L'ENFANT PRODIGUE. 49I
le poids des charges poblîqaes. Les enfants d'Uéli obligent lis foDctions dû sacerdoce. La remme de Babylone, ^ate plragée dai|s les délices, dit dans son ccBur : Je ne veux plus que me taire adorer; tl n'y aura plus ni soin, ni embarras . ni chagrins qui m'occupent : Sedeo régula^,., et luctiun non i^idebo ( Apoc., xvui, 7J. Ia femme dont il est parlé dans les Proverbes , ne peut se soufirir dans l'enceinte d^une famille; le sérieux d'un domestique lui devient insiq^ portable : Nec yalensin dotno confisterepedilfussuh^Pxoy.^ vu, 11 ). Delà onsefait des occupations qui tontesne tendent <pi'i noorrir la volupté , des speclades profanes , dés lectures pernicieuses, dis harmonies lasciveSi despeinturesdMcènes. Uérode ne trouve plus do plaisirs que dans les danses et dans les festins. Salomcu inultiplie les concerts, et son palais retentit de toutes parts de chants de volupté et de réjouissance, Manassès met dans le temple même du Seigneur les images de ses infâmes plaisirs. C'est le caractère de. cette passion, de remplir le cœur tout entier : on ne peut plus s'opcaper que d'dle; on en est possédé, enivré; on la retrouve partool; loot en retrace les funestes images; tout en réveille les injustes désirs; le monde, la solitude, la présence, l'éloigiiement , les objets les plus indiflKrents, les occupations les plus sénenses, le tem|de sàfant bûmême, les autek sacrés^ les mystères terribles en rappellent le.80i|ivenir; et tout devient impur, comme dit TApùtre, a ôelu.qniest déjà impur lui-même : Peregri profectus est in regionem- longiwquant. Regardez derrière vous, ame infidèle ; rappelez ces premiers sentiments de pudeur et de v^ertu avec lesquels vous étiez née; et voyez tout le chemin que vous avez fait dans la voie de l'iniquité, depuis le jour fatal que ce vice honteux souilla votre cosur, et oooibiea dqmis vous vous êtes éloignée de Yotre Dieu : Peregrè prqfectut est in regionem longinquam.
Mais s'il n'est point de vice qui éloigne plus une ame de Dieu, il n'en est point, en second lien, qui laisse moins de ressource pour rerenir à lui, quand une fois on s'en est éloigné; second caractère de cette passion, et seconde droonstance des égarements du prodigue. H dissipa tout son bien en débauches , dit Jésns^hrist ; et après
Îu'il eut tout dissipé, il arriva une grande lamine en ce pays-là: lissipavii substantiam suons vù^endo luxuriose. 11 dissipa tous ses biens ; les biens de la grâce, les biens de la nature.
La perte de la grâce estle firuit ordinaire de tout péché qui tua rame ; mais celui-ci va plus loin s non seulement il prive le pécheur de cette justice qui le rendoit agréable à Dieu; il va tarir les dons de l'Esprit saint jusque dans leur source. La foi, ce fondement de loua les dons, cette base de l'être chrétien^ ne tarde pas à être ren- Tersée dans le cceur du pécheur impudique, lln'y a pas loin de la disMiution à rimpiétè. Pour se calmer sur les suites d'une vie déxéglée, on s'est UentM persuadé que tout meurt avec le corps; on nfentrtt inrmi^k jïïTic delà croyance commune si gênant pour la
492 VENDREDI DE lA DEUXIÈftlE SEMAINE.
Tolapté ; on s'est bientôt fait des maximes dans le lîtMaiiaage t on tt'éloit d'abord dissoto que par foiblesse, on le deTîent par réflexion et par principe : les plaisirs qui se font acheter par des remords, coûtent trop; on yent jouir tranquillement de ses crimes; on cherche dans les Hyrps les plus monstrueux, et dans les sociétés Les phis impies, deqnoi se rassurer contre les préjugés do l'éducation : on iuTente de nourelles impiétés pour achever de s^endurcîr: eomme on ne se propose plus d'autre félicité que celle des bêles, on n*attend plus aussi d'autre fln au delà du tombeau; et le même plaisir qui corrompt le cœur, a bientôt corrompu jusqu'aux premiers principes- de la foi : Dissipatde substantiam suant vivendo iuxttriosh.
Non-seulement les biens de la grâce sont dissipés, mais encore les biens de la nature. Tous aviez reçu en naissant une ame si podique, un goût si tendre et si retenu sur la pudeur, une délica- ' tesse si noble sur la gloire : le ciel avoit pris plaisir, ce semble, de TOUS former pour la vertu , et de mettre en vous mille ressources et mille lions pour vous attacher au devoir: et ces bafriéres heureuses iiiue la nature elle-même avoit opposées à vos dérèglements, ' une injuste passion les a fïranchies ; et cette pudeur que la naissance vous avoit djunée, n'est plus qu'une foiblesse indigne, que nul frein nesauroit arrêter : et tout le fruit que vous en avez retiré a été d'aller plus loin , et de garder moins de mesures qu'un antre, dés 'que cette première digue a été ôtée : DîssîpatfU substantiam suam 'çtî^endo ûijcuriash.
Les biens de la nature. Tous étiez né doux, égal, accessible: TOUS aviez eu pour partage un cœnr simple et sincère ; une candeur d*ame, une sérénité d*humeur qui offroient mille dfspositlDns favotMcs à la sincérité chrétienne, et à la paix d'une conscience pure : et depuis que cette passion funeste a corrompu votre cœur , depuis que ce feu impur est entré dans votre ame, on ne tous reconnott plus : vous êtes semblable, dit saint Jude, à une mer toujours agitée des flots les plus violents; on vous trouve sombre, bizarre, inquiet, disshnulé; cette sérénité qui venoit de l'innocence, est éteinte; cette égalité qui prenolt sa source dans le calme des passions , n*est plus qu'un fonds Inépuisable d'humeurs et de caprices; cette candeur qui montroit votre ame tout entière, ne laisse plui voir que des pensées noires et cachées ; vous aTez perdu tout ce qui TOUS rendoit aimable devant les hommes, et qui pouToit vous rendre agréable aux yeux de Diru, et l'on cherche tous les jours vousmême dans vous-même : Dissipatât substantiam suam pit^endo Uixuriosè,
Knfin, les biens de la nature. Vous avie^ reçu en naissant des talents heureux : votre jeunesse annonoolt de grandes espérances : on crojoit que tous alliez marcher sur les traces de vos ancêtres, et faire revivre , avec leur nom , leurs dignités et leur glohre : ces
L'fiMPAirr p&oDiGUE. kn
ptXÊûabÊnlnmnéeiaai ce qui fait les grands honmies formoieiil d^ mOle présages flatteors, et aarroient à yosprodies des vues éloignées d'étévation el de fortune : et ces talents , la volnpté les a engloutis; et ces grandes espéranoes, un vice honteux les a ensevelies; et cette gloire naissante a fini par la honte et par Fignominie ; et œt esprit si élevé , si capable des plus grandes dioses, tous Tavei abruti , yous Ta vei employé au succès de vos paasions , et à raflbier sur des plaisirs intames: vous qui , arec desinclinatloiisdff^ férenles, auriei pu servir l'état, devenir une des ressources de lar patrie; que sais-je! honorer votre siècle, et embellir peut-être nos histoires : vous voilà traînant au milieu de vos citoyens les restes d'up mérite éteint; et ne retirant point d'autre fruit de tous les avantages que ia nature avoit pris plaisir de vous prodiguer, que de faire dire de vous : 11 auroit pu parvenir, s'il avoit su se vaincre. O cité fidèle! s'écrie un prophète, née avec tant de droiture et d'équité; oomnent étes*vous devenue une effrontée? La justice hàhi^ toit en vous, et il n'y a maintenant que des crimes; la beauté de votre argent s'est changée en boue, et ia force de votre vin a éég^ néré en la foiUesse de l'eau s DissipavU substandam suam vù^endo
Je ne parle pas id des biens de la fortune qui viennent s*dtÀBMit dans ce gouffre. Hélas! si nous approfondissions I histoire des fis* milles ; si nous allions jusqu'à la source de leur décadence; si nous voulions fouiller dans les cendres de ces grands noms, dont les titres et les biens ont passé en des mains étrangères; si nous remontions jusqu'à celui de leurs ancêtres qui donna le premier branle à l'inlbrtune de sa postérité , nous en trouvions l'origine dans la passion dont je parle : nous verrions les excès d'un voluptueux à la této de celte longue suite de malheura qui ont affligé ses descendants. Et sans en chercher des exemples dans les temps qui nous ont précédés, combien de grands noms, lombes presque dans l'oubli, expient aujourd'hui à nos yeux les égarements de ce vice I combien de maisons , à demi éteintes , voient tous les jours finir dans les débauches et daiss hi santé ruinée d'un emporté toute l'espérance de leur postérité, et toute la gloire des titres qu'une longue suite de siècles a voient amassés sur leur tète, et qui a voient coûté tant de sang et de travaux à la vertu do leure ancêtres t DUsipai^it subêiandam Êuam inyendo luxurioset C'est ainsi , 6 mon Dieu ! que vous punisse! les pécheurs parleurs passions mêmes; et que vous tracei dans la décadence des choses humaines , et dans les malheurs et les révolutions sensibles des noms et des fortunes , les supplices éternels que vous préparez aux âmes impures.
Mab, en Uroisiéme lieu, ce n'est pas seulement par la dissipation des biens de la nature et de la graoe que ce vice honteux devient k BOpplieedupedieurfanpudique; clest principalement par les troubles, les remords, les agîtalîons quMl laisse au fond de son ame: troi-
i^^ VENDREDI DE U £>£UXlÊM£iSËMAlMi.
«Mqie caimttèr» di tice dont indus t^ailoBS^ et trohièÉ> «ts^liçet^ 4e» iÈg«repMQ(8 da prodigiie. ^/^/iw quHl eut tout disÊtpé, ooptinoe MmrCbriBi ^. il anriifa une grande fammen cepays-ià. Et il CQnlm^nfÇa lui tmétneà tojnbereunieenitéi Et (psecopÂr laycre. YoSk eonum ce Ttœ rend le pMieiir kiMipportidiileà lui-4Béne, kmqnMorlaMe par fe fonds d'inquiéladequ'il laiése dansla consdeiM» iiiipnre« Je «ait que' le Irouble înlérieiir est la peine de foiti pécbà qal tue famé; que le crime n'est jamais traiiqaiUe ; etqoela région 4e L'inicpiité est lonjours nn triste ibèàtre delà faim et de la pkis aibense indigence •^Facta est fumet valida in regione illd. -Mais il y a dawle vice dont je parie^ jene sais qooi de si opposé à l'eSLoel* lence de la raison , à la dignité de notre natwe, qui fait que le pé-. chewse reprodie sansccaseftloi-mème sa propre CoîMease, et ^'il roiigit en secnet de ne powFoir secouer le joug qui L'aocaUe. Td est le caractère de ce Tîce^ de laisser dans le cœiir un fonds de tristesse qui le mine, qui le suit partout, qui répand uoeamertnme aecpèle sor tousses j^aisirs : lecbarmefnit et s'envole ;.la conscience impure ne peutplus se fuir elle-même : on se lasse .de -ses tconUes, et on n'a pas Ja force de les Gnir :.oà se dégoûte da soimême, et on n'ose changer : on Youdroit pouvoir fuir son pnyre pmtr, et on . se retrouTe. perlout i on eoyie .la destinée de ces pécheva. endurcis qu'on voit tranquilles daos le crime, et on ne peut IMirrenir à c^te affreuse tranquilli^ ; on essaie de secouci* le îong ide 1b foi , et on a d'abord plus d'bonr^ de cet essai , que du crime même : enfin, lesi plaisirs que Tou goûte ne sont que des iostanls jfHpUle^ et fugitifs ; les remords cruels forment comme. Vétat durable fil le kiwis de toute la vie crimindlie ; Et ipse capit egem- . jmupportaUe , secondement , par les dégoûls, les jalouses , les fureurs, les contraintes, les tesyeurs , les tristes, événements ins^ par^bles de cette passion : oq a tput à craindre du côté de la repu* lation etde.la.gloire:il faut acheter le plalsirinjuste an prix des mesures le^ plus gênantes i ou si une seule vient à manquer» tout est jwnlu. : il faut soptenir les discours publics, et les murmures do- UicstHpies ; soiit^nir les caprices, les inégalités , les mépris, la perfidie pent-être de l'objetqui vous captive ; soutenir vosdevoîrs, vos bienséances» vos intérêts, toujours incompatiblesavec vos plaisirs; se soutenir soi-même contre soi-mêine. Ah ! les commencements de la p%pion n'offrei\t rien que de riant et d'agréable s.les premiers im que l'on fait dans )a yçie de l'iniq^dt^ , on ne marche que sur desi fleurs : les premiéresfnreursdecf^vîce^rtoQteuivrentla raison et ne lui laissent pas le loisir de sentir toute sa misère : lesAdées qu'on se fait alors de la passion sont encore nobles et flatteuses ; le langage répond aux idées f on ne l'annonce mutuellement que par Téiévation des sentiments, la bonté ducœur> la discrétion, l'faon*n^ur, lu bpwe foi, la distinction du mérite^ la destinée des penchants ; tout flatte encore alors la vanité. Mais les suites, dit FEsprit
/V««PAJm«QPIQïW.: m
de pieu, en raift toivoqrsaiii^reB «pqmieraMttlbe i mefela mmIm wi pea rofreidie;. m^is le plais^t îiÛP>^ approfi^ndi ; naisleB pn* miers ^rds «ffoiUU par lafamaiarité et le long Mage^mafs lava* nifé détrompée par toat oe que la passion a de plus honteux • ahi viepn^nt >es bnnHp 448agréable9, ks murmares piibUc9, leadiaaensiaot dk^nlfistig^^, de^ affaires niinées» des ét^^ ke sofipçoBS . les jalousies, les dégoAts, les infidélités , les forem i que Tou^ reste-t-îl akrs , ame infldèie, que dea reloars affma an» T09i»4Déme} qu'uu.poids d'stfueriume.sQr votre cœur; qu'âne bonla leci^te de Yotré foiblesse ; qpe des regreU de n'avoir pas auÎTi des conseils plus sages i que des réflexions Iristes sur tout oa que tous pouviez vous promettre de repos, de gloire, de bonheur dw k dof voir et dans Tinnocence? et avez-vous pu réussir jusques. îd Avoua calmer, et à vous faire une coascienoe tranquille dana le cisiiaesLfik ipsecmpitegere?
