‹ Œuvres facéticusesChapitre 214 sur 239 · La moue, mauvais visage · texte numérisé non relu

La moue, mauvais visage

d'Eutrapel. 297

voisin, qui lui désroboit parfois quelque peu de bois pour soy chauffer, quelques pommes, et peut estre des poires, qu'il le mettroit einproces criminel : ce qui fut fait, tesmoins pour cet effect administrez, et si fut escrit et raporté par le greffier, Ha 1 gens de bien, je ne vous puis voir, mon chappeau est percé : que l'accusé . (

confessoit tout, en avoit bien fait d'autres, qu'il i

avoit aussi desrobé des prunes, et tellement îi

exploité, que pour gratifier < la Damoiselle, ce ^

pauvre païsant fut pendu : et pour le reconfronter, le Prestre de la maison luy disoit, estant ja en l'eschelle, Mon amy, ce t'est un grand honneur d'estre le premier pendu à ceste belle Jus- [' tice toute neufve, joint le grand plaisir que tu donneras à ma Damoiselle, qui autrement seroit en grand danger de perdre son enfant : y a plus, car on chantera pour toy à gorge déployée, et une bonne mine ^ de bledf pour ta femme et enfans. A ceste charge fit le pauvret le saut périlleux, où il demeura accroché au lacs courant. Mais depuis quelque voisin s'estant esveillé, en advertit la Cour souveraine, qui renversa tel inique jugement, et fut le Gentil homme, outre la privation de sa haute Justice, condamné en grosses amendes 3. Ne tarda pas long temps, qu'un autre Juge, pour avoir fait exécuter de mort un Italien, accusé d'homicide, c][ui au lieu de dire, j'en appelle, avoit dit, ad vires ApostolicaSy fut condamné en autres grosses amendes,

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