SUR L'AUMONE
entre TOUS et moi; et, deyant son tribanal redoataUe, on terra li vos Yoluptés et T06 profnsioi» toqs étoient plos penniaes que Via* nocent artifice dont je me sers pomr trouYer du sontaganent à mes peines.
Otu, mes Frères, offrons da moins aux malbempeax des ecnra sensibles à leurs misères ; adoacissons dn moins par notre faomanité le joug de Findigenee, si la médiocrité de noti^ fortune ne nous permet pasd'en soulager tontrà-fait nés frères. Hélas ! on donne dans un speclade [nrofane, 'comme autrefois Augustin dans ses égarements, des larmes aux aventures chimériques d'un personnage de théâtre ; on honore des malheurs feints d'une véritable sensibilité ; on sort d'une représoitation le cœur encore tout ému du récit de rinfortnned'un héros fabuleux : et un memlnre de Jésua-Ghrist, et un Iiéritier du ciel , et votre frère que vous renoontrez au sortir de là couvert de plaies , et qui veut vous entretenir de l'excès de ses peines, vous trouve insensible? et vous détournez vos yeux de ce spectacle de rdigion? et vous ne daignez pas l'entendre? et vous Féloignez même rudement , et achevez de lui serrer le cœur de tristesse? Ame inhumaine! avez-vous donc laissé toute votre sensiU*lité sur un théâtre infâme? le spectacle de Jésus-Christ souffirant dans un de ses memlnres, n'offre-t-il rien qui soit digne de votre pitié? et faut-il faire revivre, pour vous toudier, TanAition, la vengeance , la volupté , et toutes les horreurs des siècles païens?
IMais ce n'est pas encore assez d'offirir des cosors sensibles aux ndflères qui s'offirênt à nous; la charité va plus loin t die n'attend pas que le hasard lui ménage des occasions de miséricorde; die sait les chercher et les prévenir eUe-méme. Dernière règle : la vigilance de la charité. Jésus-Christ n'attend pas que ce peuple indigent s'adresse à lui et vienne lui exposer ses besoins, il les découvre le premier : CUtn $ubUwi$$et ocuhs Jésus, ei îddissei ( Joan., vi , 5 ) ; à peine les a-t--il découv^, qu'il commence à dierchor avec Philippe les moyens d'y remédier. La charité qui n'est pas vigilante, inquiète sur les calamités qu'elle ignore, ingéniense à découvrir cdleaqui se cachent, qui a besoin d'être soUidtée, pressée, importunée , ne ressemble point à la charité de Jésus-Christ : il faut vdl- 1er, et percer les ténèbres que la honte oppose à nos largesses : ce n'est pas ici un simple conseil , e'est une suite du précepte de Taumùne. Les pasteurs , qui sont les pères des peuples, sdon la foi, sont obligés de veiller sur leurs besoins spirituels ; et c'est là une des plus essentielles fonctions de leur ministère : les riches et puissants sont établis de Dieu les pères et les pasteurs des pauvres, selon le corps s ils doivent donc avoir les yeux ouverts sur leurs misères : ai , faate de vdUer, dles leur échappent , ils sont coupables devant Dieade toutes les suites qu'un secours offert à propos awoit préeaues.
Ce n'est pas qu'on venSle aiiger que vousdéeoavriez tous las
su QUATRIÈME DfitfAMGHR DE CARÊME.
keioiiif Merelid'diie flB« ; nais onexige des soioset des attealioiis : OB exige que TOUS, qui, dans un quartier, lenei le premier irang^ on par vos biens, ou par totre naissance, ne soyei pas enrirmui^ k ▼otrc insa de mille malheureux qui gémissent en secret, dont lesyenx sont tons les joors blessés de h pompe de vos équipages ; et qui . outre leur misère, souffirent encore, pour ainsi dire, detouterotre psospérité: on exige que TOUS, qui au milieu des plaisirs delà cour, M de la TiBe, voyei couler dans vos mains les fruits delà sueur el des travaux de tant d'infortunés qui habitent vos terres et tcs cam pagnes; on exige que vous connoissiez ceux que les fatigues de l'Age et de leurs labeurs ont épuisés, et qui traînent au fend desdiamps les restes de leur cadodté et de leur indigence ; ceux qu'une santé infirme rend inhabiles au travail, la seule ressource de leur misère ; ceux que leur sexe et Tàge exposent à la séduction, et dont vous pourriez préserver Tinnocence. Voilà ce qu'on exige, et ce qu'on a droit d'exiger de vous : voilà les pauvres dont Dieu vous a chargé , et dont vous lui répondrez; les pauvres qu'il ne Msse sur la terre que pour vous, et auxquels sa providence n'a assigné d'autres ressources que vos biens et vos lai^esses.
Or, les oonnoissez-vous seulement? cliarges*vous leurs pasteun de vous les Csire connottref sont-œ là les soins qui vous occupent, quand vous paroîsseï au nûKendevos terres et de vos possessions? Ah I c'est pour exiger de ces malheureux vos droits avec barbarie ; c'est pour arracher de leurs entrailles le prix Innocent de leurs travaux , sans avoir égard à leur misère, an maflieur des temps que vous nous alléguez, à leurs larmes souvent et à leur désespoir : que dhrai-je? c'est peut-être pour opprimer leur folblesse, pour être leur tyran , et non pas leur seignrâr et lew père. O Dieu I ne mau* dissez-vous pas ces races cruelles, et ces richesses diniquilés? ne leur Imprimez- vous pas des caractères de malbe&r et de déscÂttion , qui vont tarir la source des familles, qui font sédMr la radne .d'une orgueilleuse postérité; qui amènent les divbkms domestiques, les disgrâces éclatantes, la décadence et l'extinction entière des maisons? Mdasi on est surpris quelquefois de voir las fortunes les mieux établies s'écrouler tout d'un coup; ces mmis antiques et autrefois si Illustres, tombés dans l'obscurité, ne traîner plus à nos yeux que les tristes débris de leur ancienne SfAendeur ; et leurs terres devenues la possession de leurs concurrents ou de leurs esclaves t ah ! si l'on pou voit suivre la trace de leurs malheurs; si leurs cendres, et les débris pompeux qui nous restent de leur gMrc dans Forgueil de leurs mausolées, pouvcient parler : Yoyezvous, nous diroient-ils, ces marques lugubres de notre grandeur? ce sont les larmes du pauvre que nous négligions , que nous opprimions, qui les ont minées peu à peu, et enfin entièrement renversées : leurs chimeurs ont attiré sur nos palais la foudre du ciel t le Seigneur a soufilé sur oes superbes édifices et sur notre fortune, et Ta
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dbsipée comme de la poussière ; ^e le nom d^ pauvres soit bon^ rnblc à vos yeux, si vous voulez que vos noms ne périsseot jamais de la mémoire des hommes : que la miséricorde souliomie vos maisi)ns, si vous voulez que volrc postérité ne soit puni enseTelie sous leurs ruines 4 devenez sages à nos dépens^ et qae nos maU^aura, en vous instruisant de nos fautes, tous aRfo^euneni à les éviter.