Insupportable, troisièmement, par lesnouveauxdesirs.quece vies allume sans cesse dans le cœur : une passion natt des cendres d'une autre passion : un désir satisfait fait naître un nouveau deiîr :oii est dégoûté et on n'est pas rassasié. C'est le caractère de celte infortunés passion, dit l'Apôtre, d'être insatiable : fnsatùi,biUsdeIicii,,On ne sait plus se prescrpre de bornes dans la honteuse volupté ; les eoH porten^entf les plus monstrueux ne peuvent encore saUsEaire lafà* reur d'une ame impure ^ la débauche la plus immodérée laisaa encore quelque chose à desnrer au dérèglement de» sens ^ on cheDCht avidement de nouveaux crimes dan? le crime mépuei on fimae, comme le prodigue, des désirs plus honteux , et qui vont, encore plus loin que les actions mêmes : çupiebai ûnplere venirem de$i^ liquis quasporci manducabant. Toute sorte de joug révolte et devient insupportable : la seule gépe des réflexions inaéparableade U condition humaine déplaît et faUgue; on ya jusqu'à envier la eoiln dition des bétes : çupiebai împlere i^entrem de ailiqms quas porei manducabant f on trouve leur sort plus heureux que eehtt de l'homme, parceque rien ne traverse leur instinct brutal ; que nion-^ neur, le devoir, les réflexions» les bienséances ne troublent jamais leurs pljsisirs; et qu'un pencbantaveugle est le seul devoir qui lee conduit, est la seule loi qui le9 gfiiieiscupiebat implere t^entremJé êiiiçiùs quasporci manîducabant^ Mon Dieu! et un souhait si im* pie, si extravagant, si honteux à toute la nature, si sacrilège dant la bouche dp chrétien surtout,, qui a l'honneur d'être membre de votre Fils, retentit tous les jours sur des théâtres infâmes, etann bdlit même les expressions d'une poésie lascive ! O. mon pen|de 1 dit le Seigneur, qui. vous a donc enivré de ce vin de fdmicatien? qui a diangé mon héritage en hi retraite des eqirita ionnondes, et Uvié Jérusalem à tous les excès des nations ?
Insupportable, en quatrième lieu , si j'osois le dire Id, par lea tristes cuites du dèréglement^qui font presque toujours expier dana
«M VENDREDI Dë LA TfEUXÎSMA SEMAINE.
^Mmnri» dttirgè de AMdeaAlà honte des passions dn premier àg6^ traîner des jours languissants et malheoreax, et sentir tons les BMDiênls de la vie Tnsage indigne qu'on en a fait t JEt ijfse cœpk
£Blbi, fl n'est pas de Tiee qui rende le péebeur plus Til et |dus méprisable aux yeux des antres hommes : dernière circonstance des excds du prodigue, et demi^ caractère de cette passion. 11 tomba éans un a?iHssement qu'on ne peut lire sans horreur : il se mit ati service d'an des haMtâniB du pays t U fut euToyé k sa maison des champs poMor y garder des pourceaux ; et là fl eùtsouhaité de se rassasier des glands que ces sales animaux mangeoient, et personne m lui €tt donnoit. Quelies images ! et qu'elles sont propres à peindre toute la honte et toute IMudignité du vice dont nous parlons I
Oui, mes Frères, en vain le monde a donné des noms spécieux à cette passion honteuse; en vain un tisage insensé et déplorable a tiÉché do TennoUir par la pompe des théâtres, par Tappareil des spectacles, par la délicatesse de sentiments, et par tout l'art d'une poésie lasdve; en vain des écrivains profanes proÉfituent leurs plumes, lenfs talents, à des apologies criminellies de ce vice : les louai%es qu'on lui A>nne n'ont rien de plus réel que les sbénes ellesmêmes ou on les débité : sur des théâtres fabuleux , c'est la passion des héros; c'est la foiblesse des grandes âmes : au sorth* de là, c'està-dire dans la vérité et la réalité des choses , dans la conduite ordinaire de la vie, c'est on avilissement qui déshonore l'homme et le chrétien; c'est une tache qui flétrit les plus grandes actions, et qui jette on nuage sur la plus belle vie du monde ; c'est une basses^ , qui , loin de nous approcher des héros, nous confond avec les bétes. Et en effet, vous qui vous en faites, ce semble, honneur devant les hommes, vondrief-vous qu'on mit au grand jour toutes les fdbhases secrètes, tontes les indignités, toutes les démarches, touf les sentiments insensés, toutes les siiuatiods puériles où celte passion vousa conduit, que VcbïI de Dieu a éclairées , et que sa justice ma* nifestera au jourdeses vengeances?seriéz-vdusfoi^ content de vous* mémo, si cette partie de votre vie si cachée, si honteuse, si difftrente de celle qui parott aux yeux des hommes ; étoît publiée sur les toks, aussi connue que certaines actions d'éckt, qui vous ont peulélre attiré l'estime publique, et passoit avec elles jusqu'à la dermère poslértlé ? O homme ! telle est votre destinée dans vos passons, de n'être jamais de bonne foi avec vous-même. Mon , mes Frères , le monde lui-même, ce monde si corrompu, respéclé la pudeur : il couvre d'une confusion étemelle ceux qui s'en écartent; il en fait le sujet de ses dérisions et de ses censures : il leiir fait sentir, par des distinctions d'oubli et de mépris , l'indignité de leur conduite; c'est-à-dire que, malgré le rang que vous tenet dans le monde, chacun vous dégrade dans son esprit : on vOns dqMMiillé de cette naisstticc, de ces titres, de cet éclat qui vous environne : on ne
L'EJSI?ANT PKODlGUK . 4ȕ
toit de iFou».que .yoii»-ioéi»a, c'eolrà'tfire , la bonté de vo» peu- . diaats: plus vous êtes éleTé, plus oo vous ratisse, piMs.vo» foi- UeMes^puawiit de boiiclie.en boîicbe f.e( pe^i-^lre de siècie ep siéçie daneteâflMkfl publiques; et yotiP.îgflK^pripî^ crpkX àpropprtiôa de votrftgloke i^ISmMniiSmgiorHm <^Vi W^^flÀ99f^ ViV'V.'Pf:^^,
MmXw^A^ffioiWf^ oft^ent pjlii^c^e epofas^a 2 eûe ne tait phia.voiigir,. dit rSfpnt :^iit.; la naissfuioe.^ le caractère , la di-; fiJMlé â. Je^se^e , il n^f^Kjfif^ dç /rein pour une aine asservie à'cotte puMCin. déiplgrable. Il faut se prêter aux suites de sa destinée : inâis eiifirt.4'wearactàre sacré; D^importéimaïs on est d^onrangoù ttutesl reoiaiqnéi 90 iM^peut paa : maison porte un habit qiii an* noicete vertu et qui inspire la retenue; o^ né se voit plus soi-même : maiaoïi est d'an sexe où le seul soaj)çon est une taché, et où tout k mérite f&ft. attaché à la pudeur ; on s*^en fait un de J'impudepce 1' mvds 1q public .en murmure; la passion parle encore plus hauts mais cpi époux éclate^ et cette dissension domestiqué TabientÀl devenir la nmvellf) publique; il n'y a plus dans le monde^ pour une personne prévenue de cette malheureuse passion, que l'objet criminel qui l'inspire; toot le reste de la terre n*est compté pour rien : ^.ul ce qui se passe dans le reste du monde , ou ne le \QitjdttS; on ne voit plus, on ne vit plus que pour sa passion, et comme slî n'j avoit sur la terre que robjet infortuné toutscul qui ^i'allume. Ouvres les jeux, ame infidèle! voyez lou^ li^ rej(avdsattei^^ifssiir vous; vos passions devenues la Table publique; v^trenoin ^éveillant partout l'image ^de votre opprobres voyez un instant le mfmde tel qu'il est à votre é^rd. et dans quelle situation , vous êtes ftflrmi les hommes : Et nrnit illum in çillam, ùt pasceret .jgorcçs.
Voilà, mes Frères, dans les égarements du pécheur de notre parabole , les suites funestes d'un vice que saint Paul défendoit même
.autrefois aux chrétiens de nommer ; et dont nous ne devrions jamais, Ji'pluB forte raison, venir vous entretenir dans ie lieu saint, où l'Agneau sans tache s'immole sans cesse , et dans des chaires chré-
,. tiennes destinées à vous annoncer la loi chaste du Seigneur et lesparoles de la vie éternelle.
Hélas \ dans o^ temps heureux on la chasteté avoit encore ses martyrs ; on les tyrans croypient punir plus rigoureusement les vierges chrétiennes par la perte de cette vertu , que par la perte mêiae de leur vie, la chaire chrétienne n'étoit destinée qu'à faire des éloges de la pudeur. Les premiers pasteurs , les Cyprien , les Ambndse, les Augustin, n'étoient occupés qu'à encourager, devant
.l'assemblée des fidèles, les vierges innocentes , en leur exposant
' ji'excellencc et les avantages de leur état ; et dans les monuments précieux de leur zèle et de leur science, qui sont venus jusqu'à nous, nous y trouvons bien plus d'éloges de la sainte viivinité , que
498 VENDREDI DE lA DEUXIÈME SEMAINE.
dlntedives oodtreles iaqpoJNqiim, telomcsteon, te aduUèraS) tf rares alors parmi tefidèlés.
Mais aujoardliai oè ce fU» a Medé tons les âges , toois l^seaus A foates les oondHions; att}oiird*liiii oftilaeffiicèdaAriitiaÉismff ces premiers lïaits de pudeur, qui distingpaDièat ueepëMS ^is-iia* tions corrompaes et penrerses; aujourd'hui, enfin , où' la licence publique el h force des exemples entr^rennent de lui 4Mer ailme ce qui lui reste encore de honteux t ah! il faut que nous levions ta ydx; que nous ne rougissions phis de ^vous^intèrdire ceque tous faites presqqe gloire de vous permettre; ^ que nous tous dlstoiia, avec la lit>erté sainte de notre ministère, qnè si queiqa\in séfuOle «t profane le temple de Dieu dans son propre corps , Dieu lé j^erdi».
Telles sont les amertumes, l'indignité, la servitude, l'oppioliM^ les ftireurs et les troubles que cette passion traîne api^ eile4néniB dèà cette vie. Je ne dis rien des ardeurs éternelles qui lui sont destinées } j'aime bien mieux vous en exposei* les remèdes que les chltSments , et vous montrer dans le retour du prodigue versf le père de famille, les moyens, les motifs et Fimage de votre pénitence.
MCONM ^Aani.
Ce ne seroit pas assez de vous avoir exposé dans les excès de l'en* tant prodigue , l'image des dérèglements et des malheurs ëmt pédieur voluptueux ; il faut vous proposer dans sa conversion le niOdèle ei, les Qonsdations de sa pénitence. En effet , mes ftète^ , il trouve , en revenant à la maison du père de famiDle, tout ce qu'il avoit perdu dans ses égarements : son repentir répare toutes les suites de ses désordres; et les mêmes démarches quil avoit faites pour suivre des voies injustes deviennent comme le modèle'de celles qu*ii fait pour eu sortir. Suivons l'histoire de notre ËvangUe, et nous allons remarquer toutes ces circonstances.
Le premier caractère de sa passion déplorable aroit été de mettre comme un abtme entre lui et la grâce , par les ténèbres qu'elle avoit répandues sur son esprit, par un dégoût aSireux des choses du del, par l'asservissement des sens à l'empiré de la volupté : Peregre prqfectus est in regionem longinquam. Or la première démarche de sa pénitence éloigne tous ces obstacles.
