DEUXIÈME PARTIE
Se tootea lesciroonstancesdeb vie, le choix d'an éUt<«l ceUe Qà la méprise est le plus à craiodrç, aoU que vooalè oonaidérici da côté de Diea doat elle usurpe les droits, du HM des grâces et des secours dont ellemius priva, ou enfio du c6tè4es soiles presque toujours irréparables qu'elle Indue après soi.
Du côté de Dieu doot die usurpe les droits. En eflfot, en nous donnant Tétre et la liberté, il ne 8*est pu départi des droits qu'il avoit sur son ouFrage. Ge n'est pas à «lous à di^poeer de nousntémes t c'est à loi seul à nous employer selon les vues ipi^il s^est proposées en nous rormant, et à régler Tusage des taleAls que nous ii*avons n*çus que de lui. Aussi à peine le premier homme fut-il sorti de ses mains, qu*il l'appliqua à la culiure de ^ lieu de déitow, qui devoit être sa demeure; et il semble qu'en luidrtermioant cette occupation , il voitlot faire sentir à unis ses dssoendants, -que c^étoità lui seul k nous marquer un emploi et «ne eooupatioa dâms cet upîveraott il nous a placés
Naisquand sa souveraineté ne lui donoeroit pas ce droit sur la créature, sa sagesse devroit l'etaMineul arbitre de nos destinées. Car conaoissant tout seul les pluMt secrets penehanls^de noacours; déydoppant déjà dans les premières ébauches de nos pasribnSf tout ce que nous devons être; jugeant de nous-ménes par les rapports divers de vice ou de vertu , que les situations énfiobson il iXNirroit nous pteeer ont avec les qualités naturelles de notre ame$ découvrant en nous mille dispositions cachées que noosne connobsons pas, et qui n^atteiident que Foccasion pour paroitre , seul , lorsqu'il tira tout du néant , et qu^i donna à tons les êtres cet arrangement admirable et ce cours harmonieux que la durée des temps n'a jamais pu altérer, il put prévoir quelles éloient dans cet as8end>1age al bien assorti , les dreonstances du siéde ^de la nation , du pays, de la naissance, des talents, de l'état, les plus favorables à notre aalut ; et en les rassemblanl par un pur effet de sa misMconie , en former comme le •! et toute la suite de notre destinée. Atnsi les apôtres ne s'adressent à lui pour choisir un sucoesseor au disciple intidèle, que paroequ'il coonolt les cœurs x Fous qui eonnàrnset les ciBun de tous les hommes^ lui disent-ils, montr^ez-^nous celui que tH>us avez choisi ( Acr. , 1 , 24 )•
En effets mes Frères , Dieu seul nous connolt , et nous ne nous eonni)lB8ons pas nous-mêmes: nos penchants nous séduisent; nos préjugés nous^enfralnent : le tumulte des sens fait que nous nons perdtins de vuet tout ce qui nous environne nous renvoie notre image ou adoude ou changée ; et il est vrai que nous ne pouvons nous chobir à nous-mêmes un état sans nous mépr^Midre, (Ârceque nous ne nous connoissons pas assez pour dédder sur ce qui nous convient s nous sortons même des mains de la souveraineté d de la
LA VOCATTON. Ul
ligesaB 4ifitte; nom devenons à nous-mêmes nos golte et nos ioiiliens: et semblables an prodigue de l'ETangUe, en forfanl le pèra de ftmille de laisser à noire disposition et A notre eaprioe tes dons et les talents dont il Tonloit lui-même régler l'usage, nous roaipons tons 1» liens de dépendance qui nous UoienC encore à loi ; et au lieu de vivre sous la protection de son bras, il nous laisse errer loin de sa pràsence, au gré de nos passions, dans des oontroeséiran* gères.
Seconoe raison. Si la méprise dans ledioix d'un état de vie est si fort à craindre , c'cet principalenient du côté des graces et des secours dont elle nous prive. Oui , mes Frères, comme les ministères sent diUrents dans le oorps de Jésus-Christ, lesdonset les grâces le sont aussi. Gomme tous les étals ont lenn dangers et leurs diflteultés particulières, il leur faut à tous des secours propres, pour vainare cesobstacks, et pour éviter ces périls. Il est dans les trésors de la miséricorde iBvine des grâces de magbtrature , pour afaisi dire , de sacerdoce, de commandement militake , de père de tsmille, d'homme public , de personne privée r des graces de mariage, de céUfant , de cour, et de retraite : et comme Dieu ne des* tine jamais la fin, sans préparer en même temps les moyens pour y arriver; en marquant dans ses conseils éternels à chacun de nous rétaton il voulolt que nous opérassions noire salut, il a attaché à ce cboh dessecours propresetsingulierspourenacoempHr les devoirs.
