LE MAUVAIS BICHE
411e ks eixès i éBe a'ordoiiiioil pas encore cette rigoofeiiee attention fur le» sens, que la loi de TÉTaiigile mob a depiris ftmqrite. Lelidl et le miel ètoienl reiifennéB dans les proBWfliesraHeB an eofaiiis d'AiMnatam; el ilseaible qn'oaètoii avîoriié à goàter les doaceiin d'une abondance, qui aroit été proposée comme la récompenae delafidâité* D'aOleors, il est accusé dé s'être traité inasnifiqoetfieBl; maisest-fl repris d'amir osé des Tiandes dèiMH dues par la loi, ou manqué à FoiiserfBnce desjeànes,eldetaiit faksIiMiices qu'elle prescrivit? Il ne sefeilsoil pas dem nrissaneti, de ses grands Meas et dem nioUesse,un préleite pour se diqMser de ces lois rigoureuses. Obssnrateur Od«le des tndttions de ma pères, U distlngiioit les tempe et ka Jours; èt^quoliprïltéGAtdans lesdaices, ilmToit.quandfl leiUMt^iiralligertvêesonpeDple, etexpier du moins en quelque sorte, eu obsenrant les abstinences de la loi^ les plaisirs journaliers de m table.
A la irérMé , il fUsolt tous les jours bonne diére I ftieifdai amis aon revenu pou^t soutenir cette dépense. Ce n'cst|lmassêidela bonne chère; elle étoit encore somptueuse et magniSqde, #|i/(eiidi^ saais on n'ajoute pas^'il 7 eût de Texcèset delà débunçhe; que les libertins et les impies ftuscnt ses conTirest que des discours diasolns Usant l'assaisonnement de ses repas t il n'est point nmrqné qu'au sortir de là il courût à un spectacle profane pour occuper son Mair^ et £0 délasser des fatigues de la bonne chère) que,.misi de In Cnreurdu jeu, il en fit son occupation ordinaire,et risquât qnst quefoisenunseulooapla fortune de ses enGiuits et l'héritage de am ancêtres; ou qu'enfin des entretiens dangereux, et dm eommenea de passion , remplissent le reste de ses journées. Sur la religion et la foi desespères, on ne tronre rien à redire en hd; fl nefldsoU pas l'esprit fort , et ne crojoit pas s'honorer en montrant des deslm scandaleux sur les merveUles que INeu awit autrefois opérées en iBiveur de son peuple, et sur ses manifestations aux patriardMl t il ne regardoît pas la croyance comnmne coBune un préjugé tuIgnire; les superstitions des pharisiens, les erreurs des saducéena« les di^ulmet les antmosilés de ces deux sectes, qui dédwroient la synagogue, ne lui faisoient pu conclure que la synagogue ellemême n'agit rien de certain dans sm lob et dana son cnlte, et 4ne la religion étoit une invention humaine : il offroit ks sacriflcm ordonnés; il pratiquoît les ablutions prescrites; en un met, il n'est pas appdé maître cruel , and perfide, ennemi tarréconciliable, àpcmm, infidèle, fier, injuste, déloyal. Il ne se serroit pas de scsUens pour eorrompre l'innocence; le lit de son prochidn étoit pour lui iUTfo* labié s la réputation et la fffoqiérité d'autrui ne l'avoient jamaia Irouré, ni envieux, ni mordant s et de la manière dont on noua parle de kd,. c'était un homme de bonne dière, bisant de la di^ pensedans Jérusalem, menant une ^ douce et tranquille, d'ail» lenva essentiel sqr la probité, réglé dans ses moBura, rivanlmM
i(V3 JEUDI HaUAi DBUXIÈMË SEMAINE.
iefMcbe, «tseloniiue leiMBde vmi ^'cm Vive qiiaiiâ od a du
Uittrraci0vaBlk9»tabte'b5k:iloycasetles6(ra^B^ un de
"*«» hoDHMi^pielé fflède loue, qae là yoiiL publiitue èaailte; ift^kk
ifiopose |Niiiit!iiioMe, elipie k piété dle«iiiém»ii*aierbfC'0(iutëiil
lèondmBCT* ,
* . Or^méBFtèf«^Mqne:JeYieiulifewiBl64épeind^^ éUM'Oiyieibt, tous pBnitl^riiovt coupable? el si q«èqa\Mi, avant JiHav^Ohrist,' «iy)it jpmnBcé qiie: cette yaie eal la voie qui laèiie à .tepsâilioB y «k'ipjie.oel tanne eatidigne éo^VeAiec^ia vmu aeÉiex* ':«iui[piBttféatiéi|e(mlie niifli5evétite:et kduretédiiaHeriifaoïtriK* «oRCHiÉ'paa'dU.'aMC'iiuligtaatioa., camnaoutrefiottiome ranhèed'Ii- ^^jilbfattqtiô Sattt «lA caadanmé mb fikJcmaKInaj Qa'a-t-U donc . Cmil^^ firat'^a^ftii aiaitire.pMr avoir gnAlé pq peo de tiûd? \Ei;foiie jMoihOiimariemr iU'Rm* lyi^ 45) ? iM^if ^ogéa^erdafuioe vdos ont laissé une idée si a&eiise.:da ee Bi«ovaiaiîella;ttepéiidaùt<de >i«iioia'tf^ilf Vaoolis au fbad i a'ajoatei riiHi à ce qu'^idil n^anf.gik. U^taiiridia, U éloii veto magûifiqDevieBt ^ il/aiaoil koime diéna : que ùfmwthwms là de r énonne et de si 4:riani? & je a'cb >ifgaî<iiMHiar'^f^>awbqra et vos *iiiaiipies, oon-^eiikMnftnt U «e ?f«Mtt pasjl daapahle^ OMis je le Ironve verUiéiim ; et daaa la >ddiipisijralîaQ'eà Voi^^vlt anjourd-iiai., ei je parlais Jcà^onBieair sage .MMidaiavtt-iarailiui nûdéle que je voua proposerofeà salviei' > fi'. 4{tta.dito*^iis tefis les jours VoasrinéBies de cens! qui M res^ ^ jMaUent ? Uii^td vil drtilemetti; il mange ado bfea aveo tenseur; ^ialahlo est Mcvie avee propreté atmagkiifiGenee s du reste, il est ^Inwim esseutâel , amisoâide, et plein de cette probité qui fait k 1 vérflaMe reiiiîdii^t k solide vertu. C'est peu de le louer; on fait, v.ùaaon neal des parallèles injUrieui à la piété de vos serf iteurs : ^.^lli4it ifue «oik eonifiie il faudroit vivre da.is le monde, et non pn i:#ûmme tels el tdles à^i la dévotion a gâté l'esprit, et qui dément . IfL-vériUbk piété par des laçoiia sauvages et des sîngukrilés îndis^ Hfites^.V^ le monde V mes Fréresi et ce 4Ui me lait trembler, , «^t q«e:la seul répromé que JésusfCbrist nous fasse paroiCre dans r.rSvangîkae trouvetoîi^ presqueaujourd^faut lo plus booMM de Inen pasmîaoïia*'