Premièrement, elle lui ouvre les yeux sur l'état honteux oà k passion Ta voit réduit ; elle le fait rentrer en lui-même : In se auiem reifcrsus. Le charme qui le fasdnoit tombe tout d'un coup; il est effrayé de se retrouver lui-même tel qu'il est, couvert d'opprobre , confondu avec les plus vils animaux, partageant avec eux leurs plaisirs et leur nourriture : ah! c'est alors que toutes les idées fausses et flatteuses sous lesquelles il s'éloit jusque-là représenté la passion s'évanouissent. Cette prétendue constance,, cette bonté de cœur, cette noblesse de sentiments, cette tendresse née avec nous, cette destinée des penchants , vaines expressions «dont la corruption
UBNFAIVT PAODIGUEL ' kW
-Holi&.éBf ooEnrrir la bmte da Yiœ ; e'est alort que tout cela chaoïe de. nom à iet yeox : il n'y voit plut qa'im emportemenl booleux ; qtie k dépràTation d^iiD cceor livré par la justice de Dieu à ses
• propres désors; qu'un avilisfiemeal qui le courre de oonfasîûa t rfl ne se resBordo pbis que comme le rebut de sou peuple , la boule
deiah relig^, l'opprobre derbumànité, un rnoostrescurqui le Père eèkste uederroit plus jeter les yeux que potor le frapper, et coêeTelir dans rabtme sa personne et son ignominie i /a «e aui^m
. £t e'esl ici.où ce pécheur, loudié el d^a éclairé , rappelle avec . des larmes deceniponetion» qui commenoent ajouter de sesyenx, . eblte première saison de sa vie où il vivoil encore dans rinnocenee , :fiù, élevé sous Iîbs yeux du père de famille, il gofttoit encore les -idouioHirs et Tabondanee de sa maison : il compare la candeur et la tranquillité de ses premières mosurs, avec les chagrius et les amer- . tonea des passions qui leur ont succédé i il voit qu'il n'y a eu .■4np!pprepx dans toute sa vie que ces premières années, on son
• cawry enoMre calme et innocent , n'avoit pas éprouvé les troubles ->et les inquiétudes cruelles des engagements i^^anes ; que ses joies . alors étoient pures , ses désirs réglés et tranquilles , ses mœurs orr
dopnéea et douces \ que tous les malheurs ont fondu sur lui avec
- les étînoeUes impures qui allumèrent son cosur^ et que depuis ce
- ttomeHt fatal, ses jours n'ont plus été marqués qiie pfur de noirs cbagriiil; sa yie. toujours ^tée et inquiète} ses.plaisûrs même trj^el sombres & /• se autem revenus.
Mida^ en second lieu , si ses ténèbres se dissipent , scm dégoût affreux pour les choses du ciel se change en nu saint désir de la vertu et de la justice. Combien de setvUeurs dans la maison dé jmonpèro ont du pain en abondance ^ et je suis ici à mourir de /aim I An lieu qu'autrefois la seule idée de la règle et de la vertu le faîscdt flrémîr ; la seule présence des gens de taen le fatiguoit; la Muto vue de la maison du père de famille lui étoit insupportable ; il cçnmiwice à envier la destinée de ses serviteurs, de ces âmes iidéles qui lui sont attachées : U la compare à la sienne; leur abondance, ils faim qm le dévore; la décence de leur situation, àl'opprobre de sou état; leur tranquillité , à ses inquiétudes ; l'estime où ila vivent parmi les hommes , au mépris honteux où il est tombe. Plus il examine la condition des gens de bien , plus son état lui parolt insupportable. Quoi 1 se dit-il alors à luinnéme , tandis que tapt d'ames fidèles jouissent des avantages delà maison paternelle, des secours de la religion , des consolations secrètes de la grâce, de l'estime même des hommes ; qu'elles mangent le pain des enfants , ni espèrent de n'être pas exclues de l'hMtage ; je me vois id vn proie i des passions honteuses, d^oftté, décUré, tyrannisé par wuaa pnyre coniri vivant sans consolation, sans honneur métiie devant les hommes! Eh! jusques i quand une injuste toiblch.e
600 VENDREDI DB LA DEUXlî^UtË SEMAINE Ivévaudra^t-dlesiiriDoa iftpoB, mr mes UnSéses , mr nesnécl-
tables wléréit) et Mr ma dastinéè éleroelk 1 Qtuuui^mMroenaru in d^mopairù mn abundaui panibus^ êgo uêtUm ÉÙGfammpmeoi
Auisi, mes- PMres^ notre heureux pénili*nt ^eut i rni«ta«|i en- Irer daw la awitté des Jus et, el gromr le nonibre desaerrileo^ père de Cgmiflie : Fae me sùut uuum de mereenariit tidt. U ne s'ea Heol |Mf i de siaiples souhaiu d*iinit|iUmi ^ comme ea fait tous les jours dans le monde envers les ptraomies dent en est forcé de respecter la Terta. 11 ne se contente pas de dire , qu'elles ont pris le bon parti) qu*H n'y a que cela de aoUdej qu'un est heureux quand on peut leur msnnbler ; que tout le i^MeestMen peu de chose , et qu'on ne désespère pas 4le snivreun jour leur exempia. Vains discours, 6 mon Dieu ! dont on s'abuse soi*méme , et qo'im ne tient que peur calmer les rcfiroches secrets d'une oonsdenos criminelle.
Notre prodigue touché ne renvoie pas à l'avenif : il ne loue pas la vertu, dans la vaine espérance d'en suivre on jour les règles saintes ; il n*exagére pas les malheurs d'une vie criminelle , pour se persuader k tari-méme qu'un jour il en sortira t la véritable douleur perle moins, et agit plus promptement ; il sent que ce moment est pctar lui le moment du salut. Combattu par cesagttations'lnfiiyes, qui partagent le omnr sur le point d'un changc^ieÉt ; par celle vicissitude de pensées qui se défendent et 41ii if aeeusent ; clifiirtohant les ténèbres et la soHtnde pour s'y entretenir plus Iibr6mei]ii:avec lui-même, laissant couler des torrents delarmt^ si«r sônt^age, n'étant plus maître de sa doulenr, babuint les yeux de confusion , et n'oisant plus les lever vers le ciel, dtyà 11 aftend néanmoins son salut et sa délivrance : Que tardè-jedtac encore > dit-Il d'Une voix qui ne sort plus qu'avec des soupirs ; qui me retii^t encolhe dans les liens honteux que je respecte? Les plaisirs? ah ! depuis fong-temps 1 n^en est plus pour moi, et mes jours ne sont plus qu'ennui et qu'amertume. Les engagements profanes , et la constance mIRe iMs promise? mais mon cœur m'appartenoll-il pour \é promettre, et de quelle fidélité vais-je me piquer envers des créatures qui n'en ont jamais eu pour moi? Le bruit que mon changement va faire dans le monde? mais pourvu que Dieu l'approuve, qu'importe ce qu'en pi^nseront les hommes? ne faut-il pas que ma pénitence ait pour témoins tous ceux qui l'ont été de mes scandales? et d'ailleurs que puis-je craindre du public , après le mépris et la honte que m'ont attfa*é8 mes désordres ? L'incertitude du pardon? A-faI j'ai un père tendre et miséricordieux ; il ne demande que le retotln* de son enfant , et ma présence seule réveillera toute sa tendresse.
Je me lèverai donc , Surgam; je ferai un effort sur !a honte qtû me retient, et sur ma propre foiblesse : f irai dans sa maison sainte, où il est toujours prêt à recevoir et à écouter les péchetti i cBo ad pairem. Je suis un enfant ingrat, rebelle, dénaturé, liidleftîb de
V / L'EHFANT i^llOmOiUË. «fti
IwrieK'MNt n^m «t tt ert Trai ; W^ U «it cnwqi» non père : i»o ad. pairem. J'irai répâiiitre ^ ftsê^f\fi^.\oa\e ramerlime.lle mon ame; e|.là> Mmf9iimA'9i>li^ 9^^ Vf^ '^ douleur^ je lut dirai : Mon pm^/m itM^ff^iiu^ i^ cUlMd^atu wtaj comre le çid^ par leaeawkileftl la.i|^irêgle«iei4 pubUc de ma conduite : cuatre le del,, par les discours dimpiélé ^ 4é, libertinage que je tennis, pour me («llj^.elinii^llimiijr.dffin» le eripie : contre le ciel, parjceque, qMMM|Dii:!Tilimouil>4cn'ai jamais leivé. les jeux en haut po«r h nogàndat yiet jdq ii^pvenir que ç'étoit là ma patrpe et mon origine : . Q90t«els pMs par l-abns Miteux que j'ai lait de sa lumiâre, et de u»f^ les JQ^Rsqui ont composé le cours de ma vie triste et criminelle s pt^cmd in,ci$li$np #aia ce qui a paru de mêi désordres à la face du avfeil n'MMl.que k eOié Jte plqs supportable ; Us crimes qni a^ont W^qiie V4W4<)ql'POur témoin sont bien plus dignes de votre colère^ j'aî'f^é^ eocnte dey^it vous tpfccavi in cœium ei coràn^M; dovÎm»I «oi^jpar tant d>uyres de téqcbres, que v^ire.œil invisible âriMainieft ffMfmHx devant v^us, par les cirçonslances les. plus kMfteiMsfi et dont le 'Seol souvenir me trouble et me eunfopid ; de* ytiH'Miewi^.^pftr 1 usage indigne des dons et des talents dont vous sii«viea4inrcAdsè9 devant vms epi|ay par tant 4*invUatk»s seo^tes MmonrS'rf j^lé)M V ▼ws qui m-avie^ secouru dès mon enfaqce, et ipii «vii^hMè pMT moi le meilleur de tous les pères ; j'ai été le. plus ingrat et' le ptas dénaturé de tous les enfants iptccwi in eœlum et
^ Qiuffidhangnment, et qud exemple plein de consolation pour les yécbetml la gr^ceibonde où lepécbéavoit abondé. Usemble^ômon Aifla !> qilc vous voiriet être particu'ièrement k père des ingrats, le {bienfaiteur des eoupabtoa, le Dieu des pécheurs^ le oonaelateur des fénUents. Aussi , comme si tous les tifres pompeux qui espriiient ^votregeandenr et vùtve pui:^8anee, n'étoieut paa dignes «la -vous, ;voua voulecqu ou yotis-appdie le Père eks mUénconles el le Dieu ^É&uiç consolation (il. Gob. ,1,3). Non, mon^eber Auditeur, que ràbosidauee de vos tnicprités n'alarme pas votre oonfianoe: le mé« 4ecin céloste se plaît à guérir les manx les phis désespérés ; les pius grands pécheurs sont lea plus dignes de sa piliè et de sa miséritMÔB ï sans doute il a'a permisque vous tembâssies dans ce gouffre, «tspi^H ne manquât phis rien à vos mafiieurs,que pour faire éclater ^ratitageen vitus les rii^hesses et la puissance de sa grâce. Et n'estil pas plus granden* cfiet , lc)rsqu'îl retire Jonas du fond de l'e- •blme, que lorsqu^il ne fait que soutenir Pierre, qui commeaçoit aeclemenC àènftmeer sur les eaux? Si vos péchés sont moulés au .ploa haat'poiiit; ah! voilà peut-être le moment de sa grâce r peut- 'Mre la niisévioonle de Dieu a marqué le premier signai de-ses fawéars par le derniifr degré de vos crimes s Uiut ee quil jr a de phis à cniadra dans nos maux, cfest la défiance du remède. Mais si le pardon aceordè iMr le père de familleà noire pro^Bgue ne
&<« VENDREDI DE LA DfiUXFEME SEMAINE toadie pas assez, da moins que lesoonsolâtkMM^i
sa pénitence adiètent de Taincrevos résistàiioes.
Oui» mes Frères , c'est id la troisHme droottstam» darolow de notre beoreox pénitent t les (hdts de rtniqoilé afoieiit été pour hn amers comme de Tabsinthe, les premières démarebes deaapé^ nttenoe sont suivies de nrfDe consolations.
Premièrement, consolation du cAté des fiMnIUésqif il trooredtttf* la sainte entreprise de son dianfement. Le père ddftottHkiapavQOit son fils <fe loin ; et leT(qr«it foible, exténné, a(;il6, et hors d'état presqoe de se soutenir, il court an-derant de lui. II coori, dit saint Ambroise; il se hâte d^aller ao-derant poôr le soutenir, de panqu'il ne trouve sur son chemin quelque obstacle qui rarréte s Âc^ eurrii ne quis impediat. H hui si peu de didse pour ébnmler unr pécheur dans ce commencement de sa cnrière ? c'M un iMMBoie ^ a été battu long-temps des flots et de l'orage, qui en seiilenBt^ Toit encore tout tourner autour de lui , et est liorsd'éttft de se sou^ tenir, si une main seconrable ne Fempèdie de retomber. Vwm ocet^ sion, un dégoût, un obstacle , tout est capable dors d'éteindre dan0 une ame les premières op^tions de la grâce. Le démon néliie, plus attentif que jamais à ne pas se laisser enlercr des mains une proie qui lui échappe, répand mille nuages sur Tesprit, el n'étn à une ame touchée, que des difficultés insimnontaMesdanssa new velle entreprise s difficultés du côté du monde , quT^e voudroit eu* core ménager ; diiBcultés du côté de ses prétentions et desesespé^ rances humaines, qu'elle craint de perdre ou de reculer ; difficultés du côté de ses liaisons, de ses proches, de ses amiS) de son rang, df sa naissance, de ses emplois, autant de fantômes que le démon réalise, qu'il grossit, qu'il pdnt virement dans l'imagination, qu'il présente sans cesse à Famé timide et irrésolue ; de sorte quu suspendue sourent entre ses frayeurs et ses bons deste, entre ses résolutions et ses déflances, entre ses anciennes erreurs et ses nouvelles lumières, die s'arrête qudqnefois, die délibère , dte se décourage, die recule ; et après avdr supputé long-ten^ps sa dé^ pease et ses forces , sdon le mot de l'Erai^ile , die en demeure là ^ et ne jette pas même les premiers fondements de l'édifice.