Mais, mes Fk-éres , pomr participer aux graces d'un état , il faut que Uieo . hii-^même nous y ait appelés. Si vous vous êtes placé YOusHuéme , c'est à vous-même à vous sontmir t s'il ne vous a pss préparé la voie où voqs êtes entré , il ne vous y donnera pas sa main secouraUe , et vous y marcherez tout seul. Il ne doit pasdéranger en ¥4ilre laveur l'ordre immuable de ses conseils étemels s vous êtes sorti du plan de sa providence ; ce n'est pas à lui A rétracter la stabilité de ses desseins pour s'accommoder k vos caprices , mais à vous livrer à votre propre malheur : vous n'avez pas choisi la situation et le ministère qu'il vous destlnoit datis le corps mystique de son fils; il ne peut donc plus vous regarder que comme un membre monstrueux* qui est hors de sa place , et qui ne saoroit plus recevov les influences et Tesprit qui anhnent tout le resté do corps.
Ainsi le Seigneur^ dans ses desseins do miséticorde sur vous, vous avoit préparé des graces de retraite , de mortification , de chasteté, de silence: il vonleit vous sauctifierdans le secret 4e sa face, loin du monde et de ses périls s il avoit résolu de vous attacher à loi par des liens sacrés, et de vous faire porter son joug dès une tendre jeunesse» il a voit même mis en vcms des inclinations heureuses, et quisemUoientviotts montrer de loin la voieqo*il vous préparoit ; uÉe amesimple et timide, un esprit paisible et naturellement éloigné deH attelions étemelles que demande la vie du monde , des désirs
4«a MERCREDI DE LA. bfiOXIÈME SEMAHOS.
«Itnôlft^ iMMoeifligBes heureux, oàlet deaiefaidelMeatarTOiM parottBoiiBi écrils eo caractères â ioCelligibleB, vous voiii èles eogigé aooiiiii jouf dUHreot ; ah! la aafaileléiki Ht nuptial sera donc pour tow une occasion de Inure et d'incontinence) tons Tiderei la foi d'un sacroaicnt honotabie; TDaenfanU tonTeront dans Toa exenaples le modèle de knri déKwdies : le monde où TOUS n'éCies pas appdé toos séduira s les périls oà Tordre de IHen ne Yons SYcil pas engagé seront pour toos des occasions inCriOfliies dedmiertont derisiidntcalatioaoïiécneilà Totre Caibiesoesles plaisirs les |diis innocents sonttleroni'Totie cQBor ; les oiqcta les plos indiférenls seront funestes à Totre innoeeDce; hs devoirs les plus faciles trooTeront en vous des répugnances invhicibles t tous cor* naupret tout par d'injnslss usages t et où tos frères , 91e le Seigneur lui-même a idacésdansTotrasitnation, seronten sAralè, voua n'y trouferef qu'un triste naufrage. Ainai la mer engiontit autrefois un prophète infidèle , malgré le secours d'un navire et rfaabileté des pilotes, paicequ'il y étoit entré oontre l'ordre de Dieu; tandis qn'dle respecte les seeies traces , eCqtfeHe s'aflérmit sons les pieda du cher des apôtres, à qui le Seigneur amtocdcmné de marcher sur les flots, et de Tenir à lui. Tout est danger à quiconque n'a pas le Seigneur pour guide I etledangerlui^mémedeffent une arrêté à ceux qni marchent arec hiK .