> . Peui-iélfe mHippoficraa*¥ous id sa dureté enversLanre; et do v«iu>ins,i eaicda» vois prétendriez avoir quelque avantage aU'^lessQs ide loi. AitOïmotif deeoiiQaaQevJe n'amxjis d'abord qu'à répMdre lavap saki Paul, qu'en vain vous donacries tout votre bien aua ipanvres, si vous n'avei paa dans le cœur cette charité qui cnât .tout) qui espère to«t, qui aoufte tout, qui pardonne tout, qui tu'esl ni vaine « ni- envieuse, ni intéressée^ ni voluptueuse 3 si la iMkteté de vos aMMurs ne souiicnli'abondaaec de vos largesses, vous fUe faitfli BieQ, et veua a éles ifiea vonseméaK devant Dieu : JVikU ^pm[UGo9ks^ juir^âjvL^utnùneaideà expier kspécUéadontOB se «a4|rali,/m4ûs.elki«ia'îuilifia pas ceux daùf lesquek anvitrcresi
LE MAUVAIS WCHE. 473
as devoir, inais ce îi'estpas l'imkpe ; et qaoiqpfy manquer oe soit
. élre ooa|Mible de tout le reste, l'obseryer pourtant n^est pas toutiB laloi
Aferis, d'aiHeurs, yagùos quel est U-deasus le crime de notre riche toluptaeux , et peut-être tous trouverex^Tons encore plus coa^
*: p^faieqBe lui. IlxwoU, oontinoe JésosChrist, unpawre appelé Lazare , tout cowf^H JPidùrei » couché à lapons de ce riche , qui
; eût bien voulu se remaner tlçs mieUee qui tomboicnt de sa table f maispersonhe ne lui endonnoii (Loc, xvi, SO, 21). Il y a, je ravone , dans cette conduite , je nesais quoi qui blesse loua les sei^ lilMéta même de l'humanilè : le spectacle d'un rcduplnenx assis
• auteur d'eue taiSle chargée de meta exqui», et insensible aux souffirauces d'un malheureux qu'il a soub Ica youx, oouyert de plaies , et réduit à souhaiter des miettes, pour apaiser la faim qui le dé*
. Tore , forme d'abord une opposition monstrueuse • et la seule vertu
. mondaine s'indigne de cette barbarie. Mais rapprochons-en toutes les di^xuistanees, et vous verrez que Jésus-Christ n'a pas tant voulu
. noua représenter ce riche, comme un monstre d'inhumanité, que .comm0 un hpouneindolrat, trop occupé de ses plaisirs, et manquant d'attention seulemont pour les miaères de Lazare : voua verrez que, le. trait quir^arde ce pauvre n'est qu'uu incident,
. fopr am\ dire, de l'hisloire, et que la vie molle et voluptueuse du ricbe^en Tait comme le fond et le sujet principal.
Premièrement, Lazare étoit un meodiant publie, mendicus; or on est naturellement moins attentif aux misères de ces indigents déclarés, qui ont toute une ville pour témoin et pour ressource de leur indigence: on peut toujours se persuader que leurs importunitéa
, étemelles sont de purs artifices ; et que l'oisiveté, bien plus que le bes<Nn , form^ leurs plaintes et leur misère : en un mot les prét^Ltes
, dont vous vous s^ervez tous les jours, pour rebuter ces pauvres
; errants, notre riche pouvoit s'en servir envers Lazare. Peui-ébre que des besoins secrets , que des œuvres publiques de miséricorde, qui eussent plus flatté sa vanité, l'eussent aussi trouvé plus iniséri*
. cordieux et plus sentie.
Secondement, Lazare tout couvert de plaies, il est vrai, étoit cpuchô à la pprte de ce riche < Ulceribus plenus ^jacebat anteja^ nuam divitis. Un objet si digne de pitié auroit dû l'attendrir sans doute : mais , du moins , (^est quelque chose qu'un spectacle, aussi horrible à voir que le devoit être Lazare, fût souffert à la porte sans qu'on le rebutât; que rien d'aigre ni do dur ne fût jamais sorti de la bouche de ce riche , blessé d'avoir sans cesse le même objet devant les yeux ; et qu'il eût permis que cet infortuné eût fait de l'entrée de sa maison son asile ordinaire. Vous vous seriez peutêtre hàié^ vous, mon cher Auditeur, de faire quelque largesse; mais rempressemcnt d'éloigner de vos yeux un objet si dégoûtant y eût eu |dus de part , que le désir de soulager un membre deJè-
47fc JEUDI DB LA DEUXtÈME SEMAINE.
»U8-Ghrisl : fcmfrèhie même y pour éfMtgoar 1 TOtre déiiealaiit «a 8^ instaot de dègoAt « D'anries-Tons pas cm irotre frère afligé, digne de recevoir ce bienfait de tm propres mains, et qa'mr do mestique eût été cliai^ de ▼otre'part d'eo être le distribatenr; an Uea de recoDooltre alors dans une chair tout aioArée l'image des plaies lionteases que votre ame élale ai» yeu de Dieo , et d'expier tous les crimes de tos regards, en les laissant reposer snrim objet désagréable t ainsi, vous anries été pent^éUne plus coopaMe devant Dieu par mi excès de délicatesse, que le réproavé de notre Érangile, par son indiflireDoe et par son oubli.
Enfin, on ne loi donnoit pas même les miettes qoi tombûical ie la taUe s mais on no dtt pas que Lazare les eût demandées, «i se contente de remarquer qu*il les soubailolt, cupieluUf on n'ammse pas le riche de les lui avoir refusées ; mais seulement que personne oe les lui donnoit : Nemo ilU dabat. Il n'est point marqué que Lacère lui parle, qu'il l'importune, qu*il lui expose sa faim et ses misères. Lazare se tait, et laisse parler ses plaies en sa faveor. GeMe retenue sembloit solliciter encore plus vivement la pitié de eet homme riche; mais son ran$r, sa dissipation, ses plaisirs, ne loi perroetCeot guère de descendre dans ce détafl , et d'entter dans ces attentions. Peut-être avoii-il ordonné négligemment à des dettestiques infidèles de secourir ce mendiant ; car voilà où se borne loas les jours la libéralité de ses semblables. En un mot , on ne nous le représente pas tant id comme coupable de dureté, que dindolence et de déCsut d'attention.