Et voilà, ipes Frères ( pour en dire quelque chose avant de fioiri^ le (ffemicr avantage de Taumône dbrétienne : des béoédicUoni même temporelles. Le pain que Jésus^Christ bénit se multiplie entre las mains des disciples qui le distribuent ; cinq mille bwimes en so^t rassasiés, et douze corbeilles peuvent à peine oonienir les jmies qu'on enlève : c'est-à-dire, que les laiyesses de la chariié sont 4^ biens de bénédiction , qui se multiplient à mesure qu'on les dis* tribue , et qui portent avec eux dans nos maisons une source de bonheur et d'abondance ; c'est-à-dire, que c'est ici ce leyain decharilé caché dans trois sacs de farine, qui étend , grossit, et augmente toute la pâte. Oui, mes Frères, l'aumône est un gain, c'est une usure sainte, c'est un bien qui rapporte ici-bas môme au centfiple* Vous vous plaignez quelquefois (hi contre-temps de vos affairesi rien ne vous réussit, les hommes vous trompent, vos concqrrents vous siipplantent, vos maîtres vous oublient, les éltoients vou(| contrarient, .les mesures les mieux concertées échment t associez-» vous les pauvres ; partagez avec eux l'accroissement de votre for-^ tune, augmentez vos largesses à mesure qne votre prospérité aug» mente , croissez pour eux comme pour vous ; alors le succès de vo« mtreprises serçi l'affaire de Keu même; vous aurez trouvé le secret de rintéresser dans votre fortune, et il préservera, qne disrje? il bénira , il multipliera des biens m il verra mêlée la portion de ses membres affligés*
C'est nne vérité oonfirmée par l'expérienoe de ieus les siédes ^ on voit tous 1^ jours prospère»* des familles charitables : une Ifro^ videiif e attentive préside à leurs affaires : où les autres se ruineni , elles s'onricbissent : oq les voit croître, et l'on ne voit pas le canal secret qui porte chez elles l'accroissement : ce sont de ces toisons de Gédéon, toutes couvertes de la rosée du ciel, tandis que tout ce (ui les environne n'est que stérilité et sécheresse. Yoqs-même qui m'écoutez, peut-être que Ica grands biens dont vous faites «lyoupd'hui un usage si peu chrétien; peut-être que les titres et les di^ gnités, drat vous avez hérité en naissant, sont les fruits de la charité de vos ancêtres : peut-être vous recueillez les bénédictions promises à la miséricorde , et vous moissonnez ce qu'ils ont 9emé ; peut;-étre que les largesses de la charité ont jeté les premiers fon« déments de votre grandeur selon le monde, et commencé votre gétiéak^ic» pout-être c'est elles du moins qui ont fait passer jusqu'à nous les titres de votre <»igioe«
Csr^ je vous prie» mes Frères, cpii a cfmmyék la postérité b
886 QUATRIÈME DIMANCHE DE GARËBfE.
taœndiiioede tant de Btais iUmU^ qae noos respecbms aiqo^ d^lMii , ti ce n'est les libèralilés qne leurs anoMres flbrent «ntrerois à Doe églises? C'est dans les actes de ces pienses donations, dont nos temples ont Mé dépositaires, et qne la reoonnoiaBanee seide de l'Eglise, et non k tanité des fondateurs, a conserrés, qu'on Tidierdier tons les jours les plus anciens et les plus assurés monnmenta de leur anlii|nité:touslesautres titres ont péri; tout ce que la Tanilé seule avoit Aéré a presque tout élé détruit ; les révolutions des temps et des maisons ont anéanti ces annales domestiques, on étoit marquée ksuiledeleursa!eux,etla gloire de leurs aKianoes; et tous avec permis, 6 mon Dieu! qne les monumentade la miséricorde subsistassent ; que ce que la charité atoit écrit ne fût jamais eflMé, et qoe les largesses saintes fassent les seuls titres qui nous restent de leor ancienneté et de leur grandeur devant les hommes.
Tel est le premier avantage de la miséricorde. Je ne dis rien du plaisir même qu'on doit sentira soulager ceux qui souflBrent , à faire des heureux, à régner sur les coeurs, à s'attirer l'innocent tribut de lenrs acclamations et de leurs actions de grâces. Eh l quand il ne nous reyioidroit que le seul ptaisir de nos largesses, ne seroientelles pas asseï payées pour un bon cœur? et qu'a de |dus délicieux ta majesté même du trtae, que le pouvoir de fafare des grâces? les prtaoes seroient-lls fort louches de leur grandeur et de leur puâ^ aanee, iTib éUrient oondamnésr à en jouir tous seuls? Non, mes Frères ; faites servir tant qu'il vous ptaira vos biens à vos plaisirs , i vos profusions, à vos caprices, vous n'm ferei jamais d'usage qui vous taisse une jde plus pureet plus digne du cœur, qu'en soulageant les malheureux.
Quoi deplusdoux, en eitet, queue pouvoir coi^ter qu'il n'est pas un moment dans ta journée, où des âmes affligées ne lèvent pour nous les mainsaudél, et ne bénissent ta jour qui nous vit naître? Ecoutes cette multitude que Jésus*<9irist vient de rassasier; les afars retentissent de lenrs bénédictions et de leurs actions de grâces ; ita s'écrient que c'est un prophète; ib veulent l'établir roi sur eux. Ah! si les hommes se donnoient des maîtres, ce ne se- Toient ni les plus nobles, ni les plus valllanto qu'ita choisiroient ; oe seroient les |dns miséricordieux, les plus humains, les pins bienfaisante, les plus tendres; des maîtres qui fussent en même temps lenrs pères.