Mais que fait dors l'amour toujours attentif du père de famiUef Il court vers son enfant; il se hâte de le soutenir; il le rassura contre ses frayeurs et sa propre foiblesse s il calme ses agUatioiis^ il dissipe ses nuages : Aceurrit ne quis impedùa. Ce n'est pas asseit Il rassemble mille droonstanoes qui lui facilitent toutes ses dé«marches ; Il doigne des occasions on sa foftlesseaurolt pu édiouer ; il renverse les projets qui Fauroient exposé à de nouveaux périls ; fl ménage des événements qui lui devioineut de nouvdks facilités dte rompre ses chaînes i Aecmrlt ne qtds ùnpeduu; tout semble aider cette ame touchée, toutk soutient, tout la favorise; ces montagnes fuMlecHveil vnir devant die, et ne pouvofa* jamaii franchir;, sV
L'Eut ANT PRODIGUE. / M3
flMihMNii oomii»|MMift4DiiMii PtnkMÉnjimtt ow ItifWtttP!)»
dl(pgeÉl t éi les oiMUdeseammCnite «ni ratamoien^ 4pTi«mm|t telMittliadarwptBiitneei^ceitfrîrmfiitf^Â^^ . . .^
ditrien pwitoMroB iM—rchei 4'moe nùnnU^ fie. IL^j^de famô^p É<Mlf «nUcnle pa» de taûlr «iHbf»i|l deaonfllaietiiQaTi i 11 se jette àMfteoo, nrenrimMe^H le^lMig^toiiiCMrpejDi^pdMsid^ àdoQlfjt lendreÉWjMifeiiMBo» aet^fliyeqi» loiit.qicanBattHleiwy 4e4»jdieet*de«i«iMMlri Gf«Mirsii4»er€ofbi«i frii«,«.€(r^)^^ eif.eMfli. 11 Mnx|¥e:iOD filerfaV ateitr iMPdiK^ Pttiemi^ H i^r
cefptf'devi^aHaBer MBlbiiiirai, œ r^wiaie jfk^wçm.MmftJfi 4 aeroilM M^QeMsiuUmvtiilM mit fipiMicriBDicf i ^ei^ Mn*^ » «« wwHM «9/ # il n'e fM onbUé. fa^ e'^ M m ^vb^ iQgnl d vAdlei «lit e'ecl m aoBTenir iB^iiie qui le. Unm^i g wtt te^ne on eofkai qQi étoil aert à 8e» yew s il . N^ «Vlîtt pordti. Geoîi& «i^«r ootffii» ^^ <if otathuui, epaf «voif vMBie leiulre el coasebiite de la joie 411e la eeQVjer8ioii,d[qii aeqjL pèdMnr came dans le dd, et des consolations secrètes qf^^ Siqji ftsl eentirà.DM ame de ces premires dtoarçbe» rte^iKif. retour vers loi 1 Cmdii n^er^oUum ejui^ U ^^çmlaiuâ atf eupk^ ft dé^ misom pstoradle, 4 seiveç ieépnisaUe de bonté» A inisiMioôrdeiy non I)ifni qM'fowieneDl-ildoiie do sslQt de la crèâuiie?/., [»
TiroisièiDeiiient» opoaolatioii da cMé de la psrttdpatkra aQxsaiiM^ mfsItees^doBtooaviiiitsi long-temps vécu priYô perses dér(^l^ amts. l^pèredeCuiiillefiift taerleyeau gras, ilaH^Ile sonOlji Tetireny4, k ce festin céleste s il le nourrit de la viande des ébiSjf Addu€ii(9 tntubim saginaiumi manducûtnus ei tpalemur. Onay^ Téca laiit^'witeMns Sien, sans religion, sans espérance, étoign^ deTaotel et des saerifik», eKdaconweonanatbèoiede rassembUe sa^te, de là sodélé des Justes el de toutes les consolations de ]|i foi i quelle douceur de se retrouTer an pied de Fautel saint avip ses fhàres, nourri du même pain, soutenu de la même yiande^ attendant les mêmes promesses, secouru de leurs prières, fortifié par leurs exemples, animé par Tharmonie des sdnts cantiquei^, qui accompepent la solennité et TalUigresse de ce diyin Imnqaet,! £t eùm venirel^ audivU ^mphoniam ei ckonun.. Ame bpuxeusf|l regrettez*TOUS alors les plaisirs honteux dont ^ grâce yient.40 TOUS dégoàietf yojex-TOua encore dans le monde, oàvoi^iiTfii passé des jours si pleins d^amertume , qijKelqoe chose cpd puisse yoija rappeler à lui, et qui voitt paroisse digne de Totrecosur? et on seul jour passé dans la maison du Seigneur, an pied de rautdsalnii n'esWft pas pins consolant pour vous, que les années entièrespésséfa dans les plabin et dans les assemblées des pécheurs?
SuBui la demiîère cbrconstance des ègarementsdn prodigneayo|l
104 VENDREDI^ DE liA BBUXIÈnK SEMAINE.
«lé lêttéftfb ^ l%yllliiiiMil>l ot il éM(km^(v¥komcùr^h
el d'iDDCiceiM; 'W'iB»t\A>iDtivdoi9t^
4iM,î|(lé M piété fait MbHl^
iéflié, citt «é'urtpttablef imv foir'«iléw4lve^ il'eÉrrifpfeBfe'^lB
iôttv^éfiil^; 4tte (Mm ddnaBr «MUe'pHx moc iraKUqiitvlear>fNM
Yfbtt iMiè aVell9illcMif*r^ild' Mw rétablie Au-tooft tos^aitite le liMrè MifllatioeS éé «M Arei, id^^Mé dignHér^ avHb par nm dfetK^Wtkibs ; ^e Mtte tir» «e M teoii «t . dé^f rdMoMIé ^de v^^^H- %Midiie ; jpcMir iiottBrâdre auk IbniitloàsfttbHfDMst^dlkiiobsV^^ idé'lÉi Bdcfélébfliie t»ttHiiitM8è4éi hmuBtéggbftctiwet idlMOidi^y po» 4iôW tékléir État tomÉMMgtt et IHittirés de notre imgf élnleMâ^ 4Mâ(V'M'dn ihéis an liM <|ue iiMsétfoÉgODiiiaw to jirMi^j 1^ ^^MMëdu'éfelètdeia tmre, ëtte^dod» twd la Jalé'iJMsgiM tfe IMtt; ktottA>lîirtim<la|wé|ei]ravta gMre la religibarvirâtaltMckiàmtéeB'rlMtdtâtîA m épeetaèlè dfgM deir^iigés'VAâg
'' QtelMf^ doneeUoore, iMotsHer Anàitettp^ |MlttrVoti«*Éidlttér t iiitvre ttèt eiefkipler Vdià*err^2 dejMris tottgf^enips, eôoiRièle'pro- 'Agiae,dâta9des<xHitt^'èeranf[éi^ lîviréita iioifte<^lrl*<lmiNilire de, Toé passions t- pourquoi n'Ttisi^ez^Totif dé^toWÉ jéfHr^^As le -irin qoe le Père célestp V«his outre a«ij^)imf Htal aVèe farit de bonté? itfoiisa soùfK^t durant losemporteminifs d'une jmiÉf'Sse di^*égléë; H se pri»inelloit que ces premlcis égarements passés /r%èi f cftpAlienèe, IM grâce, raménen^ient enfln ?olrecœur: ee trttips'est >isnav ^^attendet-fOQs eneorepbar revenir i hii? Les prenilèn déinrdreB de votre vie pft>uvôient troiiv««»leur excuse dans la force itespas^ns et de la liteoeede régo; tuai» k ITienre qu'il est, qu'y ^t41^i pui^ vou^exeuséi'? des années qui s'écoulent, h plus Mie saimr de vôtre vie qui vdus ééhfippè , la jeunesse éteinte, un "Vbagexlétniit, et tôdsr anuonçant fous les jours par scAi changement ^ qn^ est temps enfin dé dianger à votire tour ; le monde tous les Jours liioina agréaUe , parèeque tous les jours vous lui plaisez moins ; tdàt ce <|ui vous environné , ou vous ennuyant par un long usagé, ou "vous faisant entendre en s*éloignant peu i peu de vous, ^11 ne Ant plus compter sur un monde où vous ne servez plua que -"^^m appareil incommode, et qïf il est Insensé de counr encore ' t|nrés ce (fia vous fuit , et de vous obstiner À fuir un Dieu qui court 'M-devàtif de votis : «|u'attendez«votts encore» ** "Bl au torid', quelle vie malheureuse ménèz^voos? sais fol, sans Ifelfgion, sans la consolation des sacrements , sans poùvcfir vbJDis adresser à Died dans vas prières , sans aucune Joie véritable, daps le cœur, lassé' des plaisirs que tous poursuivez , ennuyé d'im monde
: : SOI LlNCKUfSSUMCE j Àt. fO aeal<»f«rti pMTfltir tèta^yéM» MirAmMliÉHiMe^M^^
4M «b MME stMUWS» eÎMflAl ; tMtel'figllM<Mll|Mi dl^tf MfTftMtoil
:IMirft'àJa ^Mtdoœ I voii»«iéin0'itaRi'j élmtiiértiè MK MW^aitll dereligioD , qa'attendez-voiis? Pw^atéÊ-m&^faaiga^^ tjfHVf^^miUùnU^mii rém*f«ctfaii , tôtiiqmNiteèl wIMtI^iio- -■U»» tfBMkvtiut^tni abitlièitoelur ««Mni der^m^èmi' impayé * raidël'ei de»iiaritfoé», Midfe ipiHfo'^itêl|ièreill>i»^ •«fé v«l q|aril0€éHki^0rfMrt:]er»ar do S0^^ ^â^adlèfjoiejpàuirTM^jb^ cter^ÀodlCeiir; «fMMniaAJoatflMii
daetnn» soUite 'dé ^fHnifeticei i si ir<$Q> acMiteM t^qcMfiieliè^^ ^dBiSipa ïok |ri«d»ddqiMd Totift allléfil nmirecè |iMli4*M(rBMè(|«Ii "fowwoAte; fiM»>M8 vo^^ôtti^i^ U tâfttodti F(âirë=<MeBièiidEK loonnBoInMrts 41» «Oftt alMid^ 'donildiW) MiûHj^èÊèk mori^eéii^^irmilMM'.'U^éiêfpëH^^
-Bti/ M Âom^/Qbër^difliM^ ^'«(^iMiM
«Un dMfvtflM imér Les eàntfti^le^ Mëiié^ ded ëlprtU^ iM aûM
■itoar'da MneiM DtcMi , aolamiâiârôDt ce Joor tveérMj; 'i6i sàihlft
jqUsoàt Mf Itf tèive , eo MÉiront ks M(ftMls de W
-^riM Héi bommefl pédiean étit-inâÉé^ édlttirâiûiiit tdtrè ehali^*
^enlVtt-MroiH âmlés par rcfièihiffede i^cWé
3ioii»Vift>o cher Auditeur, Voiitfni{â4i'ioiièti§r4'dé(âloitirs1ri péè^
MlM; éixaiier la (Préparation de tnôii 'Muriel mes YÀttx Hrdents ^paiir leyÉafat deibes frères ; et réjpandre tm ésprirdeebnfpotaèlîon wr tè§ pMiiMrS qtti m'éèoolent, afin que reVeniis 4é Ukré TÔies traitées ; (b tëas^i^otttait prêt à les receler dàiis lé séfD de Totre gloire et devttftMtoiiMnlalité! jiîàsi é^U^a. ' "
iSERMON POUR: LE TBOISIBME Q»lfAlf€BB BB CàllâMI.
. simVncoiisiAiici.iiAmiJavoi9waàuir. ..V, .1-.. • f ItlederflfcrélaC'AMkodiaiedevletttpIreqtielepniiiler. (I^
lA iMraliole de resprit ktopar, qui tetèiifAe dàtisié Kî^'de llMMmie d'oèiotiTafoif dttssé ^ îet réMd son ééniliér éMim^qae k premier, n'ctit , selon satnt ChryMléme , qu'une ptttiieikin en- TriMpppée qoe MUèras^Ciirist an Juifs des malheari quiaHofnit Aniver à Jèrusâfeni. SonicttCraits mystèlfeiUL, fe&UTèlif do ikiotidc
m» TROISifeMB JMMAIfGSIE DE CAfiÊME.