Aussi lorsqu' Abraham , du haut de la demcnre céleste, lui apprend le sujet de sa it^ndamnation , il ne lui dit pas , comme Jésus- Christ le dira au grand jour aux réprouvés : Lazare étoit nu, et vous ne l'avez pas revêtu ; il avoit faim, et vous oe l'avez pas rassasié; il éloit malade, et vous ne l'avez pas soulagé : il se contente de lui dire : Mon fils, souvenez- vous que vous avez reçu des Mens pendant votre vie ; Fïti^ reeordare quia reeepisH bona in inid iud. Souvenez-vous que vous n'avez rien souffert sur la terre : ce n'est pas ainsi qu'on arrive au repos promis à ma postérité. Vos pères avoient toujours été errants , fugitifs , étrangers dans le monde ; ils n'7 possédoient rien ; ils jouissent maintenant dans mon sdn de cet héritage promis, après lequel ils avoient tant soupiré. Vous avez cherché, vous, votre consolation sur la terre ; vous n'appairtenez donc plus au peuple de Dieu ; vous n'êtes plus un enfant de la pnn messe , vous n'avez pas été béni en moi, et votre sort est avec les hifidèles : vous avez fait du lieu de votre pèlerinage le lien de vos délices ; cette injuste fâidté ne pouvoit pas durer : id tout change dé face : les larmes de Lazare sont essuyées , ses afflictions consolées ; mais vos ris et vos joies se diangent en grincements de dents; et vos plaisirs d'un {nstant , en des tourments qui ne finissent plus : Reeordare, Jili, quia recepisti bona in intd tud^ Lazaruê
LE MAUVAIS iUCUE. 475
mataf hic consolatur^ tu perb cnteians. Toilà son grand crime; mie lie passée dans les plaisirs de Fàbondance, et dans la mollesse: yottt ce qui l'a damné; etnoos serions téméraires d'en cherdier d'antres raisons qne celles qne TEsprit de Diea Ini-mème noos a marquées Ams rEvangile.
Vous en êtes surpris, mes Frères? Tons ignores donc que c'est un crime pour des doréttens, de n'arolr point de Terta r Yons crojei donc qne l'enfer n'est ouvert qu'aux adultères, aux fomicateurs, aux injustes? Ah! si un disdple de Mdse, virant sous une loi encore imparfaite et clMumeHe , ob les Tertus qu'on exigcoit étoient moins subHmes, le détadiement moins rigoureux, l'usage 4es sens moins sérère, est réprouvé ponr avoir mené une vie moHe, délidense, sans Tice, ni vertu; un membre de Jésus-CliriBt crudSé, un enbnt de la loi nonrelle, un disciple de l'Évangile, où les vertmi ordonnées sont si parbites, la Tioknce si continuée, les plaisir» si interdits, les souffrances si nécessaires; où l'usage des sens eSt environné de tant de préceptes et de conseils rigoureux ; où là croix est le sceau de ceux qui sont prédestinés; tous croiriez qu'il serait traité {dus bvoaMement en ne refusant rien à ses sens, et s'alMf^ nant senlement, comme ce riche, des excès criants, et des plaisir» injuste» et hontenx?
Mai», mes Frères, c'est une vérité da salut, qu'un chrétien ne peut étm prédestiné qu&ponr être rendu id-faas conforme à Fimage de Jésn^Ghrist. Si vos mmurs ne sauf pas une ex|Hression de» siennes ; si le père ne retrouve pas en vous la ressemblance de son fils ; si le membre porte des traits différents du chef, et que ce soit une al« lianee monstrueuse de les unir ensemble i vous serez rejcdé, comme une image infidèle, comme une pierre de rebut qui n'a pas été taillée par la main de louvrier, et qui ne peut entrer dans l'édifice ; connne un membre difforme^ et qu'on ne saurait assortir au reste du cmpa.
Or, je vous demande, mes Frères, pour ress«nbler à Jésu»-Ghri»t snIBt-il de n'être ni fomicaleur, ni impie, ni sacrQége^ ni iqnslef Jésu»*Christ s'est-il contenté de ne foira tort à personne; de ne point soulever les peuples; de rendra à César ce qui est dû à César; de n'étra pas un buveur et un homme de bonne dhèra; de ne pouvoir étra repris par se» eunemis mêmes d'aucun pédié grossier ; en un mot , de n'avoir pas été un Samaritain , et un ennemi de la loi? a«t*a borné lA toute» se» vertns? n'a-t-il pas été donx et humbla deconr? n'a-t-il pas prié pour ses ennemis? a-t-ttaimé le monde, im qui Ta réprouvé? s'est-il conformé au monde, lui qui n'étoit venu qne poor le corriger, et pour le rqurendra? a-tril cru que le saint fïkt pour le monde, lui qui n'a pas prié pour le monde? a-t-U coum après les plaisirs, lui qui les a maudit», et qui a dédaré qne le monde se réjouirait, mais que se» disciples ne^endroient aucune part à ces vaines joie»^» et seraient dan» la tristeese? a-t-il cherdii le» honenr» et ksdistfaicttons humaine», lui qui n'a jaaab dMTcbé
sa gloire, maU la gloiee de son Père, et qui s'est caché Imrsqa'on a ^▼oi4u le faire roi? a-Uil meDé une vie douce ei agréable, lui qui a porté sa croix dés le premier instant de sa vie mortelle, et qui a , oonsomipésa course par la oonsommalion de ses sonflrances ? ToiU Votre modèle : soyez du monde , soyez solitaire; k la cour, ou dans le :clattref cpna^cré à Dieu , ça partagé entre le Seigneur et les soins ^dp mariage^ si vous ne portea pasTimagie de Jé!sus*4Ibrist, vous éles perdu.
GepeQdaa^'VOuaue craigaer rien pour YiOtre destinée^ pourTuque vous Tiviei dans une régolarilé que le ;monde approuve^ et que la conscience ne TOUS reproche pas de vice grossier et crîaJ^letilest si vraiquecet estât noTOUS laisse point d'al^rmessur le salut, que lorsque nous tous inxypospDS d'imiter l'exemple de eeux qui, après ^oir meoé UQB vie sen^blable à la vdtre^ en ^nt connu le danger^ se -sont retirés des fdaiflîrs et des dissipations du Bvmde, et leur ont fait «uoûèder la prière , la retraite , la mortification , la pratique des «ivres SMBtes, vous répoudeot qu'il est dangeiMx de ie prendre si jbaul; vous-Tous croyez pins aage en évitant ces prélendos excès, et vt>ùs ne.Toyez rien à changer à Totrecoiidaitie. Saint Aflgostinae lilalgtottaiitrefois que certains païens de son tempsreliiaoîent de se convertir à la foi , parcequ'ils menoient une Tie réglée ^seloa le •moiide.iiorKia'onlesexUrfoit,ditee Père, à passerdu.eôté des •chréfiéiist il est question de bien vivre, répoadoiedt-ils i Benh idvere opus est. Qae m'ordonnera Jésus-Christ que tous me prêches ? QuidnàMprÉBCtpturuâ est CkrUttts? que je mène une vienemple de blAme ? ut benë idvamf Je fa HièBe dépuis long-tempa : )e ne bis tort à pertonne ; je ne souille pas te lit de mon prochain , je ne lui nvis|MiS'Soni Men par des voies Injustes 2 Jam benè 9wos nuUo aduJr ieriù contaminor^ nuUam rapfnamfacià, Qu^est-il besoin de diaa* geret tfenArasBer une religion nouvelle? SI ma vie étoit criminelle. Tous auriez raison de me proposer une loi qui règle les mœurs , et qdfdérènd les excès; mais si, sans la loide Jésus-Christ, je les évite, Msué-Cbrist ne m'est donc plus nèoesssdre? Quid mM hecéstarius ettCfmstus?