Enfin , je n'ajoute pas que l'annitee dirétienne aide à expier les crimes de l'abondance ; et qoe c'est presque Tunique voie de salut que ta Providence vous ait ménagée, à vous qui êtes nés dans ta prospérité. Si l'aumtee ne ponvoit pas servira racheter nos offenses, nous nous en plaindrions, dit saint Ghrjsoslôme; aoiis trouverions mauvais que IHen eAt ùié aux hommes un mojen al fiicile de salut t du moins durions-nous : Si à force d'argent on poQvoit se faire ouvrir les portes du dél et acheter de tout son bien
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la gloire des Sainte» oo seroit heureux. Eb Men, mon Frère, cootinae saint GhrysosUtene, profitez de ce privilège, puisqu'on toqs l'accorde; bàtez-yous, avant que vos richesses tous échappent, de les mettre en dépôt <bns le sein des pauvres, comme le prix du royaume étemel : la malice des hommes vous les aBr<rit peut-être enlevées ; vos passions les anroient peut-être englouties ; les révolutions de la fortune les auroient peut-être fait passer en d'autrcs mains, la mort du moins vous auroit forcé tôt ou tard de vous en séparer i ah 1 la charité seule les met à couvert de tous les accidents ; elle vous en rend éternellement possesseur ; elle les met en sûreté dans les tabernacles étemels, et vous donne le droit d'en aller jouir dans le sein de Dieu même.
^ N'étes-vous pas heureux de pouvoir vous assurer l'entrée du ciel par des moyens si faciles? de pouvoir, en revêlant ceux qui sont nus, ellacer du livre de la justice divine les immodesties, le luxe, les nudités , les indécences de vos premières années? de pouvoir, en rassasiant ceux qui ont faim , réparer tant de carêmes mal observés , les abstinences, dont l'Église vous fait une loi , presque toujours violées , et toutes les sensualités de votre vie? de pouvoir enfin, en mettant Tinnocence à couvert dans les asiles de miséricorde , faire oublier à Dieu la perte de tant d'ames , pour qui vous avei été un écueil et une pierre de scandale? Grand Pieu! quelle bonté pour Thomme, de nous faire un mérijLe d'une vertu qui coûte si I eu au cœur 1 de nous tenir compte des sentimente d'humanité dont nous ne saurions nous dépouiller, qu'en nous dépouillant de la nature même 1 de vouloir accepter pour le prix du royaumeéterncl des biens fragiles que nous tenons de votre libéralité ; que nous n'aurions pu toujours conserver ; et desquels, après un usage court et rapide, il auroit fallu enfin se séparer ! Cependant la misMcorde est promise à celui qui l'aura faite : un pécheur encore sensible aux calamités de ses frères, ne sera pas long-temps insensible aux inspirations du ciel i la grade se réserve de grands droite sur une ame où la charité n*a pas encore perdu les Aon t un bon coeur ne sauroit être long-temps un cœur endurci t ce fonds d'humanité tout seul , qui fait qu'cm est touché des misères d'autrai, est comme une préparation de salut et de pénitence; et la ccmversioB n'est jamais désespérée, tandis que la charité n'est pas encore éteinte. Aimez donc les pauvres^ comme vos frères, secourei-les commevoi enfante, respectez-les comme Jésus-Christ lui-même, afin qu'O vous dise au grand jour : Fenez, les bénis de mon Peref possédez U royaume qui îfous esi préparé ^ p<trceque fai^ois faim ^ et vous m'avez rassasié: fétois malade ^ et vous m* avez soulagé f car ce que vous avez fait au moindre de mes serviteurs , vous f avez fait à moi-mém^ CMatth., XXV 34 et seq.). C'est ce que Je vous souhaite. Ainsi soit-'ilm
SERMON
ffiME LB LOilDl DK Là QOATRIÈlfB SElIAm DB CAUtlOL
iim U MtDttAlICI.
ijfH€ a^tim Jumi mtm ertdtèmt ttmêiipswm fis, Mib Jém M M Mt point à «a. (JKiN, ii, ti.)
Céloicot ces mêmes pharisiens qui renoi^l de décrier dans l'esprit du pea^ la conduite de Jèsos^airist» et d'envenimer linnoesDoe et la sainteté de ses paroles, qni font semblant de croire en loi, et de se ranger parmi ses disciples. Et tel est, mes Frères, le eaniolère da détractear,. de cadier sons les ddiors de Teslime et les dooceors de l'amitié , le flèl et Pamertnme de la médisance.
Or, quoique ce soit ici le senl vice que nulle circonstance ne saurait Jamab excuser, c^est cetni qu'on est le plus ingénieux à se déguiser è soi-même , et à qui le monde et la piété font aujonrd'lini l^os de grâce. Ce n'est pas que le caractère du médisant ne soit odieux itovant les liommes comme fl est abominable aux yeux de IHeu, selM rexpression de l'Esprit saint t mais on ne comprend dans OB nombre que certains médisants d'une malignité plus noire et plus grossière, qui médisent sans art et sans ménagement, et qui, avec assex de malice pour censurer, n'ont pas assez de cet esprit qu'il Cftut pomr plaire t or les médisants de ce caractère sont plus rares; et si Ton n'avoit à parier qu'à eux, il suflBroit d'exposer ici ce que la médisance a d'indigne de la raison et de la religion , et en Inspirer do rborrear à ceux qui s'en reconnoissent coupables.
Mids il est une autre sorte de médisants qui condamnent ce vice, et qui se le permettent ; qui dèdnrent sans égards leurs firères, et qui s'applaudissent encore de leur modération et de leur réserve; qui portent le trait jusqu'au oœur : mais , parcequ'il est plus brillant et |»lU8 allHé , ne voient pas la plaie qu'il a faite. Or, ce genre de médisants est répanda partout , le monde en est plein $ les asQes saints n'en sont pasexempts : ce vice lie les assemblées des pécheurs ; il entra souvent dans la société même des Justes : et l'on peut dire ici que tons se sont écartés du droit sentier, et qu'il n'en est pas un irai qui ait conservé sa langue pure et ses lèvres innocentes.
n importe donc , mes Frères , de développer au jonrd'lrai l'ilhi- •km des prétextes dont on se sert tous les jours dans le monde pour justiier ce viœ, et de l'attaquer dan^ les dreonstences où vous le croyez le plus innooent t car de vous le dépeindre en général avec tout ce qu'il a de bas , de cruel, d'brrépimble, vous ne vous reeonnoltrlei point à des traits si odîenx) et , loin de vous en inspirer
StJft LA MÉDISANCE. M»
rhoftenr. Je TOMâlteoit à tous ] D'en ék» pa» conpdiki.