pnHMil knr nnihr TéHt éfgtofiMn iié lu W|riKi
«iiiMf|irkM»,«i#Mrs«tt«^Teàto4élNnrt^4ettfl loir liJMe«aadiM5p»JiéraMl«»MloadMn Ajoutait dMiaMiaft» «IMéft» qa'fliAàkMcMB; w Mivlirtr 4iialrà>fi|{t A'flO», ^tqae
piMédtod'tti «teob, lon«iirtitfi«AiiiélkiwUoil fouie» ki i» pi«iéi te MtfoM^ qa'fltoaudUpUeit ^ Seigneur qui l'aToil velirfe de l^^sypie, tei^M mi priuoe» m»néiMidloiflut«MrifiQrnr te teutaKeu,^ fiuaûiitniJBtMD^ ■MimpliMc»!. cepeutoit je uernhiutowMJ point eu ael état ? Je iMcM d'MrtufBimpbète tueteerfileort «.iRi loi amMMioiMDl wi Toloil^i je Kotti^ les lieiia mA laMtenoieuiicafitiTeii Jklqtteié; je lui imdif le templp et r«ulel niât , M je fhiîiii.le dénoB.impur.qui e'éleit euipûtédemouliArtticeiaiaii pni8i|«e«i^^ roeouimnoettt4MM^ceNe,4|a0toniee meesiiflMoordieeareile ée f^fufriuautkde ueuTdlviiipatUudEu, etqu!iiprteaisDirliBJiaiourir leeauton pri^pbèlui ^ elk TU eua)re combler le i^^ pv le eug4u fil» et de rbèritier, je Tai» la linur euMi k^deecal»* miiëB qufeUe n'ayoit jamai»)4|)rmT^4 se» murs Tout étvedéuioli» pour tpi^tmr» ; »ou temple et aou auld en qui elle mettoit sa «A»fianee., ne aorout plu» que 49 tri^ ruine» % plu» de eaerifioe»^ pi» de tabemade, pin» de pvétve^ plu» de propliètei Uwpvm
(Lue, ju, ») \ die Ta dereuir la proie d'un peuple tocirooiida^ qui se pprlagera seed^ponille», qui mieaiUera le» a|^pit)teip autoor de spn^^adayie ^ qui la dpnspvm à jspppai» en.nne aflkenee solitude, ets^n dernier état deviendra de beaucoup pireque 11 preadet i JStJîuni noriisia^ homînis illim^^jfj^ •
Appliquons-nous, mes Frères, cette étonnante panbole t notre ame, comme Finfidèle Jérusalem , a été souTcnt délinée du démon^ cl soûtfen&neife Pa«en8TS(|fpëlè en dédàitt fie nbiii i aime féts non» nous sommes repentis ji autant de fois nous sommes retombési non» ayons pleuré no» plaisirs injustes ; et de nouTeanx plaisfans ont un moment après essuyé nos larmes i dégoAtés du monde et de non»-ménicài,'iious nous somme» soUTcnt retournés vers le Seigneuriet le lendemain dégofttés du Seigneur, le cmnrque noua venions 4^ liai rendr9.^:iy>u8 Tavon» encore redonné au moiide , qui non» ofitrôit de nouveaux charme» : no» nueur» ju»que» id n'ont peuV4pKf rpulé q^efur cesiriste» alternative» de repentir etde crïmcn^ T^ dedéniarche» de oonvenim , d iao^ tant de»acronient»,d tant derf^ufe»: ah! cnuguons enfin que leSeigneiurnéseretirè taut-è4ait de nous, et que notre denier état ne dMienne pire que le premier ! Pourqud eda, me» IMnal
SUR LitfcxyvsTKmE, ne. m
iM fueioaiMi les reitenMts de-'sakt, uttès^lr k cÀnTcmMi^MI aalre» f^éctear^, detiennail innïafifSi l'ttne InooDtluifeét'Kgeir^^ c^^strà^M; tfoie riaooDiUuiee^dfMles ¥Olii d« Btoa , ei^t (fe tôd» las eancffiKft, cétoi qui Iitfsse teiMt»<r^pâranoed0^ki(t. CeOfe vérité est asser Wportuile pOftirMré Mile seato lé sojëf^de éèMb
PMOflAftB itTLEXtOll. ^'
rebdley el qv'db ttengesMiFébt letf iddtlîâtiDtisIèÉ ]^ dîi|KMé<8S m AiiFdir^ ea dBB!fnr6|MMUoiB'^ttM^ de pMteote, néiittiiMiittS' O est dds âmes, ^ par ledf propre canN^téi^, clfreél'^ien mbitt 4^espénlMèatobalnt, et seâAlent ne laisser plus de tiMé ft la gmeb paqrcli»raiiieiier à la rérlté et à la Jnstiéé. ;
Or Id est le canetère d'une ame légère et iacottstante, otti^^ laitM-tdadiée dé ses wiséfes , netleat à IMeti ; taotOt oaMiam Dfetf, ie^Mm^ T«ntniiHr à ass misères; tantM se dègtsAte dd moiHM^ tamot^ 1er la tefts ; paroA avjcttrdlrtd toade de jDile pour les de- ^elw; «l'Hhttate rios vi?e qw jamais poaor leé plaisirs , et n'a 4s fiiterqu^mie YarîaRèB étemelle de résolatlmis, que ni lA graee iii te péAd^ie sauroii fixet. État assec ortlinairé dans le monde , oà IcMt (4t fA^de ces ame^ foibles et légères , en tfttl la grâce opère encore de saints désirs , et des démarches même de sakit ; mais en qid lés passions déanentent bienlAt ces démarchés , et prévalent tonijoàrs st<r la graèe.
Eii eflbt, il est impossôde , at rApMre , qhe cens qnf ont éténiie (bis èélafrés ; qni ont gdfité le don do ciel , et les vertils dd èHdèl Tenir $qiii ont été rendus participants de l'Esprit sainf ;«t qtd a^rta céfo sofat retombés, se renouvellent par la pénitence > c'eist-à-dM, ponr renrérmer cette mérité dans les bornes de la M et ite-la 46t* trine sainte , et expliquer l'Apôtre par lui-même \ qneles ressourcés oMffnalres dont IHeu se sert pour ramener les autres pécheurs, sont, pt«mièrement, les nouvelles lumières dont il les favorise : Semel sunt iUmninati {Bebr.^ vt, 4); secondement, le nouveau gûùt de la justice et de la vérité , qui accompagne toujours les coiAmencements de la pénitence : gustaverunt etiam donum eœteàé (/frr^OV troisièmement, enfin, la participation de FEsprif de Dieu dans les saints mystères , lesquels par la grâce de la jusû* ficatiôn mettent, pour ainsi dire, le dernier sceau à la pénitence i participes facH sunt Spiritûs sancti {Ibid. ). Or toutes ces ressources deviennent Inutiles à Tame inconstante dont je parle, de sorte que l'Apôtre, désespérant presque pour elle d*un retour co^ stant et durable à la vertu, semble dire que ce retour est impossible-, cfest-JHlire si difficile , qu'où ne voit presque plus de ressource pour les âmes de ce caractère : établissons cette vérité.
li pÉredière ressource tatlle pDdt^ rsmdiér ttiie àme de régare-
MS TROISl|»fB«]nMUIfCHB DB GARÊME.
«ml, ^ïitcb iCMMiMum fc k .YéiM^; iSbuief «m CMMie rlemoiiileflntfwf^l 4wft l'emur et dans toi Ifaèlpm ;tv JlfM <kfoin.de. kl fbî^ vie le» moimes^Miitiiiiascq^ ]e»:|N'é|lig^ ^Ditei^ let viAglef 4k«iaMM% le» «érit^ «Mme» eAnMies et 4)»R00i|wp^el: «le J'eiemr>«ilMiilgr fatt iMle feaéHmté^dei pè^ cheor» ; le premier moyen que la graoe emploie pour tatoiiwMiiBn d'une ame mondaine, c'jeit ààp^ï miilm* le monde et rétemité tds qu'ils sont en ellét , el tek qu'elle ne les avoil jamais tus. Alors #^oik49:flk4^!<^;imlffiy?«« l«BdM4oiA4*Bn<^ jo^.iiao 43ette^ime jêiteia me;, s^fvtii ee 4tt'dle o^ayoU« jamais {▼«^iifi^iMlf»y^i>i S9s.?4P^4lioesi4As4garemenia, paiiisv ses^eujeiade |p;«i)l|dii^ fow 1:1^^ le vîdei^touto8lêscrikiloresv^l*ablis'de .toHi.l^s plaisiniy l'erreur de taules tes fortanm?, l^mémÊt'étkML ee qui n'est pas Dieu. AUn» celte. aiMtérelUée -oommeiVutiipfo- ,Ami mmoeit par l'éelal. soudaio 4e ces dàiAam laniidMs^^est sdr- ^prifff !d'«Tek ?(t .lQng-4oin|)S îgwréles^eiibs.'fArilésqti'^fl Jni.im- ^poRtati de oMMHret est effritée d'aveir iuscpeJ* éormtur le Jmi^. du préeipîoosan» l'iiMir im«eatlMimi)i^]Aa«'«»%|ai|i^ ^qwAejde aaiseiii. de iDowlnite^ de tome d'^piîll . de disMVQMnt , i^td'W^fOtr «iiaiif{uÀ.pofir le asul poipliCiiMeMwl^jfA; d'avoir^ si igD^ércH9#illr. k d^JHKge sur ses iatéréts ^emok 9 .el la Aouveaulé fdoimii^^çemoie un^ iiQovelIe force aux impressi4Mis.que fait k vé- }irit^sar:eIJte, ?lle sff^^pkodii d'avoir eufQ.oMT^t lesyeia^ jdk dit, .(CoiD^Mi AurKSlifi i Je vous ai coome et aimée trei^ lard^û fârité ancienne et toujours nouvelle! et réglant ses penchants, seft.pceuis, < ses devofrsjf ^p^ n^rels sur ces nouvelles himi4re.% elle ne;voit plus ;qu>nrec mépris les erreurs qui l'avoient autrefois si trisUvient abnfSéi;, Ainsi n^^pelea-vous tous les jours des voies de régaremeiity ô ,mopi Dieui des âmes ^uraises; et en ouvrant Umi d'un qoop leurs ' jepsx à eelte lumiére.quîlait conuoltrek Tériti^^ vous ouvrf» leur , omur. k l>ttfait qui k Efil aimer.
Mais cette- ressource de salut si infaillibk pour les autres pécheurs, n'est plus d'aucun usage pour vous, qui tjint de fois échdré ^et ^nt. de Tois infidék , si souvent détrompé des erreurs el des abus "^du mofide, et si spu vent rendu à leur séduction, n*avez presgpe plus . rien à espérer de ces divines lumières. Car quelle impression pour- , ro9t jaire désormais sur vous 1^ vérités de k foi montrée»? que Jvotts. découvriront-elles que vous n'ayez déjà vu ? Vous avci vu ^claîr, et dans la vanité de toutes les choses humaines, et dans les [ grandes vérités de l'éternité ; ce ne seront plus là pour vous de nou- , velles lumières { vous n'en serez plus ébloui, frappé, renversé; et ^du moins elles ont perdu à votre égard la surprise et Taf trait de la "nouveauté si heureux pour les autres pécheurs. La première fois ...que. les Israélites dans le désert virent durant k nuit la eolonne lumineuse qui devojt 1^ précf^der^ la nouveauté dp qpcctade les ^ fkvppa i ils craigpjrept k miyesté dcRîcu qui m^jm^oit, jisiUe
m «HiW 4!wx i Jn «prprte, to teirepr, Tadmiratk», le reqiect^
IWi^m^'H âgidlen au;^ ordrea de Moïse': mais quand ils fbreiit tfné
fgkraUM^^.dAi^ leun inurmorea, celte lumière céleste em beaé
IfnMollv^y.ce ne fut plus pour eux qu'un speclaèle ordinaire, qtd
9I^^Q^^Q§'A'jai^es6UHl^ et ne changea rien à leurs inœùrs: * ''
.;Jtoq9:j^te Qgqija, mon cbuer Auditeur , lisez Thislofre ié râk
HaHinnm. !« fceqoJi^e fpis que Dieu tous montra sa lutniôré, é^
igii'lli jflP9'^d4f^..suitles misères et si|r les plaies de vôtre amë, ef-
tmjé éà y/oilffi éiat, vous fîtes des efforts pour en sortir ; frappe deb
lpiK?eUei lumières qui tous décourroicnl ce que vous n'aviet pal
end^^yii^ vous i^Qmj^lles à rinstan( avec un cerUin tnônde, et arec
isç qil9 vos passions a voient de plus grossier et de plus marqué ; voua
ifttes q^iielfue temps &dc)e à la grâce', et à la vérité qui s'étoit mon*
liréeiA.voui: mais depuis, rentralué par votre foîblesse, vous avei
Ui,k. la vérité de nouveaux efforts pour rompre des chaînes si
-RMHPtoPI^^ rçnQaéc;3 ; nuiis ai vous vous en souvenez, ces efforts
Mltiu^pl^l lapgjjûssantSi votre com|)onction a été moins vive ; dé]k
Amiliarisé av^ les vérités k^ plus terribles , rhorrcur de votne
jM a jiiHrimiins.d^iinpre^îou sur voire cœur ; et cette démarche de
.péuilÂwejBe vous a pÂs^mcné si loin, et a eu encore inoins de suite
-q99 U W^iôn4èfei de sorte que dopuis, toujours éclairé et tôujouti
-infidè|<^i ioqjpurs rappelé par la vérité , toujours rentralné pair Vos
liîîiial^es pénctiaqts; votre vie n'a plus été qu'une triste vidsaifude
de Jamière9 ei de ténèbres» un étal où la vérité ne se montre que
pour a'éciipse^ rinstant qui suit ; et où elle ne rcparott encore, que
...pour €(^erop(cgre aux passions qui viennent substituer à sa ptaca
J'ienrei|p,et )e ipftf^onge.
. Aipi^ îfliVIèlel quelle ressource peut-il donc Vous rester encore
,. dyiaia fpotffftissanoc de la yérité ? Que vous appreddra-t-elle de noth
. im|u? que le monde est ua abus? ahl vous l'avez dit vous-même :viille foi» dans vos moments 4e pénitence; que lés nia sirs ne laissent
- qu'ose, sajLiété .et un vide affreux dans te cœur? vous vous Tètes «voué à VQQs-méme autant de fojs qn1I vous ^t arrivé d'en goûter
/li^Ciiiaiies4MUceurf;.qu il est affreux de sacrifier une éternité tout
; entiârêi pn inslanl d'ivresse et de volupté? c'est la première ré*
. fle^n qiii. Vousa toujours frappé au sortir même du crime i qu'un ,c}in d'œil peut décider de notre vie? que la pénitence dans ce derni^iliqment n'est plus, ou qu'un désespoir sans confiance, on qu'une frayeur aaoi mérite; et qu'enfin on meurt tel qu*on a vécu? c'est
. de l'impveiMon de eette vérité que vous sont venus tons ces in . tervalies de repentir qui ont partagé toute votre vie.