VoHà précisément, mes Frères , la sittation de ces chrétiens vo- InptMOX et indoleots , de ces Tertueux du siècle , de œs personnes irréprochables selon le monde, dont je parle. Ixirsque nous les exbortoiir à' mie Tfe plus chrétienne , plus conforme aux maximes de rÉranJB^fe, aux exemples des saihts et de Jésus^Christ ; que noos leur ànnonçdtts qu'on ne peut pas être son disciple sans renoociar au monde et à ses plaisirs, comme nous l'avons promis àxt les fénts sacVés ; ils nous répondent qu'il né s'agit pas d'être de certains [daisim, ou de n'en être point; d'aller se délaisser à un spectacle, ou de s'en foire un scrupule ; de se conformer aux usages sur la dépense , sur la parure , sur le genre de vie , ou d'affiscter d'être star gàHér ; qu'il s'agit de biei^ vfvïe : BeneçipeH cpus M / d'être bon
LE MAUVAIS AlCHE. MT
dtc^efi, époux fidèle, maître généreux Juste, désintéresBé, sincère ; que yoilà F essentiel ; qu'avec ces vertus on se sauve partout ; et que tout ce qu'on met de plus dans la dévotion, ù*est pas nécessaire : Jam benè tdt^o, quid mihi necessarius est Chriêtus (S. Auo. tnJoan., 45)?
Mais écoutez ce qu'ajoute ce Père sur le même sujet, dans un autre endroit : Leur conduite est irréprochable selon le monde : ib sont hommes de probité, femmes régulières ; ils honorent leurs parents; ils ne trompent pas leurs frères; ils sont fidèles dans leurs promesses; ils ne font point d'injustice, mais îb ne sont pas chrétiens : christiatU non sunt. Pourquoi cela? les chrétiens ont crucifié leur chair avec ses désirs ; et vous nourrissez , et vous flattez sans cesse ces ennemis domestiques : les chrétiens ne sont pas de ce inonde; et vous en êtes l'esclave , le partisan et l'apologiste t les chrétiens gémissent sans cesse au fond du cœur sur les périls des sens, et des objets de la vanité qui les environnent; et vous les aimez : les chrétiens se font une violence continuelle ; et vous vivez dans une indolence, et dans une paix profonde avec voua-méme : les chrétiens sont des voyageurs sur la terre qui ne s'attachent point, et méprisent même tout ce qui se trouve sur leur route, et soupirent sans cesse après leur patrie; et vous voudriez pouvoir étabUr ici-bas une cité permanente, et vous éterniser dans cette vallée dte larmes et de douleur : les chrétiens rachètent le temps qui est court, et tous leurs jours sont pleins devant le Seigneur; et toute votre vie n'est qu'un grand vide, et l'inutilité en est même la portion la plus innocente : les chrétiens regardent les richesses comme des embarras, les dignités comme des écueils , la grandeur comme le haut d'un précipice , les afflictions comme des grâces , les prospérités comme des malheurs, la figure du monde comme un songe : voyez- vous les choses des mêmes yeux ? en un mot , les chrétiens sont spirituels; et vous êtes encore tout terrestre : christiani non sunt.
Âh I si , pour être dirétien , il sufiisoit de ne pas donner dans les excès, le paganisme ne nous a-t-il pas fourni des hommes sages , réglés , tempérants ; des femmes fortes , d'une vertu austère , d'une conduite héroïque, attachées au devoir par des principes de gloire et d'honneur ? et tout ce que nous voyons de plus vertueux dans le siècle approche-t-il de la rigidité de ces anciens modèles? Ce ne sont donc pas des désordres évités qui font les chrétiens, ce sont les vertus de l'Evangile pratiquées : ce ne sont pas des mœurs irréprochables aux yeux des hommes, c'est l'esprit de Jésus- Christ crucifié : ce ne sont pas les quaUtés que le monde admire , l'honneur , la probMé , k bonne foi , la générosité , la droiture , la modération , l'hunianité ; c'est une foi vive, une conscience pure, une charité non feinte : toute vie qui ne peut pas mériter le del est une vie de péché ; foule Tiequi n'est pas digne d'un saint est Indigne d'un chrétien % T^rbre
qui n'a que des feuilles est frappé de malédictioD, oomme Tarbre mort et déraciné ; et l^angilc condamne aux mêmes ténèbres éternelles et aux mêmes supplices, et le serviteur infidèle, et le servite^ inutile. Aussi, après tous avoir exposé dans les mœurs de notre riche réprouvé l'image d'une vie yoluptueuse etmondaine, exempte même de crime et de débauche, il faut dans sa punition vous apprendre quelle en est la On et la destinée.
SBCONDB PAITII.
Or il arriifa , continue Jésus-Christ , que ce pauvre mourut , ef fut porté par Us anges dans le sein tTAbràfuM t lé riche mourut aussi j et il/Ut enseveli dans Fenfer. Quel nouvel ordre de destinées, mes Frères ! Lazare meurt le premier ; car le Seigneur se hâte de visita ses élus, et d'abréger leurs jours avec leurs souffrances : le riche lui survit ; le Seigneur, au contraire, n'ouyre que lentement les portes de la mort aux pécheurs, pour les attendh^ plus longtemps à pénitence : mais enfin le riche meurt ; car les grands biens nous attachent à hi yie , mais ils ne nous rendent pas immortels : il est enseveli, sepukus t droonstance qu'on ne remarque pas dans la mort de Lanre : des honneurs funèbres sont sans doute rendus à sa mémoire ; la pompe et la vanité parolssent jusque sur son tombeau i on rehausse par des monuments superbes son néant et ses cendres \ mais son ame toute seule , précipitée sous le poids de ses iniquités , s'est déjà creusé un lieu profond dans l'abtme étemel , sepultus est im infemo. Lazare meurt; son corps abandonné trouve à peine un peu de terre qui lui serve de sépulture : sa fin est sans hoimenr de- Tant les honunes, mais son ame glorieuse est menée en triom^ par tous les esprits célestes dans le sein d'Abraham : Factum est autem ut moreretur mendicus , et portaretur ah angelis in sinum Abrahœ. Le riche meurt ; tout Jérusalem en parle > on loue ses Tertns t on vante sa magnificence t ses amis le pleurent : ses proches, pour se consoler de sa perte , cherchent à éterniser sa mémoire par des titres et des inscriptions. Soins inutiles des hommes ! son nom même n'est pas venu jusqu'à nous t nous ne le connoissons que par ses malheurs : nous sarons seulement de lui qu'A étoit riche, et qu'il est réprouvé : sa naissance, sa tribu , sa famffle , tout cela est anéanti avec lui : car les impies , dit l'Esprit saint, ont péri comme ceux qui n'ont jamais été ; ils sont nés comme s'ils ne l'étoient pas : Perieruntj quasi qui non/uerint; et nati sunt^ quasi non neUi (EccLi., xLiv, 9); Lazare meurt; on ignore même dans Jérusalem sV a vécu : sa mort est obscure comme sa vie : le monde, qui ne Favoit pas même connu, n'a pas de peine à roublier; mais son nom, écrit dans le livre de vie , a mérité d'être conservé aussi dans nos Iiyressaints,et de retentir tous les joursdans ces chaires chrétiennes : Car le corps des Justes est enseveli dans la paix^ et leur nom twra doMM iw#/^#^èrlsf (Bocu.,xuv, l4).EQimnol,lazafeméiirl|
LE MAUVAIS RIGHCL iW
el il est porté par les anges dans le sein d' Abrabam ; le riche meurt , et il est enseveli dans l'enfer : ToQà un partage qni ne changera pins. Insensés que nous sommes ! que nous importe dans quelle situation la main de Dieu nous plaoe pour l'instant rapide que nous pardssons sur la terre? pourquoi n'être pas plus oeci^pés de ce que ^ nous serons pour toujours dans l'éternité? Or, mes Frères , continuons rbistoire de notre Erangile, et examinons toutes les circonstances du supplice que souffre cet infortuné dans le Ueu des tourments.