Qr quels loni les |Nrélattei qui adonctamt, on qoi jiHlifieDtt imiou lD,irke de k oMiflanœ? C'eil praMUranen^ dfviMntoqaeTewoeMuei I OB ee penoftdeqM pai we elhIrB d'en être ooiqpeble, fl n'j a pai «oMi grand md d'en étieeeiMiir.G'etten second Uea la notoriété piAli^ q«rf, ajaoid^initnittean qoi nous écoutent de ceqoTfl y aderéfvéheariUe dans notre frtre, firit qne sa répatatien ne perd rien par nos discours. Enfin, kièle de la Téritéetdek glofredelMea, qninenoos permet pas denooslalresiirks dérèglements qnik déshonorant. Or <qpposons à ces trois prétextes trois yérités inoonlestablea. An prétùle de k légèreté des défrals ; qne pins ks défonts que rons censnrei sont légers, pins k médisance est injnste ! premkre vérité. Ani^étexte de k notoriété pnMiqne; qoe pfaisks défants de nos frères sont connus, pins k tnédisance qni ks censnre est cmélle t seconde vérité. An préteite 4n sèle; que k même chariiè qni nous kit liàlr saintement les pécheurs, nous kit couvrir k nndtitude de leurs kntes t dernière vérité. Implorons , etc. jive , Maria,
la Ittigue, ditnnapMre, est un feu déforant i un monde ^ un assemlikge d'iniquité) un niai taquiet) une source pleine d'un ^^ mamoiiiûiLiHguaïgnitêHf umperritoi iniquUaiU i tnqmetum malumfpUna pcmeno mortifero (Jacob., m, 6, 8). Et voOà ce que j'appliqMTok à k kngue du médisant , si f avols entreprto de ^^ donner une idée juste et Mrtnrdle de toute l'énormité de ce vice : )e tons anrok dit que k langue du détracteur est un feu dévorant, qui flétrit tout ce qu'il touche; qui exerce sa fureur sur le bon grak, comme sur la paffle; sur le profane, comme sur k sacré; qnine kisse partout où il a passé, que la ruine et k désokticms qui creuse jusque dans ks entrailles de k terre , et va s'attacher aux choses ks plus cachées; qui change en de viles cendres, ce qni nous avoit paru il n' j a qu'un moment si précieux et si brilknt ; qui, dans k temps même qu'U parott couvert et presque étekt, agit avec plus de violence et de danger que jamais ; qui noircit et qnll ne peut consumer, etqui sait pklre et briller quelquefois avant que de nutoe : Lingua ignit est. Je vous aurois dit que k médisance est un assembkge d'iniquité : un orgueil secret, qui nous déeouvrek pailk dansl'oBD de notre fMre, et nous cachek poutre qni est dans k nôtre > une envk basse > qui blessée des tolents ou de kpnisp«ritéd'autrui,enkitksujetdesa censure » et s'étudie à obsaardr l'édat de tout ce qui refface i une haine déguisée, qni répand sur ses paroles l'amertume cadiée dans k ooBur i une duplicMé indigne, qui loue en face et déchire en secret : une légèreté
MO LUNDI DE LA QUAtAIEME SEMAINE.
h<^|nqa^ y qni i^gait paa ae ▼tjncrectse rettnirtor oattiOtt ttqai sacrifie mmyeBi sa fortune et son repos , à rimpradenoe d'aile œor sure qui sait plaire t UMbarbarie de aang-froid, qoi n pereer Tolie frère absent s im scandale, oÙTonftétesnnsojetdecimteet de pédiéà ceux qni toos éoonlent i une iqasHee, oà TOds raviaset à ^otre fMre ce qa'il a de plus cher : Lingua, umpemtaê irdqukatiê. Je Tousaôrols dit qae la médisanoe est on mal inqirfet , qui trrabk Usodété ; 4|ai jette k dissension dans les^xmnet dansles Tilles ; qni désunit les amitiés les plos étroites; qoi estla souroe des haines et des yeogeenoes ; qni remplit tons les Ueux où eUe entre de désordre et de confnsioni partont ennemie de la paix, de la doncenr, de la politesse dirétienne : Lingua » inqtUetum maimm. Enfin , j'anrois qonté que c'est one sonroe pleine d'nn yeidn mortel ,• que tout ce qni en part est infecté, et infecte toot ce qoi renyironne} qne ses louanges mêmes sont empoisonnées, ses ap* plaudissem^ts malins, son silence crimind; qne ses gestes, ses mouyements, ses r^ards, que tout a son poison, et le répand à sa manière : Lingua pUna penerio mortifero.
Yoilà ce que j'anrois dû vous dévdopper pfauan long dans tout ce discours, si je ne m'étois proposé que de tous peindre toute llioiTenr dn vice que je yais combattre : mais je l'ai déjà dit { ce sont là deces inyectîyes puMiques, que personne ne prend pour soi. Plus nous représentons ieyioe odiçnx , moins on s'j reoonnott soi-même i et quoiqu'iHi coD?ienne du principe , on n'en fait aucun usage pour ses mœurs ; paroequ'on trouve toujours dans ces peintures générales, des traits qui ne nous ress^nUent pas. Je yeux donc me borner ici à tous (aire sentir toute l'iiûustkè de ce qui yons parolt le plus innocent duis la médisance ; et de peur qne yo» ne yous méconnoissiez à coque nous en dirons, ne Tattequer que dans les prétextes dont vous vous seryez tons les jours pour la justifier.
