‹ Œuvres facétieuses, rev. sur les éditions originales et accompagnées d'une introd., de notes et d'un index philologique, historique et anecdotique (volume 2)Chapitre 28 sur 219 · M. Louandre dans ses Conteurs français avant La · texte numérisé non relu

M. Louandre dans ses Conteurs français avant La

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de Chasteau bourg , successeur de ce docte Pierre Colson, qui a laissé une belle mémoire par sa bombarde, voyant que l'image de sainct Roc qui estoit en son Eglise, gaignoit honnestement ses despens, et estoit de bon revenu, encore qu'il fust tout poudreux et pourfilé d'iragnes, s'advisa le faire repeindre tout à neuf, jugeant par l'argument à majori ad minus, qu'on estime valoir beaucoup en Logique et au Midy deux degrez par deçà le Bois de Vincennes, que si les bonnes gens luy apportoient force dons, presens, et offrandes estant si pauvrement vestu, et accoustré en gueux : à plus forte raison hausseroient ils les brevets et s'eslargiroient davantage, quand il seroit magnifiquement habillé et bien en point. Mais, comme disoit de bonne mémoire Merence, la chose tourna sur le chose, il en arriva tout au rebours, comme il survient bien des inconveniens entre bouche et cuillier : car les pauvres villageois voians ce bon patron sainct Roc ainsi brave, et en équipage de Chevalier de l'ordre de la grande année', cessèrent luy rien donner, disans entr'eux, A ceste heure qu'il est Gentil homme, pensez vous qu'il voudroit prendre un denier, une poignée de filace, deux œufs, comme il faisoit lors qu'il estoit roturier et du tiers estât. Tels estoient les discours et pourparlers de ceste superstitieuse simplicité rustique en matière de Théologie ; car en

Fontaine donne cette anecdote depuis Le prieur jusqu'à la fi:, du chapitre.

I. M. Louandre pense qu'il s'agit sans doute ici de l'Ordre du Saint-Esprit, créé par Henri III le 50 décembre

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choses politiques, et où il va de leur profit ou perte, ils sont autant advisez qu'en autre saison qui ait ja pieça passé : cela fut occasion que le sainct fut remis en son premier estât sally et barbouillé comme devant. Cela [a) soit dit sans ofîencer la mémoire et vénération des vertueux et saincts personnages passez de ce siècle en l'autre, qui jouyssent bien heureux du repos éternel.

De l'Amour de soy mesme.

Estans en Avignon, l'un de nos compagnons estoit tellement saisy et empiété ' d'une certaine ambition et hautesse, jugez si altesse * serviroit, qu'il se trouva à chef de pièce, avec le temps, à la longue, choisissez, le plus fascheux, intolérable et difficile, jusques à ne s'en pouvoir aider, ne savoir par quel bout on le devoit prendre. Tantost il vantoit et trompetoit sa noblesse com.bien, ainsi que dit Pathelin, qu'il fust issu de la plus vilaine peautraille ? qui fust

a. Var. : Cecy.

1. Et non Impiété. Cette erreur, peu grave au fond, date de l'édition de 1603, et a été toujours reproduite depuis.

2. Nous n'entrerons pas dans la discussion philologique à laquelle nous convie du Fail ; nous ferons seulement remarquer qu'il choisit plutôt le mot français que la forme italienne qui n'a prévalu que dans le langage cérémonieux des cours.

3. Canaille. V. Alain Chartier, cité par Littré au mot peautre. La farce Maistre Pierre Pathelin que du Fail rappelle ici dit :

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d'icy au pont Lagot. Une autre fois ses biens, mais ses père et mère et les autres enfans les luy garderoient (tz), encore qu'ils fussent acquis par très mauvais moiens, aussi s'en sont depuis allez comme ils estoient venus, ce qui advient ordinairement : et s'il s'en trouve qui durent, et prennent quelque long trait, c'est brusler à petit feu, et pour tomber un plus beau saut. Par autre fois, quand il estoit en sa haute game, il frottoit sa hardiesse à sa prétendue doctrine, faisant comme l'on dit, du guerrier parmy les Escholiers, et de l'Escholier entre les soldats : et prenoit son grand plaisir en ces vains et falacieux discours, contre lesquels et telles humeurs fantastiques il ne faut jamais contester : tant qu'il en demeura si enflé et plein de superbe Collégiale, que rien ne duroit auprès de lui. Nous autres ses compagnons, dit Eutrapel, luy mismes ces quatre vers de Martial en son estude : si vous les trouvez bons, vous en mangerez, s'il vous plaist, sinon ce sera pour la seconde table :

Belle tu es, et pucelle, et du bien Tu as beaucoup, et vrayment on le dit : Mais quand par trop tu en fais ton profit ', On te le nie, aussi qu'il n'en est rien.

a. Var. : gardaient.

Mais je puisse Dieu advouer S'il n'est anrait d'une peautraiUe La plus rebelle vilenaille Qui soit, ce croy je, en ce royaume.

(P. 46 de l'édition de M. Paul Lacroix dans la Biblioikèqtie gauloise. )

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