‹ Œuvres facéticusesChapitre 217 sur 239 · Se buta · texte numérisé non relu

Se buta

300 Contes et Discours

son hoste qui lui surhaussoit le prix des vivres de deux souIs par escot, plus qu'il n'appartenoit, cas qui requeroit police et célérité tout ensemble : demandoit que le Procureur fiscal se fust joinct avec lui pour son interest, car pour le regard du sien il protestoit demeurer sur les bras et dépense de son hoste, comme est la coutume d'Alemagne, où le créancier à faute d'es- . tre payé au jour dit, se va loger en la meilleure \ hostelerie, y boit, man^e, et fait grand' chère aux despens de son débiteur (a) jusqu'à l'entier payement. Et de toutes ses belles conclusions lu;^ fut dressé un beau libelle par un advocat qui poussa aux roues, comme il n'y a si meschante cause, qui ne trouve un protecteur/ L'hoste se deffendit par belles négatives, qui sont les plus coustumieres à telles gens, protesta aussi de protester plus amplement et toutes autres exceptions pertinentes et de Droict. Le Juge en voulut aussi manger sa part, alôngea un peu le bras de Justice en faveur du pays : jusqu'à ce que les compagnons marchands revenans de la foire au bout de huict jours, et qui avoient très bien fait leurs besongnes et emploites ', trouvèrent nostre plaideur, lequel au jour mesme avoit eu sentence, par laquelle les parties estoient mises hors de cour et procès, sans despens, avec injonction à l'hoste de bien traiter les marchands, et à eux, de bien payer.

a. Var. : debteur ; deUur.

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