Or, le premier prétexte qui autorise dans le monde presque toutes les médisances, etqui fait que nos entretiens ne sont jusque des censures éternelles de nos frères, c'est la légèreté prétendue des vices que nous censurons. On ne voudrait pas perdie un bomme de réputation, et ruiner sa fortune, en le déshonorant dans le monde; flétrir sa femme sur le fond de sa conduite , et en venir & des points essentiels : cela seroit trop noir et trop grossier : mais sur mille défauts qui conduisent nosjpgementsàles croire coupables de tout le reste ; mais de jeter dans Tesprit de ceux qui nous éaoutent, mille soupçons qui laissent entrevoir ce qu'on n'oserait dire ; mais de fairo des remarques saUriques qui découvrant du m^ntèm où personne n'en voyoit auparavant; mais de donner du ridicule, par des interprétations empoisonnées , à des numiôreB q«ri jnsqœlà n'avoient pas réveillé l'attention ; mais de laisser tout entndve sur certains points, en protestant qu'on n'y entend pas finesse soimême {C'est de quoi le monde fait peu de scrupule; et qwi|na les
SUA LA MEDISANCE. «ti
mùêb, lesdrooDSlûioes, teniitesdeottdiflàoiMaainttièicrfmiMilfls , la^giletd eo «oM la mdigtdté myvte de 00111 qui nous éooBicnt, ef Bomea cadn le erimeà wm^wt/nm*
Je di8i|MBEUremeiii4tt motifs. Je eais que tfest par l'iaueeiiOQ de rintendoD snrtoBt, qa'oo ie jnsÉiSe; qoe.wiisiioiis diiee fous les jMfB^-qùe votre dessein n'est pan: de Oétrir la lépnlAtion de ▼etf» Mm 'r fliaie de yOnsréjooilf ImioeemnieBl snr des débaits qui. ne le ddsbonoreiit pas dans le mondes Tons réjonir de tes défsnlSi niea' dier Atiditenr ! Mais qaeUe eA eelle joie cmélle foi porte la tristesse et l'amertmne dans le ccsar de votre frèvep mais où est Pinnoceaoe d'nn plaisir, lequel prend sa source dans des vices qni devroient vous inspirer de la compassion et de la doilleiir ? mais si Jéébs-Ghrist noms défend dans TÉvangile d'amnser Femmi des oonversatièns par des paroles oiseuses, vous sera-t-il plos parmisde l'égayer par des dérisions et des censures ? mais si la loi maudit celui qui découvre la honte de ses proches , serez-vous plus à couvert de ta malédiction, vous qui ajoutez à cette découverte la raillée et llnsulte? mais si celui qui appelle son frère d'un terme de mépris, est digne y selon Jésus-Christ , d'une punition étemelle; celui qui le rnid le mépris et le jouet d'une assemblée profane , évitera-t-il le même supplice ? Vous réjouir de ses défauts l Mais la charité se réjouit-eUe du mal? mais est-ce là se réjouir dans le Seigneur, comme Tordonne l'Apôtre? mais si vous aimez votre frère comme vods-méme , ponvez-vous vous réjouir de ce qui Tafllige ? Ah I ITglise avoit horreur autrefois des spectacles des gladiateurs, et ne croyoit pas que des Odëles^ élevés dans ta douceur et dans ta bénignité de Jésus Christ, pussent innocemment repaître leurs yeux du sang et de ta mort de ces infortunés esctaves, et se faire undé^ tassement innocent d'un ptaisir si inhumain. Mais vous renouvelez vous-même des spectacles plus odieux pour égayer votre ennui 1 vous amenez sur ta scène, non plus des scélérats destinés à ta mort, mais des membres de Jésus-Clirist , vos frères ; et U vous réjouissez les spectateurs des plaies que vous faites à leur personne, cou* sacrée par le baptême !
Faut-O donc qu'O en coûte à votre frère pour vous réjouir i ne sauriez- vous trouver de joie dans vos entreUens, s'U ne fournit, pour ainsi dire, son propre sang à vos ptaisirs injustes? Edifiez^ vous les uns les autres, dit saint Paul, par des paroles de paix ei dé charité ; racontez les merveilles de Dieu sur les Justes , l'Ûstoire de ses miséricordes sur les pécheurs : rappelez les vertus de ceux qui nous ont précédés avec le signe de ta foi : faites-vous un saint délassement du récit des pieux exemples de vos frères avec qui TOUS ?ivez : parlez avec une joie religieuse des victofares de ta foi ; de l'agrandissement du règne de Jésus-Christ; de l'établissement de ta véritéj de. l'extinction des erreurs; des grâces que Jésus- Christ fait à son Eglise , en lui suscitant des pasteurs fidèles, des
docteur' édilrtiy été priDOês itaUgieiUL: aïkBiBV'Toos à la i^orlo: par là Toe du peu de sofifité da monde, d« yiéé de mé ptaUra , et de la misère des péAenn qui te Urreiit à leon paasiûiit dévéglées. Eit-ce qaé eet grands objets ne soat pas digaes delà joledea chrétiens ? c'est ainsi pourtant que les i^remiers fidèlesae réjeuia^ 0Oient dans le Sdgneor , el bdsoimt de la doaœor de knrs antretiens nUe des pins siintes consolations de leors calamités tempo* tdàeà. C'est notre ocenr, mes Frères, qni décide de nos plaisira s on conr corrompu ne tronve de joie qne dans tontceqot loiraiK peile rimage de ses yices : les joies ionooentes ne conviepacsit qa'à la yertn.
En ^et , Tons excusez la malignité de vos censures sur rinoo» cence de yos intentions. Mais approfondissons le secret de votre cœur : d'où vient que vos cMisures portent toujours sur cette per-sonne , et que vous ne vous délassez jamais plus agréablement et avec plus d'esprit, que lorsque vous rappelez ses défauta? Ne seroit*ce point une jalousie secrète? ses tdents, sa fortune,. sa faveur, son poste, sa réputation, ne vous Uesseroieni-ib pas enotMre plus que ses défauts? le trouveriez-vous si digne de censure, s'il ' avoit moins de qualités qui le mettent au-dessus de vous? seriezvons si aise de faire remarquer ses endroits foiides, si tout le monde ne lui en trouvoit pas de fort^avanfageux? SaiU amroit-il redit si souvent avec tant de complaisance, que David n'étoitque le fils dlsal, s*il ne l'eût regardé comme un concurrent plus digne que lui de l'empire? D'où vient que les défauts de tout autre vous trouvent plus indulgent? qu'ailleurs vous excusez tout, etquld tout s'envenime dans votre bouche? Allez à la source ; n^ a-t-il pas quelque racine secrète d'amertume dans votre cœur? ^ pouvez-vous justifier, par l'innocence de vos intentions , des discours qui partent d'un principe si corrompu ? Tous nous assurez que ce n'est ni haine, ni jalousie contre votre frère ; je le veux: mais n'y auroit-il pas peut-être dans vos satires des motifs encore plus bas et plus honteux? n'affectez-vous pas de censurer votre frère devant un grand qui ne l'aime pas? ne voiâez-vous pas faire votre cour et vous rendre agréable, en rendant votre frère un sujet de risée on de mépris? ne sacrifiez-vous pas sa réputation à votre fortune? et ne cherchez-vous pas à plaire, en donnant du ridicule à un homme qui ne plaît pas? to cours sont si remplies de ces satires d'adulation et de bas intérêt! Les grands sont à plaindre dès qu'ils se livrent à des aversions injustes : on a biaitôt trouvé des vices dans la vertu même qui leur déplatt.
