‹ Œuvres facéticusesChapitre 231 sur 239 · I. Annulation · texte numérisé non relu

I. Annulation

d'Eutrapel. 317

sion d'aller plaidassant ainsi par les Justices, et amasser leurs droits, que les Officiers du Roy poursuivroient, et menageroient beaucoup mieux et avec moins de scandale : joint le beau loisir et grande commodité d'estudier, prescher, administrer les Sacremens, et faire plus mystérieusement le service divin, qu'ils n'ont non seulement de la moitié, mais au total en tout et par tout. Que cela n'estoit aucunement nouveau, mesme que les Princes François avoient autre fois mis la main bien avant à cest affaire : concluoit que cela se devroit faire, pour la descharge de la conscience du magistrat et des gens d'Eglise, dont ceux qui avoient entendement plus net, le souhaitoient pour le bien et repos de tous. Ainsi se disoient les Apostres missi ou envoyez, et seront beaucoup mieux receus et ouis les estrangers, que ceux originaires du pays, nemo Propneîa in patriâ, nul n'est Prophète en son pays, chacun désire que ses imperfections ne soient decelees : ce qui se faist plustost chez nos voisins, qu'en nos villages, où l'on nous con^oist jusques dedans la ratte, laquelle congnoissance diminue et apetisse beaucoup denostre réputation, et par conséquent les choses sacrées moins révérées. Vous avez beau corner au peuple, Faictes ce qu'ils vous commandent, et ne vous prenez pas à leurs œuvres : car il ne croit jamais la parole, laquelle il tient pour une fable, si elle n'est conjomte à bons exemples, vertueux et de sainteté. Quand ils preschent, payez bien vos dismes, et toutefois ils en retiennent la troisiesme partie, deue aux pauvres de la paroisse ; qui est celuy qui ne die : Je puis bien

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desrober, puisque nostre Curé est le premier qui tombe en ceste faute. Quand il crie à pleine teste, Tu ne paillarderas point, et que le peuple sait et cognoist que si! y a une belle femme, fiOe, ou chambrière en la paroisse, qu'il faut essayer à la desbaucher par quelques arts ou artifices que ce soit : à vostre advis, chacun ne dira il pas, tous les Moines comme l'Abbé ' ; puisque nos supérieurs s'en meslent, ce n'est point de péché. Et ainsi des autres fautes, qui sont telles en ce jour que celuy sera sans esprit, qui ne jugera que toutes les pauvretez que nous souffrons, et autres plus grandes que nous attendons, et que nous voyons ja prestes à marcher sont fondées et prennent leur source du desbordement de tous estats, dont les gens d'Eglise en sont la première et dernière cause. Tout cecy soit dit sans offenser les bons, et les Décrets et Ordonnances de la saincte Eglise Catholique, en laquelle s'il y a quelques vices ou erreurs, si est elle tousjours Eglise. Si ma mère est putain, disoit Manllac^, Evesque de Rennes, à ce propos, encore est-ce ma mère : à laquelle les souverains Magistrats doivent, rendre sa chasteté^ et premiers habits nuptiaux, s'ils se veulent conserver

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