Qu'ai donc de nouveau Dieu même k vous apprendre? de quetlea
: . liaii|èr)BÎi pcjStt* U encore vous (avoriseî*^ cpie vpus n^àjrex mille fois Bl^jùm et.^baiidQiuiéfea? quelle vérité peut-il encotre Voua, mon-
' trer, «m voqa u'ayen déjà 'et gpAtèe et m^prUie, et. su^ làqueUt voua ne T«mjoy«|i.et J^^mé et Gfdmë prçsqujc dansîe même ia*
èiO TROIStÈMB DIMAM€RB DE CAKÊBfE.
ilaot?Il|miteiio(Nre vonflédairerJelesaiÉ; maiscc^M^pMMt^oUr Toof BDè DOOTéUe occadûû de résister à h tArité , qil^im noaTe» îîttraii pour là suivre : tous vous êtes familiarisé et atec elle et érec Vos paasiooss vous avez récoiuâtié dans votre cœur la tanrfèrè et les téo^res ; vous vous êtes aocoutumé à floofeeir U we êsk ipaunes saintes, etoelle de vos foiblesses injustes. Ah ! plAt à Bien, 4it on apôtre, qne vous Tussiez encore dans ies ténèbres de ?oM premiàre ignorance] plûtàDienqaeIaldmlèredadeln*eMjanieis loi sor vous, etqn'aveuglé jusqu'ici par femportementiles pasifloins, vous n'eussiez jamais connu la vérité ! Pourquoi vous avonsHMMB nous-mêmes ouvert les yeux dans ces châtres chrétiennes sur la honte de vo^ passions, et sur les vérités de la vie éternefle? {Morquoi avons-nous dissipé vos ténèbres, et porté la hunièré jusque dans votre cœur parla force de la parole sainte? Nous avons rendu, sans le vouloir, vos maux pires et désespérés : notre minlsfèné si lieureux encore envars tant de pécheurs, vous est devenu désoimais butile : nous ne sommes plus pour vous qu'un afar^dn^Sonhâiil: , en vous développant la Loi de Dieu qtd conperdi les dMtés ( Ps. xviii, 8 ) , nous vous avons 6té la ressource de salut, et le mojén de conversion que nous venions vous offrir : MtU^s erat ma non cognoscere 9iam Justiiiœ^ quâmpost agnidonem reirorsum ùùntferti ( 2. Petr., ii, 21). Les Juifs, de retour delà captivilé, ignorant tous le livre de la loi, perdu pour eux depuis long-teitfjp^, et tombé presque dans l'oubli, fondent en larmes à la première lecture que leur en fait le pieux Esdras ; ils se fhippent la poitrine; Bs renvoient les femmes étrangères ; ils reviennent des égarements où les avoit jetés le conuneroe des nations ; ils règlent leurs mteurs sur la loi : tdle estla première force delà vérité montrée. Mais farfecture journalière de cette même loi déjà connue, les endurcit dans te suite, loin de les corriger : les pécheurs les plus édairés sont d'ordinaire les plus incorri^bles : nous n'avons plus rien k leur Are de nouveau pour les ramener; ils savent tout; fis parient plus âoquemment que nous des abus du monde et de la néce^té du mlut ; nos instructions ne sont plus pour eux qne des redites qtd les en- . nuient ; Ss ne rappellent les premières fanpressions que fit sur eux la vérité, et qui fiir^t bientôt eflbcées, que pour s'en fiiire nn-rempart contre la vérité même ; ils sont bien moins sensibles h des ter* reqrs qu'ils ont pu déjà vaincre et êtouflbré Ce sont des cœurs aguerris, si j'ose parler ahisi , contre IMeu m^e ;% rèpoinssent 1m armes de la lumière, avec les armes de la lumière même; la cou* iiQi89ançe d^ péril les rend, ce semble, plus tranquilles ; et comptant toujôursqu'Oleur seraausài aisé d'ahner un jourla véHiê, qu'il leur est aiséd^ la connoltre,ib se liyrenf sans remordsà leurs passions, et . vont paroltre dévaùt Dieu, diargés noo-seutement de leurs crimes, maos encore de te l^érilé qdi èévott lee déKiirér; et qui va lescon- Non , mes FrèresVÎout est & craindte tfouihd onn'a plus
son LIMGOM&TAMCË. Etc. Ml
fie» 4e DOWflm 4 eofiooltra flor Itt T<rieB4a mIb^ •ûoQKi coMBéiioé d'y eatnsr. Première nssouroe de «IttiioaUe-à renetoeoMMile, lu oemioissanee de Ib vMté t ImpoêmhiU eatês qui s^mei muu iUukdnaU^ et prolâpêi smni^ runà^ ftffM^Mnad .
MEDXlivK RÉFLEXION.
Une seconde teBioiireede adal^ fayorable eux aaMepéehetfs, eVsl 00 QOttiMMiiifMI iioiiiecompagneloi^di^ eommeDéemenls de lejostiôe t gUÊêm^êmm 'édoM daaum cœktu^ noè ooDMdatkMi iiÉPlhleqee b greee tèpeud «or leaptemières dèmarebèsd'oo diàngemenl de vie; ooe douceur qu'on trouTe à porter on cttar libre dqiuiB peu, de see partons et de sps reoiordê i onejoiequi seiVdu ftnddelaeoQSCience, déchargée enfin du pddflquiraccabloit,et qui n'avoilpaséocûregoAtétopaixetlalranqniUitédennnocenoe. Oui, mes Frères , rien n'est plus doux que ces premiers sentiinents qu> k ccrar de son Tuteur et desa déUTrance ; que ce premier tÀnôignafge queboonsdenceserend à elle-même de sa prix et de sa sûreté ^ que cespremiersmomentsoiiiiosGlialnesenfinttMnbées, nonscommcoçons èreapirer,età jouir d*une douce et sainte liberté. Yousavei brisé mes Iféne, Seigneor, disoit dnroi péAil^idansoespremlers moments de sa délivrmlce't Ùlmpùti pineuia mea (Ps. Qxv, 7) : aussi^ dans Texoés dé to joieel do saint plaisir qid im uransporle, votre calice n^a plus tfen d'amerpourmei;IesdéToinIes|Atis pénibles de rotm loi sainte, loin de ne parôNre onéreux font toute ma consolation et mes plus dièresdéHeeS: Calie€msalutarùaà:ipiam[Vs.cxyi^i) iléB diaccmts été Wemmes , au lieu d'ébranler ma résolution, animent ma foi et ne me paffoissent plus que des discours vains et puérils : J^o dixi in exeeisu meo ^ Omnis hùmo mendax {lùid,y 2). O àeigneor ! qo*ft est consolant d'être an nombre de voaserriteurs! et quH me paMC'Mtta plus glorieux de oempter parmi ses ancêtres une seule ame qtti aitsu vous plaire, qu'une loôgue suite de princes et de eodilUét-aeis : j%o servus tuus , et Jilius aneiUœ tUœ ( Ibid, ,7)1
'Ma aônt les premiers attraits de la graœ, et ce qu'eue peut d'àbotd eir M cœur pas encore accoutumé à la force et àla douceur de ces divine» impressions. Mais vous qid les avez tant de fois éprouvée», et quiavex dit sisoutent à Dieu dans ces premières agita* tiens d'un OŒiirtoncbé: Seigneur I le mondeau fend ne m'a jamais plu ; les ptairfrs mêmes, dans le temps que je les poursuivois avec piuadeflMmr, m'ont toujours laissé vide, triste, inquiet; et il est ¥rai que les consolations seules que j'ai trouvées dans la fidélité à voire loi sainte, ont mis une joie véritable au fond de mon ame : Cànsotàéiones tuœ heUfieaifcruni anintam meam (9%. cxxiii, 19} : tcmés qui passée sans cetedu goèt de la vertu au goât du monde et dès pMMrSy ame inconstante et légère, que pourra vous oOHr de doux ci de oon8<dant , une nouteUe et sainte vie, que vous n'ayei
Att TROISIÈME mMi^idlE DC CAAÉMB.
4^ Billd ^ ggAlA? Dn tioi Mttlteeirt tfloAre d^^
iMfwl dto. la diimé 4'aiie tiiie4w|M''Ui iuiHwlile s^oMis |M9
T9M* Mdkr voQs élfii fiiit m coor aecoBli^
jk garnit^ ftiAjfàéê cela àretanbpr i volUiftTei.aiiadQOBaMmWNidrn, nées atec quelques flenÛmeoU 4e îdigion,. q«i AMt iteBCh<>| de toat, et qui ne le sont jamais comine il faut Ce n'est pas Tendorcissemenlqni tous damnera : c'est une sensibilité deeonsdenee, q«ji.YamaiMM #tqui mtq«i corrige point t oa n'est, paaniiocpmr sec <4 ineapaUe de^'aUendiÂr ; nisA w caractère snmptible 4es pçemîèros iinpr^iaiMi^ et qnl, laissant an monda le mâmeeoipirD qn'a Jéffs^ciirist snr votmeonr^ CûtqM faaaA'étetfiliis propsa ni à Tnn ni à Tartre .
i^l si vons avi<es m ixanr de pierre, ooQiniie ces péi:!^^ siûesy w coup.de la grâce poorroit dn osoiiis le Gmpper, le Maer» TamoUir s mais yous avex «n-esonr lont de cirei dit le prophAta* mr lequel lesdemières impressions sont toujours les ptus.xives.» bcile il imwTOir, dilBeileA fixer; vif dans m BMNMut de grâce, plus vif enoHre. dains on moment de plaisir « ne trouvant que Dieu
. seul aimable dans vos sentiments de componction ; n'ayant plus de goàt que pour le ipaondei déa que ces sentiments /MWt eQMs* A peû^ aves-Tous chassé l'esprit impmr de votre ame, dit no^ fivaogiie, «lue, loin de goûter la paix de ce nouvel état» voua n^ tvoiivea pips atTeif(MfQu€9rfin$nguiemeinomimtwùt. U sembla que touliça yoDs manquer av^ le mondeque vous veneidequittari votre p()m> déaoccupé de «ce passions, ne peut phis sa suJBre i lipi-mémet tQUl^ votre vie n'est pbis qu'un grand vide que vous qesanrîes souliAirs vous cbércbes partout dans vos nouvelles nwBqra. de quoi igemnlanir les plaisirsqoi possédoient votre cœur , et rien ne voua en dédonrmage. Quœrens requiem et non imfwit. Vous vondriei , ce ivQpnbla,
.trouver dans la vertu (e même go&t, la même vivadié, les mêmes
., amusements, l'ivresse ellermême du crime s vous vous tonmeide
. lous le^ c6téB pour placer un cœur qui vojos embarrasse et qui vous est A charge; et ne trouvant rien , vous vous ennuyai ^ voMnalir
. bcrté xQua^nns requiem et non ùwenii. £t alors vqus. vous dites à voua-méfne en ser-r^, continoa l'Evangile s Je retournerai dans la maison d'Qo j'élois sorti; je rentrerai dansmes prepiAiiis voies: Revçruur in domum mean^ unde exiêfii j'essaierai si les plaisirs, dont j'étois si fort dégoûté , ne m'oOriront pas cetta fois-ci de «Mm» veaux cluripes : et en vçilA jusqu*à: ce qu'un nouveau: d^odsi vous rappelle encore de Fi vresse des passions, pour vous laiié anosire
, rentrer dans les voies de la justioe.
Ah! mon cher Auditeur.^ai vous aaviei quel est le danger de votre état, et combien il y a peu à espérer pour votre salut ^ vous frémiriez. Je ne veux pas ici vous jeter dans de vailles terreurs» mais je vous dis , en trânblant moi-même , que les conversions des
^aniGS qui vous ressemblent sont très rares : Farrét de Jésus*Çbrisl
ïkrimQB OBt décbif et terrible : Cêiui , diMl , 910 àpê^ Mùi^miê ta main â la charrue » regarde derrière iid, n'eeipàepropmt.au royaume de Dieu / non est aptus regno Dei ( too y.a|i ^\.^)^ Msos-Chrbt ne dit pas : Il perd le droit qo'O aToit au inyiifii tk DieOffl se met en danger d'en être ezda peur toojoars: non ,înins il n'est pas propre an royaume de Dieu ; non e$t aptm regno Deif C'est-à-dire, ses inclinations, son fond , le caractère partienlier de son esprit et de son cœur le rendent inliabile au salut Quand, on dit qu'un homme n'est point propre aui sciences, à l'épéa, k la robe; c'est-à-dire, qu*il a apporté en naissant des débuts i6com« patibles avec les fonctions de ces états , et que certainement il n'y réussiroit pas; et voilà ce que dit Jésus-Christ de Tame incoiiitanle par rapport au salut ; que de tous les caractères , il n'en esipasde moins propre au royaume de Dieue non est apius regno Oei^
Abl un impudique peut être touché; et David fit péoitenoede son adultère : un impie peut être frappé de Dieu , et sentir l^poids de la majesté qu'il avoitbasphémée ; et Menasses dans ka chaînes, adore le Dieu de ses pères dont il avoit renversé les autels s un pi»- Micain peut renoncer à ses injustices ; et Zaché après avoir restitué ce qu'il avoit ravi, répand libéralement son propre bien dans le sein des pauvres s une ame prostituée aux plaisirs et aux passions les plus honteuses , peut être tout d'un coup éclairée ; et ja pécheresse aux pieds de Jésus-Christ, pleure des péchés que son ainour e&oe encore plus heureusement que ses larmes. Mais un ^cbab , qui , averti par Elie , tantôt se couvre de cendre et de cHioa^ puis retourne à ses idoles ; et revient encore, et au prophète et à ses faux dieux t mais un Sédécias, qui , louché des remonlranoes de Jérémie , l'envoie chercher en seeret, le consulte sur Jta roUwilè du Seigneur , et au sortfar de là retombe dans son aveuglement , fait jeter le prophète dans une fosse, et le rappelle ensuite gom. la consulter encore, et l'outrager encore lelendônain 1 maisceltc^rMue d'Israël, qui , dans son afDi< tion, prend des ornements modestes pour aUer consulter l'homme de Dieu , parolt respecter la puis» sance et la majesté du Dieu vérilable en la personne de son prophète; et de retour à Samarie, sacrifie à ses veaux d'or comme auptuavant; ah ! on ne lit nulle part qu'ils aient lait pénitence, et les livres saints nous les représentent partout comme des princes réprouvés et hais de Dieu. D'où vient cela ? c'est que rinconstance et la légèreté, est de tous les caractères le moins 'propre au niaranme de Dieu s non eei apius regno Dei.