Mais, d^un* antre côté, le Seigneur vouloit que tous apérasUes TO(re salut dans l'état de sfaifile fidèlcf H tous avoit prdpwé les grâces de «et état; et cfétoit la voie qui devoit tous oondnfare au terme heureux : les dissolutions même du premier âge, des penchants tumultueux de gMre et d'amUtlôn, un cmnr trop Tifnt tropsensible eaplaisir, teutcelaTeiia BuarquoitasieEqn'unmiublèredn travail, de modestie, de pureté angélique, de prière, d'étude, n*étoil point Totre place. Cependant tous aTea usurpé cet honneur dhrin; TOUS TOUS êtes placé TOUS-méme dans le lieu mint ; tous êtes par^ Tcna par des faveurs humaines, où la grâce toute seule devoit Toua ol^Ter ; vous vouaéles ouvert, par votre ambition , la porte de la maison du Seigneur, qui n'est ouverte qu'à rhumiHté et à Ffamo* cenee; vous avos obtenu en importunant une dignité qu'on nepent mériter qu'en ftiyant : mais qu'avex-vous fait? tons vos minisièm vont devenir pour vousdesécueils : le tribunal sera le piège de votre innocence; la chair, le théâtre de votre orgueil; Tantel, le lieu de Toa crimes ; le patrimoine des pauTres, l'occasion de Toa proiMons etdeTosdéaordres; le coanaeroedM€tesessafaites,la8enrcede votre irréligion et de TOtre endnreisBements si vous êtes pasteur, TOUS serea un meroenaire^ si vous étea.èloTémv letrônesaoerdotal, TOUS ssvea un bmmede péiMMia dans 1» temple de Dieu: d'où viennent ces malheurs? vo|re iwcatien ail l'ouvravs de rhomme; vous n'y ferea pas l'mnvre dn^ Seigneur : vous possèdes
LA VOCAtlON 1' 468
le don de Biea arec injostioe; veas^en o^ereç neofiofliiietloii t vous avez souillé le Banduaire ea y entpaat ; toqs le déshûBovera ttile goayeniaia : TOUS n'éfes |diuleiDé(4îateareiilraI)ieiftetki henimes, enUrala terre elle del ; tous n'êtes qpe l'anattièiiiedlicW et le scandale de la terre*
Hélasl mes Frères, si tant d'ames périssent toqs les joura am les graoes attachées à leur état; si le cpsciple perfide devient jgé^ yaricateor, et déchoit de la grâce et du ministère de Taposlolat eè JésQS-Cbrist lai*méme Favoit appelé; si Salomon établi roi. par la volonté du Seigneur, et avec des marques si éclatantes et si singulières de sa protection et dé sa bienveillance^ trouve dans les pé* rils de la royauté des écueils où tonte sa foiblesse vient échooer ; quelle pourroit être la destinée de ceux qui, privés des mêmes se* cours, sont expo^ aux mêmes dangers? Si la foibfesœ de rbomme ne peut se soutenir souvent dans des voies où la main de Dieu même la guide, fera-t-ellc moins de chutes quand elle y marcbem toole seule?
On est surpris après cela quelquefois, mes Frères, quelesmmnrs des diréticns aient si fort dégénéré : on se demande d*oA vient que nos sièdes sont si différent^ de ceux de nos pères; qjBe.tMs |es étale ontcorrompn leur voie; quelamag^traturen'esti^'esqiieplnsqu'une honorable oisiveté, ou un art de Caire servir l^lois à dèpMdlkr le» peuples mêmes en faveur de qu| elles <hH été faites; quela.vdiedei armes n'est plus qu'une profeesion décbffée d'îvréHgion el de 11^ œnoe; que la cour est le théâtre de tontes les passion»; que Cous les arts inventés pour les besoins ^ pour lea délassements publies y ne fournissent plus qu'au luxe ou à la licence publique ; que l'arl des arts , Thonneur du sanctuaire , n'est presque plus qu'un trafic honteux d'ambition et de cupidité ; que la contagion n'a pas même qpargné ces asiles saints et religieux élevés au milieu de |ious; elr que dans ces maisons de retraite, de prière^ d'austérité, où il semble que le Sdgneur devroit trouver cette.foi qui n'est plus dans le reste de la terre» l'equrit du monde y règne queiquefois plus que dans le monde même t on en est, dis-je, surpris; et les Justes qui sont encore parmi nous en gémissent san^ cesse devant le Seigneur, et lui demandent avec douleur, d'où vient qu'il a abondonné son penplu.
