I. Jet de la pierre lourde
314 Contes et Discours
fardeau ce qui mesme despleut couvertement '
à plusieurs grands personnages là presens. Tandis, trois de mes compagnons Bas Bretons et moy, revenans du Croissant, rue Saint Honoré, boire avecques Cornillet de Pleumeleue nostre messager, passasmes par ceste grande assemblée, nous fourrans pesle-mesle, comme est la coustume des Escholiers, et regardans qui en avoit du meilleur. Où parunAleman fut présentée la pierre i\ Tharngen, l'un des nostres, qui s'advançoit un peu sur les rangs, disant iceluy Aleman, luy pensant faire honte et se moquer deluy,qu'il eust à se serrer, ou se mettre en jeu, luy monstrant la pierre et loustil dequoy on besongnoit. Le Breton esmeu car le sang de ceste nation meurt plustost que fleschir et ploiersous une audacieuse et superbe risée happe et prent la pierre, la tourne sur les quarrez, pour mieux asseurer sa prise, et la branslant de vive roideur passa d'un grand demi-pied, le coup qui se faisoit tant chercher. En quoy nos François, qui plus ne servoient qu'a merquer, et dire. Le coup est franchi, juger la force des bras, reprindrent leur beau temt. Lors Suisses après Alem.ans se destacher, Anglois de mesurer quants ^ pas il y avoit car la force des autres nations gist en leur cervelle) : le plaisir fut les voir comploter et se liguer contre ce Gentil homme, et encore plus le voir enveloper de robes fourrées, le caresser, et appeller restaurateur de Thonneur Parisien bien engagé. Mais pour lever toute opinion.