U'oè vient cela ? c'est que la piété chrétienne suppose un esprit mûr , capable d'une résolution , qui sait prendre son parti , et qui , la droite vole une fois connue, 7 entre, et nie s'en détourne pas aisément:. elle suppose une ame forte , qui sa^i étre/âq-dessus d'un ddgpftt^ d'iMn obstaçle;..d'n4 péril, de sa proprp folblessé; une ame sensée, qui ne se conduit, ni par goût ni par senliment* mais par dsa M. 1 M
iU TROISIÈME DIMANCHE DE CAJBÊMË.
iMaide foi el de praaeDoe. D'OU ifieBt c^? c'esiqM pcw une amedvéaemM^ il faatqndqae chose de grand, d'éieyé, deaolide, et qoi soit aa-deasoa des priftjagé^ et des folblesies ynlgaires s e'esl «pie la reUfpondle-méme n'est qa'nqe liuniàre et qne raison divine, la perfection de la raison hoinaine : c'est que la[ yertn pow est toujours représentée dans les livres saints soos Tidée de la sa^ gesses le Juste, sous celle d'un bomme sensé et prudent, qui éprouve tout, qui jnge sainement de tout , qui prend des niesures solides, et ne commence pas k bfttir pour laisser là Tédifice imparfait : <f est que dans le monde même, un esprit frivole et léger, n'est capable de rien , et que tout ce qu'il entreprend , on le compte déjà pour échoué : c'est en un mot^ que l'inconstance est, de tous les caractères, le uunns propre au royaume de Dieu : non ut optu» regno Dei. ... *
Or vos Inégalités de conduite no viennent qne d'une l^ig&relé de nature , pour qui la nouveauté a des charmes inévitables ^^ qui s'ennuie bientôt d'un même parti : elles ne viennent que d'une in^ certitude et d'une inconstance de cœur qui ne peut pas répondre de soi-même pour l'instant qui suit ; qui ne met la raison à rien ; qui sur toutes choses ne consulte et ne soit que le go&t, et n'a xvsa de fixe que ses variations éternelles.
Je ne parie pas ici de votre conduite extérieure, et telle qu'dle parolt aux yeux des hommes : l'orgueil vous tient lieu de raison, fait peut-être que les mœurs au-dehors parolssent égales «t unifiorfnes; que vous évitez ces extrémités et ces inconstances d^éclat , qui d'tme piété extrême font passer une ame insensée et légère, à un égarement encore plus excessif; et accoutument les yeux du public h censurer, tantôt les excès de sa vertu , et tantôt ceux de ses vices. Tons ne donnez pas de ces spectacles à la dérilioa des hommes /mais jugez de vous-même^ par ce que vous êtes devant Dieu ( par votre conduite int^ieure ; par vos sentiments secrets ; par cette légèreté de cœur, qui fait qne le premier (Ajet décide toujours de vous-même ; par ces promesses tant de fois roiouveUcs , autant de foi violées ; par ces démarches de pénitence, si Gacflement commencées et si facQement rétractées. Vous êtes la i4ns légère et la plus inconstante de tontes les âmes ; le cœur le plus incertain et le plus variable t vous êtes une de ces nuées sans eau , dit un Apôtre, que les vents agitent à leur gré ; un de ces astres errants, qui n^ont jamais de route assurée ; une mer inconstante et orageuse , qui après avoir jeté les cadavres hors de son sein , s'enfle encore et va les reprendre sur les mêmes bords où éHe venoit de les lAmet X fluctui feri maris despumantes suas eonfusiones (Bp. J0D., 13) X cTest-à-dbre , qne vous pouvez avoir des qualités propres au monde, mais que vous n'êtes point propre au royaume de Dieu s MU m aptuM ngno Dn. Seconde reMouroe de salut faïuttle à •" Sylegoôt de la vérité : In^possibile est eps jm
SOA LINGONSTANCË , ne» ftli
TBOISlilfB RirUBION.
Maisce qu'il y a id de plus terrible, et de plus capable d'alarmer les âmes dont je parle, c'est, en dernier lien , que la ressource des sacrements, si utÔe aux autres pécbeurs, devient un écueil à Famé inconstante t parddpe$facd sunt Spiritâs sancti.
Un écueil, premièrement par l'usage , toujours inutile, de ces divins remèdes. Car une ame qui a vécu long-temps éloignée de l'autel , et caché durant plusieurs années dans le trésor de son cœur, «es iniquités anciennes et nouvelles, sans venir les découvrir au tribunal sacré , porte, en venant se jeter aux pieds d'un bomine de Dieu , des terreurs et des agitations de pénitence qu'elle n'a voit pas encore senties. La majesté du lien , la sainte sévérité du jnge , l'importance du remède , la honte seule et la confusion de ses crimes ; tout cela fait sur son cœur des impressions si nouvelles et si pro* fondes, qu'il n'est pas aisé de les effacer. Mais, pour vous, vous ne portez plus au tribunal qu'une ame familiarisée avec sa confusion t le récit de vos foiblesses , tant de fois répété, ne fait presque plus d'impression sur votre cœur : les plaies les plus honteuses ne sont plus pour vous que des redites familières qui ne vous frappent plus. Tous allez au tribunal, rassuré contre vous-même t vous ne rougissez plus de vos aveux s et comm^ la honte qui découvre les misères de votre conscience , n'est presque plus sensible ^ la douleur aussi qui les déteste , n'a jamais de suite.
Secondement, un écueil, par la dissimulation inséparable des rechutes. On traîne le poids de ses crimes de tribunal en tribunal t à chaque nouvelle chute , on cherche un nouveau oopfesseur, pour s'épargner la honte qui accompagneroit l'aveu des mêmes fbiblesses on lui laisse ignorer toutes les inconstances passées, et on fiiit gémir les ministres de Jésus-Christ, qu'on n'est venu, ce semble, instruvede ses honteuses fragilités, que pour leur laisser plus de loisir, en les abandonnant ensuite , de s'en aflOiger, et d'en répandre des larmes devant Dieu.
Troisièmement, un écueil, par le sacrilège inévitable dans les rechutes. Car se repentir sans cesse , et relonitor sans cesse $ ne venir se purifier, que pour se souiller encore ; ne dire, j'ai péché, que pour pécher de nouveau : ce n'est pas être un pénitent, dit un Père ; c'est être un moqueur, et un profanateur des choses saintes.
Je sais que la grâce du sacrement ne fixe pas l'instabilité du cœur humain, n'établit pas l'homme dans un état constant et invariable de justice t «t je ne prétends pas dire absolument qu'on ait profane ie sacrement, dès qu'on redevient pécheur après avoir été pénitent, liélas l il faudrûit pour cela ne pas connoltre la misérable condition de la nature hunaine, et ignorer même sa propre foiblesse. Mais
il6 TROISIEME DlMANGHB DE CARÊME.
te dis qae , lonqn'on est sorti yèrilibleiiiait joslifiè des pieds da prêtre, si l'oo est asseï malheureux que de retomberf les recboles du moios ne sqot.pes,si proiHiles : il faut que le temps et les oocMons aient ioseosibiemeot affoibli la graoe; que mille infldélilësfecrètes àieât peu à' peé prkpart Véme à une oouvelle dmte; que des périls, mille fbfs -indprités^ non aient poossés, 'comme par autant de démarcbes ittsenafMes, ters le moment fatal qui nous a tus relombinr : on tié passe pas en un instant d'nn étal de justice ion état de pédié. ' -
L'ouvragedela contersfon n'est pas l-onvrage d'un moment t c'est un ouvrage difficile; flftrutqtlë des larmes abondantes, de longues prières, des vtoîences donloureuses, desmuyrespersévérantes nous y établissent : or on né perd pas en un moment ce quV» n'avoit ao- "quîs qu'avec des peines et des travaux infinis ; ce qm étoit le prix des larmes, des violences, des confusions, des déchirements <ie tout le caow : quand il en a tant coûté pour se relever, on ne retombe p9^ si aisément; les difficultés d'une véritable conversion, en fbnt, pont* ainsi dire, la sûreté.
L'ottvnigë de la conversion est un ouvrage solide : elle forme en ''nous ime ribuvelle créature ; elle change nos penchants ; elle nous 'donné un cfasur nouveau ; elle bfttit le nouvel édifice sur le rec ; er le premier mouvement ne renverse pasce qui devoit tenir contre les vents et les orages, et défier la durée même des siédes ; ce qui s'éoroule en un infant , n'ékiAi bâti que sur le sable mouvant; rien n'étoit changé , quand la Veitu nous trouve aussi fotUes que nous l'avions été dans le crime.
" L'ouvrage de la oonvtBrsion est nn ouvrage sérieux : on délibère long-temps avàbt que' de Mie cette grande dématvbe; on se ta re* (bse long-temps à' •M^ïAëùÉë \ ùt Manee , oki tfecule ^ no n'm^ cbmmencer; (fa vent , et on ne visât pbas ; en s-'épplse en réflGiipns;Sttr les (Astatiès cft Sur les:sttlt«s(^les looeKitudes et les lenleutsiie finissent pas : dv mté éiitfepH^si^kiD^i^emfs méditée , omiie l'nban^ dontle pas lé même joV p(^^^4tie qùVm veâoit de la êsàti > K
G*est-à-dire| ^oe lorsquëfon^sort Sfësons devnniDiéu da .tiibunal, on en sort chan^ : et cependant au sortir de là, vous vouamlfOuvez toujours lé mémci on voit dèfifs leS tiiéifaes circonstanoe» les mêmes * chutes : la' pr&ence à*ïiù ob}ët^tl'i6mphoit'de votre foihlesse ; elle en triomphe éncoi^ : nue compléisa A(!)é vons rendoii ipfidèle êA éerpir ; elle VoUs le rend encore : on ne' vott'pos qm vous évitiex'cea entretiens, ces lieux, ces' plàisit^qéd sent pourtant de lunées vo» confessions ; vous n'en cifltfvez |làs moins des liaisons tflkiionr8:fatalesà votre innocence; vous n*en rabattes rien d'un jeu, qui .est devenu la plus importante occupation de votre vie ; vous n'en retrancha rien à des profusions dont des créanciers, des domestiqm», et les pauvres etix-mémes, soufflent ; rien à un sommeil ou dans la mol* lessc d'un lit et dans l'obiveté de vos pensées , vous laisseï reposer
SDH i;UH]ONSTANGE» me. 517
TotroespntsurdaèinMgBSloi^ôimdangere^ rk»i
à ODe rie iBotile qni vous damne : on ne voit ni ivéeaiiiiens pour ravenîr, ni mesures ponr satisfaire an passé x les jeûnes, les veilles» les larmes, les macéralions, et tout éel appareil de la pénitence, tous ne le cdnnôissez même pas x la prière, le recuettlement, la retraite, et tous ces secours si nécessaires à la piété, tous les négligez : en un mot, Touséles encore le même, et le pénitent en tous ressemble pai^ Alitement au pécheur : ah ! ce n'est donc pas le doigt de Dieu qui avoit chassé le démon de votre ame. Lorsque tous arez guéri une ame, 6 mon Dieu ! il parolt que voire main toute-puissante s'en est mêlée : vos miracles et les transformations de votre grâce sont durables, et ne ressemblent point à ces prestiges des imposteurs, qui s'é^oouissent et échappent k la vue un moment après qu'pn venoit de les voir paroltre.
Aussi les samts ont tous regardé la pénitence de ces âmes infidèle^ comme des dérisions publiques des sacrements, et des outrages fiEiits à la sainteté de nos mystères. On ieséloignoit de Tautel sacré ; on les regardoit comme des animaux immondes, cent fois^ revenus à leurs vomissements , et devant lesquels il ne falloit plus jeter les choses saintes : on se déGoit môme d'une pénitence , qui avoit pu être suivie d'une seconde inBdélité. Jugez, mon cher Auditeur, ce que les saints auroien t pensé des vôtres , et ce que l'Église en pense encore aujourd'hui : jugez des plaintes que vous faites quelquefois contre les ministres de la pénitence, lesquels vous retrouvant toujours retombant dans les mômes égarements , toujours renouvelant et vos promesses et vos rechutes , n'osent plus enfin vous délier qu'après de longues épreuves, de peur de jeler le saint aux chiens.
Je sais que nous ne devons pas aggraver le joug ; qu'on ne dé« crie et ne déshonore pas moins la religion, lorsqu'on ajoute un seul iota à la loi par un excès de sévérité , que lorsqu'on Ten retranche par une lâcheté criminelle; et qu'il ne faut pas fournir aux pécheurs par une vaine ostentation de zèle et de rigueur, des prétextesde s'éloigner des choses saintes. Mais aussi faut-il confier k l'instant le sang de Jésus-Christ à des profanesqui l'ont mille fois souillé 7 Fautil ajouter foi à des promesses si souvent violées? faut-il accorder i la persévérance dans l'occasion et dans l'habitude du crime , c'est- A-dire, A tous les signes les moins équivoques de l'impéiiitence, les gmcesqu'onne peut accorderqu'à un sincère repentir? Ne devon»< nous pas, comme le prophète Elisée , savoir arrêter l'huile de la grâce, et suspendre la vertu des sacrements , lorsqu'on ne nous présenteque des vases pleins, je veux dire, des cœurs toujours pré- Tenus des mêmes passions?