Mais la raison n'en est pas difficile à trouver : tout est corrompu, parceque nul presque n'est à bi pboe où il devroit être. Delà le magistrat, devenul'arUtre des passions humaines sans ces grâces de lumière,dUntégrité, de fermeté, de lèledu bien public, si néoesaaires pour remplir ses fonctions, n'est plus qu'un fantôme revêtu d'une ndie de justice et de dignitéqni tourne à tout vent, etqui lait pveaque autant de chutes que de démarches. De là le courtisan engagé dans une vie de mollesse, d*ambitiou, de dissimulation, de plaisir, elprivè de cette droiture de ccBur^ de cette crainte de Dieu, de cette I soin vive des vérités éternelles, qui conserva purs et sans
M4 MKftCftBDt DE LA DEUXIÈME SEMAINE.
les Diiifel ei iMEstber au millOT même d'imè ooor inlhlèle, detfent Mcntôl le triste jMei àe toatcss les eapidités humaines, et ne oun- «olt plosd'aalre maître qu*un maître morul, et d autre divinttô que la fortune. De là rfaomme de guerre enrironné de t«»us les périls de son état, sans les secours do cette sagesse, de cède Toi coura* feuse, qui seule a pu sanctifier les Josué, les Gédéon, les David, et tous les conquérants chrétiens au milieu de la licence des armes, ne se défend pas long-temps contre des dérèglements dont il porte déjà toutes les dispositions dans son cœur. De là le ministre de Jésus-Christ destiné à être le sel de h terre, et à guérir la corruption des peuples, en est bientôt lui-même infecté, parcequ'il n'a pu reçu cette vertu sacerdotale qui sanctifie tout, et que rien ne peut souiller: De là enfin le solitaire, ou la vierge consacrée à Jésus- Christ, s*élant chargés d'un fardeau pe^nt, et n'ayant pas reçu l'onction sainte qui l'adoucit, traînent indolemment et même avec murmure le joug, loin de le porter avec allégresse ; rendent ad monde un cœur qu'ils n'avoicnt jamais bien donné au ^seigneur; cachent sous les dehors de la mortiflraiion mille désirs profanes; veIrouYeutdans le sUence de la retraite les images dangereuses des plaisirs^ mille fiiis plus à craindre pour le cœur que les plaisirs némes; aiment ce quils ne peuvent plus posséder; tombent loin des périls, et d'un lieu de sûreté se font une oot»sion de chute. . Yoilà, mee Frèr», la source de la dépravation de tous' les états , le défaut de Tocalion : eC de cette dépravation , et de ce défaut de vooatioQ, quelles suites irréparables 1 dernière raison pourquoi la méprise dans le eboix d'un état de vie, est si fort à craindre. Car je ne vous dis pas, que n'étant point dans la voie qui doit vous conduire an salut, plus vous marchez, plus vous vous égarez, et que ce n'est pas ainsi qu'on arrive : je ne vous dis pas que le défaut de votre vQcaftion est une de ces fautes sur lesquelles on n'a presque jamais de remords ; que loin de la réparer, parmi tant de personnes qui font tous les jours dos choiz téméraires , vous n'en voyes pas une seule qui s'avise même d'entrer là-dessus en scrupule: mais je vous dis : Comprenez-vous les suites irréparables d'une vocation ill^ime ? 8i> vous êtes homme public, l'usage injuste de votre autorité, tous les mau& que vous faites, et tous les biens que vous ne laltespas t les peuples défendus, édifia par un autreque leSéignéur eftt misa votre place, opprimés, scandalisés sous votre orinistére; les ibos autorisés , les desselm utiles méprisés : réparez, si vous le puovei, ces désordres que vous ne sauriez même connottre, et que votre exemple perpétuera peut-être jusqu'aux derniers âges de la DMmarchie !
Si vons^les intrus dans le lieu saint, les Instructions, ou négligtes, oa rmdues Inutiles par les exemples ; les lois avilies et sans vigueur, par l'a&DiMissrâieiil et les transgressions du législateur ; les nmistres autorisés dans leœ! prévarications, par rinfidélltédo
, M VOGA.TÎ0N. , . ,. , ;/:kll,
ftrteiiirpHiioHplitopéclMi^ ,
SAM secours; les Justes, sans oonsolation ; les sacrements, sans , trJoHi les prières de rÉglise, sans atilité; le ministère , sans res*..' pecl el sans dignité ; toutes les sources de la grâce fermées aux fi- ' déles, par la corruption de œux qui dévoient les répandre , et en être, 1^ canaux sacrés; la perte de tant d'ames qijd ejossent trouvé, dans le zèle et dans la piété d'un ministre fidèle, la grace'etle salut : sondez^ si vous le pouvez, cet abtme, et trouyez-jr, si vous 1^ pouvez .* encore, une ressource!