PremièremenI, à peine se fut-il trouvé , dit Jésus-Christ, dans le lieu de son supplice, qu'il leva les yeux en haut, et vit Abraham et Lazare dans son sein , élevons oculas. Il commence d*abord par lever les yeux : quelle surprise!, c'est-à-dire ^ qiie, pendant toute sa vie, il ne les avoit pas ouverts une seule fois sur le danger 4i son état ; c'est-à-dire , qu'il ne s'étoit môme jamais avisé de se défler que la voie où il marchoit, si sûre eu apparence , et si approu* vée du monde , pût le conduire à la perdition: car les pécheurs déclarés, les âmes entièrement livrées au crime, sentent Uen que leur vie est une vie de réprobation , et ne se calment que dans l'espérance d'en sortir un jour et de mieux vivre $ mais ces âmes indolentes, molles , voluptueuses , dont je parle , qui se défendent des excès et des désordres, elles meurent, d'ordinaire sans avoir su qu'elles ont vécu coupables. Le riche réprouvé voit delwi Lazare dans le sein d*Al»'abam , revêtu de gloire et d'immortalité : première circonstance de son supplice. Ce mendiant, couvert d'ulcàres, qu'il n'avoit pas même daigné autrefois honorer d'un seul de ses regards, est dans le lieu de paix et de rafraîchissement , tandis que lui-même se sent dévoré par les ardeurs éternelles. Quel parallèle alors ! quels désirs de lui avoir ressemblé I quelle secrète rage de ne lui ressembler pas ! 11 voit en même temps toute l'étendue des biens qu'il a perdus , et les maux irréparables qu'il s'est préparés. U regarde cette paix, cette sérénité, ces délices toujours nouvelles, dont» jouit Lazare. Il retombe, d'une manière affreuse^ sur lui-même; et d'un coup d'œil , s'offrent à lui tous ses malheim. Plus déchiré par l'image toujours présente du bonheur dont il est déchu, que par l'horreur des peines qu'il endure , le ciel, dit un Père, le brûla plus que l'enfer (Carysol.).
Oui , mes Frères , c'est ainsi que Dieu ouvrira , pendant loule l'éternité, le sein de sa gloire; qu'il dépliera les deux devant ces millions do réprouvés que sa vengeance aura précipités dans l'abîme { et que là il exposera sans cesse à chaque ibmné, l'objet le plus propre à nourrir sa fureur et augmenter ses peines.
Du fond de ce gouffre ,. vous lèverez peut-être les yeux , conune le réprouvé dans notre Evangile, vous qui m'éooutezf et durant tente la durée des siècles, vous verrez dans le sein 4' Abraham, ce pert sage et pieux , dont k foi et la piété vous avoient to^îcmre
para une simplicité d'esprit et une foiblesse de l'âge : vous rappellerei le» dernières instructions dont il tâcha de redresser tos mav- Tais penchants an Ut de la mort, les marques de tendresse qalî TOUS donna , les yœux mourants qu'il fit pour la conduite de votre vie , en ce dernier moment où sa religion et son amour pour vous sembloientseranimer; et vos dissolutions, vos biens depuis dissipés, vosaflbires ruinées, votre malheur présent, ne s'oflHrontà vous, qu'avec ses remontrances paternéfles , et les exemples de piété qu'il vous avoit donnés.
Tous lèverez encore les yeux, vous qui , dans un état de ven* vage et de désolation , vivez dans les délices , et êtes morte devant Dieu f et du milien des flammes , vous verrez éternellement dans le iéjoiir de la gloire cet époux avec qui vous ne formiez autrefob qu'un même cœur et une même ame, sur les cendres duquel vous répandîtes tant de larmes, et qui , touché de votre fidélité , vous laissa dépositaire de ses biens et de ses enfants , comme de sa tendresse : et cet objet autrefois si cher vous reprochera sans cesse tes inidélités que vous avec depuis faites à sa mémoire, la honte de votre conduite , les biens qu'il vous avoit laissés , pour consoler votre affliction, employés à le déshonorer; et ses enfants mêmes, les gages précieux de son souvenir et de sa tendresse, négligés et sacrifiés à des amours injustes.
Oui , mes Frères , du milieu des Bammes , ces enfants de colère verront dans le sein d'Abraham , pendant tous les siècles , leurs frères , leurs amis , leurs proches , avec qui ils a voient vécu , jouir de la gloire des saints, heureux par la possession du Dieu même qu'ils avoient servi. Ce spectacle tout seul sera la plus désespérante de leurs peines: ils sentiront qu'ils étoientnés pour le même bonheur; que leur cœur étoît fait pour jouir du même Dieu : car la présence d'un bien auquel on n'a jamais eu de droit , ou qu'on n'aime plus, louche moins des malhedl'eux qui en sont privés : ^ais ici un mouvement plus rapide que celui d'un trait décoché par une main puissante, portera leur cgbut vers le Dieu pour qui seri il étoit créé ; et une main invisible le repoussera loin de Ini : ils se sentiront étmiellement déchirés, et parles eflbrts violents que tout leur être fera pour se réunir à leur Créateur, à leur fin, an centre de tous leurs désirs ; et par les chaînes de la justice divine , qui les en arrachera, et qui les liera aux flammes étemelles.