Mais enfin vous ne vous sentez point coupable, dites- vous, de tous ces lâches motifs ; et s'il vous arrive quelquefois de médire de vos frères , c^'est en vous pure indiscrétion, et légèreté de langue. Mais est-ce donc par-là que vous vous croyez pltu innocent ? la légèreté et l'indiscrétion ; ce vice si indigne da la gravité du chrè-
tto, ri «Idgiié toiArleia et de lasoliditédeliM,^ MMi^ éêmaé dens le^ liyre» saiuUi peut-il justifier ui^ wtre yiee? Et qa'importei votre fr^ que tous dédûres, que oe w^ en vow indiscréttoQ oa palice? mi dard dteocbé imiNEiideiniiient ftui(-U «ne plaie mcjna daogereqse et iiiûiiis profonde qoe oekii qa'oii i^ tif^ i dcwein? le eoiip niortel que tous portez à votre frôreesMl plqa légor, parceque c'est f imprudenoe et la légèreté qui Font lancé i et que bH rînnoceooe dje Tintention où Faction est nn crime? mai^ ^ d'aillears , n'en est-ce pas on, d'être capable d'indiscrétion sor b^ réputation de vos frères ? Y a-t-il rien qui demande plus de drcoq* spectioa et de prudence? tous les devoirs du christianisme ne sont-ils pas renfermés dans celui de la charité? n'estœ pas là, pqur ainsi dire, toute la rdigion? et n'être pas capable d'attention sur un point aussi essentiel , n'est-ce pas regarder comme un jeu tout le reste? Abl c'est ici où il faut mettre une garde de circonspection smr sa langue; peser toutes ses paroles, les lier dans son cœnirl comme dit le Sage, et les laisser mûrir dans sa bouche [EccU,^ xxvui, 28, 29). Vous échappe-t-il jamais de ces discours indiscrets contre vous-même? manquez-vous quelquefois d'attention sur ce qui intéresse votre honneur et votre gloure? Quels soins infatigables 1 qudles mesures! quelle industriel dans quel détail vous voit-on descendre pour la ménager et l'accroître ! S'il vous arrive de vous bUmer, c'est toujours avec des circonstances qui font votre éloge s YWS ne censurez en vous que des défauts qui vous fout honneur; et en avouant vos vices, vous ne voulez que raconter vos vertus ; l'amour de vous-même ramène tout à vous. Aimez votre ffère comme vous vous aimez , et tout vous ramènera & lui ; cl vous serez incapable d'indiscrétion sur ses intérêts, et vous n'aurez ^us besoin de nos instructions sur ce que vous devez à sa réputation et à sa gloire.
Mais si ces médisances, que vous appelez légères, sont criminelle^ rfyiyi leurs motUs, elles ne le sont pas moins dans leurs circon* stances.
Je ponrrois d'abord vous fSedre remarquer que le monde familiarisé avec le crime, et qui, à force de voir les vices les plus criants deveanus les vices éb la multitude, n'en est presque plus touché, appelle légères les médisances qui roulent sur les foi- Uesses les plus criminelles et les plus honteuses : les souj^ns d'infidélité dans le lien sacré du mariage ne sont plus un décn formdi, et une flétrissure essentielle; ce sont des discours de dérision et de plaisanterie : accuser un courtisan de perfidie et de mauvaise foi, ce n'est plus attaquer scm honneur, c'est donner du ridicule aux protestations de sincérité dont il nous amuse i rendre suspecte d'hypocrisie la piété la plus sincère, ce n'est pas outrager Dieu dans ses Saints, c'est un langage de dérision que l'usage a rendu commun^ en unmot , hors les crimes que l'autorité publique pu
■il, et qui nous attireot, oa h dhgraoe da mallre, oala perte ées biens et de la Hortone, toat k reste porott léger, et devient le rajef ordlniaife des entretiens et des censures pnbUqoes.
Mais ne poossons pas plus loin cette réflexion. Je yeox que les défauts qne toqs publiez de votre frère soient légers : {Ans ils sont légers, plus tous êtes injuste de les rdever : plus fl mérite que vous miei d'indulgence à son égard : plus il faut supposer en tous une malignité d'attention à qui rien n'échappe ; une dureté de naturd, qui ne sauroit rien excuser. Si les défauts de votre frère étoient essentiels, vous l'épargneriez; vous le trouveriez digne de votre indulgence ; la politesse et la rdigion vous feroient un devoir de vous taire : di quoi I pareequ'il n'a que de légères foiblesses , vous le trouverez moins digne de vos égards? ce qui devroit voos le rendre respectable, vous autorise à le décrier ? N'étes-vous pas devenu au dedans de vous, dit 1* Apôtre, un juge de pensées injustes ? el votre oeil n'est-il donc méchant, que parceque votre frère est bcm ?
D'ailleurs, les défauts que vous censurez sont légers : mais en auriez-vous hi même idée, si Ton vous les reprocboit à vous-même? Quand il vous est revenu certains discours tenus en votre absence, lesquels, à la vérité, n'attaquoient pas essentiellement votre honneur et votre probité, mais qui répandoient dans le public quelquesunes de vos fcriblesses, quelles ont été vos dispositions ? Mon Dieu! c'est alors que l'on grossit tout; que tout nous paroit essentiel ; que, peu content d'exagérer la malice des paroles, on fouDle dans le secret de l'intention, et qu'on veut trouver des motifs mcare plus odieux que les discours mêmes. On a beau nous dire alors que ce sont là des reproches qui n'intéressent pas l'essentiel, et qui au fond ne sauroient nous faire tort : on croit avoir été insulté, on en parle; on s'en plaint, on éclate , on n'est plus maître de son ressentiment ; et tandis qne tout le monde blAme l'excès de notre sensibilité, seuls nous nous obstinons à croire que l'afllrire est sérieuse, et que notre honneur y est intéresse. Servez-vous donc de cette règle dans les défauts que vous publiez de votre frère ; appliquez-vous l'ofibuse à vous-même: tout est léger contre lui ; et sur ce qui vous touche, tout parott essentiel à votre orgueil , et digne de vengeance.
Enfin , les vices que vous censurez sont légers : mais n'y ajoutez vous rien du vôtre? les donnez-vous pour ce qu'ils sont? ne mêlezvous pas au récit que vous en faites , la malignité de vos conjectures?neles mettez-vous pas en un certain point devueqni les tiredc leur état naturel? n'embeUissez-vous pas votre histoire? et pour faire un héros ridicule qui plaise , ne le faites-vous pas tel qu'on le souhaite , et non pas tel qu'il est en efiet ? n'accompagnez-vous pas vos discours de certains gestes qui laissent tout entendre? de certaines expressions qui ouvrent l'esprit de ceux qui vous écoutent à mille soupçons téméraires et flétrissants ? de certahi silence même qui donne plus à penser que tout ce que vous auriez pu dire? Gar,
SDR LA Mtia>ffiAlfGB. 665
qii'ileii ^Miiladeseteair dttiisleskeraeBdekTàritéqiiMi od Q'«ft pins dans odles de la charité I ptos œ que Ton oeoMc^ eal léger, plus riiapostare est à craindre: il faut enAellir ponr se faire éooBler; et Fon devient cakmniatear) oàronn'aToitpascniniéaMi 4tre médisant.