Si vous êtes entré dans une maison sainte, vos mcBws devepijîfs' un .modèle de rdàçbement : la piété affoiblie dans vos frères ^ par . vos exemples s leur vocation ébranlée, par vos dégoûts ; leur db- [ dlité révoltée, par vos murmures; 1^ maxime du mondé intrpr., duites dans le lieu saint, par vos discours ; la tiédeur et le désordre ' perpétués après votre mort , par le seul souvenir de votre viel
Voilà, vous, mes Frères, qui inspirez à des enfants infortunés des vocations injustes , les suites afireuses et les crimes infinis dont ce seul crime vous rend coupables devant Dieu. Aussi vous pouvez ré- . parer, en a£Digeant votre chair, vos voluptés criminelles ; vos injustices, par vos largesses; vos scandales, par des exemples de. vertu; vo& haines et vos vengeances, par des actions de charité ^ de miséricorde : mais versez des torrents de larmes^ dédomma* gerez-vous jamais Jésus-Christ de la perte d'une infinité d'âmes^ qui auront trouvé recueil de leur salut, dans le dâréglement, dans l'ignorance, dans le défaut de talents d'un ministre, que votre cupidité, et non la vocation du ciel, avoit élevé aux premières dignités de n^lise? mais distribuez tout votre bien aux pauvres; remplacerez-vous jamais les maux qu'une vierge folle et mondaine, quQ votre crédit seul aura placée à la tète des épouses de Jésus-Christ^ fera dans la maison.de Dieu ; les relâchements qu'elle y portera; les âmes qu'elle y séduira; les grâces qu'elle y anéantira ; jes biens qu'elle y empêchera ; les passions qu'elle y inlrodajra ; le$ obstacles qu'elle y mettra pour toujours au renouvellement de l'esprit primitif, et au rétablissement des règles saintes? Ah 1 voû^ repentir et vos larmes n'eSaceront jamais des crimes qu'ils ne sauroient plus réparer : ou, pour parler plus exaqtement, vous, ne vous en rep^n^ tirez jamais ; et les larmes, pour les pleurer, pe vous seront' jamais accordées. , **
Mais si les suites de cette méprise sont irréparables, mon diec Auditeur, pour des parents ambitieux qui yous l'ont inspirée, elles ne le sont pas moins pour vous , qui avez eu le malheur de 'vous Bséprendre : car je suppose môme que vous en êtes touché de repentir; quels remèdes vous prescrire? quelles mesures, prendre^ Yous êtes revêtu d'une dignité .sainte; faut-il découvrir vôtre ignominie en vous en dépouillant? faut-il dissimuler rignominîc dé l'Eglise en vous y soufirant? faut-il vous arracher de l'autel, où
M. I. ■ ''■■ '•••^' '^■■"sd' '''-'^
466 MËàCftÉDI DE LÀ DEUXIÈME SEMAINB:
yùOB avez para derant rassemblée des fidèles? faal-ilToosy I contre l'cHilre de Bieo qui vous en rejette ? et d'ailleurs, votre repentir scra-t-il même asseï héroïque pour en Tenir à ces dépouillements d'éclat, à ces démarches extraordinaires, sans lesqoeb poortant fl n'est point de salut pour tous? Vous êtes entré dans des engagements, ou de mariage, ou de religion, d'où il n'est (dosen Totre pouvoir de sortir ; éles-TOus obligé à l'impossible pour tous sau* ver? mais, d^ autre côté, tous sauTerez-yous dans un état qui. n'étant pas le Tôtre, ne sauroit être la voie de votre salut?