Le Dieu de gloire même , pour augmenter leur désespoir, se montrera à eux plus grand, plus magnifique, s'il étoit possible, qu'il ne parott à ses élus. Il étalera à leurs yeux toute sa majesté , pour réveiller dans leur cœur tous les mouvements les plus vtfs d'un amour inséparaUe de leur être; et sa clémence, sa bonté , sa munificence, les tourmentera plus cruellement, que sa fureur et sa justice. I^ous ne sentons pas ici4ms , mes Frères , la violence éf TiRnour nattir*»! «^ne notre mpi* « pour son l>ipn ; pfirfeque 1rs faux
LE MAUVAIS KlCHfi. kSA,
Mens qtil«oiii«iiTiromient, et ttoe noos pfenoo^pcivr te W^.f éri- UMe, oa l'oeoipeot; oo; U iMlagenl : nais Varna une fob ^paré^: du eorps , ab ! tous cet' Guit6itio> , qui Vabiuoient, s'éTanouironi : U>Q8 ces attathemente élraoscrs périront : eUe ae poarra plos ai* ner qôeMi Diea, paroeqfi'dle. oeomaK^tia plii»i|ae lai d'aimable.: tous sespencbants, toates ses lumières , tous ses désir», tous ses môQYements , toat soo élre se réooîra dans ce.senl amour } toui l'emportera, tout là précipitera^ si je toêe le dire, dans le sein de aon Biep, et le< poids deson iniquité la fera sans cesse retomber sur eUeHDéme t éternellement forcée de prendre l'essor vers le del , èlemellemcDt repoussée rers l'abîme, et pins malheurease de ne pouvoir cesser, d'aimer, que de sentir les effets terribles ée la justice et de la vengeance de 00 qa'eUe aime. ' Quelle afiRreusé destinée ! le sein de la floire sera toujotts ouvert aux yeux de ces infortunés ; sans cesse ils se diront à eux-mêmes t TôilA lë'i^oyaume qpi nous éloit préparé.; voilà le sort qni nous attendoit } véiMi les promesses qui hnis étoient fatlea; iioiUiJeSèt> gneor seul aimable, seul puissant, seul miséricordieux , seul Jm^ ihortel, pour qui nous étions créés; nons 7 avons renenoé pour An songe, pour des plaisirs qui n'ont duré qu'un instanl. JBkl quand nous n'aurions rien à souffirir dans ce séjourd'horreur et.de désespoir, cette perte toute seule poorroit^eUe élre aasea piettrée ? Première cfaroonstanoe que nous rapporte Jésus^rist ^«tour^ ments du ricb^réprouvé t il est malbenrenx par l'image* toejeuss préeeolede In Midté qu'il a perdne.
Mais il est enodre maUieureux par le souvenir des bienafS'fl avolt reçus pendant sa vie s seconde circonstance de son snpplloe. Mon ils,luiditAbftdiam, souvenez-vous des biens que vonsavea reçus pendant roite vie 1 lïiiy reoordare quia rtcepitU bona in §ntd tud. Or, quelle foule de pensées déseqiéranles Abrabamne réridUe-t-^il-pas dansson esprit avec ce souvenir ! l'avanlage d'être descendu d'un peuple saint et d'une race bénie, méprisé $ les pro* messes faites à là postérité d'Abrabam, inutiles pour Ini; lelemple, l'anld , les tiicrifaes, la loi, les instructions des prophètes, les exemples des Justes de la synagogue , tout cda sans fruit pour' son salut ï les Mens même temporels dont il auroit pu se servir pour acheter uhc couronne immortelle, em|^és à flatter un corps des* tiné à b^Aler éternellement: &corv£0re quia recepisti bona imnid îuà! AiuÉi l'aine réprouvée entendra pendaiit toute l'éleraité , au milieu de- Ses tourments, ceUe voik amère : iSbui^eiws-f^iMM du Uensquepotti a^^ezr reçus pmdaut $H)ire m. Rappelés ces jours passés dans l'abondance; celte fbùle d'es4?Iaves attentifs à prévenir m^me vbs souhaits; les distiiicijons publiques, qnr rem avieient fWt passer des momentosi doux et si agréables; om Isleùtsécla* tants, qui vous avoieni attiré l'estime et radmnratien des peuples : recùrdare / sonvenex-voufwn. Oiw»l <ivi]lp1lr«> alom p<««ir r#W^ #mr, M. 1. ' il
4M JEtTDt DE LÀ i)£UXlÈM& SEMAINE.
mm \é éirÉbm éè àb qttll^ 9ifMM B.^ Hn^
nnage de À IHIdIé poMéetènagréiMi^ |il»«^^ taine de si oondilkNi préMle ; eur tèUe est la desdnée de l'adversMft, dé boas gre«fr et nous ttéttrosaw oemmislM yen Je» iriâifM de notre première ttHMtdon, et kt maiheiin «tteàhte * iKrtré coodftkm jpAteente.
Oè n'est lies Mseï; on hd rappellera encore IMsks Mens de la gfWè dont elle a abosé : Ree^rdart quia rrcepisd bamA. Sosvenea- Tottol|oé TOUS étiei entent dca saints, etnèaniniliead^tnfenple fidMé :todsatiet reçu tm» les seoomw d^iM édôeationcbnétf^ je vobsavois donné en fartage nneaHieboniie,«i£anr déCendn par dlMtenses Indînauons « tons Toa momeDta pkesqmavoient M marqués on par qodqne inspiration aearète 4 on par qQdqne^TdQAttMitpidÂlCfqni Tonsrapp^Mtanx Yolesditsafait sje¥oasavois frit MMre dans des drconsUnees si faroraUes à la piélè ». je rmm afob ennrifonné de tant d'obslades contre tos passions, detant de iMiiltélipoiir la Tertn, qu'il TMsenaplns ooAtépOor vonsperdre, qoTA ne TOI» eneût coAlè pour tow sanver ; resondore, aowrenea* maa^nirapiMleitouteslesgraeesdontTOtts aren nbnséaTecfant, dfngnlfldde, et combien il vous étoit dsé d'èfiter.lamÂemr on voua eies tomfeé*
Ak! è^ id qoe l'ease répronTèe, repassant ar tontes imrMr mes dessmtqoe la bonté de IMea lui atoit ménagias^^enlrejMlnfonr eentrc eOe^nénie. Pins elle approfondit son avenl^ensfKit^phia son malbear l'aigrit et la dévore, pins sa rage croH^ el a»gmieM)r et IS'^ dooee oecopation de sendéasqieir est de aebsir.éteBnellement elle^minie. O Dien ! qné vona êtes jnste en punissant )e;pér «heur, puisque vouis le rendes lui^fméme l'instrament le pbsa affra .X de son supplice 1 Seconde droonstance des tourment» de notre tnfoatubé t il est maUieorMx par le souvenir du passé.