YoOà les droonslanoes^ qui rena regardent ; mm si , à cet éf^ard , les médisances cpie Tons crofea légères sont très crimineUes , le serent-èUes moins par rappwt ans personnes qu'elles attaquent?
Premièrement, die est peat-étre d'an sexe, où sur certaine points principalement les taches les pins légères sont essentielles; où toat brait est on déshonneur public; où toute raiHerie est un outrage ; où tout soupçon est une«ocnsatioa ; en un mot, où n'être pas loué, est presque un affront et une infaiÉnie. Aussi saint Paul veut que les femmes chrétiennes soient ornées de pudeur et de modestie; c'est-à-dire il veut que ces vertus soient aussi visibles en dks que les ornements qui les couvrent ; et le plus bel élo|^ que r£sprit saint fasse de Judith , après avoir parlé de sa beauté , de sa jeunesse et de ses grands biens» est qu'il ne s'étoit jamais trouvé personne dans tout Israâ qui eût mal parlé de sa c(Hiduite,etquo sa réputation répmdoit à sa vertu.
Secondement, vos censures s'en prennent peut«étre i vos maîtres ; à ceux que la Ihrovidence a établis sur vos têtes, et auxquels la loi de Dieu vous ordonne de rendre le respect et la soumission qui leur est due. Car l'oitni^ qui n'aime pae la dépendance se dédommage toujours en trouvant des foiUesfes et des défauts dans ceux auxquels il est forcé d'obéir : plusib sont élevés, plus ils sont exposés i nos œnsures; la malignité mémo est bien plus éclairée i leur égard; on ne leur pardonne rien : ceux qudqurfoisqui sentie pUis accaUés de leurs bienfaits, ou le plus honcnrés de leur fjBumiliarité, sont ceux qui publient avec plus de tëmteité leurs imperfections et leurs vices; et outre le devoir sacré du respect qu'on viole, on se rend enowe coupaUe du crime làdie et honteux de l'ingratitude.
Troisièmement, c'est peut-être une personne consacrée à Dieu, établie en dignité dans TEglise, que vous censures; laqudle en* gagée par la sainteté de son état à des morars plus irrépréhensUdes, pta» exemplaires et {dus pures, se trouve déshonorée et flétrie par des censures, qui ne feroient pas le même tort à des personnes engagées dans le monde. Aussi le Seigneur, dans TEcriture, maudit ceux qui ne feront même que toudier à ses oints. Cependant les traits delà médisance ne scmt jamais plus vifs, plus brûlants, pins apidaudis dans le monde, que lorsqu'ils patent sur les ndnistres des saints auleb s le monde, si indulgent pour lui-même, sendile n'avohr owservé de sévérité qu'à leur égard; et il a pour eux des yeux plus censeurs, et une langue plus empoisonnée que pour le restedesiiQmaies.Ilest vrai, ômonDieul que notre conversation parmi les penplm n'est pas toujours sainte, et à couvert de tout re-
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il qneMMtdopItDtMNifaitlttnMnn, le I goifltwM, k» plaiain ta monde, qM nous amtaM 44 ôoubiltei foeMOS MMstroBi au fldAies irinsd'exeiiiplegd'orgQeil élilff«t» gMgnoe qwe de ^«tt^ que momnvmtmê pkm jaloox tle»|ueééninenoes que des deroin de notre éCal; et qu'il est dillciie que b moatehonoremi esni^Are, qMaMsdé8kQnôroi»BOOs^inéiiies« Mais jevoQsl'riMsoQTenl, mes FMrei, im» iofldéUlés dcrmisot fidf» le sujet de ▼oelannes, plulèl que de TOtre joieet de ?os eènstrai t Dieu punit d'onikieire les déréglettMUts des peu|des par II eorrnptioD des prêtes; et le plus terrible Iléau dont il finppe ku Myyaune» et les empires, c'est de n'y peikit susciter des pasienvsfé' nèraUes et des ministres léiés, qui s'oppeseot au torrent des éto* solutiotts ; c^est de permettre que la foi et la rdigkm s'ailbibUsseiit jusqu'au mttiett de ceux qui en sont les déCBnsemrtet lesdipesl* taires ; c'est que la lumière qui étolt destinée à tous édairer se change en tènét^es; que les coopératears de ToUre salut aident par leurs exemplesà rotre perte; que du sanctuaire même d'eà ne d^ TToit sortir que la bonne odeur de Jésus-Gbrist, il en sort une odeur de mort et de scandale; et qu'enin l'abominatiott entre jusque dans le lieu saint. Mais d'ailleurs, que change le relAchement de non uMBurs à la sainteté du caractère qui nous consacre? les vases acrés qui servent à l'autel, pour être d'un métal vil, 8ont4ls moinn dignes de votre respect ? et quand le ministre mériteroit voa mépriai seriez-vous moins sacrilège de ne pas respecter son ministère ?
Que dirai-je enfin ? vos détractions et vos censmresattaquent peut* élre des personnes qui font une profession publique de piété, et doal ceux qui vous écoutent respectaient la vertu. Vous leur peranados donc qu'ils en avoient trop cm : vous les autoriser k penser qaTi ya peu de véritables gens de bien sur la terrei que tous ceux qÛToB donne pour tels, examinés de près, ressemblent au reste des hommes : vous confirmez les préjugés du mcHide contie la vérin, et donnez un nouveau crédit à ces discours si ordinaires et si injn* rieuxà lardigion, sur la piété des serviteurs de Jésua-Ghrist. Or tout cda vous parott-il fort légerf Ah I mes FVères, les Justes sont id-bas comme des arches saintes, au milieu desquelles le Sclgnewr réside, et dont il venge rigoureuMOient les mépris et les ouingea ib peuvent chanceler quelquefois dans la voie, comme Vuék^ d'Israël, conduite en triomphe dans Jérusalem ; car la vertu la plua pure et la fins briHante a ses taches et ses édipses; et la plus solide ne se soutient pas partout également : mais le Seigneur s*ln* digne, que des téméraires semblables à Qza se mêlent de les redrea» ser; età peineytoncheot-ils, qu'fllesfirapped'anathàme silprend aur lui les plus légers mépris ôxmi on déshonore sesserviteurs et ne peut souflHr que la vertu, qui a pu trouver des admirateurs pMÎni les tyrans mêOM et les peu|des les plus barbares, ne trouve souvent que dès censures et des dérisions parmiles fidèles.