O mon Dieu! tous qui tenec entre tos mains les desthiées des bôttmes , quelles reaources inconnues peut-il rester à TOtre grâce pour ces âmes Infortunées ; et TOtre puissance elle-même peut-elle empêcher qu'elles ne périssent ? Oui , mes Frères, et c'est une vérité de la foi , qudie que puisse être la situation de la créature , son sort n'est jamais désespéré sur la terre ; il n'est point d'état où la pénitence ne soit possible ; le Seigneur n'est pas tellement assujetti aux lois de sa jtistice , qu'un excès de miséricorde ne puisse en tempérer la rigueur; et quoique la Id déclarât coupables de mort ceux qui entroient dans la chambre d'Âssuérus , sans y être appelés, Il restoif ettoofte néanmoins une ressource aux téméraires qui Tavoient tîo« lée , et le grand roi pouvoit encore étendre sur eux le sceptre de sa douceur et de sa clémence. Mais que ces grâces étoient rares I une Esther toute seule en a été faTorisée : et qu'on est à plaindre, si, à)iidamné à périr par la loi commune, tout l'espoir du salut ne roule plus que sur Tincertitude d'une exception dont un siédé en« tier fournit à peine un exemple !
Ce n'est pas que je yeuille ici jeter de Taines alarmes dans les oonsdences : la Térité ne trouble que pour instruire et pour consoler. Ainsi, moucher Auditeur, si tous n'aTcz pas encore fait ce choix important, éTitez ces écueils ; priez beaucoup ; consultez tOs talents , tos inclinations, tos forces , tob foiblesscs, les intérêls de TOtre salut S; bannissez toutes Tues humaines; attirez sur tous la grâce d'un bon choix par l'innocence de Totre Tie; tournez de œ cAté-là toutes tos attentions, et mettez tellement le Seigneur dans les intérêts de TOtre sort, qu'il ne le laisse jamais entre tos mains. SI le choix est déjà fait, et que tous doutiez si les motifs humains n'y ont pasen plus de part que ks Tues de la grâce, rendez Tolre Tocattoo certaine par tos bonnes csuTres : comprenez que la Gdé- Ihè aux dcToirs de Totre état est la plus sûre marque qae tous y élfis appdé s remédiez à ce qui dépend de tous t faites-Tous des remords utiles : changez cette tiédeur dangereuse où tous tItcz, en une sainte TlTacité; cette Tie toute naturelle, en une Tie de la foi { ces négligences coupables, en des attentions religieuses ; ce mépris de TOS obligations, en une fidélité qui tous fasse respecter ce que TOUS deTez aimer ; et ne tous calmez jamais sur la Térité de T0M Tocntkm, que lorsque tous en accomplhrez tous les deyoirs.
LA VOCATION. 4tT
Mais s'il est dair que le Sdgûeor n'ait point du tout présMéà votre cboix : si rimprudenoe, le respect hnmain, les passioDS seules Yous ont formé un étatde vie, votre sort est à jdaindre, je Tavone; mais il n'est pas désespéré s vous êtes loin du royaume descienx, il est vrai ; mais vous poaves encore y prétendre i tandis qu'on peut •e repentir, on peut encore espérer. Dieu peut accorder à la douleur d'un dMMX injuste, les grâces qu'il aurait accordées à un choix légitime: voos n'êtes pas extérieurement dans son («dre; mais le cœur y est toujours quand il se donne à lui t vous oocupei une piace^'il ne vous avoit pu destinée ; mais une foi vive, mais un amour ardent, mais un repentir sincère, sanctifient tous les états; et on ésl toujours à sa place, quand on sert et qu'on aime le Seigneor. Vous vous êtes exposé sur une mer orageuse contre son ordre, comme le prophète Jouas ; vous y êtes tombé comme lui au fond de l'abîme t il vous reste encore une ressource; élevei votre voii comme lui vers le Seigneur, lixrsqu'il se vit enseveli dans le sein du monstre ; et dites-lui t Seigneur, quoiqu'un choix injuste m'ait soustrait à la main adorable qui devoit me conduire, je crie encore vers vous du sein de Tablme que tous avez ouvert pour me dévorer : De penire ù^eri clamaifi ( Jon., 2, 3 et seq. ). Il est vrai que rien ne peut égaler l'extrémité du danger où je me trouve : un monstre énorme me tient captif