. Il est encore malheureux par les peines présenteaqu^il'ettdure.: Cmeior in kdc flammés Je souffre d'exMmes tonrmenla dsos Mile flsmnie. TroisièBfee circonstance de son WÊJSff^i la conter-» mité de sm tonrments avec ses fautes. Jké flammes élenieUea s'a!* taeiient à sa langue voluptueuse $ une soif ardente ledévore; il demandesine goutte d'eau, non pour éteindre , maia pour adonesr l'ardeur vengeresse qui le brûle, et eue kn est refîisée. Au lieu de la ponrpseet du Un qui couvroient autrefois son corps , il est auioard!imi environné d'un Tétement de feu ; en un moi, autant avoilil été dans les plaisirs, autant lui rand-onde tourments. Mous ne savons pas cequllsonifre, mes Frtres; et je neprélends pas anasi vous rexpliquer, ni aflMUir par des peintures vulgairss une image
si eAajanle« mais noqs savons qu'il'crie depuis deux mille ans milieu des flammes : Je souffre d'extrêmes tourments dans ceCle flamme: Cfueiotinkâe flammé. Nous savons qi^ilsonfte ce ipie Toril n'a jamais vn^ ce que l'ordUe n'a jamais entendu, ce qoe res*
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1& MAUVAIS RIGiiË. US
yritd^riMNnme nepeiitocNnprmdre: nom MTonsquedes flunnieB étetndle» aUaméMpar 1a justice divine, soDtattacbécs à son oorps^ et qa'il souffre Umt ce que Dieu lui-même peut faire souffrir à un. coiqMUe^'ilcst intéressé de punir t nous savons que, dans le léjeardertKNnenr et dudéseqpfûir» la victime sera salée avec un feu élwilel, gans cesse conaumée» et renaissant sans cesse desescendrestnpiis savons qu'un ver secret et dévorant, placé de la main de JMen au milieu de son cœnr^ la déchirera durant tous les siédes : nous savons que .ses pleum n^éteindront jamais les flammes qui b consumeront; et que ne pouvant se dévorer eUe-^néme, lc« grincements de dents suppléeront à ce désir affreux : nous savons que, lassée de blasphémer en vain contre TAuleur de son être, sa langue détiendrais pAturedesaprqnre fureur; et que son corps, comme un tison noir et fumant ^ dit le prophète, sera le jouet des esprits inuBoades, dont il avoit été Ta^ile sur la terre : nous savons, enfin, que , émm l'ardeur: de sa peine , elle maudira éternellement le jour qui la ^it naître ,. le sein qui la porta ; qu'elle invoquera la n^ort , et que la mort ne viendra point; et que le désir d*un anéantissement éleniel deviendra la plus douce de ses pensées: nous le savons, et ce ne. sont là que les expressions des livres saints.
Youa BOHsditestouslesjours, mes Frères, avec un air déploraUeibaéeurilé , disoit autrefois saint Chrysostômeaux grands de k«oar,deCoBSiaBtinople, pour vous calmer sur les terreurs d'un avenir, qae. voua voudries voir quelqu'un revenu de l'autre vie, pour V0OS redire ce qui s'y passe (Cbeysost., Gonf. 3 de Laps*)» £b bien.! £oalinuott. cet éloquent évéque , contentes aujourd'hui yotre GUviosHè; écoutez cet infartnné que Jésus-^Christ en rappelle, et qqi vony raconte le détail affreux de ses malheurs et de sa deitinée : c'esl uo prédicateur que llenfer lui-même vous fournit Quand nous vous parlons, nous, des^tpurmeots de l'autre vie: hâas! il faut adoodr nos expressions, de peurde blesser votre fausse déUcatesae : unevérUé qui a épouvanté les césars, oonverli les tjruis, changé l'univers , n'est presque plus destinée aujourd'hui qu'à toucher les âmes simples et vulgaires : ces images dans nos bouches sont écoutées avec dédain, et renvoyées au peuple. Mais ici vous devez en croire on infortuné qui ne tous redit que sa propre infortune, et qui vous ea dit plus par ses cris et son désespoir que par ses paroles. Ypus écoules avec tant d'attention ceux qui, revenus des Iles les plus ékngnées , vous racontent les mœurs et les usages des pays où voua n'irex jamais ; pourquoi n*eatendricz- vous pas aiec plus d'intérêt un malheureux qui vient vous apprendre ce qui se passe dans un lieu d'où loi seul est revenu , et qui sera peut-être votre demeore étemelle?
Mais ses souffrances sont d'autant plus affreuses, qu'on lui fait eomioitre qu'elles ne finfaront point : quatrième drconstaiicedesou Supi^ioeL De plus, lui répond Abraham , iljra un f^rmd oMmê
484 JEUDI D£ LÀ 1>ËUX1ÈMË SEMAINE.
«fUrv pous ei nous y de sorte que ceux qui uou4iroieiU/msmsf^tl*iei vers vous , ne le peuvent , cotmne on ne peut plus venir ici du Heu oU vous êtes.
Ainsi rame réproavèe perce dans tonte la durée des siteles, o( die n'y Yoit point le terme de ses maUieiirs : des peines qoideiveBt finir ne sont jamais sans oonsulaUon , ei l'espérance esl une douce occupation pour les malheureux. Mais ici ^avenir est la plus affreuse de ses pensées t plus elle avance en esprit dans ces espacM Infinis qu'elle voit devant elle, plus il lui reste de chemin à Elire s Tétemlté toute seule est la mesure de ses tourments. Elle Toudroit pouvoir du moins se dérober la pensée de cet avenir terrible; nuds la justice de Dieu lui présente sans cesse cette affireuse image, la force de Tenvisager, de l'examiner, de s'm oocaper, d'en faire le plus cruel de ses supplices : chaque instant est pour oUe un tourment étemel , paroHioe chaque instant n'est que le conunenocment de ses pdnes , et que chaque tourment est pour elle sans espérance. Soullirir des tourments aflrenx , souSrir une éternité 4 chaque moment , soufiHr sans ressource , et recommencer Unis les jours son supplice; telle est la destinée de l'âme malheureuse. Je passe rapi-ï dément sur tontes ees circonstances : il est des vérités qu'il msM d*avoir montrées , qui sont elles-ménies de grandes sources de réflexions, et qu'il (hut laisser développer à ceux qui les écosleot Enfin , le dérèglement de ses frères qui vivoieni encore, oi auxqoéls l'exemple de sa vie molle et voluptueuseavoit paru un modèle k suivre, ol {Mircousèquentélè uneoccasion de chute et de acandaie, Yait la dernière drconstauce de ses peines t Père Aàraham^ s'écrie- '141, envoyez du moins Lazare dtuis la maison de monpère^ €^n qu*H avertisse les cinq frères que fy ai laissés , de peur qu'ils ne viennent eux-mêmes dans ce lieu de tourments i car si quelqu'un ne ressuscite d entre les morts ^ ils ne croiront pas. U soufifre pour les péchés d'aulrni : tous les crimes où ses frtees tombent ' encore , augmentent hi fureur de ses flammes^ parcequ'ils sont une suite de ses scandales , et il demande leur conversion oonune un adoudssemeftit à ses peines.
