Tractatus de htereticis et soriilegiis, Lyon
$. La première édition de la Démonomanie des Sorciers de Bodin est de i j8o.
J02 Contes et Discours
dont il y en a vingt sept mille et quatre cens (prenant chacune ville pour une Cure et clocher) en France, dix soldats : où sont les puissances tant voisines que lointaines qui oseroient attendre la moitié de ceste tempeste ' ? Escoute je te prie, deux points que j'ay veu le passé entretenir, pour le sujet de cecy : le premier, que pour commander se prenoit un Seigneur de la nation où se faisoit la levée des gens de guerre : car comme pourra un Messer cognoistre la race, vertu, dextérité et recompense d'un François, qu'onc il ne vid et ne sait qu'il est ? Entre les polices violentes il n'est rien si dangereux, soit à la Justice, soit à la guerre, que d'égaler les hommes, les faire tous compagnons, et autant de cas des uns que des autres. Me souvient avoir autrefois ouy dire aux bien vieux, queTalbot, gentil capitaine Anglois, tenant garnison en la basse Normandie lors de la restitution du Royaume de France, faite principalement par Artus de Bretaigne^ (quelque envie qu'on porte à sa réputation) voyant en habit dissimulé iceluy Seigneur faisant monstre de six cens hommes d'armes Bretons, en la ville de Rennes, dit aux siens retourné qu'il fut, Nous pouvons bien trousser bagage, et faire nostre dernière main, puis que ces diables de Bretons illec s'en meslent conduits notamment par un de leurs Princes naturels qui les recognoist, leurs maisons, leurs mérites, jusques au moindre, leur pendant 5, d'une ingénieuse dex-