‹ Œuvres facéticusesChapitre 42 sur 239 · Pour le mieux · texte numérisé non relu

Pour le mieux

62 Propos rustiques

faisoit un beau plumail {a) de plumes de chapon, et les me mettoit sur mon bonnet, au vieux busq S et en tel équipage suyvois le bon Thenot et son cher compère Resjouy {b), lesquelz cognoissans les choux et lard estre cuitz (ce voyans par les corneilles qui se retiroient des champs pour percher au boys, et du bestial, qui desja estoit mis au tect ^) s'en alloient le petit pas, disputans quelque matière de conséquence, comme de regarder par leurs doigts quand aeroit la feste de Noël, ou Ascension; car très bien sçavoient leur Compost, ou jugeoient de la sérénité des jours subsequens par les bruines du soir; puis me chargeoient d'un petit fagot de bois ^u'ilz m'avoient fait amasser, disans (en conscience) que jamais ne fault retourner à la maison vuyde, et que c'est le dire d'un bon mesnager. Eux, arrivez, se mettoient comme deux fourbisseurs vis à vis l'un de l'autre, et erand' . chère; car tous deux mettoient très bien le nez au barril, s'il en estoit question. Apres souper recommençoient de plus belle à caqueter, escrivans au fouyer avec chacun son bastpn bruslé par le bout, affermans que cela sert moult aux lunatiques. Un quidam passant par ce pais, et adverti de la vie de ce (c) Thenot, non moins

a. Var. : Plumart,

b. Var. : Triballory.

c. Var. : Du bon.

1 . Cette épithète, qui revient plusieurs fois, indique sans doute une mode dans la façoi^ de porter le chapeau penché sur l'oreille.

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