Ahl mes Frères, combien croyez* vous qull yait d'amcs réprouvées dans renfer, avec lesquelles vous avei vécu autrefois, et qui sont tourmentées pour les fautes on vous ton^bcz tous les jours encore ? Peut-ètre que la personne infortunée qui corrompit la première votre Innocence, crie actuellement dans le lieu de son snppUœ, et fait des instances de rage auprès de son juge, afin qu'il lui soit permis de venir vous montrer ce spectre affreux , qui alluma atitreibb dans votre ame encore pudique dos désirs impurs , dontla licence de vos mœurs n'a été depuis qu'une suite funeste. Peut-être 'que cet Impie, qui vous avoitapprisà douter de la foi de vos pères, 61 qui aTolt gâté votre esprit et votre cœur par des maximes d'ferré- 'flgion ef de lîb^rtinsg^ , lAve 9(k vo\x Anm le f^^jonr de VhotT«*»r rf
LE MAUVAIS RICHE. , 4jp5^
4p désespoir, et, détrompé trop tard, demande de Tonir voud détromper loi-méme, et adoucir ses tourments en corrigeant votrb incrédulité. Peut-être que cet écrivain profane et lascif, dont les œuvres fatales à la pudeur font tous les jours sur votre innocence des impressions si dangereuses, pousse dans les flammes des cris aOhreux , et sollicite en vain que quelque compagnon de son supplice vienne vous informer des malheurs de sa destinée. Peut-être que rinventcur de ces spectacles criminels, où vous coures avec tant dt fureur, sentant croître la rigueur de ses peines , à mesure que lei fruits dangereux et irréparables de son art portent un nouveau poison dans vos âmes, peut-être qn1l fait monter ses rugissements jusqu*au sein d'Abrahiam , pour obtenir qu*il puisse lui-même, avec son cadavre hideux et dévoré des feux éternels, venir parottre sur ces théâtres inf&mcs que sa main éleva autrefois , et corriger par reflhroi de ce nouveau spectacle, le danger de ceux qui lui doivent leur naissance, et auxquels il doit lui-même son étemelle infortune.
Mais quelle réponse fait-on du sein d'Abraham i toutes ces âmes réprouvées? que vous avez Moïse et les prophètes, et de plus les pnkxîptes de Jésus-Christ ; et que si les véritésuies Ecritures pe vous corrigent pas, eu vain un mort ressusciteroit pour vous convertir, et que ce spectacle vous laisseroit encore incrédule. Habent Moysen et prophttas. Si Moysen et prophetas non audiunt , neque si quis car moHuis resurrexerit , credent. Vous croyez qu*un miracle , qu*un mort ressuscité, qu'un ange qui viendroit vous parler de la part de Dieu, vous feroit renoncer au monde et changer de vie; vous le dites tous les jours : vous vous trompez, mes Frères : vous trouveriez encore des raisons de douter ; votre cœur corrompu trouveroit encore des prétextes pour se défendre contre révidence de la vérité. Les miracles de Jésus-Christ ne corrigeoient pas Thypocrisie des pharisiens , ni Tincrédulité des saducéens : ils en dcvenoient plus inexcusables; mais ils n'en étoiont pas plus Qdéles. Le plus grand miracle de la religion , c'est la sublimité de sa doctrine, c'est la sainteté de sa morale , c'est la magniGoence et la divinité de nos Ecritures « si vous n'en êtes pas toodbé, édairé, change, UmiC le reste seroit inutile. Habent Mojrsen et prophetas. Si Moysen M prophetas non audiunt , neque si quis ex mortuis resurrexeni , credeni.
Lisez-les donc, ces livres saints, mes Frères ; commencez par-U toutes vos journées, et par-là finissez-les toutes, puisque c'est le aeul expédieqt que nous propose aujourd'hui Jésus-Christ, pour éviter la destinée du réprouvé de notre Evangile. Hélas! mes Frères , si vous méditiez ces livres divins , nous n'aurions pas befoin de venfar prouver qu'une vie mondaine, voluptueuse, exempte «même de désordres, est une vie criminelle et digne de l'enfer : nomi oe serions pas obligés de vous apprendre que le royaume du ciel souffre violence} que ne pas se renoncer sans cesse soi-méme« cher*
têt VENDREDI DE LA DEUXIEME SEMADIB.
cher M consolation en ce monde, n'en pas nier couine si Ton n'en naoit point, ne rirre qne poor son corps, c'est perdre son ame et n'être pas disciple de Jésus-Cfarist : ce sont là les yérités les jrins amples et les plus fomilières de rEvangile^ les premiers fondements de la doctrine dn saint.
Et au fond, dans qndqae état d'opulence et de prospèrfté qoe TOUS soyei né , comme notre riche réprouvé, les jours de notre pèlerinage sont-Os assez longs , ou pour vous lirrer tranquillement aux plaisirs qui vous environnent , ou pour tous laisser alarmer par les devoirs pénibles qui vous assurent une meilleure destinée? Noos paroissons un instant sur la terre, et en un din d^œil tout s'évanouit devant nous; et nous rentrons dans les abîmes de Téternilé. Quelle impression peuvent donc faire sur nos cœurs des plaisirs qui vont flnir emain, et qui ne nous laissent rien de plus réel que le regret d en avoir joui? Quoi ! si , pendant une longue vie, vous ne deviez avoir d'agréable qu'un seul songe, et que tout le reste de vos jours fût destiné à expier, par des tourments indicibles, le plaisir de cette courte rêverie, votre sort vous parottroit-il si digne d*envie? Telle est cependant votre destinée, dît saint ChrysostOme, vous qui vivez dans les délices, et dans' IViobli de Dieu i vous ressemblez à un homme qui songe qu'il est heureux , et qui , après le plaisir de cette courte rêverie, s'éveille au son d'une voix terrible, voit avec surprise, s'évanouir ce vain fantôme de félicité, qui amusoit ses sens assoupis, tout s'anéantir autour de lui, tout disparokre à ses yeux» et un abtme étemel s'ouvrir, oà des flammes vengeresses vont punir, durant l'éternité, l'erreur fbgftive d'un songe agréable. Méditez ces vérités saintes, mes Frères s apprenez quelle est l'espérance et quels sont les devoirs de votre vocation, afin que, méprisant tout ce qui doit passer, vous ne payiez jamais de vue les biens immuables, jiind soii-il,
SERMON P6uâ LE VSNDRBDl DE LA DSOXIÈBfE SBMAIHB DE GAIB^ME
nom 9i0€fJo Uumrwtè.
U s*eD dU dâDi aa pajf étranger fort éMgDé, 0* H dWpa tant son Mtar «I eieèi M eo délMiidMB. ( Luc, XV, la. )
La parabole du prodigue pénitent est un des traits de toélell» criture des plus consolants pour les pécheurs ; et, ooDune je ma propose aujourd'hui de vous en exposer toutes les etroenataneai, il me parott nécessaire de vous en rapporter d'abord i'occaaioii.