I. Retira
IjS BXLIVERNRaiES
d'avoir parlé à lui, qu'une fois qu'il entmt un poirier. S'il avoit soir, il demandoit à boire à ma femme, la remerciant assez doucement; avisez, je ne m'en doutois point, disant qu'elle
{)renoit beaucoup de peine, et qu'il la serviroit e jour de ses noces; puis, se tournant vers moi. me montroit un couteau, un chaussepié qu'il (disoit il] avoit acheté à Chalonne, me demaiw dant, en conscience, s'il estoit point trompé, le lui en disois ma fantasie, estimant qu'il raisoit cela sans mal penser. Aussi, me sentant bien heureux qu'il aaicnast venir chez moi, je lui presentois une selle ' pour se mettre à l^jse;. disois à cette bonne Damoyselle, qu'elle lui dépendit une poire de Sarceau^, ce qu'elle faisoit^ la luy présentant de je ne sçay quelle mine là, que je ne trouvois mauvaise pour lors. Mais tant y a que, depuys, j'ay bien pensé, et est vray cela que c'estoient ajournements de fesses. Est elle belle, dist Eutrapel? Oui, oui, ma foy, dist le vilain, et un petit beaucoup. Il y avoit en la compagnie un vieux preud'homme, appelé Lupolde, qui estoit procureur de Polygame, qui s'entendoit en beaucoup d'affaires, mesme politiques et domestiques, lequel, prenant un singulier plaisir au discours, parla ainsi à l'offensé, voulant sauver l'honneur des femmes, et rongner la broche aux jaloux : Je m'esbahis (dist il, alogisant de l'un doi^t sur l'autre) comme tu es si soubçonneux. Il ne faut pas ainsi soudain