et m'enyiranne de tontes parts < AbtysMUi vallavit me. La profondeur des eaux, comme celle de mes crimes, s^est élevée au-dessus de ma tête t Pelagus operuii caput meum. Il semble que la terre s'est creusé de nouveaux abîmes, pour m'y retenir éterndlemcnt : Terrœ f^ectes conèluserum me. Cependant, 6 Dieu de mes pères! vous qui les portâtes sur tos ailes k travers les flots de la mer, qudquc désesp4*ée que paroisse ma destinée, je ne laisse pas d'espérer eacxxre de vous; vous sanrei bien me retirer quand il tous plaira du fond du goufflre où je me suis jeté t l'abtme entend votre voix ; il me rendra à tous dès que vous lui aurez commandé de me rendre ; et il ne vous sera pas plus diflBcile de me délivrer dans la profondeur de la corruption on je me troofe, que si j'étoîs dans Fenceinte de Jérusalem : jBt suUeua» bis de eorruptione^ viiam meam^ Domine^ Deus meus. Oui, grand Dieu! malgré Textrémité de mon état, qui semble minterdire tout espoir de retour, j'espère que j'aurai encore la consolation de revoir votre temple saint, de vous y offrir mes actions de grâces , et de vous y apaiser, en miêlant au sang des victimes les larmes d'un repentir sincère : Ferumtamen rursàs ^idebo templum sanctum tuum. Ah! que ceux qui, après s'être éloignés de vous, ^obstinent à vous fuir encore, et se font par un désespoir orgueilleux, de l'excès de leur misère, une raison pour ne plus souhaiter leur dé- Uvranee, soient abandonnés de votre miséricorde, puisqu'ils l'abandonnent eux-mêmes : Qui custodiunt pankaies frustra^ mise^ ricordiam suam dereiinquunt. Pour moi, Seigneur, quelque
kn JEUDI DE LA. DEUXIÈME SEMAINE.
•fiMMet qiK soient les ténèbres de U iDOTt oà je sais eoseveli , ta» dis qo'fl me sera permis de yous invoquer, il aie sera permis d'es* pèrer : £^o auiem in voce taudis immolabo tibi. Yoas me verrec Men pins fidèle qu'autrefois à sùire tos voies saintes, si votre main seeourmlrie me délivro de ce péril : je ne rétracterai jamais les promesses que mon ame pénétrée de douleur vous fait dans ce lieu d'horreur : Quœcumque tNftd^ reddam pro salute DonUnq. Et le reste de ma vie ne sera plus qu'an regret amer de vous avoir offensé» et de m'étre soustrait à vos ordres , et une altention eonii- MeDe à mériltf , par l'olMervaBce exacte de vos commandementSy la réeonqwnae que vous proraettei à vos serviteurs fidèles.
Ainsi soiiril'
SERMON
u MAOYAiS aicn
Cnteior in ktuflamma.
Je luiitourmeolé dam cette Htauné. (Loc,xvi» Si )
Quels sont donc les crimes afirenx , mes Fr^s, qui ont creusé à cet infortuné ce gouffre de tourments où il est enseveli , et allumé le feu vengeur qui le dévore? Est-ce un profanateur de son propre corps ? a-t-il trempé ses mains dans le sang innocent? a»t-il (ait de la veuve et de l'orphelin la proie de ses injustices? est-ce un honune sans foi , sans mœurs, sans caractère, un monstre d'iniquité ?
Éoouies-le, vous qui croyez qu'une vie douce et paisible, où l'on n'accorde rien aux passions extrêmes, mais où Ton accorde tout à l'amour-propre, est une vie chrétienne ; et que ne pas faire le mal, c'esItoutrEvangile. Ce réprouvé qui sort aujourd'hui de l'abime pour vous instruire étoit riche, dit Jésus-Christ ; il étoit vêtu de pourpre et de lin ; il faisoit tons les jours bonne chère : du reste, moins attentif qu'il n'auroit dû aux besoins de Lazare qui languissoit à sa porte ; voilà tous ses crimes. En vain en voudrions-nous . diercher d'autres dans la dissolution de ses mœurs ; ce n'est pas ce qu'on lui reproche. Il avoit reçu de grands biens; jl en goûtoil toutes les douceurs : Abraham ne cherche point ailleurs le sajet de sa condamnation : nous serions téméraires de lui prêter des désordres que son histoire tait, dont Jésus-Christ l'absout, par son silence : nous contredirions même les intentions du Sauveur en détournant le sens et l'esprit de cette histoire, et détniisani Uwl le fruit qu'il se propose d'en retirer.