos même de. notre vie j est attaché; il faut donc y consulter plus son goût que celui des •utres , et n'y faire entrer pour rien le respect humain Enfin , c'est la voie unique de salut pour nous ; il faut donc être surtout attenttf^ 6Q le choisisstant ^ aux Iscililés et aux avantages qui peuvent, nous eo rt*venir par rapport à nos intérêts éternels. Or» mes Frères^ oà ioot ceux qui dans le chiiix d'un état de vie observent toutes. C0s conditions? et de là conclues si L*8 méprises n'y sont pas ordinaires- L'imprudence, la coutume, le respect humain, la cupidité, sont les grands ressorts qui donnent le premier branle aux diverses destinées des honunes; et si nous voulons remonter jusques aux pro- OMéres vues qui présidèrent à notre vocation , il n'est peut-être personne ici, qui n'en trouvât le principe dans quciqu'uno de ces sources empoisonnées.

Et premièrement , mes Frères, est-il de circoa^^tance dans toute la vie ^ où la maturité • le conseil , les attentions fussent plus nécessaires^ que dans le choix dont ucnis parlons? Quelle oonnoissanœ n'y faudruil-il pas avoir de soi-même, de peur que nos inclinations ne vtmaenl ensuite à desavom t notre démarche l quelles priéiv ferventes el continuelles ne devroient pas précéder cette grande aclioo, afin que le Seigneur daignât nous découvrir ses voiosl quelle famooeDeede mcNura ne devmit pas aouay prépartr^ pour disposer fedeitpir csaaaiales prémices de notre vie, inouspteer lut-

Ul MEEGIBDl DE LA DEllXlÈME SEMAIHB.

diéflM dns b n)Qla y qtri seide pràt tennf oer ie notre ciiTièrèl

Cependant on se détermine d'ordioaire dans nn àge^ où à peine in raison pent oonnoltre , loin qn'ene soit capable de dioisir. Une dteardie ok la circonspection la pins attentive devroit encore craindre de se méprendre, est toiqonrs l'oaTrage des amusements el des goûts puérils de renfanoe : k peine a>mmence4-on ii bégayer, i|n*on décide déjà deTaShire la plos sérieuse de la Tie; et ces paroles irrévocables cpii prononcent snr notre destinée, sont les prendànes qn*on nons apprend à former, avant même qo'on nons ait appris à les entendre. On accoatnme de loin notre esprit naissant à ces images suggérées :1e choix d'nn état n'est plos qu'une impression portée de l'enCuioe : ainsi , avant que nos pendianb soient défvbppés, el que nous sachions ce que nous sommes, nons nous fcmions des engagements étemds, et arrêtons ce que nons devons dira poor lonjours.

Si l'on attend un âge plus avancé pour se choisir un état, les attendons n'en sont pas pour oek plus sérieuses t c'est le hasard et rocMSion, qui en décident d'ordinaire. Une dignité sacrée, k laquelle un ne s'allendoit point , nous dépouille à llnstant de l'ignominie du siéde, et nous place dans le lieu saint. La mort*d'un aine diange nos Tues, nons rengage dans le monde , d'où nons venionsde serOr ; et noira vocation k l'aulel expire , A mesure que nous voyons revivre de aonvélles espérances pour la terre. Un simple dépit est aonvent tonte la raison qui nons arradie brusquement an siéde, et mam prédpite dans la retraite. Une liaison d'amitié nons fhit suivre la Ibrinne et la destinée d'un ami. Enfin, déteins les dioix, il n'en «si pofait où la prudence chrétienne ait moinsde part, qu'A celnl d'ta état de vie : et voilà pourquoi il n'en est point où la méprisa aolt pins ordinaire. Car conunent voules-vous ne pas vous m^Nrendre ^ansundioix si gravée! si dédsif poor vous, auquel tous apportes uMins de précautions , qu'à toutes les démarches les moins imporlanles de votre vie? et comment connottrei^vous les desseins de Sinnsnr votre destinée, si vous ne daignez pas même le constater, 61 si vous ne lemetleK pour rien dans celle que vous tous fonnet

Et c'est id où vous êtes inexcusables, vous, mes Frères, que la Providence a placés à la tête d'une famille. Acooutnmes-vous vos enfants, dans un Age tendre, à faire tous les jours au Seigneur cette prière ém prophète : Smgneur, monire^^nouâ §h>9 poies^ et décotttfrewmoÊit iêi âentiert parvk pous poulet nous conduire ( Fs. xxiv, 4) ? Prien-vons sans cesse vous-mêmes , afin que le del s'ttpHque sur knr destinée? et lui dites-vons, comme autrefois les ApMres : Mgnenr, vous qui connoisseï le cœur de tous les honunes, appre* naanons kqnri de cesjenCanta vous avec dioisi » Ostende^uem de^ faîîs i A««., 1 9 M) ? CKxupen-vnus leur raison naissantedo l'impar-

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