SUR Là MSDiaAflClS* tm
dHImtt katmi décorés fl«r Vfeevre pouraTob* loiiillé par detTaiUeriei le petU nombre de cbeyeax de rhomiae deDiea^ et cependant ce n'éteient U que des iadiflcrétionspoérilef si pardoor naUes k cet ège: Le (ta dq ciel desoendil sor Tofficier de rimpic QchùiiaB, el le eonsuma à Tioatant poor avoir appdé par dérision Élie, rhomme de Sien ; et c^ndanl c^étoit an courtisan de oui on démit exiger moins d'égards, ponr Tauslèrité et la simplicité d'un prophète, et pour la vorlu d'un homme rustique en apparence, et odieux à.sott maître. Michel fut firappée de stérilité, pour avoir trop aigrement censuré les saints excès de la joie et de la piété de David daranl l'arche, et cependant ce n'éloit le qu'une délicatesse de femme. Ibris toucher à ceux qui servent le Seigneur, c'est toucher, Al FEoriture, à la prunelle de son œil i il maudit invisiblement ces censeurs téméraireade la piété ; et s'il ne les frappe pae de mort à l'instant, comme autrefois, il les marque sur le front, dès cette vie, d'un caractère de réprobation, et leur refuse pour eux-mêmes le don prédeux de la grâce et de la sainteté qu'ils ont méprisé dans les autres ; et cependant ce sont les gens de bien qui sont aujourd'hui le pins en butte à la malignité des discours publics-, et l'on peut dire que la vertu fait dans le monde plus do censeurs que le vice. Je n'ajoute pas, mes Frères, que si ces meilisances, que vous appelez légères, sont très criminelles dans leurs motifs et dans leurs dreonslances, elles le sont encore plus dans leurs suites : je dis leurs suites, toujours irréparables, mes Frères; Vous pouvez expier le crime de la volupté par la mortification et la pénitence ; le crime de k haine par l'amour de votre ennemi ; le crime de l'ambition, en renonçant aux hcmneurs et aux pompes du siècle ; le crime de Vinjustice, en restituant ce que vous avex ravi à vos frères; le crime m^ne de l'impiété et du libertinage, par un respect religieux et public pour le culte de vos ptees t mais le crime de la détraction, par qiKl remède, quelle vertu, peut-il se réparer? Tous n'avez révélé qu'à un seul les vices de votre frère; je le veux : mais ce confident inCnrtuné en aura bientôt à son tour plusieurs autres, qui de leur oôté^ ne regardant plus comme un secret ce qu'ils viennent d'apprendre, en instruiront les premiers venus : chacun en les redisant j contera de nouvelles circonstances ; chacun j mettra quelque trait envenimé de sa façon; à mesure qu'on les publiera, Os croîtront, ils grossiront : semUable , dit saint Jacques, à une élinodle de feu qui, portée en diflKrents lieux par un vent impétueux, embrase les forêts et les campagnes ; telle est la destinée de la détraction. Ce que vous avez dit en secret n'étoit rien d'abord , et pèrissoit étouffé et enseveli sous la cendre .* mais ce feu ne couva que pour se rallumer avec plus de fureur; mais ce rien va em» pmnter de la réalité en passant par différentes boudns ; diacun y ajoutera ce que sa passion, son intérêt, le caractère de son esprit et 4e sa malignllé, lui représentera comme vraisemHalrie; la source
608 LUNDI DE lA QUATRIÈME SEMAINE.
fera presque imperoepttfele ; mah groBsiedaiisafttsoiineinrBilta nifaeeaux étrangen, le torrent qui s'eo Ibmiera inondera la conr, la rOIe, et la province; et ce qni n'étoit d'abord dansion origine qu'une pkisanterie secrète et imprudente, qu'une 8ini|de réfleiiôn, qu'une conjecture maligne, doTiendra une afbire aèrieuae, un décri formel et public, le sujet de tous les entretiens, une flétrissure èler « nelle pour votre fràre. Etalors réparez, si tous pouvez, cette injus*ticeet ce scandale , rendez à votre frèrerhonneur que vous lui aves ravi. Irez-vous vous opposer an déchaînement piAHc, et dianter tout seul ses louanges? mais on vous prendra pour un nouveauvenu, qui ignorez ce qui se passe dans le monde ; et tob louanges venues trop tard ne serviront qu'à lui attirer de nouvdles satlM. Or, que de crimes dans un seul ! les péchés de fout un peuple deviennent les vôtres : vous médisez par tontes les bouches de vos citoyens : vous êtes encore coupable du crime de ceux qui les écoutent. Quelle pénit^ce peut expier des maux auxquels elle ne sauroit plus remédier? et vos larmes pourront-elles e&aicer ce qui ne s'effacera jamais de la mémoire des hommes ? encore si le scandale finissoit avec vous, votre mort, en le Gnissant, ponrrôit en élre devant Dieu l'expiation et le remède. Mais c'est un scandale qui vous survivra ; les histoires scandaleuses des cours ne meurent jamais avec leurs héros t des écrivains lasdfs ont Tait passer jusqu'à nous les satires, les dérèglements des cours qui nons ont précédés ; et il se trouvera parmi nous des auteurs licracienx qtd instruiront les âges à venir des bruits publics, des événements scandaleux et des vices de la nôtre.
O mon Dieu I ce sont là de ces péchés dont nous ne connobsons ni rénormité, ni l'étendue: mais nous savons qu'être unefierre de scandale à nos frères, c'est détruire , par rapport à eux, Touvrage de la mission de votre Fils, et anéantir le fruit déses travani, de sa mort et de tout son ministère. Telle est rillusioci du prëtetle nue vous tirez de la légèreté de vos médisances : lès motit!^ n'en SQi^t jamais innocents ; les circonstances toujours criminelles; les sqtfes irréparablea.Examinons si le prétexte de la notoriété ptddiqdé sera mieux fondé : c'est ce qui me reste à vous dévdopper.
saeOllDI^ fABTUB.
D'où vienti mes Frères» que la plupart des préceptes sont violés par ceux mêmes qui s'en disent observateurs, et que nous avons presque plus de peine à faire convenir le monde de ses transgressions, qu'à l'en corriger? C'est qu'on ne prend jamais les idées des devoirs dans le fond de la religion ; qu'on n'entre jamais dans l'esprit po«r décider sur la lettre ; et que peu de gens remontent au prinape, pour édaircir les doutes que la corruption forme sur le détail dos conséquences.