Eh ! que ferions-nous , en tous accordant un pardon que Dieu TOUS refuse, que multiplier tos crimes, et tous charger d'une DouToUe malédiction? Ah ! plAtau ciel, ame infldèlequi m'écoute^, que TOUS eussiez trouTé tous les tribunaux formés à tob inooQ-
ftiS TROISIÈME DIMANCHE DE OARÊMB.
glanocs iionteoses, et i|ae Tos fhigjUtés tant defloboo^ tant de fois renoiiTelées, n'eaiseat pas reneootré un asile danarindalgeooe même du sanctuaire! On ne toos yerroit flus dans les mêmes foiMesses et dans les mêmes misères, depuis tant d'années que TOUS Tenez vous ai accuser : vous ne seriez plus couTerte de cette lèpre qne Tousayez presque portée dès renfânce, si comme la soBur de Mofse , vous aviez trouTé un législateur sage et sévère, qui sans avoir égard au rang que vous tenez dans votre peuple, sans acquiescer à la chair et au sang , vous eût séparée du tabernacle saint , et du camp du Seigneur, jusqu'à ce que votre humiliation et voire douletir vous eussent disposée à recevoir la guénson , et à venir présenter vos oflhrandcs avec le reste des fidèles. Une seule confession faite à im ministre saint et éclairé, vous auroit renouvelée ; et vous voilA encore la même , après tant de sacrements , et de démarches inutiles de pénitence !
Mais, qne dis-je, la même? non-seulement tous vos crimes passés, tant de fois inutilement confessés, sabsistent encore, mais vous êtes de plus coupable d'une infinité de sacrements mille fois profanés : vous avez ajoutée des désordres qui n'ont jamais été pardonnes, parceque vous ne vous en êtes jamais repenti comme il faut ; vous y avez, dis-je, ajouté la circonstance affreuse d'un grand nombre de sacrilèges. Mais il eût donc mieux valu, me dîrez-vous, demeurer endurci dans mon habitude, et ne faire jamais d*effort pour en sentir? C'est-à-dire, que, pour éviter d'être profanateur, vous voulez devenir impie. Ah I sans doute, il eût mieux valu demeurer pécheur, que venir profaner le sang de Jésus-Christ. Mais n'aviez-vous point d'autre moyen d'éviter le sacrilège? ne pouviez-vous pas vous disposer, par une sincère pénitence , à approcher dignement del'autel ? est-ce une alternative inévitable, ou d'abuser des choses saintes, ou de s'en éloigner? Ah l ce ne sont pas ces remèdes divins, qu'il faut fuir i ce sont les passions , qu'il faut vaincre : ce n'est pas en secouant le joug, qu'il faut éviter les profanations ^ c'est en usant, avec piété , des grâces de l'Ëglise ! ce n'est pas en disant avec l'impie : Puisque la loi m'est une occasion de chute , pourquoi me blâme-t-on , lorsque je ne l'observe pas? mais c'est en disant avec une ame touchée : J'ai lavé mes pieds, comment les saliroisje encore? vous avez brisé mes liens , 6 mon Dieu ! on ne me verra plus en resserrer les funestes nœuds : vous avez chassé le démon impur de mon ame, qui devoit être le temple de l'Esprit saint ; ah! je ne permettrai plus qu'il y rentre, de peur qu'il n'y habite pour toujours, et que mon dernier état ne devienne pire que le premier !
Je dis pire : car quelle ressource de salut peut-il vous rester en isoTt? La connoissance de la vérité ? personne n'en est plus instruit, et ne la connott mieux que vous. Le goût de la piété , et les sentiments de la grâce? jamais cœur n'y fut plus sensible que le yMre, \fi .secours des ^çrements? mais ces divins f&BoMes eux-mêmes
SUR LINGONSTANGE, rrc. 510
•ont dcveniis tos mam les pins désespArés, et t<m pios grande crimes. GnodDieal tous seul oomioiflBes oeax qui tous appartiennent, et Yons les avex marqués snr le front d'un sceau ineffiiçabli* de saint, c'est un secret étemel sur lequel l'homme ne peut jetei* les yeux sans témérilé i mais quand vous tirerei un jonr le Yoile , trouTerons-nous dans ce nombre beaucoup de cesames 16gAres dont je parle? Dernière ressource de salut inutile k Famé Inconstante ^ la ressource des sacrements. Impossibile eu ea$ qui pardeipes facti sunt ^iriiûs sancii^ et prolapn suni^runùs nnopari ad pmmitendam.
J'avois dmc raisc» de vous dire, mes Frères, que, de tous les ca«ractères, rinconstance dans les voies du salut, étoit le moins propre au royaume de Dieu, n est des ressources pour les autres pédieurs s pour celui-d , il n'en est plus; on du moins il n'en parolt plus : n faut sortir, pour en trouver, des voies ordinaires de la Providence sur le salut des hommes. Cependant le pècheiu' inconstant est, de tous les pécheurs, le moins frappé du danger de son état : les sentiments de religion , qui le conduisent de temps en temps au tribunal et à l'autel saint , l'endorment et le rassurent. Le libertinage de tant de pécheurs endurcis, qui vivent, comme des impies, sans Dieu, sans culte, sans sacrements, donne à ses yeux un nouveau mérite à la différence de sa conduite; il se sait bon gré de n'en être pas encore venu k ce point d'endurcissement et d'irréligion ; ils'applaudit de conserver encore du moins dans ses foiblesses , et dans ses inconstancei étemelles, la force de recourir de temps en temps au remède'; il se dit tout bas à lui-même , comme le {Aarisien : Je ne suis pas fait comme les auires hommes ( Luc, xviu, 11 ). Ce parallèle nourri^t et flatte en secret sa sécurité t il se croit ^us religieux $ et il ne voit pas que la profanation des choses nintes, est la seule marque de religion qui lui reste encore.
Mais ce n'est pas tout t ces vains dehors mêmes, ces foibles restes ne se soutiennent pas long-temps, et disparoissmt enfin : on peut flotter quelques années entre les sacrements et les rechutes ; cet abus des choses saintes mène toujours k l'endurcissement : Dieu, si long-temps méprisé, merise à son tour ; le ccnur se laâe de ses inconstances : comme les vérités, à force d'être connues , ne font plus d'impression; que le goAt de la vertu, pour avofar été trop souvent senti , est émoussé ; que les sacrements ne sont plus qu'une gêne inutile et incommode, on s'en épargne la cérémonie ; on trouve .plus doux de se reposer dans le désordre ; tous les efforts qu'on a faits pour en soriir , qui , n'ayant jamais été sincères , ont toujours été sans succès, nous dégoûtent d'en faire de nouveaux, nous accoutument k nous laisser aller tranquillement k nous-mêmes : comme les démarches qu'on foisoit pour le salut étoient d'autant {dus pénibles , qu'elles n'étoient ni soutenues ni adoucies par un repentir yèritab^, on ne demande pis niteux ipie de les ce^r et d'en
fôO IROISIÈME MMANCHI? T»5 €1ARÊME.
étreqDttté. Anisi Vincooétissce e1]e*nténc non conduit à eefutieflle repos; leiîiigpiratiDiis cessent ; Us rémords s'apaisMit ; tafcônsdenee 8c calme ; les aUernattr^cs do vice et de verta finissent enfliD par en état fixe et tranquille de crime ; les esprits impars rentrent éû pibs grand nombre dans Tame , et j établissent enfin une demeure tionslante Ot perpétuelle : \Ei ingresd habitant ibi.
Et c'est alors que le f^lbnr est comme désespéré, et llntquité roiBOmmée. Yons étiez toaché autrefois à l'approche de la solenirfté (laseale; votis ne Pèles plus : lés discours db piété vous trouvolcnt i ncoro sensible ; ils n'excitent plus que yos dégoûts ou tos censures : ie seul spectacle d'un homme de bien réveiltoit en rous des désirs secrétÈ de rértu ; tous serei le praniérà parler arec dérision de la «^inteté le ses cxeniples : tous ariei encore retenu cèrtamcs pratiques de piété ; vous MsieE enèore de temps en temps cérialnes prières ft Dieu pour lui demander qu'il tous déliyrâl de vos misères : mais depuis que le Seigneur s'est retiré de tous , afa! vous ▼iyrez sans joug et sans règle : tous entasserez monstresur monstre ; pas le plus petit retour sur rous-méme ; plus d^autre trouble que ceux:qui naîtront de tos passions traversées; plus d'autre crainte que de manquer d'occasions de plaisir et de crime; plus d'autre vicissttQdc dans le cœur, que la naissance de quelque nouvelle pas* sien ; plus de sentiment, que pour la volupté; plus de dégoAt , que pour la piété et la justice.
Kh! ne voyons-nous pas aussi tous les jours qu'O n'est paa^e pécheurs plus extrêmes dans leurs désordres , que ceux , qui aprèt atoif suivi quelque temps le parti de la vertu , se rengagent dans les plàisii^; t*t se rendent au monde qu'ils a voient abandonné? H s<?mble que O^eu , indigné de leur apostasie, maudit ces amcs inconstantes et légères ; qu'il les frappe d'aveuglement, les livre à un sens réprouvé et à toute là corruption de leurs désirs : ce ne sont plus des pécheurs ordinaires; ce sont des monstres, sans foi,* sans pudeur , sans aucun Arein qui les retienne ; et leur dernier état devient infiniment pire que le premier. Le monde ne nous fournit que trop tods les 'jours de ces tristes spectacles ; et l'inconstance des pécheurs dans les voies de la piété, et leur retour plus vif et plus extrême qii^auparavant dans le vice, ne lui donne que trop d^occasions de faire des dérisions injustes de là piété même. Non , mes Frères , la vertu ne dégénère jamais en vice médiocre. La manne, cette viande formée dans le ciel ; lorsqu'elle vcnoit à se corrompre sur la terre, dit r Ecriture , elle n'ètolt plus qu'un amas de vers et de pourriture t Scaiere cœpil vermibus^ atque compiumit {Exod,^ xvi , 20). Tel est le sort d'une ame qui , élevée jusque dans le ciel par une conversion sincère, en retombe encore , pour ainsi dire, et vient de nouveau se corrompre sur la terre ; ce n'est plus qu'un spectacle d'bonreor ; elle n'exliale plus qu'une odeur de mort ; ses scandales rrpanâent partout l'infection du vice ; et il n'est pas de oormpUoD,
. . /SUA LlNGONSSlAJICBr kic. ^ 621
dit. on prophète y pire qaela sienne : Corrumpeturputredinepcs* {Û7iJ(Micn., Il, 10). ,., , ,
YiTez-Tons donc encore ^ mon cher Auditeur, dans cesallcrnatives de grâce et de péché? dcclarez-vousenfln; c'est assez balancer entre le ciel et la terre , comme le disoit autrefois un prophète k des pécheurs semblables à vous : Usquequb claudicatU m duos pétries ( 3. RsG. , xYiii , 21 ) ? Si Baal est votre dieu , adorez-le tout seul, à la bonne heure; mais si le Seigneur est le Dieu véritable, n'adorez phis que lui seul aussi < Si Ikfmimu eu Deus^ sequimini eumfsiautem Baal ^ sequimird illum (/& }. Pourquoi 'ces efforts jkrâr revenir au Seigneur, et ces foiblésses qui vous en séparent? pourquoi ces vicissitudes puériles et éternelles, de crime et de vertu? pourquoi ces plaisirs et ces larmes? Ahl ou essuyez vos larmes jpôdr toujours, et recevez votre consolation en ce monde; on n^ dicrchez plu d'autres consolations, ni d'autres plaisirs, que ceux de la grâce et de l'innocence. Fixez-vous enfin : je ne parle ici que pour Tintérét même de votre repos. Quelle vie pénible que Qesjrêvolutions perpétuelles de crime et de repentir ; vous le savez : éternellement combattu^ et par ces troubles secrets qui vous rappellent à Tinnècence, et par ces penchants infortunés qui vous renti'ainent dans le vice ; toujours occupé ^ ou à pleurer vos foiblésses, ou à surmonter vos remords : jamais heureux; soit dans le crime, où vous ne trouvez point de paix; soit dans la vertu, où vous ne pouyez vous faire une situation durable! Ayez donc pitié de votre ame; fixez- vous enfin : établissez une paix solide dans votre conscience : mettez à profit ces derniers traits de miséricorde que la bonté de Dieu laisse encore tomber sur votre cœur. Peut-être touchez -vous à cette dernière inconstance, qui va terminer par Tcndurcissement toutes les inégalités âo' votre vie, et que comme un arbre plus d'une fois mort et déracmé, selon l'expression d'un apôtre, vous allez rester pour toujours sur le côté que vous tomberez : fixez donc dans le devoir toutes les agitations de votre ame, afin que fondé et enraciné dans la charité , vous ne soyez plus un de ces hommes temporels , dont parle Jésus-Christ , qui ne croient en 1 i que pour un peu de temps ; et que vous puissiez un jour aller recevoir dans le ciel la couronne du salut et de l'immortalité, promise à ceux qui auront persévéré jusqu'à la fin. Jinsi soii^il.
ftSS LUNDI BQ LA TROISIÈME SEMAINE.
SERMON