‹ Œuvres facétieuses, rev. sur les éditions originales et accompagnées d'une introd., de notes et d'un index philologique, historique et anecdotique (volume 2)Chapitre 94 sur 219 · Corbeau · texte numérisé non relu

Corbeau

3.*î5é à Naples en 1458, mort en 1530. Je ne sais dans quel ouvrage il a émis l'opinion qui lui est reprochée ici.

d'Eutrapel. i6[

ment voir respandre le sang ? De très pertinens, dit Eutrapel, pour avoir l'Italie perdu, à la pluspart, leur naïve et ancienne générosité, au lieu de laquelle a esté transplanté et s'est insinué le sang Gothique et barbare qui tant longuement y a fait fons et jette ses racines : aussi que ceste maxime est prinse, ou plustost empruntée de la doctrine de Satan, appelle en la saincte Escriture, meurdrier, tueur, esprit sanguinaire et cruel. Car tout homme qui de sens rassis prent plaisir à faire ou voir faire mal, a choisi une très dangereuse eschole : et ne se trouva onc vaillant et brave Chevalier qui de sang froid et après le combat gênerai, tuast un ennemy, et nullement les bestes,fors celles qui font mal, ou à la chasse. Encorese sont veus denostre temps plusieurs Princes et grands Seigneurs qui ont sauvé la vie non seulement aux Cerfs qui se venoient rendre à eux, la larme à l'œil, comme est leur coustume, estans pressez : mais aussi à d'autres estans entre les toiles ', pour avoir couru alaigrement, ou fait quelque gentille ruse, avec la marque d'une sonnette pendue au col, ou peut estre l'aureille coupée, pour dire. N'y retournez pas. Et se dit qu'aux Ardennes fut prins un Cerf ayant un collier d'or, où estoit escrit. Hoc me donavit César-.

Page 1